Tsiganes

Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 16:33

 

Reconnaître le génocide tsigane,

réparer cette injustice historique,

commémorer tous les génocides ensemble (eva)

 

Tsiganes-scene-liberty-j.jpg

Scène du film Liberty - Tony Gatlif

 

Point de vue

LEMONDE | 02.02.11

Catherine Grèze

L'Europe doit reconnaître le génocide tzigane

.

Chacun a pu le constater ces derniers mois : il ne fait pas bon être tzigane aujourd'hui. Tzigane. Ce terme désigne les populations originaires d'Inde et apparues en Europe au XIVe siècle. Il regroupe aussi bien les Roms, les gens du voyage, les Sinti, les Ashkali ou encore les Gitans. Avec près de 10 millions d'individus dans presque tous les pays de l'Union, la plus grande "minorité" européenne est aussi l'une des plus stigmatisées. Si la France s'est illustrée récemment dans sa politique agressive et non respectueuse du droit communautaire à l'égard de ces populations, elle n'est hélas pas la seule. Elles sont souvent sans Etat pour les protéger, et la construction européenne est leur seul bouclier contre des pays qui lient leur (mauvais) sort à des ambitions électorales à peine voilées. Atteintes à la liberté de circulation, discrimination et même ségrégation scolaire, le quotidien tzigane est loin d'être des plus paisibles.

 

Il ne fait donc pas bon être tzigane aujourd'hui. Réduits en esclavage pendant des siècles, déportés, on oublie parfois qu'il ne faisait pas bon être tzigane hier non plus. Durant la seconde guerre mondiale, leur situation a varié d'un pays à l'autre. Mais, toujours, un sort tragique leur a été réservé.

 

LIBERTE

 

Tony Gatlif
et Eric Kannay

Perrin, janvier 2010, 235 pages
17 €


Méconnaissance de l'autre


En Allemagne, par exemple. L'arrivée au pouvoir des nazis leur réservera un sort qui rappelle beaucoup celui des juifs : "stérilisation eugénique", interdiction des mariages mixtes, travail forcé, expérimentations médicales. Et extermination. Février 1940, les nazis testent le Zyklon B à Buchenwald sur 250 enfants tziganes. Décembre 1942, Himmler signe le décret de déportation des Tziganes d'Allemagne vers Auschwitz, au "camp des familles gitanes". Selon les historiens, entre 500 000 et 700 000 Tziganes ont été assassinés sous Hitler. Cela porte un nom : c'est un génocide.

Autre exemple, celui de la France. Notre pays doit faire un véritable travail de mémoire. Recensés, puis fichés sous Clemenceau, les "nomades, bohémiens, vagabonds" ont été soumis au port du carnet anthropométrique d'identité. Y figuraient leur photo d'identité et leurs empreintes digitales, mais aussi tous les déplacements qu'ils avaient pu effectuer. Durant l'Occupation, des milliers de Tziganes sont internés dans des camps, où beaucoup meurent en raison de la faim, du froid ou des conditions d'hygiène.

A la fin de la guerre, les Tziganes sont absents du procès de Nuremberg. Pourtant, ce génocide sera reconnu en Allemagne en 1982. En Hongrie, un musée consacré à ce génocide est construit en 1998. Ce pays commémore chaque année, depuis 2001, le souvenir des Tziganes victimes de ce génocide auxquels il consacre un cours d'histoire dispensé à tous les adolescents.


En France, malgré la présidence du premier sommet européen sur l'inclusion des Roms, le génocide tzigane n'est toujours pas reconnu. De même, si le carnet anthropométrique a disparu, c'est pour être remplacé par un carnet de circulation ne constituant ni une pièce d'identité ni un justificatif de nationalité, encore moins un passeport.


La méfiance et l'exclusion viennent souvent de la méconnaissance de l'autre. Faire connaître et reconnaître l'histoire de ce peuple permettra de mieux le comprendre et pourra briser la spirale de la persécution dont il est prisonnier. Quel Etat, ou gouvernement, aujourd'hui se permettrait de traiter les juifs de la sorte ? Cette reconnaissance officielle permettra aussi à ces populations de prendre conscience de leur histoire commune et de reprendre confiance dans les institutions. Il est plus que temps de briser ce silence. Pas seulement pour celles et ceux qui ont souffert hier, mais pour celles et ceux qui continuent de souffrir aujourd'hui. Maintenant, c'est au Parlement européen de reconnaître ce génocide.


Nous avons reconnu la Shoah. Reconnaissons le génocide tzigane.

 

Catherine Grèze, députée au Parlement européen et Tony Gatlif, réalisateur Article paru dans l'édition du 03.02.11

 

LEMONDE | 02.02.11

 

gitanlite-copie-1.jpg
Eva, à 20 ans, avec ses amis Gitans.
Voir en particulier

La "Shoah" des Tsiganes, Dossier complet - Mémoire le 23 mai ...

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Reconnaître le génocide tsigane

Commémorer tous les génocides ensemble

par eva R-sistons

 

 

Cela fait quatre ans que je me bats pour cette cause, moi l'amie des Tsiganes ! Proportionnellement, il y a eu beaucoup plus de victimes tsiganes, mais on ne parle que des victimes juives, c'est une injustice historique insupportable ! Toute victime a la même valeur; propager l'idée contraire (seul compte le génocide des Juifs) en particulier dans  les Médias, mais aussi à travers les pouvoirs, est insupportable ! Cela tendrait à prouver que les citoyens juifs sont privilégiés par rapport aux autres, et qu'ils veulent instrumentaliser leur souffrance à des fins politiques (en quelque sorte: on a vécu la Shoah, maintenant laissez-nous, pour compenser, mener la politique - hégémonique, militaro-financière - que nous voulons ! Ce qui serait une forme de chantage intolérable...)

 

Il faut noter que le film de Tony Gatlif, traitant du sujet, a été presque passé sous silence, par les Médias aux ordres (essentiellement aux mains des sionistes partisan d'un grand Israël dominant la région et ses ressources), sans doute pour tenter de reléguer encore et toujours le génocide tsigane (plus important par le nombre) dans les oubliettes. Oubliettes bien commode pour MONOPOLISER cet événement (la Shoah) alors que les Tsiganes en ont encore plus souffert, et que d'autres populations, dont on ne parle JAMAIS, ont vécu la même horreur, en particulier les Témoins de Jéhovah, les malades mentaux, les homosexuels, les résistants, les communistes, les Russes... Cela tendrait à accréditer l'idée que les autres"shoahs" ne comptent pas, qu'il faut se souvenir seulement du génocide juif - pour mieux exploiter cette cause, ensuite, à des fins impérialistes, néo-coloniales. 

 

Je rappelle que la Shoah a été conçue en partie par des personnes n'ayant de juif que le nom, la naissance (Comme les Rothschild, ce sont des Juifs par le hasard de la naissance mais qui trahissent leur origine, leurs religion, apatrides en quelque sorte comme le sont les grandes fortunes dotées d' un pouvoir colossal, ils n'ont rien à voir avec les Juifs authentiques - la preuve, c'est qu'ils ont sacrifié une partie des leurs à des fins hégémoniques au Proche et au Moyen Orient), pour des objectifs en réalité de domination d'une région stratégique et riche en ressources juteuses.

 

Il faut sortir de cette exploitation éhontée d'une cause - l'intolérable génocide nazi - au profit d'une seule communauté, alors que d'autres en ont été tout autant victimes voire plus (Tsiganes, homosexuels ou malades mentaux, par exemple, systématiquement exterminés dans certains camps), et au bénéfice de Wall-Street ou de la City attachés à la colonisation des zones les plus riches de la planète, en particulier celles du Moyen Orient et du Proche-Orient, avec Israël comme gendarme à leur profit !

 

Il faut arrêter ce monopole mémoriel au profit d'une seule communauté, à longueur d'années,  70 ans après les événements, surtout à des fins politiques, hégémoniques ! Pour réparer l'injustice historique qui est faite aux autres populations, j'appelle solennellement les citoyens à exiger une commémoration de tous les génocides ensemble, aucun n'a plus de valeur que l'autre, et lorsque je dis ensemble, ce n'est pas seulement des populations nommées plus haut, mais il faut associer à ces commémorations - qui devraient être annuelles pour ne pas lasser et pour avoir un impact plus grand - les victimes oubliées de tous les autres génocides, Amérindiens, Noirs (traite) etc...

 

Ce serait rendre justice à toutes les victimes, ce serait réparer une injustice historique, enfin cela désamorcerait l'exploitation éhontée d'une juste cause à des fins injustes, hautement politiques et sources de multiples souffrances pour l'humanité entière.

 

Enfin, à l'heure où l'Oligarchie de l'Argent prépare au sommet un génocide planétaire, à travers pandémies, guerres ou crises, la mémoire de la Shoah doit servir à prévenir d'autres événements tragiques, pas à apitoyer sur une Communauté dont les dirigeants, fascistes, sont des criminels sans scrupules (il suffit de rappeler le soutien d'Israël au dictateur Moubarak).

 

 

Pour une commémoration commune

de TOUS les génocides ensemble,

sans privilégier l'un par rapport à l'autre,

sans exploiter de douloureux événements

à des fins impériales et coloniales,

 

Pour une reconnaissance équitable

de TOUS les génocides,

Agissons ! Exigeons la vérité et la justice

- ce qui est une manière, finalement,

de travailler pour la paix,

ce bien le plus précieux.

 

Eva R-sistons aux injustices historiques

 

 

 

 

 

Histoire: La France

contre ses Tsiganes

 

Comme chaque année, les pouvoirs publics attendent la fin de l’année scolaire pour expulser les tsiganes. Emmanuel Filhol montre comment cette politique de discrimination, qui contredit les principes de la République, s’est lentement mise en place, avant de se durcir au XXème siècle.

 


Par Emmanuel Filhol (avec extrait article d'eva R-sistons sur le site, plus bas)

 

 

La "Shoah" des Tsiganes

Le camp de concentration pour Tsiganes de Montreuil-Bellay 

Le camp de concentration pour Tsiganes de Montreuil-Bellay

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La barbarie nazie n’épargna pas les Tsiganes. Ils vécurent les mêmes épreuves que les Juifs, en pire. D’abord, parce que dans l’oubli total. Ensuite, dès 1936 ceux d’Allemagne, considérés comme des "non-personnes", furent envoyés dans des camps de concentration en Autriche ou dans leur pays.

 

Les femmes étaient stérilisées de force, car on considérait qu’elles ne méritaient pas de se reproduire. Puis commença ce qu’on appela alors " la destruction des vies inutiles ". Dans toute l’Europe occupée, on entreprit la traque du "gibier" tsigane, d’abord en 1939, ensuite en 1941 et 1943. L’extermination des 5 à 600 000 nomades eut essentiellement lieu dans les camps polonais.

En réalité, la persécution des Fils du Vent commença avant l’arrivée des nazis au pouvoir, avec les lois de contrôle de la "plaie tsigane" dès 1926. Deux ans plus tard, la surveillance devint spécifique, et permanente. Puis vint, dès 1933, la "stérilisation eugénique", l’interdiction des mariages mixtes en 1934-35, et enfin les premiers enfermements au camp de Dachau, en 1936.

C’est à l’automne 1939 que les déportations deviennent massives ; et c’est sur deux cent cinquante enfants tsiganes que les nazis testèrent le zyklon B, au camp de Buchenwald, en février 1940. Par ailleurs, à Ravensbrück ont été pratiquées des opérations pseudo-scientifiques sur des cobayes humains, entre autres tsiganes.

Cette politique-là, les nazis l’étendirent à l’ensemble de l’Europe occupée.

Ensuite commença l’extermination à grande échelle. Si l’on en croit les nazis, la moitié de la population tsigane d’Europe fut supprimée . Tragédie supplémentaire, le nom des victimes Tsiganes ne fut même pas mentionné durant le Procès de Nuremberg ! L’oubli total.... alors qu’on ne cesse de commémorer le martyr juif. Deux poids, deux mesures - ni plus, ni moins. C’est pourquoi moi, l’amie des Tsiganes, j’ai décidé de prendre ma plume pour rappeler au monde cette énorme injustice. Il est temps de rendre hommage aux victimes tsiganes, qui d’ailleurs furent parmi les résistants les plus acharnés.

En effet, très tôt ce peuple libre et fier comprit le sort qui lui était réservé. Il accepta immédiatement de rejoindre la lutte clandestine, pour mener ce que l’historien hollandais Jan Yoors appellera la "guerre secrète des Tsiganes". Aguerri, malin, il usera de mille stratagèmes pour déjouer la vigilance des nazis, porter des messages ou transporter armes et explosifs. De nombreux fugitifs furent sauvés grâce aux Tsiganes. On leur doit aussi de nombreuses actions terroristes de résistance à l’ennemi hitlérien.

En 1945, les nazis aux abois se livrèrent encore à de multiples massacres sur les derniers Tsiganes internés dans les camps allemands. Et plusieurs pays européens gardèrent internés pendant plusieurs mois leurs populations ! Quant aux résistants qui avaient survécu, ils ne bénéficièrent même pas, à la fin de la guerre, des promesses d’intégration sociale qui leur avaient été faites. Et ils ne trouvèrent personne pour les défendre, ni même évoquer la mémoire des disparus. Bien sûr, aucun d’entre eux ne réclama réparation pour tous les préjudices subis. Le peuple tsigane ne revendique jamais ; il subit en silence - et en musique, car chez eux l’instinct de survie et le goût pour les arts ont toujours raison des événements les plus dramatiques. Je l’ai expérimenté personnellement, en partageant leur existence misérable dans un bidonville situé sur une décharge publique madrilène. L’horreur absolue, et une joie inscrite dans les gènes pour transcender les moments les plus difficiles. Admirable peuple ! Ce séjour marqua de manière indélébile mon esprit, et scella ma carrière de journaliste.

Quelle a été la politique à l’égard des Tsiganes en France ?

Traditionnellement, les sédentaires se méfient des nomades. Dès 1912, les populations errantes se voient attribuer un carnet anthropométrique, visé dans chaque commune, à l’arrivée comme au départ. A cette époque, déjà, les Tsiganes, tout comme les juifs, sont victimes de persécutions et de discriminations.

Le gouvernement de Vichy durcit cette politique. Et, dès l’automne 1940, des Tsiganes sont internés dans des camps de concentration, à Argelès-sur-Mer et au Barcarès, dans les Pyrénées Orientales, camps créés à l’origine afin d’accueillir les réfugiés espagnols et les Juifs. Même logique d’exclusion, pour des populations pourtant différentes. Et ce sont près de trois mille Tsiganes qui auraient été internés dans l’ensemble de la France entre 1940 et 1946.

C’est en 1942 qu’est créé le seul camp d’internement réservé aux Nomades, celui de Saliers.

Le camp est situé en zone libre, sur la commune d’Arles, dans les Bouches-du-Rhône. ll s’est d’abord inscrit dans une logique de sédentarisation, puis d’enfermement. Pour commencer, trois cents nomades doivent s’entasser dans des petites cabanes inachevées, sans électricité. Les conditions d’hébergement et de ravitaillement sont lamentables. Le sort des enfants est particulièrement difficile ; ils ne sont évidemment pas scolarisés. Sans vêtements de rechange, les hébergés finissent par porter des loques. Ils sont squelettiques, mais ils résistent. Aguerris et indomptables. Finalement, le sous-Préfet d’Arles demande la fermeture du camp dès juillet 44.

Ceux qui ont survécu à l’enfer, ont gardé vivante la mémoire du camp. Mais le site n’a conservé aucune trace du lieu.

Dans les camps de concentration allemands, les Tsiganes ont été littéralement massacrés. On cite par exemple le chiffre de 20.000 pour la seule nuit du 31 juillet 1944, à Auschwitz. Le 1er août, un officier SS d’Auschwitz put écrire, après l’envoi des Tsiganes à la chambre à gaz : "

Mission terminée, traitement spécial exécuté ". Traitement spécial ! Pire encore que celui que subirent les Juifs, les handicapés, les malades mentaux, les homosexuels, les communistes, les résistants ! Et au total, pour la seule Allemagne, cinq à six cent mille Gitans, Roms, Kalderas, Manouches, auraient péri. A Dachau, les Tsiganes étaient tués le jour même de leur arrivée, ou le lendemain. Simplement parce qu’ils étaient nés Tsiganes.

Comme les Juifs, les Tsiganes ont été victimes de l’idéologie nazie, politique de la race afin de régénérer le sang allemand, et politique de l’espace pour la création d’une Grande Allemagne débarrassée des éléments impurs, étrangers, inférieurs. L’élimination des Tsiganes aura d’autant mieux été acceptée, que la mise à l’index était ancienne.

Aucune voix ne s’élève pour défendre la cause des Tsiganes discriminés, stérilisés, persécutés, spoliés, exterminés . Nulle mémoire, nulle indemnité, nulle commémoration. Rien. Le vide absolu. Ostracisme complet.

Définitif ?

Jusqu’à mon dernier souffle, je me battrai pour la reconnaissance de ce peuple admirable (et pour la reconnaissance de leurs souffrances passées et présentes, note d'eva ajoutée  ce 3.2.11)


Eva R-sistons


Visitez : Mémoire juive et éducation

Lire : rue89 (Les roms ne veulent plus être « de la chair à expulsion »)

http://www.pyepimanla.com/mars-2008/articles/actualites/tsiganes-shoah.html

 

 

 

 

(eva) : Le traitement des Tsiganes,

particulièrement des Roms,

dans la France de Sarkozy,

est intolérable.

Et que dire en Roumanie ?

Directeur du cirque Romanès :

 

 

Entendu sur Public Sénat, ce 31 janvier 2011.

Le directeur du merveilleux cirque tsigane Romanès

(inquiété par l'Etat impitoyable qui se met en place)

annonce, tenez-vous bien, c'est effroyable :

 

ROMS

 

Les jeunes filles Roms, en Roumanie, ressortent stérilisées des hôpitauxEt il ajoute : On fait état de cas de jeunes mères à qui l'on annonce que leur enfant est mort-né, et elles ne peuvent même pas voir leur bébé !

 

Par ailleurs, au cours de ce débat j'ai entendu ceci : "Les Nazis ont détruit 98 % des familles bohémiennes les plus intégrées, toutes leurs élites ont été exterminées, concernant l'holocauste tsigane c'est seulement MAINTENANT, pour la première fois, qu'un Tsigane a pu s'exprimer devant le Parlement européen !" La reconnaissance des crimes passés se fait lentement, discrètement,  un monument mémoriel a été construit à Berlin, mais les discriminations à l'encontre des individus comme des collectivités, continuent.. Dans la France de Sarkozy, par exemple, refus de scolarisation, d'hébergement, et expulsion de groupes entiers, en infraction à la Constitution ! 

 

sur mon blog R-sistons à l'intolérable


L'Europe doit réagir !


 

 

Les Tsiganes furent, comme les Juifs,

interpellés et mis dans des camps.
Voici une carte des camps de concentration en France.

Les camps pour Tsiganes figurent en bleu :


Carte des camps en France

 

Un autre peuple victime de l'extermination : les Tsiganes

« Et les Tsiganes ? » me demande-t-on. « Pourquoi est-ce qu'on en parle presque pas ? »

Il faut comprendre que les Tsiganes sont un peuple de l'oral plus que de l'écrit. Aussi a-t-on beaucoup moins de témoignages de survivants. D'autre part, le racisme contre les gitans, tsiganes, gens du voyage a continué après la guerre, et de nos jours encore.

Sommaire :

Un exemple de camp pour Tsiganes : le camp de Jasenovac en C

 

Le camp de concentration pour Tsiganes de Montreuil-Bellay
Le camp de concentration pour Tsiganes de Montreuil-Bellay

Ces camps furent rapidement détruits et oubliés après la guerre. Il fallut attendre 1985 pour qu'une plaque soit apposée à Poitiers :

Plaque commémorative apposée en 1985 à Poitiers

Plus tard, en 1994, une plaque additive fut apposée, qui évoquait le fait que ces crimes contre l'humanité avaient été « commis sous l'autorité de fait de l'Etat français ». En effet, ces camps étaient administrés, gardés par le régime de Vichy.

Une extermination qui a touché toute l'Europe


La déportation des Tsiganes vers les camps d'extermination
Source : Martin Gilbert, Atlas de la Shoah, Editions de l'Aube, 1992
La déportation des Tsiganes vers les camps d'extermination
La carte signale l'existence de divers camps et aussi de lieux où les femmes tsiganes étaient stérilisées contre leur volonté.
Ce fut le cas à Valognes, dans le département de la Manche (50).


Carte du génocide des tsiganes
Source : Richard Overy, Atlas historique du IIIe Reich, Editions Autrement, 1999

    Furent exterminés :
  • plus du quart des Tsiganes de France ou de Hongrie,
  • près de la moitié des Tsiganes de Yougoslavie ou de Lettonie,
  • les trois quart des Tsiganes d'Allemagne ou de Belgique,
  • la totalité des Tsiganes des Pays-Bas, du Luxembourg  et de Lituanie .

 

Femme tzigane, l'une des rares survivante d'Auschwitz. Elle porte un tatouage sur le bras.
Femme tzigane, l'une des rares survivante d'Auschwitz. Elle porte un tatouage sur le bras.

Expériences médicales à Auschwitz


Enfants tsiganes castrés au cours de prétendues "expériences médicales" à Auschwitz-Birkenau, en 1944
Enfants tsiganes castrés au cours de prétendues "expériences médicales" à Auschwitz-Birkenau, en 1944


L'exemple du camp de Jasenovac, en Croatie

Jasenovac

 
Quelques Tsiganes ont été mis au travail dans le camp III C, nommé le camp tsigane. Les autres ont été exterminés à leur arrivée ou peu après. Les Tsiganes épargnés pour servir de main-d'œuvre devaient travailler dans une usine de briques, une scierie et devaient creuser des canaux d'irrigation. Ils finissaient également par mourir, battus à mort, de faim et d'épuisement.
Les Tsiganes vivaient dans des tentes ou à ciel ouvert, affamés et les pieds nus, au soleil et sous la pluie. La nourriture qu'ils recevaient était pire encore que celle des autres détenus et les oustachis [les nazis croates] prenaient un plaisir particulier à les frapper et à les fouetter. La nuit tombée, ils en sortaient quelques-uns du camp pour les tuer.
L'entrée du camp de Jasenovac 
Photo d'une porte en pierre avec une voute. Une pancarte avec peinte en gosses lettres l'inscription : RADNA SLUZBA, STASKE OBRANE, SABIRNI LOGOR BR. III
Certains détenus non tsiganes ont essayé de cacher les Tsiganes des oustachis. Parmi eux, il y avait un violoniste du nom de Jovanovic. Mais le commandant du camp, Filipovic, l'a alors découvert et tué. L'hôpital du camp ne recevait pas de Tsiganes. Le prêtre des oustachis, surnommé père Satan, avait ordonné que tous les Tsiganes malades soient exécutés.
Certains des Tsiganes arrivés à Jasenovac étaient musiciens. Les oustachis ont créé plusieurs groupes de musiciens tsiganes. En juin 1942, les Tsiganes et d'autres prisonniers ont été forcés à jouer en concert. Ils ont été tués juste après.
Les conditions de vie du camp III C étaient si terribles que l'on devait nettoyer le camp tous les matins de quelque 40 corps de détenus qui étaient morts de froid.
Bozidar F travaillait à la blanchisserie du camp. Il avait pu cacher son identité. Un autre Tsigane — un violoniste du nom de Vaso — jouait dans l'orchestre du camp. Ces deux Tsiganes ont été les seuls, avec deux Tsiganes allemands de Thuringe qui avaient travaillé dans une foire comme avaleurs de feu, à survivre au carnage jusqu'aux derniers jours du camp.

