13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 04:05

 

 

Une image pour illustrer ce que je demande sans cesse : 

 

A la mondialisation du capitalisme,

doit répondre la mondialisation des luttes

contre le capitalisme financier

(note d'eva)

 

http://www.dakar2011.org/spip.php?article46
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Le capitalisme financier criminel
La barbarie de l'Occident
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Les gouvernements : la corruption généralisée, que l’on a longtemps cru être la marque de quelques républiques bananières ou dictatures exotiques (dépenses faramineuses et inutiles, salaires cachés, avantages abusifs, ambition dévorante des politiciens, mépris des besoins élémentaires de la population, pour ne parler que des sociétés les moins pourries), est de plus en plus visible. La population reste pourtant apathique devant cette situation. L’explosion « d’affaires » (en France au début 2010) rend les « puissants » un peu fébriles mais ils savent aussi qu’ils ont les moyens d’enrayer les révélations trop dommageables. Le profit interdit toute avancée concrète et pourtant urgente, en ce début de siècle, face à la pollution atmosphérique et ses conséquences sur l’environnement et le climat. La population est sous contrôle et va se rendormir bientôt.

L’industrie du tabac : 100 millions de mort au XXe siècle, 1 milliard prévu au XXIe, si les choses continuent ainsi. Les entreprises qui prospèrent sur ce crime légal (parfois comparées aux « familles » de la mafia dans leur organisation) ont menti pendant des décennies (en 1964, le ministère de la santé en France déclarait dans un document officiel interne « nous ne pourrons pas cacher plus longtemps les dangers du tabac »), et continuent de le faire, sur les méfaits de la consommation de cigarettes et, plus grave encore, sur le fait qu’ils ciblent les enfants dans le but d’augmenter le nombre de consommateurs. Leur production ne répond pas à une demande, ils l’ont créée. La population reste soumise à ce carnage, sans réaction, voire avec le sentiment que c’est leur « liberté » de continuer à se suicider avec un produit dont ils n’ont aucun besoin mais que l’on a rendu indispensable pour 1 milliard et demi de personnes.

Le commerce de la nourriture : La confiance en ce qui arrive dans nos assiettes diminue de jour en jour. Les poisons que l’on a pu trouver dans les aliments, parfois intentionnellement utilisés (huile de tournesol en provenance d’Ukraine contaminée aux hydrocarbures de façon volontaire en 2008, viande recyclée (poulets à la dioxine, viandes périmées reconditionnées) et fromages avariés (mozzarella contenant des vers et des excréments en provenance d’Italie, sur deux ans)). La maltraitance des animaux (massacre rituels de dauphins au japon, torture de chiens en Chine pour « assaisonner la viande », poulets, porcs en batterie dans des états de santé et de souffrance inimaginables). Aucun de ces scandales n’a rien changé. La population reste une victime consentante. La démonstration des méfaits de la nourriture de type « fast food » a été magistralement faite par le film « Supersize me », mais tout en révélant que les addictions aux produits dangereux sont telles que la réflexion des victimes est rendue impossible. C’est un suicide collectif. Même la nourriture biologique est aujourd’hui suspectée (soja contenant de la mélamine en provenance de Chine, arachides contaminées dans une fausse entreprise bio). Il n’est pas un domaine qui ne soit affecté par la course au profit qui privilégie le gain financier sur la santé (voire la survie) des consommateurs.

Les laboratoires pharmaceutiques : Un des chercheurs américains les plus réputés aux États-Unis a manipulé toutes les données de ses recherches qui ont servies à la diffusion d’un médicament antidouleur, une autre firme connaissait, sans le dire, les effets secondaires tragiques d’un de ses médicaments, d’autres médicaments se sont révélés mortels faute d’avoir suivi les protocoles de vérifications, certains antidépresseurs seraient à l'origine de "folies criminelles", on soupçonne que la diffusion mondiale de l’H.I.V serait due à une campagne sans précautions (quelques scientifiques inconscients) contre la polio dans l’ancien Congo Belge à la fin des années 1950, environ 70% des résultats des tests cliniques des médicaments ne sont jamais publiés, le commerce des vaccins (avec sa cohorte de massacres, tous officiellement relativisés, au XXe siècle : désastre de Lübeck, vaccin contre l’hépatite B, Thiomersal, Gardasil, problèmes d’autisme attribués à l’usage du RRO, sels d’aluminium contenu dans certains vaccins) et en particulier le récent scandale mondial de la vaccination contre la gripette H1N1. L’industrie pharmaceutique est un des commerces les plus corrompus et les plus cyniques que notre société a produit ces dernières décennies. Plus pervers que les « barbares » désignés dans nos livres d’histoire, elle masque son crime derrière l’étiquette de la santé.