L'extermination à Ustice et à Gradina

Un survivant, Dusan Culum, raconte :
Tous les jours, six à douze wagons de Tsiganes arrivaient à Jasenovac. Ils devaient débarquer du train devant le camp et s'asseoir par terre. Le commandant du camp, Luburic, ou d'autres responsables oustachis leurs désignaient l'endroit où ils seraient installés pour travailler. Les oustachis prenaient d'abord les hommes et leur racontaient qu'ils seraient envoyés en Allemagne. Ils leur faisaient chanter "Béni soit Pavelic" [chef nazi croate] en les embarquant. Ils les faisaient monter sur des radeaux pour traverser le fleuve jusqu'à Ustice et les plaçaient dans des maisons dont les occupants serbes avaient été tués. Les maisons étaient entourées de barbelés et formaient un petit camp. Puis les oustachis tuaient les Tsiganes avec des maillets et les enterraient dans les jardins. Après avoir tué les hommes, ils revenaient et tuaient les femmes et les enfants.

 

http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/tsiganes.htm

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Février 1940, les nazis testent le Zyklon B à Buchenwald sur 250 enfants tziganes. Décembre 1942, Himmler signe le décret de déportation des Tziganes d'Allemagne vers Auschwitz, au "camp des familles gitanes". Selon les historiens, entre 500 000 et 700 000 Tziganes ont été assassinés sous Hitler. Cela porte un nom : c'est un génocide.
 

 

http://www.internationalnews.fr/


L'Europe doit reconnaître le génocide tzigane

 

 

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Le vrai visage de l'Occident,

le vrai visage du pouvoir égyptien

par eva R-sistons

Stabilisation de l'Egypte,

ou des intérêts de l'Occident ?

 

A 74 ans, le chef des services de renseignements égyptiens est l’homme le plus puissant du pays après le président. En charge des dossiers clés , présent dans les sommets de la Ligue arabe, il pourrait succéder à Hosni Moubarak.

Par CLAUDE GUIBAL Le Caire, de notre correspondante

Omar Suleiman -ici en 2005- vient d'être nommé vice-président égyptienne par Hosni Moubarak.

Omar Suleiman -ici en 2005- vient d'être nommé vice-président égyptienne par Hosni Moubarak. (REUTERS)

http://www.liberation.fr/monde/0101466380-omar-suleiman-l-ombre-du-caire

 

 

Entendu sur France24,

Conférence de presse du Ier Ministre égyptien :

 

"Nous devons trouver la solution

qui assurera la stabilité"

 

La stabilité, ou la continuité (monnayée)

pour mener la même politique dictée par l'Etranger ?

Importance géo-tratégique de l'Egypte

(qui n'est pas la Tunisie)

avec le Canal de Suez, pour le pétrole,

et puis "élément de stabilisation"

dans une région qu' Israël entend modeler à sa guise,

au service des intérêts de l'Empire anglo-saxon,

cela ne présage rien de bon pour le peuple égyptien,

condamné, s'il ne va pas au bout de sa libération,

à subir l'ingérence étrangère

à son détriment.

 

Le Premier Ministre poursuit :

"Nous avons des devoirs vis-à-vis de la représentation érangère,

nous n'allons PAS porter atteine à notre réputation".

 

Des devoirs vis-à-vis du peuple,

ou vis-à-vis de l'Etranger ?

L'Etranger sera privilégié

au détriment du peuple,

de ses besoins, de ses aspirations, de sa volonté.

 

Il s'agit d'un terrible bras-de-fer

entre la volonté du peuple,

et les intérêts hégémoniques de l'Occident

contre les peuples et au profit de la Haute Finance.

 

L'Etranger veut maintenir le statut-quo,

avec une devanture différente

(propagande pour Suleiman, le vice-Président

homme fort du pays, allié des Etats-Unis et d'Israël),

donc changement dans le régime

et non changement de régime,

quitte à provoquer un bain-de-sang,

(ou une guerre civile)

ce dont l'Occident se moque éperdûmement.

 

Les USA, par la bouche d'Hyllary Clinton,

flattent l'Armée égyptienne pour mieux la tenir à leur merci.

Celle-ci, d'ailleurs, détient d'énormes privilèges,

notamment politiques, financiers et économiques.

 

Voilà le VRAI VISAGE de l'Occident:

Soutien aux dictateurs,

politique contre les peuples,

défense des intérêts boursiers, financiers, industriels,

quels que soient les prix payés pour les autochtones.

 

Notre ennemi est l'Occident,

pas l'Arabe ou le Musulman,

comme les médias aux ordres le disent.

Ne nous trompons pas d'adversaires ! 

 

Ensemble, libérons les peuples

de la monstrueuse emprise

de l'Occident sur le monde !

C'est le plus important des combats,

pour accéder à une vraie liberté.

 

Eva R-sistons

 

Journalistes et clubs presse

Toute l'information ici,

sur mon blog eva désinformation:

 

  (suite à un problème technique,

je vous donne les liens ainsi, vous aurez tout sur ce blog, rubrique liste d'articles)

 

Journalistes et clubs presse

 

 

A noter que l'Occident s'arrange toujours

pour que le monde ne connaisse pas la vérité

  sur ses exactions planétaires:


- Silence sur les horreurs d'Irak ou d'Afghanistan,

guerres meurtrières invisibles,

- Plomb durci, journalistes obligés de couvrir l'info

côté Israël, là où parfois tombait une bombinette artisanale,

pas là où les Palestiniens étaient bombardés, exterminés,

- Egypte, journalistes accusés de complot,

matraqués, dissuadés de travailler.

Pas de témoins, pas de trace, c'est signé

Merci israël, USA, GB, France de Sarkozy ou de MAM...

 

Eva R-sistons

 

Journalistes et clubs presse

 

 

Révolutions arabes : Toute l'info alternative ici,

sur mon blog désinformation :

 

http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/

 


 

Par eva R-sistons - Publié dans : Tsiganes
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Samedi 9 octobre 2010 6 09 /10 /Oct /2010 08:31

Suite Dossier Tsiganes et Roms, leurs souffrances, leur esclavage, extraits et présentation d'eva, à partir du blog d'Hélène Larrivé, tziganes2.blogspot.com. Dans le précédent post, introduction d'Eva: Tous les génocides doivent être commémorés ensemble. Aucun génocide n'est plus important que l'autre... Et le négationnisme des souffrances des Tsiganes, ça suffit ! Par ailleurs, il me semble nécessaire de rapprocher, en effet, comme l'Administratrice du blog Tsigane2, le sort des Tsiganes de celui, pendant longtemps, des Juifs, également errants d'ailleurs: Mais pour demander à ces derniers de prendre haut et fort la défense de ces frères et soeurs errants et persécutés, et de faire justice sur leurs souffrances passées, en commémorant ensemble la "Shoah" des Juifs et des Tsiganes ! Juifs et Tsiganes ont un commun destin. Fructifions cette idée ! (eva)

 

 

 ET AU BOUT DU PERIPLE,

LES CAMPS DE LA MORT 

LES CAMPS DE LA MORT 

  LES CAMPS DE LA MORT  

 

En Roumanie, la dictature d’Antonescu et la déportation en Transnistrie ("pays au delà du Dniestr" qui sépare la Moldavie de l'Ukraine) et en Bessarabie (au sud), considérés comme zones de "dépotoirs ethniques" où il envoya également les juifs.

 

    La déportation des roms : la Transnistrie

 Le long du Dniestr la Transnistrie -en rouge-, état non reconnu, (fait à présent partie de la Moldavie) est une enclave -utilisée ensuite par l'URSS pour s'assurer un fer de lance pénétrant les Balkans- séparant l'Ukraine (l'Europe de l'Est -ex union Soviétique-) de l'Europe Centrale. Plus au sud, la Bessarabie sur la mer noire. Son climat est continental. C'est là que les roms furent abandonnés et moururent de faim et de froid. Certains toutefois furent recueillis dans des villages. 

La Transnistrie et la Bessarabie, située entre l'embouchure du Prut, du Dniestr et la mer noire furent pour la Roumanie fasciste des zones concentrationnaires à ciel ouvert.
C’est dans cette atmosphère que les Roms traversent l’histoire de la Roumanie, son indépendance, reconnue par le congrès de Berlin en 1878, la participation de la Roumanie à la première guerre mondiale de 1916 à 1918 aux côtés des alliés, puis le rattachement à la Roumanie de la Bucovine et de la Transylvanie (prises à la Hongrie) ainsi que de la Bessarabie (prise à la Russie).
Face à la crise mondiale de 1929 et aux grèves ouvrières qui ripostent à la misère (notamment les grèves des chemins de fer et des ouvriers de l’industrie pétrolière), le parti de la "Garde de Fer ", groupe fasciste créé dans les années 20 par Horia Sima (et où on trouve notamment Ionesco, Mircea Eliane ou Cioran) est soutenu par une fraction croissante de la bourgeoisie. Pogroms fréquents en Moldavie et en Bessarabie à l’encontre des juifs et des roms; par le biais de l’influence du nazisme et des thèses de Ritter, le racisme anti-rom se construit un corpus idéologique "scientifique". Il ne s’agit plus seulement de décrire les Roms comme des "voleurs" et "débauchées", mais aussi, comme Ion Facaoaru, le principal théoricien roumain du racisme anti-rom, de lutter contre "le péril tsigane d’appauvrissement génétique du peuple roumain". Dès 1938, un Commissariat Général aux Minorités est créé, chargé particulièrement, de la "question tsigane". Les universités, et en particulier celle de Cluj, se tournent vers l’étude de l’anthropologie eugéniste. L’idéologie du "sang pur" de la "race roumaine" menacée par "l’impureté tsigane" se développe.


En 1940, le roi Carol II abdique en faveur de son fils Michel I, qui appelle au pouvoir le fasciste Antonescu, soutenu par la Garde de Fer, lequel se proclame Conductator de la Roumanie, tandis que l’URSS, dans le cadre du pacte germano-soviétique occupe la Bessarabie et la Bucovine, et que la Hongrie du fasciste Horty annexe le nord de la Transylvanie. La Roumanie devient un Etat "National-Légionnaire" et s’allie avec l’Allemagne nazie. La situation des roms devient dramatique. En 1940, le ministère de l’intérieur interdit aux Roms "nomades" de "rôder pendant l’hiver".


Des "camps d'extermination" à l'antique, spécificité roumaine  !


La Transnistrie et la Bessarabie, la faim, le froid, la mort

En 1941, la stérilisation des femmes est instituée. En mai 1942, Antonescu ordonne un recensement général de la population rom, 208.700 Roms sont fichés et le 1er juin, commence la déportation des "nomades et semi-nomades" en Transnistrie nouvellement acquise par la Roumanie. Le 11 août, l’Inspecteur Général du Recensement déclare que 84% des Roms "nomades et semi-nomades" ont traversé le Dniestr. Les ordres précisent de n’informer en rien les déportés sur leur destination. Une fois en Bessarabie, ils doivent changer leur argent en Reichsmarks et sont ensuite assignés à une localité. Un maire de village publie en 1945 ses souvenirs sur cette période : "Fin août 1942 commencèrent à arriver à Trihai, sur le fleuve Bug, des Roms. Ils furent répartis dans les fermes environnantes -ou, pire, jetés dans la nature sans abri possible, nourriture ni vêtements chauds- en une semaine, ils furent quinze milles Roms à arriver dans un état incroyable de misère. Il y avait beaucoup de vieillards... certains étaient nus 
 

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Cela empire ensuite : à partir du 12 septembre 1942, commence la déportation des Roms sédentaires, en train, y compris les enfants non accompagnés. Ils ne sont autorisés à prendre qu’un seul bagage à main, tout le reste (terrains, maisons, animaux, etc.) étant confisqué. La rafle des roms sédentaires dure huit jours. Les seuls Roms qui évitent la déportation sont ceux des familles de soldats, une mesure prise à la suite de mutineries de soldats roms sur le front lorsqu’ils apprenaient la déportation de leur famille. Voir à ce sujet des témoignages bouleversants sur les roms engagés dans l'armée roumaine contre les alliés qui voyaient les leurs abandonnés dans des campagnes  isolées -avant qu'une "meilleure" organisation ne les fît conduire dans des camions-chambre-à-gaz - où ils mourraient de froid et de faim. Notons à ce sujet que, comme les kurdes, les roms étant de nationalités différentes, lors des conflits, ils se trouvèrent parfois engagés -de force- des deux côtés de la barrière et furent ensuite les premières victimes de la répression lors de la victoire d'un camp sur l'autre. De plus, leurs qualités d'endurance et militaires en faisaient des recrues fort appréciées -il y a peu, en France, on les envoyait systématiquement dans les "bat d'af", régiments d'élite-. Cela explique parfois leur relative "désunion" -comme celle des kurdes-. Plus "français" -ou "italiens", "espagnols", "hongrois" etc... - que roms, en somme. En 40, ce fut dramatique; mais certains parvinrent à déserter et dans la résistance combattirent avec un héroïsme qui laissa trace -un peu-.
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Image du Blog tziganes.centerblog.net
Roms avant leur gazage (Jasenovak)
Le triangle marron, qui s'en souvient ? Voici une vidéo bouleversante: http://www.cyril-lazaro.com/article-plus-de-roms-plus-de-chomage-55952450-comments.html#anchorComment
http://www.dailymotion.com/video/xapdzo_l-holocauste-oublie-le-massacre-des_news


Poème des camps de la mort
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html


Mémoire trouée, un exemple cruel

Les camps d’internement de Lety en Bohême et Hodonín en Moravie sont les symboles de l’extermination des Roms de Bohême-Moravie. Or, qu'y a-t-il à leur place à présent ? Un monument ? Une stèle ? Pas du tout : à Lety se trouve aujourd’hui encore, à proximité, une porcherie ! et Hodonín était jusqu’à l’an dernier... un camp de vacances ! C'est l'absence de reconnaissance du génocide -au point que des roms ont été expulsés de Drancy où ils venaient se recueillir pour commémorer le samudaripen- qui a permis qu'ils soient ainsi traités par la suite, exemple les expulsions de Sarko. Rien ne s'est passé, en somme. http://www.mleray.info/article-30707560.html
En Transnistrie, les conditions de vie sont dramatiques : famine, froid, et typhus, sans compter ceux qui sont abattus parce qu’ils tentent de s’évader. Certains, y compris l’hiver, étaient nus. La famine est telle que certains Roms mangent des chevaux, alors que pour la majorité d’entre eux le cheval est tabou. Entre 1941 et 1943, 300 000 juifs furent également déportés en Transnistrie. Mais dès fin 1943, Antonescu comprenant que l’Allemagne ne gagnera pas la guerre, les déportations cessent, le roi Michel dissout le gouvernement Antonescu le 23 août 1944, puis déclare la guerre à l’Allemagne.
De 1941 à 1943, on estime à 36.000 le nombre de Roms morts en déportation en Transnistrie.

En Allemagne

En Allemagne et dans tous les pays occupés (dont la France de Pétain)

L'expression est de Hitler "comme les nègres et les juifs, ce sont des sous hommes qui souillent le sang aryen". A éliminer en priorité. 

De fait, leur sort fut en tout point identique à celui des juifs : déportations, travaux forcés, triangle, stérilisation, extermination, expériences "médicales". Une spécificité ils les utilisaient parfois comme musiciens -avant de les gazer- et accueillaient les convois au son de leurs mélodies. 

 

 Le stalinisme et Ceaucescu

L’armistice est signé le 13 septembre 1944, et le ministre de l’intérieur exhorte alors les Roms à reprendre leurs activités traditionnelles en Roumanie, devenue en 48 une démocratie populaire, sous le joug de l’URSS stalinienne... où de nombreux assassinats, tortures, arrestations arbitraires, etc.... sont organisés pour permettre à un PC qui ne regroupait que quelques centaines d’adhérents en 1945 de prendre le pouvoir. Il ne semble pas que sous le pouvoir de Gheorghiu Dej, alors secrétaire du PCR, une différence existe entre le sort réservé aux Roms et ceux des autres citoyens de Roumanie, les discriminations racistes s’exerçant plus particulièrement à l’encontre de Hongrois, de Serbes ou de Croates. Les Roms restent néanmoins essentiellement utilisés comme main d’œuvre non-qualifiée de l’industrie et de l’agriculture.
 

En 1965, Nicolae Ceausescu prend la tête du PC. La Roumanie connaît la plus forte croissance économique de tous les pays d’Europe, et prend ses distances avec l’URSS. Seul pays du pacte de Varsovie qui n’envoie pas ses chars à Prague en 1968, la Roumanie de Ceausescu devient le plus convenable des pays de l’Est pour l’Occident. De Gaulle, en voyage officiel en Roumanie en 1968, proclame " La Roumanie aux roumains ". (Note d'Eva: Quel est le rôle de l'Occident dans la mort - sans vrai jugement, avec exécution immédiate - de N. Ceausescu ?)

Plutôt indépendante par rapport à l’URSS, la Roumanie développe une idéologie ultra-nationaliste raciste. Ceausescu déclare à plusieurs reprises la supériorité de la race "dace". En dehors de la campagne nationale de 1977 qui confisqua tout l’or (bijoux en particulier) appartenant aux Roms, il existe peu de documents sur la situation particulière des Roms durant la dictature de Ceausescu, mais un fait est avéré : sur les 80.000 enfants trouvés dans les orphelinats roumains en 1990 (en fait de véritables mouroirs au taux annuel de mortalité de 50 et 60% ) 80% étaient des roms (alors qu'ils ne représentent que 10% à 20% de la population roumaine). Epidémies de sida, d’hépatites, et de choléra provoquées par du matériel de transfusion non stérile... etc.. ce nombre incroyablement élevé d’enfants roms dans ces orphelinats serait le résultat d’une politique raciste cohérente du régime totalitaire: au nom d'une prétendue supériorité des "daces", le peuple qui habitait la Roumanie avant la conquête par les romains en 101, les roms étaient réduits à une main d'œuvre servile dont ces mouroirs avaient pour but d'éponger le surplus..


Les "daces", les "surhommes" contemporains de Ceaucescu.
 

La "révolution" roumaine et les pogroms qui ont suivi

Lors de la "révolution" roumaine de décembre 1989 qui débarrassa le pays des  Ceausescu, l'atmosphère de racisme dont les Roms sont les premières victimes demeurait. Des rumeurs circulent, ils auraient tous étaient des agents de la Securitate, Ceausescu lui-même aurait été un Rom, la presse ne cesse de publier des articles sur des foules de Roms armés de couteaux qui sèmeraient la terreur dans le train Sofia-Bucarest, ou que l’Orient express devra être placé sous surveillance policière pour éviter les raids romani etc... Une véritable campagne de pogroms anti-roms se développe dans toute la Roumanie. Le 24 décembre 1989, dans le village de Virghie, des villageois assassinent deux Roms et brûlent leur maison. A Turulung, 36 maisons appartenant à des Roms sont incendiées le 11 janvier 1990. Le 29 janvier, ce sont cinq maisons qui sont incendiées à Reghin ainsi que quatre Roms assassinés et six maisons incendiées à Lunga le 5 février, etc.

Du 13 au 15 juin, des mineurs ont été amenés en train à Bucarest par le gouvernement pour réprimer des manifestations anti-Illescu (alors chef du gouvernement) et encadrés par des officiers de police, ces mineurs se sont aussi dirigés vers les campements roms de la banlieue de Bucarest... qu'ils détruisent. Des hommes sont battus jusqu’à ce qu’ils perdent connaissance et des femmes violées. De nombreux Roms ont alors été emprisonnés et relâchés seulement quelques semaines plus tard, sans qu’aucune charge ne puisse être retenue contre eux. A Cuza Voda, 34 maisons appartenant à des roms sont incendiées et 29 à Catinul Nou le 12 août, etc. De telles violences, quasiment quotidiennes, ont lieu, parfois accompagnés de lynchages. Il arrive que la cause officielle de ces flambées de violences racistes soit une simple rixe à une sortie de bal entre gadjé et roms. Dans ce cas la police intervient, après les pogroms, pour arrêter les roms qui auraient participé à la rixe !
 

Après un tel pogrom dans la nuit du 12 au 13 octobre 1993, une commission gouvernementale publie un rapport où l’on peut lire que "les événements n’ont pas motivations ethniques", puis expliquent que la communauté rom a sa part de responsabilité puisque elle est un danger pour la stabilité ethnique du village car ils ont entre 5 et 10 enfants, ne sont pas du village, ne possèdent pas de terre donc "certains vivent du vol"... que leur niveau culturel est très bas, nombreux sont ceux sont illettrés... qu'ils sont orthodoxes mais n’observent pas les rites, n’ont pas formé de société agraire, perturbent l’ordre par des violences verbales, des discussions obscènes, un langage trivial, volent etc. Ce rapport, véritable synthèse des préjugés racistes dont sont victimes les Roms est significatif de la façon dont la police et la justice roumaines traitent alors ces pogroms meurtriers.



"Mort aux Tziganes"! (en 90!)
Ce genre de violences de grande envergure à l’encontre des roms a perduré pendant toutes les années 90. Depuis, si on en croit le rapport de la Commission Européenne contre le Racisme et l’Intolérance (rendu public le 23 avril 2002), "les affrontements violents, comme ceux qui se sont produits durant les années 90 entre les groupes majoritaires et minoritaires de la population, notamment avec la communauté rom/tsigane, se sont apaisés". Pourtant, les discriminations subsistent à tous les niveaux : violences policières régulières, politiques municipales dont le but est de chasser les Roms, ségrégation dans les écoles, discriminations à l’embauche, il arrive que dans les ANPE des offrtes d'emplois précisent qu'elles ne s'adressent pas aux roms, discriminations quant à l’accès aux soins ou à certaines aides sociales, articles de presse et reportages télévisés les présentant régulièrement comme un peuple de délinquants, etc... A cela s’ajoute les partis d’extrême droite raciste, essentiellement le Parti Romania Mare (Parti de la Grande Roumanie) et leur propagande anti-rom, antisémite et anti-magyar (anti-hongrois). La Nouvelle Droite colle régulièrement des affiches avec pour slogans "Mort aux tsiganes !" ou "Les roms hors de Roumanie! "

C’est ainsi que le 13 mars, une quinzaine d’hommes armés de battes de base-ball ont attaqué un quartier romani dans le village de Sabolciu; le 8 mai 2002, environ 200 supporters de foot s'en sont pris à un quartier rom à Bucarest en criant "les tsiganes hors de Roumanie", les agresseurs tabassant des Roms, cassant les carreaux des maisons et détruisant les portes pour entrer dans les habitations. La Desrrobireja des roms reste toujours à conquérir. Cela explique -à nouveau:- leur exode vers les pays plus "calmes", la France notamment, le pays des droits de l'homme dont Sarko est un pur fleuron (!)

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Notes. Le terme officiel de Roumanie n’apparaît qu’en 1861, après l’unification des principautés de Valachie et de Moldavie. La Valachie est la région de Bucarest, tandis que la Moldavie celle de Iasi. Le pays qui aujourd’hui s’appelle Moldavie est par contre né de l’unité de la Bessarabie et de la Transnistrie.

"Rom" ["homme" en romani] et c’est par ce terme qu’ils se désignent eux-mêmes -parfois-. Comme en roumain le terme "tsigan" est devenu synonyme d’esclave, nous n’employons le mot français "tsigane" que pour traduire des textes d’esclavagistes et/ou de racistes.
Gadjé: pluriel de "gadjo", terme désignant pour les Roms tous ceux qui ne sont pas originaires des "peuples du voyage", terme par lequel on les nomme parfois, car les roms sont pour la plupart sédentaires même s'ils prennent souvent la route, bien malgré eux. Cause ou conséquence, ils sont souvent à la marge, sédentaires dans des HLM -ou dans des camps qu'on leur concède, la plupart du temps mal entretenus et situés à l'écart des villes- mais gardent une caravane prête au cas où ! et partent parfois durant d'assez longues périodes rejoindre des parents/amis en camp...
Un roman de Mattéo Maximoff "Le prix de la liberté" traite justement d’une révolte romani au 19ème siècle en Roumanie (édition Wallâda). (NB J'ai eu la chance de connaître Matéo alors que j'avais une vingtaine d'années, il m'a offert un de ses livres, note d'eva)

 
EN RESUME

On estime à 500.000 (certaines sources donnent 1 million!) le nombre de tsiganes d’Europe victimes du génocide sous le nazisme, un chiffre qui, en proportion, est équivalent ou supérieur à celui du génocide juif. Dans la majorité des pays, le sort réservé au Roms fut semblable à celui des juifs: massacre par des unités de la SS en URSS, extermination dans les camps de la mort pour les Roms et Sintis d’Allemagne, d’Autriche et de Pologne, etc. (D'après mes sources personnelles presque le double de Tsiganes, proportionnellement parlant. Méconnu. Intentionnellement ? Ca dérange certains intérêts, c'est sûr ! Note d'eva)


Un cas particulièrement pervers 


Le camp de Terezin comportait une zone totalement séparée qui leur était réservée, figurant une sorte de "village" pimpant avec même des pots de fleur aux fenêtres... où au départ ils furent bien traités, nourriture, musique, travaux peu pénibles... on leur fournit même des cartes postales du camp pour envoyer à leur famille... et après que tous furent venus les rejoindre, on les gaza jusqu'au dernier. Le racisme des nazis à leur encontre était tel qu'ils ne voulurent même pas les "sélectionner" pour des travaux épuisants comme ils le faisaient pour les juifs.

Sources: Hancock, "Roma Slavery"..."The Pariah Syndrome" in "Patrin"
Claire Auziaz "Samudaripen, le génocide des tsiganes", Editions L’esprit Frappeur, Paris 1999
Article de Hoboctb n°10 - décembre 2002. Pour tout contact: HOBOCTb C/o CESL - BP 121 - 25014 Besançon cedex. E-mail: helenelarrive@gmail.com (l'autre adresse ne marche pas.)
Cité par Joseph Varéa, que je remercie ici, ainsi qu'Anic Darnault pour son tableau ("l'oeil").
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Controverses, un peu de philosophie...
La honte d'être rom

Jean-Marc Turine ''Le crime d’être Rom'' (Ed. Golias)

"Lorsque Simon Wiesenthal demanda en 1984 à Elie Wiesel que les Roms soient représentés dans le Conseil qui visait à perpétuer le souvenir de la Shoah, celui-ci lui répond sans détour qu'''il ne fallait pas dévaluer l’Holocauste''.. ce à quoi Wiesenthal rétorque qu'''il ne fallait pas dévaluer le nazisme'', car les Roms, au même titre que les Juifs, ont été victimes du racisme fanatique du régime hitlérien. Leur extermination a même été planifiée de plus longue date puisqu’en 1906 déjà, un certain Alfred Dillman préconisait de débarrasser l’Allemagne de ce peuple ''criminel, asocial et fainéant'' par nature.
Cet épisode illustre le fait que certains dans la communauté juive tentent de s'accaparer le statut de victimes uniques du génocide nazi quitte à verser dans le négationnisme du génocide rom. En tronquant et en minimisant la réalité de l’entreprise de mort que constituaient les camps d’extermination, ils mettent ainsi à mal les efforts d’autres intellectuels juifs qui, conscients de la capacité de leur communauté à imposer au monde la mémoire de la Shoah, sont les avocats dévoués à la mémoire du génocide rom.
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Négationnisme de la "Shoah" des Tsiganes
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(Oui, négationnisme de la "Shoah" des Tsiganes ! C'est honteux ! A brandir quand on parle de négationnisme à tort et à travers ! Note et titre d'eva)

Les Roms eux-mêmes portent-ils une responsabilité dans ce déficit de mémoire?
Si la communauté rom a refusé les compensations que lui proposait l’Allemagne, ce refus ne constituait en rien un déni de mémoire mais s’expliquait par le fait que les compensations étaient attribuées à titre ''humanitaire'' et non en tant que ''victimes de crime contre l’humanité''. Une insulte à la mémoire : ils n’ont pas été victimes de la famine ou d’une catastrophe naturelle ! Cela dit, il est certain que des conflits internes à la communauté ont miné le poids de leur représentation et leurs chances d’inscrire de manière forte la réalité de la tentative d’anéantissement de leur peuple dans l’Histoire.

Et l’argument qui fait des Roms un ''peuple de l’oralité'' qui craint le passé et désire l’enfouir?
Certes, il existe un certain esprit selon lequel ''le passé fait peur, le futur ne risque pas d’être meilleur, donc il faut vivre dans le présent''. Mais cela ne signifie pas que ce peuple n’ait pas de mémoire. Sans mémoire, un peuple meurt. Sans doute leur tradition orale, au contraire de la tradition livresque juive, s’est-elle trouvée dépourvue face à la question de la transmission au sens où nous l’entendons. Mais peut-on considérer qu’un peuple de tradition orale est pour autant sans mémoire?
C'est à cause de la non reconnaissance du génocide subi par les Roms qu’il est possible aujourd’hui qu'ils soient traités d’une manière aussi violemment discriminatoire. Cela n'eût pas été possible si la communauté rom avait bénéficié d’un statut clair et officiellement admis de victime de génocide. Les autorités politiques européennes, se rendant sciemment coupables de ''non assistance à peuple en danger'' prennent le risque de voir éclater à tout moment une véritable bombe sociale."
Réponse à l'article :

"Qui que vous soyez, soyez remercié au nom de la communauté des voyageurs. Je suis Rom de Macédoine et depuis ma plus tendre enfance j'ai été élevé dans une ambiance de non-dit sur nos origines. Savez-vous combien de personnes de ma famille n’osent pas dire que nous sommes ce que nous sommes? Imaginez le nombre de sédentaires depuis des décennies ou des siècles, intégrées, qui n’osent s’affirmer ou du moins ne pas se cacher. Cette communauté se laisse dépecer. J’ose espérer qu’un jour, des gadje comme nous avons pour habitude de les nommer se préoccuperont des ''pauvres'' que nous sommes (beaucoup trop d’entre nous sont analphabètes donc sans armes pour se défendre.) Veuillez cher humaniste, recevoir ma pleine gratitude." Interview par Amnesty international de l'auteur reprise sur le site d'Amnesty avec ce commentaire.
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"Les Caraques" commentaire de texte,  ce que disent les mots
"Clé, comme toutes les communes du Midi, connaissait les gitans. Le mot que l’on employait pour les désigner était "Caraques". Certains d’entre eux, il me semble que c’était le cas des Stambul, avaient même une maison dans le village. (...)



Maintenant, reprenons le texte
avec un petit remplacement de mots

"Clé, comme toutes les communes du Midi, connaissait les juifs errants. Le mot que l’on employait pour les désigner était "youpins". Certains d’entre eux, il me semble que c’était le cas des Stambul, avaient même une maison dans le village. Dans la rue du Moulin habitaient un frère et une sœur qui devaient s’appeler Levy. Lui parti, elle a continué à survivre là de manière misérable, sans aucun confort. Elle ne devait avoir ni eau ni électricité et sans doute pas de revenu. Cette maison, appelée la maison de la juive, a été récemment démolie de même qu’une remise voisine qui appartenait à Pierre Borie. Ainsi a été créée une petite place, baptisée la Place des platanes, que l'on a conservés.


Impressionnant, isn'it ? Le MRAP et la LICRA, suivis par la LDH attaqueraient aussitôt. Antisémitisme.
Le mot "antiromisme" n'existe même pas.  
Note : ces propos sur les juifs qui semblent controuvés étaient réellement tenus à l'encontre de ceux d'Espagne et d'Angleterre fuyant les pogroms du 15ème siècle.* "Sales, pouilleux, voleurs, avec de trop nombreux enfants, vivant de trafics ou de charité sociale..." Quelque temps après, intégrés, on leur reprocha de s'être accaparés les meilleurs places, spoliant les "vrais" autochtones etc... ("Histoire de l'antisémitisme"  Léon Poliakov)
* Accueillis pourtant avec bienveillance par le roi Casimir IV désireux de relancer l'économie du pays, tout comme Sigismond 1er de Bohême peu avant accueillit les roms, autre similitude.

    <----- Le juif errant, cordonnier dans le mythe



Casimir IV Jagellan, (1437/1492) de Pologne et Sigismond 1er de Bohême, (1370/1437)  accueillirent les juifs et les roms, pour relancer l'économie et pour leur savoir faire  utile aux armées, ce qui n'empêcha pas un certain racisme, moindre toutefois qu'en Angleterre, Espagne, Portugal... du moins tant qu'ils furent utiles. 

Lettre de protection de Sigismond 1er de Bohême en faveur des roms (..) 
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Cité par Yvon Massardier
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Vichy - Pas Vichy ?
 Gosselent in Le monde diplomatique
Sous-génocide, en France
"Peut-on comparer l’attitude actuelle de la France à l’égard des Roms à celle de Vichy à l’égard des Juifs? Non, car tant qu’il n’y aura pas menace de mort et mort effective, c'est sans commune mesure. Oui car eût égard à ce que nous savons de la notion de génocide aujourd’hui -que le monde de Vichy ignorait- nous devons être tout particulièrement vigilants quant aux droits de gens dont des parents ont été victimes d’un génocide -et qui peuvent donc l'être à nouveau-. Quand on essaye d’imaginer ce qui se passerait si un pays d’Europe avait cette attitude à l’égard de sa population juive, on comprend immédiatement en quoi l’attitude française est inacceptable. Une telle attitude contre les Juifs est tout simplement impensable, inimaginable partout dans le monde, même en Iran, en Corée du Nord, au Soudan...

Apparemment, avec les Roms, ça n’est pas pareil, c’est un génocide certes, mais ça ne donne pas d’obligation morale à protéger spécifiquement les droits des victimes ou de leurs descendants.
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La France -qui a reconnu le génocide arménien- vient d’inventer une catégorie, le sous-génocide, le génocide qui n'impose aucune obligation morale, dont on n'a pas à tenir compte..."
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"Mon père à eu des très bons amis d’enfance Roms et il nous a prénommés mon frère et moi avec les prénoms de ces deux amis. Il y a deux points que je trouve important de souligner à propos des Roms et de leur culture. La société Rom est très orientée vers la transmission de divers savoir-faire, d’individu à individu. Compte-tenu -cause et conséquence- de leur itinérance -voulue et subie- les Roms ont eu peu accès à l’école mais ils ont su transmettre des savoir-faire -notamment artisanaux et artistiques mais aussi médicinaux- de générations en générations.

De ce point de vue, leur approche de la connaissance est similaire à celle de ceux qu’on appelle Peuples Premiers (Autochtones, Aborigènes, Premières Nations). La pédagogie est indissociable des structures de base de la société, notamment la famille.
Et pour ce qui est justement du lien entre les Roms et un territoire originel, il convient de noter que les Roms ont suivi, des siècles plus tard, le trajet des Indo-Européens. De ce point de vue, leur périple est absolument remarquable ethnologiquement, puisqu’ils ne savaient rien des Indo-Européens et n’avaient pas non plus conscience de faire un périple, ils changeaient simplement souvent d’endroit, et ces changements ont constitué un périple seulement après plusieurs générations. Pour les individus, ce périple était invisible, et inconscient. C’est tout à fait remarquable que les Roms aient reconstruit ce périple sans le savoir et qu’ils aient été les seuls à le faire.
Excusez le parallèle entomologique mais cela me fait penser au périple des papillons Monarque en Amérique du Nord qui font une migration qui leur prend plusieurs générations. Personne n’a à ce jour découvert comment ils pouvaient refaire le trajet de leurs parents sans l’avoir appris d’autres individus."
Note de moi (Moi: l'Administratrice du blog): lorsqu'on lit un article de journal ou qu'on entend un discours à leur sujet, remplacez toujours mentalement le mot "rom" par le mot "juif" et vous verrez tout de suite l'effet que ça fait... merci à Roland Matteoli, de "datzibaoued" qui m'en a fait prendre conscience ! Je ne trouvais rien de grave à voir écrit dans les feuilles de chou régionales ou nationales "le gendarme qui a tué un gitan" etc... Oui, c'était bien le cas, non? Et lorsque j'ai remplacé le mot "gitan" par le mot "juif"... Ca change tout ! Honte à moi.
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            Résumé, étymologie et histoire


''Tous les préjugés mènent aux Roms''
Hervé Favre, La Voix du Nord
मनुर् भव जनया दैव्यं जनम्
Deviens l'Homme, pour créer la race divine.
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Les Roms ou Doms (hommes en hindi) partirent du Sind actuel (ce sont des sinti) et du nord du Pendjab vers l'an 900 en deux vagues dont la seconde 3 siècles après. Sans doute des ''intouchables'' et des artistes musiciens renommés, car les professions des hors-castes particulièrement méprisés [bouchers, équarrisseurs, fossoyeurs..] comprenaient aussi les ''saltimbanques'' c'est à dire des artistes...et des militaires. (..)

Romanichels ou ''romani tschel'' (tschel=tribu) signifie simplement ''tribu d'hommes'' en romani Manouches, de ''manusha'' qui veut aussi dire homme en sanskrit.

Gitans (gypsies en anglais) vient d'Égypte, mais en grec ''gyps'' signifie recycleur, équarrisseur et ''gyftos'' ferronnier, ferrailleur... ainsi qu'une montagne. L'ethnonyme ''gitan'' désigne les roms ayant migré vers le sud, Espagne, Midi etc... (Gitanos) par opposition à ''Tsigane'' et il est peu utilisé par les Roms qui le considère comme péjoratif, tout comme ''tzigane'' -au 18ème, il fut remplacé par égyptiens.
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Les Yéniches, un trait d'union avec le peuple juif ?

 
Comme tous les peuples "diasporés", les roms sont parfois  de culture différente et du coup, divisés: tsiganes ou manouches allemands, gitans espagnols ou méridionaux, roms roumains soi disant "acculturés" etc... Restent à présent les yéniches. C'est une communauté mystérieuse de 300 000 personnes vivant surtout en Alsace -la plus importante parmi les roms- souvent chaudronniers ou ferrailleurs, sans doute issus d'origines différentes, de type européen, parlant un langage proche du yiddish et portant des patronymes identiques à ceux des juifs... qui se définit quelquefois comme rom, ou juif antiques, mais d'autres fois s'en démarque -par opportunisme?- et... vice versa. Il n'empêche que les nazis, qui ne les considéraient ni comme roms ni comme juifs, les massacrèrent tout de même comme "asociaux". Leur vie est extrêmement précaire si bien qu'on a pu dire d'eux qu'ils étaient les roms des roms. Parmi eux, des familles d'exclus vivent dans des bidonvilles-décharges avec de très nombreux enfants, repliés sur eux-mêmes et -cause ou conséquence, sans doute les deux- parfois, l'alcoolisme aidant, délinquants... De grands musiciens aussi, aux compositions rappelant celles des juifs de l'Est
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         Migration supposée du peuple juif, parallèle à celle des rom
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          Juifs, kurdes et gitans, des liens antiques ?
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Chassés et errants, furent-ils en contact avec les juifs identiquement sur les routes ? Est-ce ainsi que se créa cette communauté qui incontestablement puise ses traditions dans les deux cultures? On voit le même phénomène chez les kurdes de Turquie -musulmans!- souvent reliés aux roms, portant parfois traditionnellement autour du cou... la croix de Camargue ! qui ne peut provenir que d'ancêtres "gitans" catholiques issus du Midi de la France.


L'éducation nationale en cause
 
Note de moi : l'exclusion totale entraîne parfois des mariages entre membres de groupes restreints, ce qui n'est pas bon génétiquement, voir les rois de France -ou d'ailleurs.- Et même dans des cas -rares- où on tente de les inclure, il arrive qu'ils le refusent par orgueil ou méfiance -et on peut les comprendre lorsque l'on voit ce que ces "tentatives" parfois cachaient. Ainsi, dans un lycée de Créteil où ils avaient établi un camp -sur une pelouse, ce qui ne gênait personne, le campus était immense- lorsque, avec une collègue, nous étions venus leur proposer d'inscrire leurs jeunes qui erraient souvent sur le site -nullement agressifs, ils se servaient simplement des toilettes et de l'eau- la chef du clan, une femme de 50 ans -très pieuse- avec laquelle nous avions bavardé autour d'un thé, refusa fortement car nous dit-elle, elle tenait à ce qu'ils soient "bien élevés" et n'avait pas trop confiance en l'éducation nationale, préférant se charger elle-même -avec ses brus- de leur éducation, strictement familiale. Elle redoutait plus que tout qu'un de ses nombreux petits-fils (handicapé -trisomique-) ne lui soit retiré et placé en institution, la famille lui paraissant le seul rempart contre l'exclusion de ceux qui sont hors norme... et elle n'avait peut-être pas tout à fait tort. [Une solution serait les camions-écoles dont l'expérience a été tentée au départ par des instituions religieuses catholiques, avec succès... mais très sporadiques.]
 
Même notre arrivée -sans rendez-vous- dans le "camp" avait été arrêtée par deux jeunes costauds surgis devant la "porte" tels des hallebardiers en faction -le camp était établi de manière circulaire avec un accès et un seul- qui nous avaient demandé d'attendre, puis escortés chez la chef, leur grand-mère. Ce n'est qu'après son aval qu'ensuite nous pûmes circuler librement. Elle s'en excusa, ils étaient obligés car ils avaient peur des agressions. 

Voir à ce sujet l'excellente vidéo de John Paul Lepers : "Qui a peur des gitans?" 


[Dans les Balkans -plus encore qu'ailleurs- la discrimination envers les enfants roms à l'école est quasi institutionnalisée cf http://balkans.courriers.info/article7298.html ]


   
Les roms, comme les juifs, peuple lui aussi "errant", portent souvent des noms de villes ou de pays, sans doute indiquant leur origine : France, Lisbona, Stambouli, Maurel etc... et la culture juive a quelques traits communs avec la leur, le syncrétisme en plus -chez les roms-

La Libre-Belgique
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Les Roms sont confrontés à une forme de discrimination inédite en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Hommes, femmes et enfants sont expulsés dans plusieurs démocraties sous prétexte qu’ils constitueraient un risque pour l’ordre public. (George Soros dirigeant le Fond de gestion Soros.)
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Les Roms sont persécutés partout en Europe depuis des siècles : évictions et expulsions collectives dans plusieurs démocraties européennes d’hommes, de femmes et d’enfants sous le prétexte qu’ils constitueraient un risque pour l’ordre public.
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Récemment, la France a initié les procédures d’expulsion de tous les Roms non français, les considérant comme un groupe criminel, sans qu’aucune procédure juridique n’ait permis de déterminer si ces individus ont commis un quelconque crime ou s’ils représentent un risque à l’ordre public. Les agissements de la France font suite à ceux de l'Italie et de son "programme de sécurité" de 2008, qui avait qualifié les soi-disant "nomades" de menace à la sécurité nationale et avait donc imposé un recours législatif d’urgence visant à l’expulsion des Roms non italiens.
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[...] l’expulsion de citoyens de l’Union européenne sur la base de leur origine ethnique sous couvert d’une quelconque activité criminelle est en totale violation des directives européennes sur la discrimination raciale et du droit à la libre circulation entre les Etats de l’UE.

Il est en effet un principe légal établi que le crime doit être prononcé par la détermination de la culpabilité d’un individu devant une cour de justice. De plus, les criminels condamnés ne sont pas habituellement expulsés s’ils sont citoyens d’un autre Etat de l’UE. Ce que la loi européenne prévoit en revanche est que la décision d’expulsion soit prononcée au cas par cas, et jugée nécessaire proportionnellement au crime commis. Cette décision doit en outre prendre en considération certains autres éléments (comme la force des liens que l’individu entretient avec la communauté).
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[.... ] Depuis la Seconde Guerre mondiale, les européens ont toujours considéré inacceptable de soumettre un groupe, quel qu’il soit, à un châtiment collectif ou à une expulsion de masse sur la base de l’origine ethnique de ses membres; le fait donc de considérer les Roms de façon collective, au mépris des droits fondamentaux au nom de la sécurité, constitue un précédent inquiétant.
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[... ] En réponse à la position de la France, le gouvernement suédois a aussi appelé à une action concertée de l’UE pour encourager la réinsertion des Roms.
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Les Roms veulent et peuvent s’intégrer pour peu que l’opportunité leur soit offerte [....] C’est parce qu’ils sont confrontés à une discrimination et à des privations scandaleuses chez eux qu’ils continuent de migrer un peu partout en Europe. L’UE doit admettre que la nature pan-européenne de ce problème exige une stratégie globale et efficace pour favoriser la réinsertion des Roms.
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La responsabilité élémentaire de sauvegarde des droits et du bien-être de tous les citoyens est du ressort des Etats membres de l’UE. Les politiques et les programmes pour permettre la réinsertion à l’emploi, à l’éducation, à la santé et au logement doivent être mis en œuvre aux niveaux local et national. Mais l’UE a un rôle déterminant pour motiver, coordonner, contribuer financièrement et contrôler de tels efforts dans le cadre d’un plan d’envergure européenne.
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En 2009, l’UE a [...] a donné son aval pour que des fonds structurels soient utilisés pour répondre aux problèmes de logement en faveur des communautés marginalisées, et en particulier des Roms. C’est un premier pas mais [...] cela devrait être étendu à l’éducation, à la santé et à l’emploi. [... ] à l’éducation dès la petite enfance, plutôt qu’uniquement dans le cadre de la formation professionnelle.
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La pauvreté structurelle dont sont affligées les communautés Roms est intimement liée au manque d’instruction et au chômage. Les initiatives Europe 2020 de la Commission établissent des objectifs spécifiques pour élever le taux de réussite scolaire et les niveaux d’emploi pour tous les citoyens de l’UE. Les Roms sont tellement à la traîne dans ces deux domaines par rapport à leurs concitoyens que les objectifs visant à réduire ces écarts devraient être totalement intégrés au plan Europe 2020.
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Le fossé le plus important entre les Roms et le reste de la population n’est ni culturel ni lié à leur mode de vie - comme les médias voudraient nous le faire croire - mais est bien un problème de pauvreté et d’inégalité. [....] Les logements ségrégatifs sont une barrière à l’intégration et ne génèrent que préjudices et échecs [.... ] [ce sont] d’énormes bidonvilles et implantations dépourvus de réseau sanitaire et des conditions élémentaires essentielles à une vie digne. La détresse de tant de millions de Roms au XXIe siècle constitue une caricature des valeurs européennes et entache la conscience de l’Europe.
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La détresse des Roms n’est pas... un problème de sécurité à court terme qui peut être résolu par des mesures draconiennes visant à déplacer les personnes d’un pays à un autre. Cette situation fragilise les valeurs européennes et les principes du droit [...]
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Les Roms d’Europe constituent la plus importante minorité ethnique de ce territoire, et le segment de population le plus jeune, avec la plus rapide croissance démographique. [....] L’Europe ne peut pas se permettre une autre génération perdue. C’est une question de droits humains et de valeurs essentielles, et une question cruciale pour la paix et la cohésion des sociétés à travers l’Europe.
Traduit de l’anglais par Frédérique Destribats

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Sarkopetain.jpg
La France vue à l'étranger:
La jornada (Mexique) :
 
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                L’holocauste des Roms, hier et aujourd’hui
  
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1496 : essor de la pensée humaniste. Les Roms allemands sont déclarés traîtres aux pays chrétiens, espions pour les turcs, porteurs de la peste, sorciers, bandits et voleurs d’enfants.
1710 : siècle des Lumières. Un édit envoie à la potence, sans autre forme de procès, tous les Roms adultes de Prague. Jeunes et femmes sont mutilés. En Bohème, on leur coupe l’oreille gauche. En Moravie, l’oreille droite.
1899 : apogée de la modernité et du progrès. La police de Bavière crée une section spéciale des questions Roms. En 1929, cette section est transférée à Munich puis en 1937, à Berlin. 4 ans après, un demi-million de Roms meurent dans les camps d’Europe centrale et de l’Est.
Taxés de criminels invétérés, arrêtés massivement, dès 1938, ils sont incarcérés dans des blocs spéciaux de Buchenwald, Mauthausen, Gusen, Dautmergen, Natzweiler et Flossenburg. A Ravensbruck, Himmler crée un espace pour sacrifier les femmes roms soumises à des expérimentations médicales. 120 fillettes sont stérilisées... Des milliers d’autres Roms sont déportés de Belgique, Hollande et France vers Auschwitz, parfois des quasi-centenaires, des femmes enceintes et un grand nombre d’enfants.
Aucun des 5000 Roms du ghetto de Lodz (Pologne) […] ne survécut.