L’exploitation continue des pays du Tiers-Monde : D’abord à travers un colonialisme présenté comme légitime sur des bases simplement racistes, puis maintenant de manière moins visible entre les mains des multinationales, les pays du « sud » sont exploités en particulier en rapatriant leurs ressources naturelles vers les pays du « profit ». Un aspect local, loin des yeux du grand public mais parmi les plus douloureux de ce système, est l’exploitation des enfants dans le circuit du travail. Les famines, les massacres ethniques laissent indifférent un monde obnubilé par les fluctuations des « marchés financiers ».

Le commerce de la guerre : La guerre serait un élément incontournable de la nature humaine. Elle est devenue un des commerces les plus profitables. Les dépenses militaires s’élèvent aujourd’hui à 2 trillions de dollars par an dans les périodes « fastes ». Les ventes d'armes des 100 plus importantes compagnies ont augmenté de 15% au début du XXIe siècle. Qu’il y ait des gens qui meurent pour satisfaire ce besoin de profit semble laisser la plupart indifférent, alors que ce seul profit mériterait une révolution à lui seul. Quand nous savons, de plus, que de nombreuses guerres sont provoquées par les profiteurs eux-mêmes pour des raisons inavouées toujours liées à l’exploitation de ressources naturelles, à l’intrusion intéressée d’un pays dans une région du monde où il souhaite s’installer ou au simple besoin de renflouer des caisses en exacerbant des rivalités locales dans des pays souvent inconnus du grand public, il ne reste plus beaucoup de place pour les notions de paix et de compassion ensevelies sous des tonnes de justifications ignobles et aseptisées.

Servitude et cynisme des médias : les grands médias traditionnels sont au service du profit exclusivement. La déontologie journalistique est restée sur le papier. L’information est biaisée, parcellaire, manipulatoire, et les diffamations et calomnies sont quotidiennes, laissant des familles, des individus irrémédiablement salis par un système de désinformation généralisé qui se substitue en permanence à la Justice en désignant des coupables et des victimes sans la moindre enquête, au fil des humeurs et des croyances collectives. Le pouvoir, toujours menacé par une réelle « liberté de la presse », tend à garder ou à chercher un contrôle important des grands réseaux d’information protégeant les profiteurs et stigmatisant les profités.

Répression des alternatives : Pire encore, toutes les alternatives à cette société corrompue sont combattues de telle manière à faire croire à la population (par le biais des médias) que les tentatives de s’extraire de ce marasme catastrophique sont sectaires ou terroristes. Partout où l’on prononce le mot « secte » ou « terrorisme » aujourd’hui, la peur générée est suffisante pour bloquer tout esprit critique des citoyens qui ne sont alors plus des êtres doués de conscience, mais des machines à consommer pour le plus grand profit de quelques-uns. Ceux qui sortent de cet enclos sont suspectés de causer un « trouble à l’ordre public » et sont rapidement muselés.

Il reste peu d’espace dans le monde qui ne soit affecté par cette course criminelle au profit. Même les alternatives, qui n’ont souvent à leur crédit que l’enthousiasme de la jeunesse et la faiblesse de leurs ressources, subissent des dérives parce que les militants qui les animent ont été formatés comme leurs ennemis à céder aux sirènes du profit dès que leur activité commence à produire quelques revenus financiers mais également à réagir avec violence face à la contradiction, perpétuant l’esprit de guerre et de compétition qui préside à la course au profit, dans un cercle vicieux qui n’a encore jamais été brisé.