En Yougoslavie, Roms et juifs étaient exécutés pareillement dans le bois de Jajnice.
Les paysans se rappellent encore les cris des petits Roms conduits sur les lieux d’exécution.
Dans les camps, seul leur amour pour la musique leur servit parfois de consolation.
À Auschwitz, affamés et pouilleux, ils se réunissaient pour jouer et encourageaient les enfants à danser.  
Mais le courage des guérilleros Roms de la résistance polonaise dans la région de Nieswiez resta légendaire.
La musique fut un facteur qui maintint leur unité et les aida à survivre,
tout comme la religion le fut chez les chrétiens, les juifs et les musulmans.
Leur génocide ne fut pris en considération ni à Nuremberg ni après.
Le gouvernement d'Adenauer déclara que leur extermination avant 1943 avait obéi à "des politiques d’État légales" (!) si bien que les victimes d’avant cette date ne reçurent aucune indemnisation. Robert Ritter, l'expert nazi en extermination des Roms, fut libéré. Ce n’est qu’en 1982, 39 ans après, qu’il fut admis que les victimes avaient droit à des indemnisations - la majorité était morte-.
Plus des trois quarts des Roms, 12 à 14 millions, vivent en Europe centrale et de l’Est.
La Yougoslavie socialiste de Tito fut la seule à reconnaître aux Roms les mêmes droits qu’aux minorités croates, albanaises et macédoniennes.

La déportation massive de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie ordonnée par Sarkozy où ils se trouvent deux millions -la Roumanie, pays allié des USA et membre de l’OTAN dont le président, Traian Basescu, a qualifié une journaliste de ''sale tsigane''- est particulièrement perverse : la mortalité néonatale des Roms y est 9 fois plus élevée que la moyenne européenne, et leur espérance de vie dépasse à peine 50 ans.

130 manifestations devaient se dérouler en France et devant les ambassades françaises de plusieurs pays avec le soutien d’organisations des droits humains, de syndicats, de partis de gauche, d’écolo... Selon Ricardo Martinez de Rituerto -elpais.com- le Parlement européen a cloué hier au pilori la France et Nicolas Sarkozy qui expulse -déporte- des centaines de citoyens européens au motif de leur nature prétendument "criminelle". On a du mal à croire qu’en 2010, après le terrible passé de l’Europe en matière de racisme et d’intolérance, qu’une ethnie entière puisse encore être ainsi criminalisée et signalée en bloc comme un problème social.  

L'union romani d'Espagne à présent, citée par Maryvonne Leray, du "Cri du peuple" :
http://www.mleray.info/article-l-union-romani-souhaitent-une-condamnation-exemplaire-de-la-france-par-la-cour-de-justice-europeenne-57308580.html_______

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Le samudaripen* est  le génocide des roms dont 20 à 50 % en Europe ont été exterminés pendant la seconde guerre, ce qui fait du samudaripen un ethnocide comparable à celui des juifs.     Qui ignore la Shoah ? Et qui connait le Samudaripen ?
*Meurtre total en romani- (littéralement "tout tuer", sa=tout; moudarel=meurtre), on dit aussi "pharrajimos".
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Nous sommes tous réfugiés et issus de peuples divers... et c'est bien ainsi
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Hélène Larrivé

Les 2 posts extraits du blog d'Hélène
http://tziganes2.blogspot.com/
(extraits accomodés, et regroupés, à ma façon)
à la suite d'un commentaire d'Hélène:

Excellent blog merci, dont je vais si vous le voulez bien faire un lien avec le mien http://tziganes2.blogspot.com Bien cordialement. Hélène Larrivé

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Entendu sur Public Sénat ce 8.10.10
Convention Nationale du P.S.
Laurent Fabius
"La France n'est jamais si grande
que lorsqu'elle est universelle"
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Autre chose,
on m'envoie ceci :

Le texte de l'appel


http://www.7septembre2010.fr/post/2010/10/09/Appel-du-8-octobre-au-blocage-du-pays-par-la-gr%C3%A8ve-g%C3%A9n%C3%A9rale 

Par eva R-sistons - Publié dans : Tsiganes
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Samedi 9 octobre 2010 6 09 /10 /Oct /2010 05:21

 




Un cas particulièrement pervers 


Le camp de Terezin comportait une zone totalement séparée qui leur était réservée, figurant une sorte de "village" pimpant avec même des pots de fleur aux fenêtres... où au départ ils furent bien traités, nourriture, musique, travaux peu pénibles... on leur fournit même des cartes postales du camp pour envoyer à leur famille... et après que tous furent venus les rejoindre, on les gaza jusqu'au dernier. Le racisme des nazis à leur encontre était tel qu'ils ne voulurent même pas les "sélectionner" pour des travaux épuisants comme ils le faisaient pour les juifs.

Introduction d'eva R-sistons

Le génocide tsigane. J'y reviens, encore et toujours, et sciemment (j'ai la première crié haut et fort pour que cette cause soit enfin reconnue, et maintenant même de grands désinformateurs comme David Pujadas évoquent le génocide tsigane, incontournable en effet). On ne parle que de l'extermination des Juifs, pourtant ayant moins perdu des leurs que les Tsiganes, proportionnellement parlant.
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Scandale: Le génocide Rom n'a pas été reconnu au Procès de Nuremberg. 2 poids, 2 mesures ! Ce qui tendrait à prouver que rendre justice aux victimes ne compte pas, mais qu'Hitler a peut-être été créé, et les tragiques événements qui ont suivi, afin, au final, de justifier la création d'un foyer pour les Juifs en Israël - pas pour permettre aux persécutés d'avoir une terre à eux (les Décideurs ne se soucient guère des soufffrances des peuples), sinon pour, en réalité, servir, comme la Colombie en Amérique Latine, de base avancée à l'impérialisme américain, soucieux de dominer le monde et en particulier les juteuses régions d'Orient.
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Le moment venu, après avoir, dans un souci de Justice, travaillé à la légitime reconnaissance des souffrances des Tsiganes, j'enfourcherai une nouvelle cause, toujours eu égard à la Justice: La commémoration, le même jour, de TOUS les génocides, amérindien, noir, arménien, karen, hutu, etc, car aucune mémoire ne surpasse l'autre, toutes sont légitimes, toutes ont la même valeur, et de surcroît, cela aura le mérite de "désinstrumentaliser" la Shoah à des fins (bien éloignées des souffrances des Juifs) seulement impérialistes, en définitive, puisque Mâmon préside de plus en plus aux décisions mondiales, puisqu'il orchestre de plus en plus les événements de notre planète. A partir du moment où on reconnaît la même valeur à tous les génocides, non seulement on fait oeuvre de justice, mais on désamorce les utilisations abusives et malsaines, l'exploitation des faits à des fins, finalement, bassement mercantiles, militaro-financières, d'hégémonie et de prédation.
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Par ailleurs, quand on voit un BHL s'agiter à cause du port, par quelques femmes isolées, de la "burqa" (en réalité du voile intégral), ou de la lapidation d'une meurtrière, on se dit qu'il ferait bien de faire entendre sa voix médiatique au sujet du sort effroyable qui est réservé aux Roms et plus généralement aux Tsiganes, lui qui se dit si attaché à la défense des minorités ou des opprimés (sic). Mais non, silence total. Y aurait-il des causes plus légitimes que d'autres ? La souffrance des Juifs serait-elle plus digne de compassion que celle des Tsiganes ? Le deux poids deux mesures, là encore, est intolérable.
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Il est temps de revenir à la raison républicaine, de défendre les modes de vie différents, en l'occurrence, dans le cas des Tsiganes, itinérant, nomade (comme notre monde serait triste s'il était homogène !), et d'exiger que l'on commémore tous les génocides de la même façon. Il y va de la Justice, et de notre Honneur.
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Soyons vigilants, encore et toujours
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Eva R-sistons
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Merci à

Le samudaripen* est  le génocide des roms dont 20 à 50 % en Europe ont été exterminés pendant la seconde guerre, ce qui fait du samudaripen un ethnocide comparable à celui des juifs.     Qui ignore la Shoah ? Et qui connait le Samudaripen ?
*Meurtre total en romani- (littéralement "tout tuer", sa=tout; moudarel=meurtre), on dit aussi "pharrajimos".

 

Nous sommes tous réfugiés et issus de peuples divers...
et c'est bien ainsi
Sympathique réfugié 2ème génération plein d'allant, modèle d'intégration  -comme quoi, quand on veut, on peut !  sans lequel la France ne serait pas ce qu'elle est.

Bref chapeau d'introduction sur les 700 000 roms
de Hongrie, pays des magyars.

Pour échapper à l'esclavage en Roumanie, ils arrivent au 13ème en Hongrie, pays-refuge des barbares nomades magyars [qui occupaient l'Europe centrale et au 9ème furent chassés vers l'ouest par les turcs petchenègues.]
Leurs conditions de vie sont telles que leur longévité est inférieure de 13 ans à celle des non roms. Certains actuellement regrettent le régime communiste et une vidéo antiromiste -le mot n'existe pas- a récemment été autorisée sous prétexte de liberté d'expression.
                                                                                                   sources (..)

De l'Inde jusqu'à "chez nous", le périple des roms...
qui ne sont pas -tous- des "roumains" !!

(même si 40 à 70% des roms d'Europe vivent dans les Balkans)



avec haltes champêtres et baby sitters comprises !
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ONZE SIÈCLES D’OPPRESSION

Ces derniers temps, les médias ont régulièrement traités des immigrés Roms de Roumanie. Bien souvent, ces reportages se font dans une optique raciste ou misérabiliste. Nous retraçons donc ici, dans les grandes lignes, l’histoire de ce peuple, comme les indiens et les kurdes, génocidé dans le silence général... et jusqu'en 1864, réduit en esclavage tout à fait légalement en Roumanie, une exception historique.

 

[Dès 1315 Louis X proclame que le sol de France affranchit quiconque y pose le pied...
En 1526 Charles Quint qui, après avoir autorisé l'esclavage des Amérindiens, l'interdit.
En 1794, la Convention l'abolit (il sera rétabli par Napoléon)...
Et en 1848 -pendant le gouvernement provisoire- sous l'impulsion de Schoelcher, il est définitivement aboli. Sauf pour les noirs et les roms, le dernier peuple à avoir été libéré.
C'est en 1863 que Lincoln l'abolit aux Etats-Unis après la guerre de sécession. Les Roms devront encore attendre la brève prise de pouvoir de Koglniceanu, le "Lincoln" roumain*.]

*Voir plus loin.

 

                  Roms, tsiganes, bohémiens, manouches, caraques... une question de vocabulaire..



Les trois zones de départ, le Penjab -le pays des 5 rivières-; le Rajasthan -celui des guerriers rajpoutes, en partie désertique- ; et le Sind -un autre nom pour désigner l'Indus, le fleuve qui a donné son nom à l'Inde.- Notons que ces zones sont actuellement en partie au Pakistan

  (Voir la suite de l'historique sur le site http://tziganes2.blogspot.com/)

 

"Lock" 101, c'est le nom de la circulaire qui fera date

 

Image du Blog tziganes.centerblog.net

Source : tziganes.centerblog.net  Hélène Larrivé

"Télégramme du 20 juillet 2010, circulaire IOCK 1016329 du 24 juin 2010:
''300 campements ou  implantations illicites devront être évacuées d'ici trois mois... en priorité ceux des roms... Les préfets s'assureront d'une opération importante par semaine (démantèlement, évacuation, reconduite à la frontière) concernant en priorité les roms...'' [Ils ont des quotas ? Qu'est-ce qu'un campement illicite ? Lorsque malgré la loi,  une commune de plus de 5000 habitants ne dispose pas d'un terrain pour les voyageurs, qui est en tort? Celle-ci ou ceux qui à défaut campent où ils peuvent?] (souligné par moi.)
Vidéo diaporama "les Roms", sur le site
et ici, les photos de la Roumanie où on ls renvoie:
Image du Blog tziganes.centerblog.net 


Image du Blog tziganes.centerblog.net



Image du Blog tziganes.centerblog.net


Image du Blog tziganes.centerblog.net 

...et dont ils vont revenir bientôt ou tout de suite !
 
Un avocat roubaisien plein d'humour a reconduit lui-même à la frontière belge deux de ses clients roms qui avaient reçu une ordonnance de quitter le territoire, sous contrôle d'huissier... ils sont restés en Belgique quelques minutes et sont rentrés à Lille par le même chemin. Va pour 3 mois! La loi est quelque chose de formidable. Un exemple intéressant.

http://www.lavoixdunord.fr/Audio-Video/Audio/2010/09/09/article_un-avocat-roubaisien-reconduit-des-roms-a-la.shtml

 

 


Tout d'abord, Nancy Bernad, une femme d'un immense courage dont on n'a pratiquement jamais parlé avant mercredi, date à laquelle elle a été hospitalisée, en grève de la faim depuis le 13 septembre pour protester contre la circulaire IOCK1016329 (ordre d'expulsion des camps de roms en priorité!) Il faudrait à présent la relayer. Du point de vue médiatique ce serait pareil. Elle se met en danger -c'est extrêmement dur, et même effroyable voir plus loin- et son héroïsme risque de lui coûter de graves séquelles.     
http://www.leprogres.fr/fr/region/la-loire/loire/article/3886445/La-greviste-de-la-faim-invitee-par-des-militants-a-cesser-son-mouvement.html

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 


"Rom" et "gitan", synonymes? Oui, mais... De jeunes gitans du Midi parlent de leurs origines, allemandes, espagnoles, italiennes, c'est bien un peuple de l'Europe... puis, au mot "rom", l'un m'arrête. "Les roms, en Roumanie, avaient des maisons et étaient totalement assimilés; pas les gitans!" La Roumanie où ils furent réduits en esclavage 5 siècles est en effet le pays où les roms demeurèrent le plus longtemps !Racisés parce que "nomades", mis "à l'écart" parce que sédentaires, telle est la situation des roms roumains... De même les africains considèrent-il parfois les noirs américains ou antillais descendants d'esclaves comme des "nègres blancs", douloureux paradoxe de peuples diasporés qui ne se reconnaissent plus.

 

La terre est à tous

Le triangle marron des camps nazis avec le Z de Zigener, -tziganes-

Tout à l'heure je suis passée vers le camp des roms situé près de la rivière et je suis arrivée dans un espace, un cul de sac, où une famille finissait de dîner dehors. Je me suis excusée. "De quoi ?" m'a dit l'un d'eux. "De vous déranger..." Sa réponse est là : "Mais la terre est à tous, vous ne dérangez pas!" Une belle leçon de civilité, lorsque l'on voit des propriétaires de plusieurs hectares accaparer un chemin qui les jouxte et tenter d'en "interdire" le passage, que nous donnent ces hommes qui n'ont que leur caravane et un lopin. "La terre est à tous."


Nuremberg, un grand absent

 

Vidéo, diaporama sur les Roms, sur le site

 

Répartition des Roms en Europe



 Une crainte mythique: en vert, ils représentent moins de 0,5 % de la population ! - ce sont les pays où ils ont été exterminés-

 Population actuelle: entre 5,8 et 13 millions, essentiellement en Bulgarie, Roumanie, Turquie, Hongrie, Espagne, Amérique -nord et sud-.

Moyenne donc de 10 millions, assez proche de celle des juifs (13 millions).


On estime que 25 à 50 % de tous les roms européens ont été exterminés en 40, ce qui constitue un génocide comparable à la Shoah. A ceci près que les mesures à leur encontre ont été maintenues après la guerre. 


Soulignons toutefois que faire une statistique ETHNIQUE étant interdit en France par le Ministère de l'Intérieur, ainsi que dans tous les pays d'Europe, lorsqu'un ministre -de l’Intérieur !- assure qu'il y a dans le pays environ 50.000 roms et 200.000 roumains (?) ça pose question : ou il a "tourné" -on dit violé- sa propre loi, ou il dit n'importe quoi... ou les deux. [Son homologue hongrois, lui, avoue clairement son ignorance.] De fait nous verrons plus loin une carte sensiblement différente. Objection trouvée sur le site :

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LES ROMS, ORIGINE, suite de l'historique
Note : la romanologie étant une science très récente, les dates à leur sujet varient parfois de 6 siècles et les chiffres, de plusieurs millions. Ainsi leur départ de l'Inde est-il parfois situé par des linguistes au 3ème siècle, les estimations du nombre de romanophones vont de quelques milliers à 8 millions, et celles de roms, de 13 à 113 millions -avec les 100 millions de l'Inde dont certains nient l'existence-. Voir le blog "linguistique" http://ricetrac2.blogspot.com
 
Les roms sont à l'origine deux tribus qui partent du nord de l'Inde : d'abord, au 9e siècle ou plus tôt; ce sont les kshatryas* -peut-être à l'origine du mot "tsiganes"- venus du Sind d'où le terme "sinti" par lequel on désignera ensuite les "roms" d'Allemagne aussi dénommés "manouches" -pratiquement tous exterminés-... puis, au 13e, les Rajputs venus du Penjab et du Rajasthan -les roms-. A présent, l'ethnonyme "rrom" qu'il faut écrire rrom est officiellement reconnu par le Conseil mondial rrom et les Nations unies mais certains le refusent -réducteur- et se disent toujours sintis, manouches, tsiganes ou, dans le midi de la France et en Espagne, gitans.
Qui étaient-ils ? Peut-être des "intouchables" voués à des taches taboues, équarrisseurs, éboueurs, fossoyeurs ou... saltimbanques voire, selon la tradition orale, des musiciens doués envoyés en ambassade à la cour de Perse [les comédiens -ou les militaires mercenaires- auxquels on vouait un culte fervent étaient néanmoins frappés d'anathème pour "activité contraire aux bonnes mœurs" -et parfois des intouchables.]

Exode des rroms ou doms, lôms, djâts, ou hanabadoches, termes synonymes


... ou au contraire de haut rang, car kshatrya, fautivement traduit "paria" par les grecs, signifie "qui a le pouvoir temporel" -les guerriers-... ce qui a donné "intouchable", mot à double sens... des nobles donc, victimes des guerres d'expansion de l'islam du 8e au 10e siècle. Ecoutons Régis Blanchet, "Les roms, un peuple mémoire" : ''la sévérité des traitements infligés par les musulmans aux indiens dont les roms va marquer d'une manière indélébile leur inconscient collectif." Le terme Gadjo proviendrait de Mahmud Ghazni, le "Claus Barbie d'Allah de l'an 1000", devenu synonyme de ''guerrier musulman'' puis, pour les roms, de barbare, impur, englobant tous les "non roms." -Une autre étymologie possible de gadjo serait "maison" en sanscrit.- [Il est possible que ces ksatryas qui furent massacrées, jetés sur les routes ou razziés aient déjà été issus de groupes ethniques différents venus d'ailleurs -les sources diffèrent, peut-être des plateaux d'Aria en Iran- et qu'ils aient ensuite été "sacrifiés" par les indiens, ce qui les rapprocherait alors du peuple juif lui aussi abandonné à Hitler en 40. Un élément que nous allons voir corroborerait cette supposition connexe.]
Ils feraient donc en ce cas parti de la caste la plus haute après les brahmanes... avec lesquels ils avaient le droit de se marier, les enfants mâles étant alors destinés à devenir... conducteurs de chars d'un chef militaire et compositeurs-conteurs- d"hymnes à sa gloire... Que les hautes castes aient été razziées en priorité est probable, surtout s'il s'agissait de guerriers, la préférence des envahisseurs allant toujours à l'élite plus rentable à exploiter ou à monnayer. La légende dit que rom, qui signifie "homme" -ou romantique!- en sanskrit proviendrait de Rama, le héros de l'épopée indienne, d'où le nom par lequel ils se désignent, Romani Chav, fils de Rama, préféré à "romani cel", groupe d'hommes. Mais il est probable que les migrations, issues de causes différentes voire opposées, ont touché plusieurs castes...
Une explication conciliatrice peut-être : le Rajasthan, l'Israël des roms


Au Rajasthan [pays des rajas] on trouve des nomades sillonnant le désert ou campant à la lisière des villes, des "lohars" -forgerons et charrons- et aussi des intouchables, musiciens, danseurs et poètes, rejetés et redoutés à la fois, les Kalbelyias et les Sapéras... dont on a trace dès 420 av. J-C ! les ancêtres des roms qui seraient demeurés dans leur pays? Comme leurs frères européens, ils sont racisés par les indiens qui les disent voleurs, arnaqueurs, comédiens, venus d'ailleurs etc.. Vivant à la belle étoile dans des campements encore plus sommaires que ceux d'Europe, ils entassant leur maigre avoir dans des roulottes décorées identiques à celles qu'on a pu voir autrefois sur les routes d'Europe. Les femmes portent d'amples jupes à volants colorées et pléthore de bijoux en or -les hommes aussi-... et comme les roms que l'on peut voir à Palavas au bord de la mer, elles dansent* accompagnées d'une clarinette, d'un tambour à deux faces et d'une vièle, et disent la bonne aventure. Les sapéras, eux, charment les serpents. Les ancêtres des roms -s'ils le sont, ce qu'ils affirment- auraient donc déjà dans leur pays été des "étrangers" mis au ban? Cela confirmerait-il l'hypothèse des roms intouchables fuyant la cruauté de la société indienne? pas forcément.
Car il se trouve que les kshatrias -guerriers souvent sur les routes- étaient dans leurs périples servis par une "cour" formée de forgerons -pour entretenir leurs armes- de charrons -pour s'occuper de leurs chevaux-, de cordonniers, vanniers, ainsi que des musiciens, danseurs, poètes -pour les distraire- intouchables peut-être ou issus de castes méprisées -et craintes- auxquelles ils assuraient un sort convenable**... Et en cas de conflit grave, il engageaient également des mercenaires de n'importe quelle caste, leur promettant butin et ascension sociale. Les tribus se sont donc côtoyées historiquement pendant des siècles et il probable qu'après Peshawar -le premier Waterloo des indiens en 1001 qui fit 15 000 morts- c'est ensemble qu'elles ont fui ou furent razziées... ou, si tous les guerriers avaient péri, que les survivants, toutes castes confondues, soient partis sur les routes... loin, très loin de l'Inde. Forgerons, cordonniers, vanniers, danseurs, musiciens, poètes, soigneurs de chevaux, ce sont très précisément les professions des roms que nous connaissons.***

Racisés dans "leur" propre pays, les roms viendraient-ils déja d'ailleurs? Des huns "blancs", comme tous les rajasthanis, métissés avec les dravidiens et/ou les adivasis -noirs-, les premiers habitants de l'Inde, un peuple d'intouchables -dalit- génocidé par la déforestation et des pogroms réguliers ? [61 millions qui, pauvres parmi les pauvres, n'intéressent personne.]


C'est probable. Ou des scythes? -"tziganes" proviendrait-il de scythe?- Leur habileté à travailler les métaux et l'or, les bijoux qu'ils portent, leur refus des prêtres et leur pratique de la magie... (?) Des cachemiris? Des dardes? Comme eux ils se disent aryens et quelques éléments linguistiques pourraient l'indiquer. Mais la seule certitude que nous avons est leur migration à partir du nord de l'Inde, quelle qu'ait été leur origine, sans doute multiple, auparavant.

*Désormais ces danses s’exportent à l’étranger grâce à Gulabi Sapera qui a bravé les interdits sociaux -Gitans Doad of Rajasthan-.
** Ce rôle, ils le remplirent ensuite envers les armées des Balkans au 15 ème, en lutte contre les turcs, voir plus loin, "la Hongrie, un cas particulier". 
*** Une étude linguistique -peu convaincante à mon sens sur ce point mais remarquable sur d'autres- infirme cette théorie, voir sur le blog linguistique l'article de Marcel Courthiade in extenso, qui d'ailleurs mentionne d'autres tribus nomades du Rajahsthan mais ne parle ni des kalbelyias ni des sapéras, et à l'opposé, celui de Jacques Leclerc qui, lui, estime à 100 millions le nombre de roms en Inde. http://ricetrac2.blogspot.com

Langue de diaspora, le romani a perdu par endroits une partie de son lexique et introduit des termes étrangers par nécessité, si bien que parfois les roms ne se comprennent plus très bien. Mais, malgré les différences, les éléments conservés demeurant, avec la restauration du vocabulaire oublié, il a été possible de re-constituer ou de constituer une langue du rassemblement comme il a été fait pour l'hébreu moderne, à la fois "originelle" et "espéranto", la langue ancienne recréée qui permet donc à tout un peuple de retrouver sa culture c'est à dire d'abord de se comprendre. Une des plus vieilles du monde. Il y aurait 65 000 locuteurs actuellement.
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Un cas particulier, la Hongrie et les Balkans, 
l'amour et la haine
Répartition des roms en Europe. 
Turquie-Roumanie, Bulgarie-Hongrie-ex Yougoslavie-Espagne 
seraient les pays où ils sont les plus nombreux.
40 à 70%  des roms européens vivent dans les Balkans, refoulés d'Europe de l'ouest après un bref séjour -leur périple ayant parfois pris l'allure d'un aller-retour -sauf dans le Midi de la France et en Espagne où des communautés s'implantèrent solidement... ou appelés et accueillis du 15ème au 17ème siècle par les hongrois et les bulgares en guerre contre les turcs -car ils participaient aux "compagnies" militaires comme forgerons, soigneurs de chevaux etc... indispensables aux armées-, ils se sédentarisèrent de plus en plus.. Après la victoire, au 17ème, la pauvreté et la politique violente de Marie-Thérèse qui bannit le mot tsigane, remplacé par celui de "nouvel hongrois", aboutirent à une quasi perte d'identité.
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                         Le périple géographiquement, à présent
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Migration des roms en Europe

Les roms -ou certains d'entre eux- arrivent d'abord en Grèce où ils se réunissent -quasi sédentarisation- sous le mont Gyps, d'où l'ethnonyme qui leur sera attribué, "gitans" ou "gypsi", qu'on croit aussi relié à leur séjour en Egypte. Ils parlent au départ l'hindi-ourdou [qui deviendra "romani"] la langue du peuple indien [dérivée du sanskrit dont il est proche -le sanskrit est la langue des textes sacrés et des castes cultivées, suscitée autrefois par des brahmanes comme langue"parfaite", quasi disparue, qu'il faudrait préserver à travers eux**]... mais qui se modifiera considérablement au hasard de leurs pérégrinations.  (..) Quant aux mots "rom" -devenu romanichel- et "manouches", ils veulent dire "homme" en romani -"rom" ne provenant pas de "Roumanie" ... même si c'est le pays où ils restèrent le plus longtemps... puisque ceux qui y "passèrent" furent arrêtés et réduits en esclavage pendant 5 siècles !
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Vendu au poids

Quant à "tsigane", qu'il faut écrire avec un "s", il vient sans doute du sanskrit : "celui qui ne touche pas" et par extension, "celui qu'on ne touche pas", l'intouchable, le "dalit"... ou au contraire le noble qui ne "touche pas" -ce qui est impur- !! Kshatrya -tsigane- désignant une caste de haut rang. Il devint ensuite synonyme d'esclave -cigène, cigani en hongrois-.

Une partie alla vers le sud, l'Espagne, le Midi de la France, une, en Amérique -nord et sud-... et une autre, vers l'Est, l'Allemagne, la Russie, et même le Nord : on appelle en principe "tsiganes" ceux de l'Est et gitans ceux du Sud... les tsiganes, en raison de mélanges ethniques, étant parfois blonds et portant des noms germaniques et les gitans, plus foncés, parlant souvent le calo, dialecte sanscrit-hispanique. Le terme "caraque" qui désigne ces derniers au départ n'est pas péjoratif -il est sans doute issu du turc "kara", noir ou du grec, "korakia", corneille ou -moins probable- des vaisseaux espagnols homonymes-.

Mais presque toutes ces désignations ont par la suite été connotées de manière raciste y compris "tziganes" qui au départ désignait sans doute une caste de nobles... Ces péjorations variant en fonction des lieux et des groupes, pour éviter des impairs on doit, avant tout interview, demander "comment faut-il vous appeler ?" Dans le midi, c'est "gitans"ou tsiganes, Rom évoquant trop "Roumanie", pays qui dans leur inconscient collectif leur a laissé des souvenirs impérissables ! Le fait même que l'on ne sache comment appeler un peuple est révélateur du racisme absolu dont il est l'objet, TOUS les ethnonymes le désignant étant, en UN lieu particulier -que l'on n'identifie pas au départ- devenus des insultes ! Le cas est unique. A ce sujet, Claire Auzias note que dans l'échelle sociologique des victimes du racisme, ils obtiennent le score maximum.

Les roms pour se désigner, emploient le mot rom ou tsigane, plus rarement manouche, qui est parfois lui aussi péjoratif, ainsi que gitan. Ils sont entre 6 et 13 millions dans le monde.

*Le peuple tsigane [donc le premier à migrer il y a un millénaire] a créé une musique devenue un genre à elle seule, comme la musique yiddish [à laquelle elle est apparentée, ainsi qu'au "blues"] qui survit à la quasi-disparition de la culture juive allemande. Leur population est demeurée plus stable aux USA et en Amérique latine -car ils n'y ont pas subi le génocide de 40-. D'où l'influences du jazz chez les grands musiciens tsiganes:
http://www.youtube.com/watch?v=51DXDVeWSfU
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ROMS  ESCLAVES

L’esclavage en Valachie et Moldavie (deux principautés qui forment l'actuelle Roumanie.)


Donc partis d’Inde entre l’an 800 et 950, les Roms arrivent dans le sud-est de l’Europe dans le dernier quart du 13ème siècle. Arrivés comme des hommes libres dans la principauté de Valachie, ils apportent avec eux des savoirs-faire artisanaux (en particulier dans le travail du fer) d’Inde et de l’Europe byzantine, une bénédiction pour les seigneurs valaches et moldaves qui ont besoin d’une force de travail, une malédiction pour eux.


... les seigneurs qui -d’abord en dehors de toute base légale- vont les réduire en esclavage. Des mesures de plus en plus sévères sont alors prises par les propriétaires terriens, les nobles et les monastères pour les obliger à rester sur place car face à l’esclavage, ils ont tenté de fuir vers l’Allemagne ou la Pologne, où à cause de leur teint mat, on les considérait comme des "musulmans". Notons que si la proportion de roms en Roumanie est importante -ce qui a encore accentué la confusion entre "rom" et "roumain"- c'est parce qu'ils furent obligés d'y rester esclaves six siècles ! Il est pathétique qu'ils soient confondus avec le pays qui s'est montré tel envers eux et il faudrait peut-être comme certains romanologues écrire l'ethnonyme "rrom" -comme il s'écrit normalement, avec deux "r" afin d'atténuer la malencontreuse euphonie.



Devant les cruautés qu’on leur infligeait, ils sont partis se cacher vers les montagnes des Carpates, où ils sont retombés entre les mains des esclavagistes. Les premières traces écrites de cet esclavage date du règne de Rudolf IV en 1331-1355, où les Roms sont décrits comme étant la propriété de monastères et de propriétaires terriens.

 
Basile Lupu, -l'"Ataturk" roumain- législateur et unificateur qui imposa contre le grec, le roumain comme langue

Mais ce n’est que sous le règne de Basile le Loup de Moldavie (1634-1654) qu’est instituée une loi en quarante points codifiant le "statut" d'esclaves des Roms. A partir de 1500 d’ailleurs, le terme roumain tsigan devient synonyme d’esclave.

Comme les noirs en Amérique, ils sont alors divisés en tsigani des champs, et tsigani de maison, ces derniers se subdivisant en sclavi domnesti, les esclaves des nobles, sclavi curte, esclaves de la cour, sclavi monastivesti, esclaves de l’Eglise etc... et soumis à différents travaux, laboureurs, chercheurs d’or, forgerons, serviteurs, cuisiniers, montreurs d’ours ou musiciens. Il est à noter que, si certains Roms étaient utilisés comme musiciens, il était interdit aux autres de posséder des instruments de musique! Il leur était toutefois possible de se racheter -ou de faire en sorte qu'on les rachète- : de là peut-être la coutume de porter leur "fortune" sur eux -bijoux en or-, un moyen de signifier leur solvabilité.


(..) En 1818, le code pénal de Valachie arrête: "les tsiganes naissent esclaves, tout enfant né d’une mère esclave est esclave, tout propriétaire a le droit de vendre ou de donner ses esclaves, tout tsigane sans propriétaire est la propriété du Prince.." (..) Les roms sont donc vendus et achetés à des foires aux esclaves, le prix, au 19ème étant généralement d’une pièce d’or par kilo, sans égard pour les liens familiaux qui les unissent entre eux malgré une loi de 1757 qui interdit de vendre les enfants séparément de leurs parents, le plus souvent "par lot ".

A ce propos, Kogalniceanu, tsiganologue et homme politique roumain du 19ème siècle, écrit: "Quand j’étais jeune, je voyais dans les rues de Iassy des êtres humains aux mains et pieds enchaînés, certains même portant des anneaux de fer autour du cou et de la tête. Des peines cruelles de fouet, de privation de nourriture, d’enfumage, de maintien nus dans la neige ou dans la rivière gelée, tels étaient les traitements infligés aux Gitans. La sainteté de leurs mariages et de leurs liens familiaux n’étaient pas respectés. On arrachait la femme à son mari, la fille était séparée de force de sa mère, on arrachait les enfants des bras de leurs parents, on les séparait et on les vendait aux quatre coins de la Roumanie. Ni les hommes, ni les lois n’avaient pitié de ces malheureux êtres humains."
Les "mariages" entre roms sont le plus souvent arrangés entre les propriétaires pour de simples questions de reproduction, un prêtre officialisant l’union avant qu’on les force à se reproduire. Si le code de Basile le Loup prévoit que " un tsigane qui viole une blanche doit être brûlé vif ", les propriétaires ne se gênent pas pour violer des esclaves, si bien qu’au 19ème siècle, le journaliste français Félix Colson note que de nombreux esclaves roms sont blonds. Le même, en visite chez un baron roumain, indique dans ses mémoires que "la misère se lit tellement sur leurs corps qu’à les regarder, on risque de perdre l’appétit". Il est à noter que si la loi n’autorisait pas un baron à tuer son esclave, cette pratique était néanmoins courante (la loi n’interdisant pas de toute façon les châtiments corporels qui pouvaient se terminer par la mort de l’esclave).

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(..) Dans la société roumaine aussi, des voix commencent à se faire entendre pour dénoncer l’esclavagisme. Kogalniceanu écrit en 1837: "Les Européens organisent des sociétés philanthropiques pour l’abolition de l’esclavage en Amérique, alors que sur leur propre continent 400.000 Tsiganes sont maintenus en esclavage". Il se trouve aussi que le passage du mode de production féodal au mode de production capitaliste mécanisé rend l’esclavage moins utile. Des propriétaires terriens et l’Eglise commencent à les affranchir. En 1844 pour l’Eglise Moldave, imitée en 1847 par l’Eglise de Valachie.
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Même libérés de l’esclavage, les Roms continuent de vivre dans des conditions dramatiques. Nombreux d’ailleurs fuient le pays, craignant un retour à l’esclavage, d’abord dans les pays voisins, puis jusqu’en Scandinavie ou en Europe de l’Ouest, voire en Amérique. Les Roms qui ne quittent pas la Roumanie restent le plus souvent dans les villages où ils vivaient quand ils étaient esclaves, près des monastères. Tous les reportages de l’époque parlent de la misère dans laquelle ils vivent : habillés de guenilles, soumis à la faim. La liberté offre aux Roms un statut guère plus enviable que celui d'esclaves. Un esclave représente une valeur marchande, pas un homme libre : en plus de la pauvreté, ils doivent subir racisme et... meurtres.
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C’est ainsi que deux voyageurs américains, au début du 20ème siècle, racontent comment, alors qu’ils offraient du chocolat à deux petits mendiants roms, les deux enfants se sauvent en criant "Moarte! Moarte !" (Mort !). En effet, à de nombreuses reprises après leur " émancipation ", les Roms se sont vus offrir de la nourriture empoisonnée, un moyen utilisé pour se débarrasser d’eux, si bien qu’une des premières leçons qu’apprennent les enfants roms à cette époque est de ne jamais accepter de nourriture d’un étranger.A partir de la fin du 19ème, des Roms, essentiellement ceux qui ont réussit à faire des études, commencent à s’organiser pour exiger l’égalité avec les gadjés.
 

 ET AU BOUT DU PERIPLE, LE PRESQUE-PRESENT: LES CAMPS DE LA MORT

 

 

 En Roumanie, la dictature d’Antonescu et la déportation en Transnistrie ("pays au delà du Dniestr" qui sépare la Moldavie de l'Ukraine) et en Bessarabie (au sud), considérés comme zones de "dépotoirs ethniques" où il envoya également les juifs.

(Suite post  2) 

 

 

L'esclavage, une abolition par étapes


Lorsqu'on lit que l'esclavage des Roms a été aboli en 1856 suite à l'influence des idées propagées par le révolution de 1848, c'est inexact. (..) De 55 à 63, l'esclavage théoriquement "interdit" était toujours pratiqué en Roumanie.

http://roms.blog.tdg.ch/archive/2010/08/23/rroms-esclaves-en-roumanie-les-rroms-continuent-a-payer-le-p.html '

 

 
Un peuple divisé ? 

Comme chez tous les peuples diapsorés, les caractéristiques physiques des roms sont diverses : parfois rien ne les distingue d'un européen non rom, d'autres, d'un indien ou d'un méditerranéen. Il arrive qu'on les prenne pour arabes. Les roms roumains, les "tsiganes" ou les sintis [émigrés 4 siècles avant les rajputs] d'allure occidentale, aux noms germanisés ou balkanisés et les gitans hispanisés s'entendent parfois assez mal. Ceux qui, esclaves, se sont mêlés aux populations indigènes et les seconds, plus "libres" et plus "fermés" qui auraient davantage conservé leur culture originaire se reconnaissent mal comme un seul peuple... [notons que si les relations femmes tsiganes- hommes slaves étaient fréquentes, l'inverse, bien que parfois toléré voire exigé -au cas où la maîtresse de maison était stérile par exemple- était en tout autre cas puni de torture et de mort par crémation]. Reste le métissage tout de même et le fait que les roms des Balkans eux aussi aient "perdu" en partie les caractéristiques extérieures de l'indianité. [Je pense par exemple à une amie parfaitement intégrée -à un haut niveau- dans sa ville... qui refuse catégoriquement pour elle le terme de "gitan" et même de "rom"... tout en se reconnaissant volontiers "tsigane", précisant qu'elle vient de l'Est comme l'indique son nom -alsacien-... et ce malgré des traits indiens très accusés, une exception. "Tsigane, oui ; gitane ou romi, jamais !" Elle n'est pas une "caraque" en somme.] Cela évoque chez les juifs le dédain des ashkénazes germanisés issus de l'Est vis à vis des "séfarades" ou "misrahims" d'origine arabe. 
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 Le racisme génère la honte, comme chez tous les peuples racisés et la tentation de se fondre dans la masse, d'oublier sa romité -si on a la chance qu'elle ne soit pas visible-  tout est tellement plus simple ! Certains n'osent pas dire où ils habitent, sachant par avance le mépris dont ils vont être l'objet -ou la fin de non recevoir d'un employeur putatif-. Et ils déménagent dès qu'ils le peuvent. Fondus dans les groupes autochtones, assimilés, il arrive qu'ils soient rejetants -ou distanciés- vis à vis des autres -y compris de leurs parents- et même parmi les différents groupes professionnels, il y a une hiérarchie : les ferronniers, en raison du "désordre" relatif de leurs campements -relié à leur activité de récup- étant au plus bas -actuellement, car ce n'était pas le cas autrefois-. Propreté, pureté, hygiène -contrairement au cliché- sont chez les femmes roms une quasi obsession -atavisme de leur appartenance de caste?- Même si les enfants, nombreux, souvent dehors, sont inévitablement souillés, les caravanes sont lavées de fond en comble tous les jours.
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Même dans un environnement dégradé relié à l'emplacement des camps, à leur profession -récupération des ferrailles- ou à la pauvreté...  l'intérieur des habitations, masures, cottages ou caravanes est remarquablement astiqué. Lorsqu'on va chez eux -ils invitent volontiers, même à l'improviste-  souvent, le premier souci de la maîtresse de maison est de faire visiter, comme si elle éprouvait le besoin de montrer l'état impeccable de son logis. L'appellation "gens du voyage", terme vague qu'on leur attribue par défaut -toute référence ethnique étant interdite dans les textes officiels, panneaux...- les gêne, désignant des groupes nomades très divers socio économiquement et culturellement conduits à ce mode de vie par nécessité -ou vocation-, profession -forains, artistes itinérants- ou en raison d'une totale marginalisation -alcoolisme, misère-...  Dans ces groupes, ils ne se reconnaissent pas, même si, voisins, ils se côtoient. Sédentaires à 90% soit en camp soit en HLM, maisons.. -ils gardent alors un "pied" dans le terrain où résident des membres de leur tribu-, installés depuis des générations, ils se sentent français, espagnols... autant que roms. Le cliché "enfant de Bohême" les agace : ils n'ont pas choisi de voyager ou d'être "parqués" à l'écart des villes avec des collègues d'infortune "gadjé" -arabes parfois, avec lesquels les relations peuvent être tendues- et refusent l'amalgame.
 Même le romantisme est parfois un ostracisme en rose : "ils sont légers, bohèmes, [le mot qui les désignait est devenu générique !] forcément chapardeurs, séducteurs..." ils font rêver mais ce sont des gens que l'on n'aime qu'au théâtre et dont on ne veut pas chez "soi." Des "enfants" imprévoyants, comme les noirs. Le revers de ce portrait gentillet, c'est  : "ils vivent d'aides sociales, font du bruit à tout heure, ne tiennent aucun compte des autres et de la loi, donnent un exemple déplorable, draguent  [ou violent] "nos" filles -ou séduisent nos garçons- etc..." Carmen ! Ce point -la musique à toute heure- est le seul -relativement- réel : à Nîmes, juste avant la Féria -là aussi, ils ont adopté avec enthousiasme les coutumes de l'endroit où ils se trouvent!- difficile de fermer l'œil mais c'était relié à l'hispanité plus qu'à leur romité. [Nouvellement nommée, j'avais aménagé dans un quartier gitan, au début avec joie, un théâtre gratuit à ciel ouvert, flamenco, guitare... mais ensuite, la fatigue eut raison de ma ferveur.] Une enclave espagnole d'aficionados peu propice à la concentration certes mais le jour où mon fils âgé de six ans, sans que je ne m'en rende compte, partit "se promener" seul (!) il me fut ramené illico. Une "famille" donc, avec ses aléas et sa solidarité. Cela valait bien quelques nuits agitées. Signalons ici que si le mythe du gitan "voleur d'enfants" est prégnant -tous les enfants du Midi ont vécu avec ces légendes délicieusement terrorisantes-  chez les roms, il y a le même mythe dans l'autre sens... sans doute moins invraisemblable ! [Enfant, j'avais objecté que je ne voyais pas pourquoi des gens qui avaient de si nombreux enfants auraient éprouvé le désir d'en "voler" qui n'étaient pas meilleurs que les leurs. Mais dans le doute, j'évitais tout de même le "camp" sans qu'on ne me l'ait jamais interdit !] Un détail : lorsque récemment je me suis promenée vers ce quartier -ici dit "Daudet"- je me suis aperçue soudain d'un fait stupéfiant : bien que née dans le village où j'ai passé toutes mes vacances, souvent dehors, dans la campagne, partout... c'était le seul endroit où je n'étais jamais allée !!!      
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Entre un rom russe, ukrainien, roumain, espagnol, américain ou français, la différence est évidente, comme le souligne cet article par ailleurs douteux du Figaro qui  utilise leur hétérogénéité pour les raciser en faisant mine de les soutenir : les "bons" rroms, appelés "tsiganes", français, intégrés, travaillant, sédentaires ou non "souffriraient" des "mauvais", issus de Roumanie,  "délinquants, prostitués" et se montreraient favorables à leur expulsion... Diviser, toujours: les racistes s'y entendent, recrutant une minorité contre l'ensemble. Tout antisémite a son "bon" juif -un "ami" toujours mis en évidence, lui aussi antisémite quoique juif-;  tout antiromiste a ses "bons" roms, également antiromistes. Diviser est plus facile dans leur cas -ainsi que  pour les kurdes ou les noirs- car ils sont plus syncrétiques que les juifs, et même l'exact opposés sur ce point. Remarquablement ouverts, ils ont adopté partout où ils se sont installés,  avec ferveur, les coutumes et les religions autochtones -tout en conservant leurs rites et leur culture mystique- : chrétiens protestants, évangélistes, catholiques romains ou orthodoxes, musulmans -ch'iite ou sunites- bouddhistes, alevis, yezedis, manichéens, animistes et même juifs! Un cas exceptionnel mais qui fragilise parfois le groupe originel.. et  d'autre fois le renforce. Les juifs, peuple "élu", souffrent de leur fermeture ; les roms, de leur syncrétisme.   
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     Leur différence, entretenue ou renforcée, est dramatique lors d'un conflit entre deux pays. La violence? Lorsqu'il n'est pas question d'aller porter plainte ou d'ester en justice, c'est une "solution" qui surgit. Inéluctable. Et la peur qu'ils inspirent est parfois leur seule arme. On confond seulement la cause et la conséquence.  



 Faysal Riad, linguiste, voir blog :
http://www.dazibaoueb.fr/index.php

Les Roms et les autres exclus
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Selon le Robert, les Tsiganes sont des populations originaires de l’Inde, apparues en Europe au XVIe siècle, qui mènent une vie nomade en exerçant divers petits métiers...
C’est ce qu’on croit des Bohémiens, Gitans, Zingaros, Manouches, Romanichels et autres Roms. Issus d’une migration partie d’un point unique, l’Inde, et vivant en marge de toutes les sociétés, la vision est fondée sur un schéma évolutionniste crée de toutes pièces par des historiens européens au XIXe siècle.
De bons musiciens

Très souvent méprisés, exécrés, ils n’intéressent personne. Le succès de ces clichés permet de ne pas voir la violence avec laquelle sont traités habituellement les nomades marginaux: s’ils sont pauvres, qu’ils vivent dans des conditions intolérables, c’est que cela fait partie de leur culture...