La corruption de notre civilisation est évidente, entière et profonde. Sans une véritable révolution intérieure, l’humanité sera toujours divisée entre les profiteurs et leurs victimes consentantes, dans un pathétique simulacre de civilisation.

Mais sommes-nous capables d’une révolution intérieure ?
T. Vissac
Marc Lafontan
http://au-bout-de-la-route.blogspot.com/
Sur Dazibaoueb article 20432


http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=910:1917-2007--defense-critique-de-la-revolution-russe&option=com_content&Itemid=53
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Libération du capitalisme financier criminel
La sagesse de l'Islande :
Révolution éclair, totale, radicale
Silence Médias !
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Islande : quand un peuple s'empare de la démocratie

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Polémia a reçu d’un correspondant, qui souhaite conserver l’anonymat, cet article assez étonnant qui fait état d’une sorte de révolution populaire spontanée, sans meneur ni mot d’ordre, destinée à changer, tout simplement séance tenante, les institutions en place, à commencer par la constitution elle-même. Il est évident qu’une telle pratique ne peut se concevoir et réussir que dans un petit pays rassemblant moins de 350.000 habitants, mais on peut vraiment parler d’exception islandaise ! Polémia

Qu'attendons-nous pour prendre l'exemple des Islandais ?

Et comme par hasard, c'est étouffé par les médias !

Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n’en parle, aucun média ne relaie l’information, vous n’en trouverez presque pas trace sur « Google »: bref, le black-out total.

Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante :

 

Un peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une gauche libérale de remplacement elle aussi évincée des responsabilités parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d’orgue de ce processus par bien des aspects révolutionnaire: l’élection d’une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.

Alors que gronde dans l’Europe entière la colère des peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l’actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l’Europe une perspective : la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.

Plus bas, on trouvera deux articles traitant de cette révolution en marche, à faire circuler le plus largement possible, puisqu’on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place.

Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet. Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.
  

  Un correspondant
25/01/2011

Quand l’Islande réinvente la démocratie
http://www.parisseveille.info/quand-l-islande-reinvente-la,2643.html
http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la

 

http://www.polemia.com/article.php?id=3490

 

 

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Si l'Islande l'a fait, pourquoi pas nous ?
(eva)

A lire aussi :
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CONTRE LE CAPITALISME,

CONSTRUISONS LA MONDIALISATION

DES PEUPLES SOUVERAINS !

 

(..) La structure mondiale existe pour cette organisation des échanges, des coopérations et des solidarités.

 

C'est l'ONU et ses différentes structures qu'il convient de démocratiser en les arrachant à la tutelle pesante des grandes puissances du Conseil de sécurité et donner l'essentiel des pouvoirs à l'Assemblée générale.

Il est possible de créer une monnaie commune mondiale, qui ne serait pas le dollar, et coexisterait avec les monnaies nationales dont le franc.

Il est possible de mettre un terme à la libre circulation des marchandises et capitaux, cette règle d'or du capitalisme mondialisé qui met tous les peuples en concurrence ! En la remplaçant par la multiplication des traités de coopération bi ou multilatéraux en tous domaines !

 

Alors, oui, ensemble, disons NON à l'OTAN et à la résurrection artificielle et illégitime d'une Europe-puissance !

Avec tous les peuples, construisons cette ONU démocratisée et débarrassée de tout alignement, et conquerrons la paix, le désarmement, la libre coopération des peuples libres !


Michel PEYRET
ancien député du Parti Communiste de la Gironde
Samedi 4 avril 2009

http://la-sociale.viabloga.com/news/reponse-de-michel-peyret-ancien-depute-du-parti-communiste-de-la-gironde

 

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Faisons du 29 janvier le point de départ vers des Etats Généraux citoyens http://www.conseilnationaldelaresistance.fr/

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Programme du Conseil national de la Résistance

Conseil National de la Résistance

15 mars 1944


Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.

Ces comités devront :

1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :

a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organiser des milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;

4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.

Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d’assurer :

- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

- le respect de la personne humaine ;

- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;

- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;

- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

- la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;

- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

- le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

 

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

 

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