En réalité, les nomades d’Espagne, de France ou de Bohême ne parlent pas la même langue, n’ont pas la même culture et ne sont pas tous originaires d’Inde. Cf Nicole Martinez ''Que sais-je ?'' sur les Tsiganes. L’orientalisme, part souvent d’idées préconçues, fausses ou a demi vraies qui ont toutes réduisent les responsabilités des sociétés excluantes.

Comme c’est le cas lorsqu’on veut inférioriser un groupe sans pour autant paraître raciste, certains clichés se veulent positifs : comme les noirs souvent considérés comme moins intelligents mais par ailleurs de bons chanteurs, de bons danseurs et de bons coureurs, nos Tsiganes, ''voleurs de poules'' feignants, sont de grands musiciens et leurs femmes de grandes danseuses... Si le talent musical de Mozart ou de Debussy s’explique par leur génie propre, celui de Django Reinhardt ou de Sayyed Youssouf ne peut s’expliquer que par la vélocité propre à son peuple...




Un peuple unique, une origine commune ?


Dans le monde entier, ont toujours vécu en marge des sociétés des ''populations flottantes''. Peut-être d’origine indienne... Des guerres oubliées, des massacres dont personne ne se soucie, ou des tragédies dont les historiens ont peu parlé, ont poussé de nombreux groupes très différents à migrer pour survivre. Exemple : la destruction de ville de Belluno en 1873, dont les quelques survivants qui n’étaient pas d’origine indienne, ont migré un peu partou dans le monde : Tatares scandinaves, Tinkers irlandais, Sankas japonais ou Pochas arméniens. Toujours méprisés, ils ont rencontré de grandes difficultés pour se sédentariser. Il serait néanmoins naïf de croire que les roms du Bourget ou de la Courneuve sont les descendants des Égyptiens présents dans l’oeuvre de Molière, car nombre d’entre eux ont fini par acquérir une nationalité et se sont finalement installés dans les sociétés qui les avaient exclus, profitant de périodes d’ouverture relative (ce n’est à l’évidence pas le cas de notre époque, qui a plutôt tendance à les rejeter violemment) note de moi : parfois, rarement, à un haut niveau et souvent dans des professions artistiques (Zavatta, Bouglione -qui disait de lui qu'il était "analphabète, gitan et milliardaire, dans l'ordre de l'importance"-, Cziffra, Carmen Amaya, Manitas de Plata, Django Reinhardt etc...)

Rêves et cauchemars européens

Notre imaginaire collectif, s’exprimant à travers la littérature ou la peinture, a depuis très longtemps considéré contre toute logique que tous ces peuples avaient une seule et unique origine, forgeant ainsi une identité fictive très mystérieuse, tour à tour objet de haine, de peur, de curiosité, de mépris, ou le cas échéant, objet d’amour ou de compassion.

Baudelaire a largement contribué à la mythification des bohémiens aux prunelles ardentes; de même que Victor Hugo et sa Cour des miracles... A cet égard, l’évolution du sens du mot bohémien est très révélatrice de l’exploitation romantique de ces nomades exclus de toutes parts. En réalité, cette littérature tsiganophile dressant le portrait-robot d’un nomade immuable et éternel nous en apprend plus sur les pulsions et les peurs de nos sociétés que sur les véritables Tsiganes ou sur nos capacités à exclure des groupes divers et variés.
Traits communs

Les comportements similaires observés par les tsiganologues, qui seraient autant de preuves de l’origine commune de tous les peuples flottant à travers l’Europe, ne sont que des traits communs à toutes les populations défavorisées. Ces comportements s’observent notamment au Mexique, dans les cités dites de transit françaises, dans les ghettos noirs américains, ou chez exclus paupérisés des pays de l’Est. Des traits communs sociologiques ne suffisent pas à créer un peuple, et la culture ne peut se réduire au mode de vie: tous les nomades n’ont pas la même origine et l’isolat social ne l’implique pas. Tous ceux que nous appelons Tsiganes ne parlent pas la même langue et leurs musiques par exemple sont très différentes.

Il n’est dès lors pas étonnant de voir des peuples divers, n’ayant souvent aucun lien entre eux, adopter des modes de vie comparables lorsque leurs situations sont comparables exclus, vivant en groupe et vivant dans des espaces périphériques, s’habillant de bric et de broc. Mais essayez de vivre en famille dans la banlieue d’une grande ville européenne avec trois fois rien, vous verrez comment vous seront facilement attribuées d’évidentes origines indiennes..." Faysal Riad, voir blog cité précédemment.


 

Une belle analyse de Georges Apap
citée par Jacques Cros

                                    "Casse toi, pov’rom !"

Nous aurions aimé voir nommer des préfets humanistes, sachant s’entourer de gens de culture et d’expérience, de professionnels de l’enseignement, de travailleurs sociaux, d’experts en sciences humaines, de policiers attentifs autant au respect de la loi qu’à celui des personnes, de spécialistes de la jeunesse délinquante, les uns et les autres soucieux de paix sociale.
Je parle de nous qui voulions aider certaines populations injustement traitées par des institutions hostiles et une opinion mal informée. Nous voici détrompés. Dans une proclamation tonitruante du 21 juillet 2010 le Chef de l’Etat annonce la nomination de deux préfets à poigne, tous deux grands policiers, avec la mission précise de chasser les Roms de leurs campements illicites. La solution était évidente. La délinquance est apparue dans notre pays avec l’arrivée récente de ces populations, Roumains persécutés dans leur pays, ou anciens Yougoslaves devenus apatrides. Ils ne peuvent être expulsés, les uns parce qu’ils sont communautaires européens, les autre parce qu’apatrides.
Depuis qu’ils sont parmi nous, les crimes et délits prolifèrent. On citera la corruption qui règne dans les sphères gouvernementales, les fraudes fiscales, les abus de biens sociaux, les évasions de capitaux, les délits d’initiés, et plus généralement toutes ces malversations qui épuisent les ressources du pays. Le Président a raison de les dénoncer à la vindicte publique.
Le remède devient évident. Il faut les chasser de camp en camp, de bidonville en bidonville. Oui mais jusqu’où ? C’est là que se posera la question d’une solution que d’autres ont appelée "finale". Encore un tout petit degré à franchir dans le tragique…
Béziers le 22 juillet 2010. Georges Apap, ancien procureur de la République.

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Article dont je (Je: L'administratrice du blog) ressors cette citation de Bernard Deschamps http://www.4acg.org/spip.php?article330  [association des anciens appelés en Algérie contre la guerre].

"Les déclarations du Président et les décisions de son gouvernement sont contraires aux principes de la république issus de la révolution de 1789 qui ne reconnaissent que des citoyens et non des ethnies. 


Ce sont des populations entières qui sont jetées en pâture et contre lesquelles des dispositions sont prises pour restreindre les libertés individuelles. L'état français, par son comportement... ouvre la voie aux pires débordements et justifie par avance les actes de violence dont cette population pourrait être victime..."
Y a-t-il un avocat dans la salle ? Question pour Ralph Blindauer : tout ceci est-il très "légal" ? Ca sent un peu le Vichy,  isn't it ?                   
 Un concept : Sarkopet    ---------------->

 
Vichy - Pas Vichy ?
(Gosselent, in, "Le monde diplomatique")
http://tziganes2.blogspot.com/

 

Par eva R-sistons - Publié dans : Tsiganes
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Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /Juil /2010 16:03

 

 

homme-20preoccupe.jpg

 

 

La patrie des Droits de l'Homme est en train de les piétiner tous les uns après les autres.

J'ai publié récemment sur mon blog sos-crise un témoignage poignant: Du Sénégal à Calais, voici le lien :

 

(Cliquer sur le lien) :  Voyage au bout de l'horreur qui peut nous arriver à tous !

Et voici l'horreur pour les gens du voyage. En France, dans notre pays ! Intolérable..


 

http://columbusphotos.free.fr/galerie/tsiganes/tsigan04.htm

tsiganes roumains n° 4

 

La grande persécution des Tsiganes

Introduction d'eva

 

 

Les Tsiganes font partie de ma vie, les Gitans sont mes potes, je défends leurs causes, notamment celle de la reconnaissance du génocide nazi en 1940, qui a tué dans leurs rangs plus de citoyens que les Juifs, proportionnellement parlant - une extermination que personne ne commémore, ce qui constitue une injustice historique qu'il faut impérativement réparer, et pour ma part je m'y emploie. De même que malgré les efforts de Christiane Taubira, on passe presque sous silence le souvenir de la mémoire coloniale, de l'esclavage § (comme promis, je traiterai ce sujet dans une publication future), on ignore le tribut payé par les Tsiganes à travers l'Histoire, notamment au moment de la Shoah. Est-ce parce que les historiens officiels font tous, ou presque, partie du même Clan qui s'est érigé le droit de définir ce qui doit être retenu, et ce que l'on doit penser des événements, pour nous amener à la Pensée unique occidentale mondialiste, marchande, ultra-libérale, impériale, bientôt aux couleurs du Nouvel Ordre Mondial judéo-chrétien (protestant anglo-saxon) ?


Alerte ! Tous les clignotants de notre société sont au rouge. Une société se définit d'abord par la manière dont elle traite les plus faibles, réfugiés économiques, gens du voyage tentant de préserver leur mode de vie, ou même animaux, aujourd'hui enfermés dans des camps de concentration inhumains - pour ne citer que ces exemples. 

 

http://www.kommunisten-online.de/historie/ausder2.gif

 

Auzias Claire, Samudaripen : le génocide des tsiganes. Un petit livre court et nécessaire sur l’extermination des tsiganes en Europe sous le nazisme.
Samudaripen : Le Génocide des tsiganes

communisme.wordpress.com/.../

 

 

La question tsigane est particulièrement préoccupante. Seront-ils les boucs-émissaires, parmi d'autres, d'une France aux abois, dure aux pauvres, indulgente aux riches ? Trop de populations, aujourd'hui, sont stigmatisées: Noire, arabe, tsigane, ou chômeurs, assistés, réfugiés, habitants des cités... On nous dresse les uns contre les autres. On nous inocule, à dose infime mais régulière, les poisons du racisme, du rejet, de la haine. Bref, le choc de civilisations plutôt que la remise en cause du Pouvoir assassin, le rejet du basané plutôt que du Blanc arrogant et prédateur, la stigmatisation de celles qui portent la burqa plutôt que des Maîtres cupides et impitoyables.... Tout est fait pour détourner l'attention des vrais responsables de nos malheurs. Allons-nous ouvrir les yeux pour ne pas nous tromper de cible ?

 

Plus que jamais, nous devons être en alerte. Et clairvoyants !

 

Eva R-sistons aux manipulations.

 

§ Oeuvres de christiane TAUBIRA (Wikipedia)

  • L'esclavage raconté à ma fille, 2001
  • Codes noirs de l'esclavage aux abolitions, 2006
  • Rendez-vous avec la République, 2007
  • Egalité pour les exclus : le politique face à l'histoire et à la mémoire coloniales, 2009 (Temps Présent Editions) 

 

Christiane Taubira - Royal & Zapatero's meeting in Toulouse for the 2007 French presidential election 0529 2007-04-19.jpgwikipedia, Christiane Taubira

 

 

Histoire: La France contre ses Tsiganes

 

Comme chaque année, les pouvoirs publics attendent la fin de l’année scolaire pour expulser les tsiganes. Emmanuel Filhol montre comment cette politique de discrimination, qui contredit les principes de la République, s’est lentement mise en place, avant de se durcir au XXème siècle.

 


Par Emmanuel Filhol

 

Le traitement stigmatisant adopté envers les Tsiganes français s’inscrit dans la longue durée et ne peut être appréhendé qu’à la lumière de tout un ensemble de dispositifs législatifs et de politiques discriminatoires qui l’ont précédé. L’enracinement tsigane en France est un phénomène ancien puisqu’il remonte au Moyen Âge. Du début du XVème siècle, période de leur arrivée en France, à la première moitié du XVIIème siècle, les Tsiganes ont connu un âge d’or. [1] Mais, par la suite, une série de facteurs entraînent un renversement d’attitude de la part des pouvoirs.

 

 

http://www.jerusalem-pedibus.net/images/perso/phru08.jpg

filsduvent.kazeo.com/Histoire/Tsiganes-dans-l...

 

De l’accueil au rejet

  À partir des années 1600, et surtout de la deuxième moitié du XVIIème siècle, le destin de la diffuse « nation bohémienne » bascule. On assiste à une montée de l’intolérance et, avec elle, à l’établissement rigoureux et constant de sanctions effectives. La sévérité des textes est exemplaire dans sa cohérence ; elle est générale, et pas seulement française. Privés de l’accueil des châteaux, où les Égyptiennes et leurs spectacles de danse suscitaient un véritable engouement, exclus des compagnies de gens d’armes, chassés des villes, la situation des Tsiganes se dégrade rapidement ; ils sont confondus avec les « errants et vagabonds » et pourchassés à ce titre dans toute l’Europe. Les interdictions de contacts et l’impossibilité d’exercer une activité itinérante mais légale condamnent le peuple bohême au bannissement collectif. La déclaration du 11 juillet 1682, voulue par Colbert et signée de Louis XIV, « contre les Bohèmes et ceux qui leur donnent retraite », demande aux baillis, sénéchaux et leurs lieutenants d’arrêter et de faire arrêter les hommes afin qu’on les conduise aux galères, à perpétuité, en dehors de tout délit constaté, tandis que les femmes, séparées des premiers, seront tondues et passibles d’être fustigées et bannies au cas où elles continueraient à « mener la vie de bohémiennes ». [2]

Au XVIIIème siècle, l’opinion administrative englobe la catégorie des « Bohémiens » dans celle des vagabonds, mendiants et gens sans aveu. Les innombrables textes consacrés à la condamnation du vagabondage et la réprobation de la mendicité soumettent les compagnies tsiganes aux exigences de domiciliation et au contrôle. Sous le Consulat, en décembre 1802, le général de Castellane, préfet des Basses-Pyrénées, procède, avec l’aide de l’armée espagnole, pour que le coup de filet soit efficace, à l’arrestation des « Bohémiens » du Pays basque (environ 500 personnes). [3] La mobilité tsigane fait l’objet d’une surveillance de plus en plus étroite, dont témoigne au cours du XXème siècle l’application de mesures humiliantes et persécutives.


 

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www.esmeraldjazz.com/influencesfr.html

 

L’identification d’un groupe à part

En 1895, un dénombrement général de tous les « nomades, bohémiens, vagabonds » est prescrit par le gouvernement. Le recensement rencontra dans la presse populaire un écho tout à fait favorable. Pour assurer un contrôle des « nomades », l’administration française adopta des procédés nouveaux. Du 18 mars 1908 au 31 juillet 1909, 7 790 « nomades » sont photographiés par les Brigades mobiles de police, créées par Clemenceau, et inscrits dans un fichier. Cette pratique devait trouver son prolongement naturel dans la loi du 16 juillet 1912, qui instituait le carnet anthropométrique des « nomades » [4], basé sur « la méthode Bertillon » (ce chef de service de l’identité judiciaire met au point dans les années 1880 un système de signalement pour retrouver les criminels récidivistes). La loi sur l’exercice des professions ambulantes et la réglementation de la circulation des « nomades » oblige tout « nomade », quelle que soit sa nationalité, à faire viser son carnet individuel, établi dès l’âge de 13 ans révolus, à l’arrivée et au départ de chaque commune, comme elle le contraint à se soumettre aux différentes mensurations et identifications photographiques consignées sur ce carnet. Le carnet du « nomade » comporte de plus une partie réservée aux mesures sanitaires et prophylactiques auxquelles les « nomades » sont assujettis.

Dans sa volonté de contrôle, la législation ne se limite pas seulement à l’imposition du carnet anthropométrique d’identité. Les « nomades » voyageant en « bandes », c’est-à-dire en groupe ou en famille, doivent aussi se munir d’un carnet collectif. L’article 4 de la loi renforce quant à lui la visibilité des mesures de surveillance administrative et policière, dans le sens où un signe ostentatoire est imposé aux « nomades », dont les véhicules de toute nature seront munis à l’arrière d’une plaque de contrôle spéciale. Le travail de repérage des forces de l’ordre en est facilité. La description des « voitures employées » révèle une attention toute particulière au sein du carnet collectif, comme sur le carnet anthropométrique, qui l’inclut sous la rubrique « nomades voyageant en voiture isolément ». Le recours à différents moyens d’identification permet de comprendre la logique de fichage déployée par la République envers les « nomades ». [5] Une logique qui, par le procédé d’« encartement » anthropométrique, vise à assimiler des individus itinérants à une population perçue et construite comme dangereuse, criminelle, qu’il s’agit donc d’identifier et de contrôler.

L’internement des Tsiganes pendant les deux guerres mondiales Deux ans après l’établissement du système disciplinaire engendré par la loi de 1912, la guerre éclatait entre la France et l’Allemagne. Les Tsiganes arrêtés à l’intérieur ou autour des territoires reconquis d’Alsace et de Lorraine sont aussitôt évacués, voire incarcérés, et dirigés vers les centres de triage, puis internés dans des camps. D’autres Tsiganes les rejoignent, y compris ceux qui, pourtant munis de certificats d’option, avaient choisi de quitter l’Alsace-Lorraine en 1871 ou 1872 et étaient venus vivre en France. Pour les « Romanichels alsaciens-lorrains », l’internement devait durer jusqu’à la fin de la guerre, et au-delà. [6]

Durant la Seconde Guerre mondiale, le même scénario est cette fois appliqué à tous les Tsiganes circulant en France. Sans compter que certains d’entre eux, un petit nombre, furent déportés de Poitiers en 1943 vers les camps de concentration de Sachsenhausen et de Buchenwald, tandis que d’autres Tsiganes, raflés dans la région de Lille, aboutirent à Auschwitz, par le convoi Z parti de Malines le 15 janvier 1944. Le 6 avril 1940, un décret interdit aux « nomades » de circuler sur l’ensemble du territoire métropolitain. Ils sont astreints à résidence sous la surveillance de la police. Après la défaite, les Allemands ordonnent début octobre 1940 que les « nomades » de la zone occupée soient internés dans les camps. Ce sont les autorités françaises qui administrent les trente camps où séjournèrent un peu plus de six mille Tsiganes, internés par familles entières. [7] Le constat est partout identique. La vie quotidienne dans les camps révèle des conditions de logement et d’hygiène déplorables. Les Tsiganes ne souffrent pas seulement de la faim et du froid, ils meurent dans les camps. L’internement apparaît d’autant plus pénible aux « nomades » (à 90 % de nationalité française) qu’ils ne reçoivent aucune aide extérieure.

L’indifférence persista après l’installation du gouvernement provisoire de la République. On pouvait escompter que la libération du territoire national aurait signifié pour tous les Tsiganes internés la sortie des camps. Il n’en a rien été. Les derniers « nomades » seront libérés le 1er juin 1946. Les familles qu’on libère manquent de tout, vêtements, nourriture, argent, et personne ne s’en préoccupe. Malgré tant de privations et de souffrances endurées, les Tsiganes qui rentrent chez eux sont aussitôt assignés à résidence (jusqu’à la loi du 10 mai 1946 portant fixation de la date légale de cessation des hostilités), avec interdiction de quitter la commune où ils doivent demeurer. Cette obligation touche tous ceux qui ont été internés en France mais aussi les survivants revenus des camps de concentration. [8]

 

http://www.westimpact.com/Clebert-Tsiganes-6.JPG

 

www.westimpact.com/book_clebert.htm


L’anti-tsiganisme aujourd’hui

La paix retrouvée, le droit de pouvoir circuler sans contrainte sur le territoire français ne fut pas pour autant accordé aux Tsiganes puisque la loi de 1912 continua de s’exercer à leur encontre jusqu’en 1969, le « livret ou carnet de circulation », toujours en vigueur, visés chaque mois, puis tous les trois mois par un commissaire de police ou un commandant de gendarmerie, se substituant alors au carnet anthropométrique. Si le caractère vexatoire de ce dernier disparaît, l’obligation, au nom d’une idéologie sécuritaire, de détenir un « carnet de circulation » n’en constitue pas moins une entrave au droit commun, contraire au protocole n° 4 de la Convention européenne des Droits de l’Homme (daté du 16 décembre 1963) relatif au droit de circuler et de choisir sa résidence librement.

Considérés encore comme des marginaux, les Tsiganes pâtissent de nos jours des discriminations qui limitent l’exercice réel de leurs droits de citoyens. [9] Plus de quinze ans après la loi Besson qui impose aux communes de plus de 5 000 habitants la réalisation d’une aire d’accueil, seulement 20 % des 38 000 places à créer ont été réalisées. Se pose également la question de la non-reconnaissance juridique de la caravane comme un logement (reconnue uniquement comme un domicile). Cette absence de reconnaissance ayant une incidence directe sur le non-accès aux aides au logement, de même qu’elle empêche de recourir à des prêts bancaires préférentiels lors d’achat de caravanes. Selon une recommandation émise par la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité, la loi de 1969 devrait par ailleurs être révisée et il serait souhaitable de faire passer les « gens du voyage » sous le régime normal en ce qui concerne la loi électorale. [10] Ceux-ci pourraient ainsi s’inscrire sur les listes électorales de leur commune de rattachement au bout de six mois au lieu de trois ans imposés. Soulignons en outre que, dans le domaine de l’éducation, les difficultés liées à la scolarisation des enfants tsiganes sont souvent à mettre en relation avec les situations de rejet auxquelles ils se trouvent confrontés. [11] Enfin, l’histoire et la culture pluriséculaire des Tsiganes de France restent largement ignorées, faute de les faire connaître dans les manuels scolaires et de les enseigner à l’université, ce qui ne contribue guère à modifier les attitudes et les discours négatifs à leur égard.

Il suffit, pour s’en convaincre, de mentionner les propos tenus par des élus : ceux-ci en disent long sur les stéréotypes racistes et les préjugés que cherchent à légitimer ces représentants de l’anti-tsiganisme français. À gauche comme à droite, la stigmatisation des gens du voyage, qualifiés de groupe « asocial », est de fait largement répandue. En juillet 2002, le sénateur de l’UMP Dominique Leclerc les traitait de

« gens asociaux, aprivatifs [sic], qui n’ont aucune référence et pour lesquels les mots que nous employons n’ont aucune signification […]. Nous voyons toutes les nuits trois, quatre ou cinq camionnettes de gens du voyage qui viennent sauter – je n’ai pas d’autre mot – des gamines de douze ou treize ans jusque devant chez leurs parents. » [12]

S’adressant à ses administrés, le maire socialiste de Berre (Bouches-du-Rhône) invoquait en mars 2004 les principes républicains pour justifier sa politique répressive vis-à-vis des gens du voyage :

« Le stationnement des gens du voyage : une honte et un scandale pour la République ! […]. Ce mardi 20 janvier, la gendarmerie, à ma grande satisfaction, a procédé aux expulsions. Je tiens à la remercier vivement […]. Je poursuivrai cette action avec ténacité pour assurer la tranquillité de vous toutes et de vous tous. » [13]

Dans un même état d’esprit, son collègue UMP de Venelles (proche d’Aix-en-Provence), encourageant des pratiques de délation dignes d’une autre époque, déclarait à ses électeurs :

« Madame, Monsieur, vous avez pu observer et, pour certains d’entre vous, subir la présence de gens du voyage installés sur un terrain privé proche de la résidence des Vergers de Venelles […]. J’ai été immédiatement informé et j’ai demandé à la Police municipale d’engager, dans le dialogue, des mesures fermes pour leur départ dans les meilleurs délais […]. Il est anormal que dans une démocratie, des minorités imposent leur style de vie à la majorité pacifique qui peuple notre Pays […]. Je vous prie de bien vouloir noter le numéro de téléphone portable de la Police municipale de Venelles qui intervient 24 h sur 24… »

En janvier 2006, le maire de la commune d’Ensisheim, par ailleurs vice-président du Conseil général du Haut-Rhin, prenait l’initiative de faire incendier 14 caravanes de Roms croates et roumains, sous prétexte de l’illégalité de leur installation sur le territoire communal. Selon le procureur en charge de l’affaire, « le maire aurait participé directement à l’opération en mettant le feu à une épave avec un chiffon enflammé et aurait donné des instructions pour que les autres caravanes soient transportées sur le brasier, après en avoir fait retirer les objets pouvant exploser ». Un tract (les fautes d’accord et d’orthographe sont dans l’original) du Front de libération de la Provence (FLP), diffusé au printemps 2004 dans la région PACA, appelait ni plus ni moins à l’action punitive meurtrière, contre l’attentisme politique :

« Ras le bol des gitans qui volent nos voitures qui cambrioles nos maisons qui pourrissent notre environnement. Et nos hommes politiques que font-ils ? Ils se moquent bien de tout cela se qui les intéressent, c’est d’être à la tête de la région pour les prochaines élections. Alors réglons le problème nous même puisqu’ils ne sont pas capable. Prenons les armes et exterminons cette vermine jusqu’au dernier pas de pitié, hommes, femmes enfants et nourrissons ».

Rien d’étonnant alors si les lois qui ont suivi le statut administratif des nomades fixé par la législation du 3 janvier 1969, comme le texte du 5 juillet 2000 relatif à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage, ou encore les articles concernant les gens du voyage dans la loi du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure et la loi du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance, poursuivent toutes elles aussi le même objectif : rendre le voyage et le stationnement temporaire suffisamment contraignant pour obliger les nomades à se sédentariser. Les débats au sein du Parlement en attestent clairement :

« Pire : loin de régler la question du nomadisme, vous allez l’encourager, et vous avez même commencé à le faire. Vous donnez une raison d’être, une sorte de fondement à ce mode de vie, dont il faut bien reconnaître qu’il n’est pas compatible avec la société qui est la nôtre […] Il faut changer de politique à l’égard du nomadisme et abandonner l’idée rétrograde, coupée des réalités, qui sous-tend votre projet. […] Cessons de dire des sottises ! La véritable politique à l’égard du nomadisme réside dans l’encouragement à la sédentarisation, qui a été la ligne de conduite de la République pendant des lustres et qui a réussi. » [14]

Cette politique mènera toujours à une impasse parce qu’elle ne prend pas en compte la spécificité anthropologico-culturelle des identités et modes de vie inhérents aux minorités tsiganes. Les Tsiganes ont une culture qui leur est propre et repose sur des principes différents de celle des sédentaires

 

http://www.villemagne.net/images/perso/campement-de-tsiganes-dans-la-plaine-meridionale-pres-du-village-de-videle-roumanie-ru50.jpg

 

villemagne.net

 

On le voit, les politiques adoptées par les pouvoirs publics en France vis-à-vis des Tsiganes présentent historiquement depuis le XVIIème siècle une continuité répressive, moins sévère il est vrai au cours du XIXème siècle jusqu’au Second Empire. Ses formes ont varié, en fonction des contextes et des changements opérés dans la société, et avec elle de l’idée que les législateurs se font de la déviance et de la marginalité. Le traitement administratif des « bohémiens, nomades, gens du voyage » peut se résumer, comme l’écrit Jean-Pierre Liégeois, à une logique dont les étapes vont de l’exclusion à la réclusion, puis à l’inclusion par l’assimilation. Pour chaque période de rejet, le législateur s’appuie sur la relation directe et falsificatrice entre l’image négative du Tsigane et la loi. Ainsi, « le texte de loi s’alimente à l’image. L’image sert à le rationaliser. Et l’image s’y alimente à son tour. […]. Des individus sont Bohémiens et sont bannis. Une fois bannis ils demeurent à bannir et le bannissement s’attache à la définition du Bohémien. Des Tsiganes culturellement différents sont perçus et désignés comme des « personnes d’origine nomade » à réadapter pour être incluses dans le reste de la société. Une fois objets de réadaptations, ils sont perçus et désignés comme inadaptés et leur inadaptation s’attache à l’image que l’on se fait d’eux. Le condamnable est imaginé comme tel et condamné. Et comme le condamné est forcément condamnable, il le demeure. Le discours est clos, mais non le questionnement à son égard. » [15]

Emmanuel Filhol


(Illustration : © Vincent Van GOGH, Les roulottes, campement de bohémiens aux environs d’Arles, en 1888 [Museum d’Orsay, 2009])

laviedesidees.fr

 

tsiganes roumains n° 1

 

http://columbusphotos.free.fr/galerie/tsiganes/tsigan01.htm

 

[1] Henriette Asséo, Les Tsiganes. Une destinée européenne, Paris, Découvertes Gallimard, 1994. Un âge d’or entrecoupé certes d’expulsion ou de peines infamantes

[2] Voir François de Vaux de Foletier, Les Tsiganes dans l’ancienne France, Paris, Connaissance du Monde, Société d’Édition Géographique et Touristique, 1961, p. 152-160 ; Henriette Asséo, « Le traitement administratif des Bohémiens », in Problèmes socio-culturels en France au XVIIème siècle, Paris, Klincksieck, 1974, pp.9-87

[3] François de Vaux de Foletier, « La Grande Rafle des Bohémiens du Pays basque sous le Consulat », Études Tsiganes, mars 1968, pp.13-22

[4] François de Vaux de Foletier, Les Bohémiens en France au XIXème siècle, Paris, Éditions Jean-Claude Lattès, 1981, pp.182-189 ; Emmanuel Filhol, « Les Brigades mobiles et le contrôle des « nomades » (Tsiganes) en France (1907-1914) », Le Banquet, 19 p. dact., à paraître dans le numéro 27 ; et « La loi de 1912 sur la circulation des « nomades » (Tsiganes) en France », Revue Européenne des Migrations Internationales, 2007, 23 (2), pp.135-156

[5] Henriette Asséo, « La gendarmerie et l’identification des « nomades » (1870-1914) », in Jean-Noël Luc (dir.), Gendarmerie, État et Société au XIXème siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, p. 301-330 ; et « La République des Nomades », in Dictionnaire critique de la République, sous la direction de Vincent Duclert et Christophe Prochasson, Paris, Flammarion, 2002, p. 400-405

[6] Emmanuel Filhol, Un camp de concentration français. Les Tsiganes alsaciens-lorrains à Crest 1915-1919, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 2004

[7] Jacques Sigot, Ces barbelés oubliés par l’Histoire. Un camp pour les Tsiganes… et les autres. Montreuil-Bellay 1940-1945, Châteauneuf les Martigues, Éditions Wallâda, 1994 ; Denis Peschanski, avec la collaboration de Marie-Christine Hubert et Emmanuel Philippon, Les Tsiganes en France 1939-1946, Paris, CNRS Éditions, 1994 ; Mathieu Pernot, textes de Henriette Asséo et de Marie-Christine Hubert, Un camp pour les Bohémiens. Mémoire du camp d’internement pour Nomades de Saliers, Arles, Actes Sud, 2001 ; Emmanuel Filhol, La mémoire et l’oubli. L’internement des Tsiganes en France, 1940-1946, Paris, L’Harmattan, 2004 ; Emmanuel Filhol, Marie-Chrstine Hubert, Les Tsiganes en France : un sort à part (1939-1946), Paris, Perrin, 2009

[8] Emmanuel Filhol, « L’internement et la déportation de Tsiganes français sous l’Occupation : Mérignac-Poitiers-Sachsenhausen , 1940-1945 », Revue d’histoire de la Shoah, n° 170, Septembre-Décembre 2000, p. 136-182

[9] Sur la question de ces droits, Jean-Pierre Liégeois (dir.), L’accès aux droits sociaux des populations tsiganes en France, Rennes, École Nationale Supérieure de la Santé Publique, 2007 ; Territoires et minorités : la situation des gens du voyage, sous la direction de Bernard Drobenko, Les Cahiers du CRIDEAU, n° 12, Limoges, Presses Universitaires de Limoges, 2005

[10] Voir à ce sujet la Délibération n° 2007-372 du 17 décembre 2007 (article 38) de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité)

[11] Cf. Les jeunes tsiganes : le droit au savoir, Coordonné par Marie-Pascale Baronnet, Éditions Licorne, Paris, L’Harmattan, 2007

[12] Sénat, séance du 31 juillet 2002

[13] Andréoni Serge, maire PS de Berre, déclaration après l’expulsion d’un camp de gens du voyage, 20 janvier 2004, cité par Vincent Geisser, « Un « anti-tsiganisme » venu d’en haut : le rôle central des élites politiques dans la fabrication du préjugé. Note de synthèse », Migrations Société, Vol. 19, n° 109, janvier-février 2007, p. 111-112. Les citations suivantes sont tirées de cette étude

[14] Assemblée Nationale, 2ème séance du 2 juin 1999, cité par Christophe Robert, « Le discours sur les « gens du voyage » dans les enceintes parlementaires », Recherche sociale, n° 155, juillet-septembre 2000, p. 20

[15] Jean-Pierre Liégeois, « Le discours de l’ordre. Pouvoirs publics et minorités culturelles », Esprit, Mai 1980, p. 43 (p. 17-44)

 

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article14156

 

Paris : le plus vieux camp de roms évacué
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Tous les camps Roms de Seine-Saint-Denis vont disparaître,
celui du Hanul comme les autres. Les évacuations se feront au rythme de quatre par semaine», avait récemment annoncé le sous-préfet du département, Olivier Dubaut. Ce matin, soixante-dix CRS ont procédé à l’évacuation du plus vieux camp d’Ile de France, situé sous l’autoroute A86, le long du boulevard Anatole France. Malgré les barricades érigées par les résidents et les militants associatifs, les forces de l’ordre ont pu pénétrer l’enceinte et les bulldozers ont commencé à détruire les habitations de fortune en tôle et en bois. A 7h00, le bidonville était déserté.
http://www.parismatch.com/Actu-Match/Societe/Actu/Paris-le-plus-vieux-camp-de-roms-evacue-198003/
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http://columbusphotos.free.fr/galerie/tsiganes/tsigan07.htm

tsiganes roumains n° 7

 

 

Sarkozy scandalise les associations

avec sa réunion sur les Roms

 

"C'est sidérant : on est dans la désignation de boucs émissaires après des faits divers", dénonce la LDH après l'annonce de la tenue d'une réunion à l'Elysée sur les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms".

L'annonce de la tenue d'une réunion le 28 juillet à l'Elysée sur les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms" suscite mercredi 21 juillet l'indignation de plusieurs associations.

 

Le président Nicolas Sarkozy "stigmatise" les Roms et les gens de voyage et en fait des "boucs émissaires", dénonce la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).

"C'est sidérant : on est dans la désignation de boucs émissaires après des faits divers", a estimé Malik Salemkour, chargée de la question au sein de la LDH, dans une déclaration à l'AFP.

Le chef de l'Etat a annoncé une réunion à l'Elysée sur les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms", après les violences survenues à Saint-Aignan (Loir-et-Cher). "Cette réunion fera le point de la situation de tous les départements et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière", a-t-il dit.

 

"L'impression que tous les Roms sont des criminels"

Il a fait cette annonce après les événements de Saint-Aignan (Loir-et-Cher), où la gendarmerie a été attaquée et des voitures brûlées, après la mort d'un jeune de la communauté du voyage, tué dans la nuit de vendredi à samedi par un gendarme après avoir forcé un contrôle.

"Il ne faut pas faire une réunion pour stigmatiser une ethnie" car "ça donne l'impression que tous les gens du voyage et tous les Roms sont des criminels et des délinquants", a souligné Malik Salemkour, tout en jugeant "inacceptables" les violences de Saint-Aignan.

Pour lui, la "réponse sécuritaire" proposée par Nicolas Sarkozy est "inadaptée" car "en réalité, la France ne veut pas des Roms".

Malik Salemkour en veut pour preuve les mesures transitoires "qui leur ferment l'accès au marché du travail alors que ce sont des ressortissants européens".

"Plutôt que de stigmatiser une population, il serait bien que les lois de la République s'appliquent à tous", a-t-il recommandé, pointant du doigt les maires qui n'ont pas aménagé les places adaptées à ces populations contrairement à ce que prévoit la loi.

 

Hortefeux toujours au gouvernement

D'autres associations emboîtent le pas à la LDH. Nicolas Sarkozy "cherche à détourner l'opinion vers des cibles faciles", les Roms, estime ainsi l'association La Voix des Roms.

"La France va mal, votre président va mal. Il cherche à détourner l'opinion publique vers des cibles faciles", a déclaré Saimir Mile, porte-parole de la Voix des Roms.

"Nous nous préparons à en prendre plein la gueule comme ça a toujours été le cas pendant les crises politiques mais cette fois-ci, encore un peu plus", a-t-il ajouté.

"La situation est très grave", a poursuivi Saimir Mile. "Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a été condamné pour injures raciales et il est toujours au gouvernement", a-t-il déploré.

Pour Coralie Guillot, de l'association Parada France, qui travaille avec les Roms de Seine-Saint-Denis, "ce n'est pas la peine qu'ils se réunissent car c'est déjà décidé: on n'a jamais vu autant d'évacuations en Ile-de-France que depuis deux ou trois mois".

"Après ces expulsions, ils vont en Roumanie quelques semaines puis reviennent en France ou bien ils s'installent ailleurs", dit-elle. "Cela ne fait que créer plus de précarité", assure Coralie Guillot.

Pour Olivier Peyroux de l'association Hors la rue qui s'occupe des jeunes en situation d'errance, Nicolas Sarkozy "fait encore une fois l'amalgame entre les Roms, les gens du voyage et la délinquance".

"C'est une réponse sécuritaire qui va renforcer les clichés alors qu'on n'a pas besoin en temps de crise d'exacerber les fantasmes des uns et des autres", a-t-il dit.

 

Un contre-feu ?

De son côté, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a assuré lors du compte-rendu du Conseil de ministres que Nicolas Sarkozy ne voulait pas "stigmatiser une communauté" en consacrant la semaine prochaine une réunion aux "comportements" des gens du voyage et des Roms.

"Il ne cherche pas à stigmatiser une communauté mais il cherche à répondre à une problématique. On a beau être Rom, gens du voyage, parfois même Français au sein de cette communauté, et bien on doit respecter les lois de la République", a déclaré Luc Chatel.

"Cette réunion fera le point de la situation de tous les départements et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Interrogé sur ce regain d'intérêt du chef de l'Etat pour le dossier de la sécurité en pleine affaire Bettencourt/Woerth, Luc Chatel a réfuté l'idée qu'il puisse s'agir d'un contre-feu de l'exécutif.

"Je n'ai pas eu le sentiment que depuis 8 années maintenant, Nicolas Sarkozy, comme ministre de l'Intérieur d'abord, comme président de la République ensuite, se désintéresse des questions de sécurité", a-t-il dit.

"Sur une longue période, les crimes et délits dans notre pays ont baissé, de 17% en huit années. Le taux d'élucidation a augmenté de 50%, c'est tout à fait considérable", a-t-il détaillé.

"Simplement la violence est mouvante, elle évolue et le rôle du gouvernement c'est de s'adapter en permanence et de riposter à chaque fois qu'il y a des exactions et des actes majeurs en matière d'insécurité qui sont commis", a encore dit le porte-parole.

 

(Nouvelobs.com)

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Roms persécutés : Fanny Ardant dit "Assez !"
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Fanny Ardant, marraine d’une campagne de soutien en faveur des Roms, a plaidé mardi au Conseil de l’Europe devant les parlementaires réunis à Strasbourg. Objectif : une meilleure intégration de cette minorité.
 Fanny Ardant en a «assez» des préjugés. Marraine de la campagne «Dosta !» («Assez !», en romani) lancée le 7 juin dernier en Italie, l’actrice et réalisatrice s’est exprimée au Conseil de l’Europe pour demander moins de préjuges à l’égard des Roms. Elle a plaidé la cause de cette minorité «rejetée en toute illégalité». «Ils n’évoluent pas dans nos codes serrés, mais ils ont droit aussi à un logement, une école ou un médecin», a-t-elle martelé
suite ici :
http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Roms-persecutes-Fanny-Ardant-dit-Assez-!-195128/.
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tsiganes roumains n° 9
http://columbusphotos.free.fr/galerie/tsiganes/tsigan09.htm
Droits de l'Homme en France :

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14276

 

 

 

 

Lire aussi:

 

 

Tsiganes boucs-émissaires, racisme, France au ban de l' UE ?

 


 

 

 

Paquet de Gitanes


http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14595

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=14601

 Les chiens de l’UMP aboient, la caravane passe…

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par eva R-sistons - Publié dans : Tsiganes
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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 15:33

(1) http://r-sistons.over-blog.com/article-2-causes-a-relayer-partout-referendum-sauver-la-terre-shoah-tsiganes-49741770.html - 2e volet

 

 

tsigane-caravane-j.jpg

http://www.mandora.fr/mandorine/index.php/cinema/liberte 

 

Mes amis,

 

Je reviens sur ce sujet d'une importance capitale pour lancer un Appel aux rescapés tsiganes de la Shoa, afin qu'ils témoignent de leur vécu.

 

La "Shoah"  en tant que génocide de populations, est un événement historique de première importance. Malheureusement, nous n'en connaissons qu'une facette: Celle des Juifs, qui perdirent un tiers de leurs citoyens européens pendant cette sinistre période, alors que les Tsiganes, les handicapés mentaux, les homosexuels, les communistes, les patriotes... en furent aussi largement victimes.  C'est une grande injustice historique. La mémoire ne doit pas être sélective, de même qu'elle ne doit pas être excessive, obsessionnelle, et trop envahissante, au point de présider, négativement, à certaines politiques ! 


 

tsiganes-ancien temps j

 

Le devoir de mémoire est une nécessité, mais la mémoire doit être digérée, et encore mieux, faire l'objet d'une démarche de pardon, de réconciliation, pour ne pas être castratrice, paralysante. Il n'est pas juste que seuls les Juifs se soient appropriés cette douloureuse période, les camps de la mort ont fait d'autres victimes, tout aussi spoliées, et il n'est pas bon, non plus, que nous soyions soumis à une overdose de commémorations, de rappels, de mémoires, car cela va à l'encontre des buts recherchés. Lorsque nous entendons à longueur d'émissions, de films, d'articles, parler de la Shoah, nous sommes excédés. L'excès se retourne contre leurs auteurs. Il est à mon avis bien plus efficace de projeter un film comme Nuit et Brouillard, que de nous servir, presque chaque jour, d'une façon ou d'une autre, le rappel de cette période, au demeurant concernant les seuls Juifs. Les génocides de l'Histoire se valent, ils sont tous aussi atroces, qu'ils concernent les Amerindiens, les Arméniens, les Karens, les Noirs...

 

Tsiganes-scene-liberty-j.jpg

 

Aujourd'hui, la grande amie des Tsiganes que je suis se contentera d'évoquer la "Shoah" des seuls Tsiganes, à nouveau, pour demander que l'on répare enfin une injustice historique: Parce que le peuple tsigane ne défend jamais ses droits, parce qu'il est ostracisé, encore et toujours, parce que trop des siens ne sont pas scolarisés, et pour bien d'autres raisons, ils subissent l'intolérable: Non seulement PLUS que quiconque ils ont été liquidés, anéantis, exterminés dans les camps de la mort, mais ils sont deux fois victimes: Par notre indifférence, par notre silence, par notre oubli. Plus de la moitié d'entre eux ont péri, et nul n'en parle ! Non seulement il faut les associer aux commémorations,  mais il faut mettre en valeur leur vécu, rétablir la vérité, relayer leur cause. Et dans ce but, je lance un double appel:

- Aux Tsiganes eux-mêmes, afin que les derniers témoins rescapés témoignent, avant qu'ils ne disparaissent à leur tour. Un Lecteur, documentaliste, s'est proposé pour les aider. Je rappelle que plus de la moitié des Tsiganes européens furent exterminés dans les camps de la mort.

- Aux citoyens photographes, écrivains, journalistes, cinéastes... pour qu'ils relaient dans les livres d'Histoire, dans des articles, dans des films, dans des vidéos, cette page méconnue et douloureuse. Au nom de la vérité, de la justice, et bien sûr de la nécessaire mémoire ! Oui, pour réparer une injustice historique !

 

Il y va de notre crédibilité, et de l'honneur des Tsiganes.

 

Eva R-sistons à la mémoire sélective, à l'injustice, à l'oubli.

 

 (JPEG) 

 

Rappel:

Eva et son guitariste tsigane, à Grenade

3es-copie-1-1.jpg 

Reçu ce commentaire d'un documentaliste:

 

Etant "documentariste" je mettrais bien volontiers mes outils à disposition d'un projet autour du génocide Tzigane, et éventuellement aussi des raisons de l'ignorance totale dans lequel nous sommes tenus. J'ai visité le Mémorial de la Shoah et j'ai été surpris qu'il n'y ai pas un mot sur le sujet. La seule personne qui a souvent évoquée la chose est Simone Weil...Dans un premier temps, s'il y a encore des survivants dont il faut enregistrer le témoignage, faites le moi savoir . pregoli2001@yahoo.fr  Pascal Regoli 

 

 

Liberté, le film de Tony Gatlif

Le destin, mal connu du grand public, des Tsiganes pendant la 2e Guerre Mondiale

 

LIBERTE

 

Tony Gatlif
et Eric Kannay

Perrin, janvier 2010, 235 pages
17 €

 

« Et sur ses cordes, le vent moqueur, pour qui savait l’écouter, jouait un dernier air de…liberté. »

Tony Gatliff, réalisateur, musicien et scénariste, né d’une mère d’origine gitane et d’un père kabyle s’est souvent inspiré de ses racines dans ses films. Dans Liberté tiré du film éponyme sorti en salles le 24 février dernier, il s’associe au romancier Eric Kannay pour raconter le destin, mal connu du grand public, des Tsiganes pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

Théodore et le clan de Puri Dai
   
Zanko, Kako, Taloche, Tatane et leur clan sont gitans, tsiganes, bohémiens, Roms. Sous l’autorité de l’ancienne Puri Dai, ils voyagent au gré de leurs envies et de leurs besoins sur les routes de France et de Belgique. Se pliant à la loi de 1912, ils viennent faire pointer leur carnet anthropométrique dès leur arrivée auprès de la gendarmerie ou de la mairie. L’arrivée de l’occupant allemand ne signifie pas grand-chose pour eux. Aussi se rendent-ils à Saint Amont, en zone occupée, pour passer l’hiver et gagner de quoi survivre. Sur le chemin, ils recueillent Petit Claude, un jeune orphelin. A leur arrivée, ils sont accueillis par Théodore, maire et vétérinaire du village, un humaniste et un républicain convaincu. Secondée de Lise Lundi, il réussit à les convaincre d’envoyer leurs enfants à l’école.
   
Leur insouciance et leur joie de vivre sont de courte durée : ils sont rapidement inquiétés puis arrêtés par la police de Vichy qui les parque dans le camp de Villers. Théodore décide de les aider, « pour faire quelque chose, juste quelque chose ». Pour cela, il leur cède une vieille maison de famille. Propriétaires, ils sont rattachés à un lieu et sont libérés. Mais se fixer, c’est renoncer à l’essence même de leur vie et sacrifier leur liberté. Et comme ils l’ont toujours fait, ils veulent reprendre la route.

Des laissés pour compte de l’histoire

Tony Gatliff porte en lui l’alma gitana, l’âme gitane. Riche de ses origines, il désirait depuis longtemps traiter ce sujet mal connu du massacre des Tsiganes qui fut la 2ème population, victime de la politique génocidaire des Nazis. Force est de reconnaître que cet épisode de l’Histoire est très peu mentionné, ne serait-ce dans les livres scolaires. Il voulait également axer son histoire sur les « Justes » ayant aidé la population tsigane pendant cette période.

Il a d’abord été confronté au problème des sources françaises, peu d’entre elles mentionnant l’arrestation ou l’internement des Roms. Pourtant à force de patience, il est tombé sur un document mentionnant un certain Joseph Toloche qui fut interné le 2 août 1942 dans le camp de Montreuil-Bellay. Toloche deviendra son Taloche.  Un autre mentionné l’acte d’un notable ayant cédé pour un franc symbolique sa maison à un clan de tsiganes. Il s’en inspire pour le personnage de Théodore. Lise Lundi a été inspiré par la résistante-déportée, Yvette Lundy. Si cette dernière n’a pas eu l’occasion de cacher des Tsiganes, son action résistante a inspiré le personnage de l’institutrice.  C’est à partir de ces maigres sources qu’est né le scénario du film et dont le roman est tiré.

 

Mère Gitane et son enfant, Hongrie, 1917, wikipêdia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roms
 
Retour sur la politique génocidaire

Pendant de nombreuses années, le sort de la population tsigane durant la 2nd guerre mondiale est resté en marge dans l’historiographie consacrée à la politique génocidaire mise en place par les nazis. L’action du conseil central des Sinti und Roma (les tsiganes allemands) a permis d’exhumer bon nombre d’informations sur la Zigeunerpolitik (la politique anti-tsigane).
     
Cette politique associe la politique Völkish à la construction politique de l’asociabilité. Des experts allemands, dont le spécialiste du problème tsigane le docteur Sigmund Wolf, ont tenté dès les années 1860 de percer le mystère entourant les origines ethniques des Tsiganes. Ils avaient en charge de montrer que les Tsiganes étaient des asociaux, par leur mode de vie et qu’ils étaient une population hybride mélangée de tous les sangs inférieurs. Cette dévalorisation ethnique permit d’associer le sort des tsiganes à celui des « hybrides ». C’est ainsi que le docteur Hans Globke, chef du bureau au ministère de l’Intérieur, déclarait en 1936 : « Seuls en Europe les Juifs et les Tsiganes sont d’un sang étranger ». La messe était dite. Un statut, celui de « criminel asocial » fut défini pour faciliter les arrestations. Basé sur les recherches du docteur Ritter et de son assistante Eva Justin, les Tsiganes furent recensés et étudiés. Le docteur Ritter préconisa leur rassemblement dans des camps de travail et la stérilisation de masse.

Avec le décret du 16 décembre 1942 est décidé le transfert des Tsiganes du Grand Reich à Auschwitz. Là- bas, le médecin chef, le docteur Mengele les utilise comme cobaye humain, les enfants tsiganes étant marqué du signe « matériel de guerre ». Les Tsiganes étaient devenus une population test pour l’hygiène raciale. Le bilan est d’autant plus lourd que les rafles furent facilitées par les recensements effectués les années précédentes : cette politique aboutit à la disparition physique de 300 000 personnes soit 40 à 90% de la population tsigane selon les régions.
   
Belle et douce France…

Les Tsiganes ont d’abord été bien accueillis en France au XVe siècle grâce aux lettres de recommandation des princes et du pape. C’est à partir de 1912 qu’ils font l’objet d’un traitement administratif spécifique : la loi du 16 juillet 1912 réglementait l’exercice des professions ambulantes et la circulation des populations nomades. Un carnet anthropométrique était attribué dès 14 ans aux membres d’une même famille n’ayant pas de domicile fixe, sans profession bien définie et quelque soit leur nationalité. Il devait être visé à chacun de leur déplacement. Cette loi faisait des Tsiganes des citoyens de 2nd ordre. Le début de la guerre entraîne un durcissement de la législation : le décret du 6 avril 1940 les assigne à résidence sur l’ensemble du territoire métropolitain. Cette assignation à résidence facilite l’internement des Roms de la zone occupée après l’ordonnance du 4 octobre 1940. 6000 à 6500 furent internés dans 30 camps dont 5 en zone libre, ces derniers relevant directement du régime de Vichy.

Les Tsiganes français ne furent pas directement concernés par l’ordonnance du 16 décembre 1942, hormis ceux du Pas-de-Calais. Ceux qui furent déportés, le furent dans le cadre du travail au service de l’Allemagne.

A la fin de la guerre, le gouvernement provisoire retarda au maximum leur libération ne voulant pas les voir sur les routes. Ils furent les derniers libérés après les collaborateurs et encore le furent-ils sous surveillance puisque le régime administratif de 1912 fut réactualisé. Le carnet anthropométrique resta donc en vigueur jusqu’en 1969, date à laquelle il fut remplacé par un carnet de circulation qui est toujours d’actualité.

Avec Liberté, Tony Gatliff et Eric Kannay  offre un regard différent sur la Deuxième Guerre Mondiale et font connaître au grand public le sort des Tsiganes durant cette période.

Julie Lecanu

Pour aller plus loin :
  • Dossier pédagogique du film :  ICI
  • Destin et mémoire des Tsiganes dans l’Europe nazie (1933-1945), Christine Durand :  ICI

http://www.boojum-mag.net/f/index.php?sp=liv&livre_id=2028

 

  

 

La lente migration des Roms à travers l'Europe

Wikipedia, Roms 

 

 

(Sur un forum) Réflexions-propositions suite à l’article

d’Eva R-sistons La "Shoah" des Tsiganes
vendredi 7 mars 2008 (01h52)
6 commentaires

 

Tout d’abord tous mes remerciements pour votre article  sur la "shoah" des Tsiganes.

Les Tsiganes n’ont pas les moyens ni les infrastructures nécessaires pour qu’il y ait un travail de mémoire sur les persécutions faites à l’encontre de leur peuple ni sur leurs victimes tel qu’il a été possible d’être fait par, pour les Juifs.

Naïve, j’ai toujours espéré que de la persécution des uns naisse la reconnaissance de la persécution des autres... dans un élan de solidarité... en vain.

A mon humble niveau chaque année auprès de mes élèves j’essaie de les faire réfléchir sur les préjugés, l’image négative des tsiganes à travers un chant... Dans le cadre de thématique sur la guerre...leur faire découvrir des œuvres écrites à la mémoire des victimes ...

Quelle œuvre de musique savane écrite en mémoire pour les Victimes Tsiganes???

Vous dites “Aucune voix ne s’élève pour défendre la cause des Tsiganes discriminés, stérilisés, persécutés, spoliés, exterminés . Nulle mémoire, nulle indemnité, nulle commémoration. Rien. Le vide absolu. Ostracisme complet.”

Aucune musique ne s’élève. Silence... Musique de l’absence.

Rien (à ma connaissance) dans le répertoire de la musique savante...

Alors reste -encore- la parole ...(hors programme bien sur !!!)

Et si l’on commençait maintenant un acte commémoratif? à Salier par exemple, posons une plaque à l’emplacement du camp d’internement en attendant de se regrouper pour les démarches pour une plaque officielle...

 

(camps de Saliers -prêt dArles- en construction 1942

 

Reste à choisir une date... Nous ne serons pas que deux. J’en suis certaine nous nous décarcasserons pour que "s’ajoutent plusieurs"...

Pourquoi ne pas faire une souscription financière pour un monument à la mémoire des Tsiganes victimes de l’idéologie nazie à l’instar de la fédération de la libre pensée de la creuse pour l’érection d’un monument à la mémoire des soldats russes de La Courtine qui se battaient aux côtés des soldats français voulurent en septembre 1917 retourner en Russie “à côté de leurs camarades pour participer aux événements grandioses qui s’y déroulaient” et résistèrent aux intimidations, à l’oppression de l’état major au détriment de leur vie puisque certains furent fusillés... événements qui risquent là aussi de tomber dans l’oubli... (La raison n° 529)

Pourquoi ne pas faire une souscription financière pour commander une œuvre musicale à un jeune compositeur sensibilisé à cette cause?

Pourquoi ne pas apporter d’autres idées pour que le martyre de ce peuple ne tombe pas dans l’indifférence, dans l’oubli... Tout est à créer, faire...

Si vous, d’autres, sont intéressés par ces -ou d’autres-propositions commémoratives à la mémoire du peuple Tsigane, je mets mon mail à disposition... yenamarre cDw no-log.org Ensuite à nous de nous organiser.

Cordialement à vous, à tous. De : yenamarre

   

Il y a quelques livres à ce sujet : Emmanuel Filhol, La mémoire et l’oubli, L’internement des Tsiganes en France, 1940-1946, L’Harmattan, 2001
Donald Kenrick et Grattan Puxon, Les Tsiganes sous l’oppression nazie, Centre de Recherches Tsiganes, CRDP Midi-Pyrénées, Toulouse, 1996

L’Allemagne ne reconnut l’extermination des Tziganes qu’en 1980 !

On peut voir auusi le site : http://www.ushmm.org/wlc/article.php?lang=fr&ModuleId=75 

   

Merci, merci ! Tant de personnes, de sites, d’écrivains, de journalistes, de réalisateurs oublient notre génocide ! Tout d’abord faites-moi plaisir, employez de préférence le mot "génocide" (français) ou "samudaripen" (romani) car "shoah" c’est de l’hébreu. J’ai naturellement un infini respect pour la tragédie que fut la Shoah mais nous, les Tsiganes, revendiquons ou bien un mot par langue du pays où on habite, (comme "génocide" en France) ou bien un mot dans notre langue. Je suis exaspérée par le silence qui enveloppe le drame que vécurent les Tsiganes : chaque semaine en ouvant Télérama (ben oui je trouve que c’est de loin le moins mauvais journal de programmes télé) je vois qu’on va diffuser deux ou trois documentaires ou oeuvres de fiction sur la Shoah. Mais pourquoi pas sur les autres victimes? J’ai vu en quinze ans deux docus sur l’extermination des malades mentaux, sur celle des homos j’ai entendu Daniel Mermet interviewer Pierre Cels (qu’il m’excuse si je fais une faute d’orthographe) et très peu d’allusions brèves aux victimes slaves, communistes, rien du tout sur les Témoins de Jéhovah, les Sénégalais. Parfois sur les résistants. mais sur les victimes tsiganes, il y a eu seulement deux films : "Quand les violons se sont tus" de Ramati et "Tcharhco Rrom" d’un Hongrois -un peu hermétique- Pour les bouquins ajoutez l’eexcellent "Ces barbelés oubliés par l’Histoire" de Jacques Sigot, ed. Wallada 1994 sur les camps français établis par la France AVANT l’occupation.... Je suis membre d’une assoc qui s’appelle "Samudaripen" et je suis en train de recueillir tout ce que je peux sur des camps atroces mais peu connus comme Jasenovac en Croatie, Salaspils en Lettonie etc. Et puis songez que quand les SS voyaient des roulottes, ils faisaient des cartons et personne n’énumérait les victimes. de plus beaucoup de Tsiganes étaient envoyés en déportation comme "asociaux" donc 500.000 Tsiganes exterminés c’est un MINIMUM. Allez, bella ciao ! Et que les élections italiennes ne ramènent pas le fascisme ! De Gavali

   

Effectivement un devoir de mémoire serait une juste reconnaissance du/des drames de ce peuple trop souvent ignoré, parfois rejeté. Pour côtoyer souvent quelques membres de cette communauté je sais qu’ils ne seraient pas opposés à ce que l’Histoire se souviennent d’eux. Néanmoins pour collecter des informations et les transmettre il faut faire un travail de reporter car beaucoup ne n’ont que des rudiments de la langue écrite, surtout chez les adultes. Donc il est de notre devoir de les interroger et ainsi les transcrire. Aussi tenter de leur donner quelques notions de français écrits pour ceux qui vivent dans notre pays, ce qui en plus de leur donner à conter leur histoire favoriserait souvent des démarches administratives dans lesquelles ils pataugent...

M.M.   

 

Ce n’est pas un devoir de mémoire, ce mot est galvaudé, c’est de l’Histoire , c’est un travail d’historien, pas de reporter, un travail dans les archives européennes, un travail auprès de ceux et celles qui sont encore vivants ou de leur descendance. El effectivement l’absence de tradition écrite a nui à la connaissance du génocide des tziganes. Mettre en concurrence les génocides des juifs ou des tziganes, alors que les nazis eux, les envoyaient dans les crématoires ou pratiquaient sur eux des "expériences médicales" n’a aucun sens. Pendant longtemps on pouvait lire " Morts pour la France" dans les nécrologies des juifs exterminés avant que les faits historiques n’ imposent une autre version et révèlent les différences entre un camp d’extermination et un camp de déportation.

Le nombre des morts tziganes est estimé entre 100 000 et 300 000 personnes. Cette imprécision montre qu’un gros travail est nécessaire pour que tous sachent ce que les gouvernements européens de l’époque ont laissé faire ou ont accompli .

Par exemple quelle fut l’attitude du Vatican à l’égard des Tziganes, catholiques ?

Sur les Rroms en général et sur la deuxième guerre, Voir l’article Rroms sur Wiki.

   

Une grande partie de la classe bourgeoise et des états Européen était pour l’extermination des TZIGANE et des ROMS et même aujourdhui je me pose encore des questions sur leurs devenir dans cette Europe ou le règne du seigneur est : un critère de premier choix.

Ils pratiquent tous l’oubli (un mensonge par omission volontaire).

Alain 04

   

Bonjour

Excusez-moi, je découvre à l’instant cette page.

Grande amie des Tsiganes, depuis mon adolescence, j’ai toujours travaillé à la reconnaissance de ce peuple admirable, universel, qui ne demande rien, ne se plaint pas, ne participe pas aux guerres, vivant fraternellement avec tous.

Je suis prête à devenir le porte-parole officiel de leurs causes. Ancienne journaliste radio-TV, et presse, je suis à même de les défendre au mieux.

Je m’engage dès la prochaine commémoration annuelle de la Shoah des Juifs, à inonder les Médias d’articles sur le génocide des Tsiganes, pour qu’il soit enfin reconnu, et même indemnisé. Il faut populariser cette cause, l’injustice faite aux Tsiganes doit être réparée.

L’abominable Shoah aurait tué un tiers des Juifs d’Europe, le génocide des Tsiganes aurait éliminé plus de la moitié des Tsiganes.

A suivre, "eva"

evaresis@yahoo.fr  

 

 

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Liberté 

                                                                                                                                    
Réalisé par Tony Gatlif – 2008 – 1h51
avec Mark Lavoine, Marie-Josée Croze, Rufus…
Prix du public Festival de Montréal 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   tsiganes-vue-j.jpg

                       

 

 

Liste d'articles, notamment ceux d'Eva R-sistons, ici :

http://r-sistons.over-blog.com/article-2-causes-a-relayer-partout-referendum-sauver-la-terre-shoah-tsiganes-49741770.html

 

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ONU: Iran boycotté par huit pays,

mais soutenu par 117 !

 

Mort de rire les amis! J'adore l'arrogance de certains pays occidentaux.

Et quand la presse de ces pays reprend une info qui n'en est pas une, en lui donnant une importance qu'elle ne mérite pas, je pouffe.

Il faut lire la presse française et ses titres:

Le Monde : "Le discours du président iranien boycoté à l'ONU"

Et dans un autre article, Libé: "ONU, le président iranien vocifère dans le vide"

Mazette, quelles gazettes!

Je me précipite pour en savoir plus et là, stupeur, j'apprend qu'Ahmaninejad a fait un discours virulent mais sans s'en prendre durement à Israël. Non cette fois, sa cible était les puissances nucléaires occidentales. Alors, des délégations ont quitté la salle en plein discours. Combien de délégations? Euh eh bien, laissez-moi le temps de compter..

Les Etats-Unis, ça fait une. La Grande-Bretagne, ça fait deux. La France, trois! Le Maroc, quatre! L'Allemagne, cinq! La Finlande, six! La république tchèque, sept! Le Canada, huit!

Sans doute y en a-t-il quelques autres.

Huit délégations sur un total de 192! Les autres, donc 184 délégations dont celle de la Chine, de la Russie, de l'Inde..etc, ont poliment applaudi le discours du président iranien.

Mais qu'a-t-il dit pour provoquer le courroux des boudeurs?

Il a dit que les USA et les puissances nucléaires étaient une menace pour le monde. Putain, c'est osé, personne ne le savait!

Il a demandé la création d'une instance indépendante pour veiller à l'élimination de toutes les armes nucléaires. Plutôt du bon sens non?

Il a rappelé que les Etats-Unis avaient utilisé l'arme nucléaire deux fois au Japon en 1945 et que c'était mal. Il a ajouté qu'ils avaient utilisé des armes à  uranium appauvri pendant la guerre en Irak et que c'était mal aussi.

Pour cela, il a demandé que les puissances nucléaires qui avaient déjà utilisé l'arme atomique ou menacé de le faire comme viennent de le faire les Etats-Unis contre l'Iran,  soit exclu des instances dirigeantes onusiennes sur le désarmement nucléaire et de 'lAIEA.  Il est dans son jeu, sa com' mais pas si insultant ou menaçant qu'on a coutume de le montrer.. non?

Il a accusé des pays occidentaux d'aider Israël à améliorer son arsenal nucléaire violant ainsi l'article 31 du traité de non prolifération.. Quoi! Des pays occidentaux violent le traité de non prolifération nucléaire tout en accusant l'Iran de vouloir le faire. Mais..mais..m..mmais c'est mal!

Tiens, tiens. Il parait qu'officiellement, Israël n'a pas l'arme nucléaire...

Le Washington Post estime le nombre d'ogives nucléaires de l'état hébreu à 200. Soit plus que la Grande-Bretagne et presqu'autant que la France...

Et on apprend qu'avec 117 pays, l'Iran va déposer une résolution qui demandera officiellement à Israël de ratifier le traité de non prolifération nucléaire... Innacceptable pour l'occident!

Oui vous avez bien lu: 117. 117 pays sur 192 sont d'accord avec l'Iran, 8 ont boudé le discours, les autres comptent les points. La presse française y verra une grande victoire de la diplomatie de la fermeté de Nicolas Sarkozy

 

Milton Dassier,

 

http://miltondassier.over-blog.com/article-a-l-onu-l-iran-a-ete-boycote-par-8-pays-mais-soutenu-par-117-49765635.html 

 

suite ici, http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12606 

 

L'Occident est minoritaire, et c'est tant mieux ! Assisterons-nous bientôt à la fin de l'Occident ? Les peuples ont compris, ils en ont assez ! Eva R-sistons à l'Occident criminel

 

NB Simulation d'attentat à Paris. Ils ne savent plus quoi inventer pour nous faire peur ! Hortefeux: "La menace terroriste est réelle". Et la menace du terrorisme d'Etat, de l'Occident ? Bien plus dangereuse que celle de deux mille terroristes éparpillés dans le monde ! Eva

 

 

LONDRES (AFP) - Grèce:

 

Stiglitz estime qu'on pourrait assister à la fin de l'euro
 

 

Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz a prédit mardi la fin possible de l'euro si l'Europe ne parvient pas à régler ses "problèmes institutionnels fondamentaux", dans la foulée de la crise grecque.

Interrogé par la radio BBC 4, M. Stiglitz a estimé que le plan d'aide UE-FMI, assorti d'un plan d'austérité dont il a critiqué la sévérité, ne ralentirait pas l'ardeur des spéculateurs à miser sur un affaiblissement de la zone euro. "Les conditions apparemment excessivement dures imposées à l'Espagne", a-t-il dit en faisant un lapsus, "seront en réalité contre-productives pour prévenir une contagion".

Les analystes signalent en général l'Espagne comme le prochain pays de la zone euro à pouvoir connaître les mêmes difficultés que la Grèce.

"Quand on aura vu à quel point il a été difficile à l'Europe d'adopter une position commune pour aider un des plus petits pays, on réalisera que si un pays un peu plus grand a des difficultés, il est probable que l'Europe aura encore plus de mal" à se mettre d'accord, a-t-il dit.

"Donc je pense que l'espoir que (cette aide) nuira aux pressions spéculatives est probablement infondé: ça peut marcher pendant quelque temps, mais à long terme, tant que les problèmes institutionnels fondamentaux seront là, les spéculateurs sauront qu'ils existent, et au fur et à mesure que les faiblesses de l'Europe s'aggraveront je pense qu'ils s'en donneront à coeur joie".

Comme on lui demandait si cela signifiait la fin de l'euro, M. Stiglitz a répondu: C'est peut-être la fin de l'euro". Si l'Europe "ne règle pas ses problèmes institutionnels fondamentaux, l'avenir de l'euro sera peut-être très bref", a-t-il conclu.

 

Merci de lire la fin de la dépêche sur le site du journal

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=12605

 

Niger: Un putsch d'Areva

 

 

 

Assis sur un trésor, l'uranium, qui en cinq ans a vu plus que décupler sa valeur marchande, le Niger tente par tous les moyens de rééquilibrer ses rapports avec le géant français Areva.

Mais ce bras de fer politico-économique ne va pas sans mal et sans frictions avec la France, l'ancienne puissance coloniale.

Car à la différence d'autres pays africains où la France est économiquement présente via des entreprises, le Niger, troisième producteur mondial, représente un enjeu hautement stratégique: un tiers de l'électricité d'origine nucléaire (environ 75% de la production totale) produite par EDF (Electricité de France) dépend de l'uranium nigérien!

Pour Paris il faut sécuriser cet approvisionnement essentiel tout en préservant ses relations avec son ancienne colonie à laquelle elle fournit une assistance budgétaire d'environ 8 millions d'euros par an.

suite ici : http://forget.e-monsite.com/rubrique,niger-un-putsch-d-areva,1128451.html   

 

Décès d'un juste: Le Rabbin Moshé Hirsch

 

 

                Nous avons appris le décès du Rabbin Moshé Hirsch, survenu dimanche 2 mai, à Jérusalem (el Qods,) à l’âge de 79 ans.

 

                Né en 1931, ce Rabbin fait partie de ces Juifs authentiquement religieux qui, à chaque époque de l’Histoire, ont su demeurer fidèles à l’esprit de justice et de piété, transmis par les grands Prophètes. Membre du groupe religieux Neturei Karta, le Rabbin Moshé Hirsch a, toute sa vie, dénoncé le sionisme et son entité en Palestine, dans lesquels il voyait une idéologie raciste, colonialiste et de domination, cherchant à tromper les Juifs en s’abritant abusivement derrière la religion.

 

              Ce Rabbin antisioniste a toujours soutenu, sans hésitation aucune, la lutte des Palestiniens, pour la libération totale de leur Patrie. Avec d’autres Juifs de Palestine et du monde, il a également soutenu le Président Mahmoud Ahmadinejad et la République Islamique d’Iran dans leur dénonciation et leur combat intransigeants contre le sionisme et contre la colonisation de la Palestine.

 

              Cet homme d’étude, de prière et de Paix a été victime d’une odieuse agression antisémite commise sur sa personne par un colon sioniste, un jet d’acide au visage l’avait rendu aveugle d’un œil.

 

              Son décès sera très certainement occulté par les medias français sionisés et par ceux qui préfèrent maculer la ville de Paris, en attribuant le nom du purificateur ethnique Ben Gourion, à une esplanade.

 

              Pour notre part, le Rabbin Moshé Hirsch incarne les vertus religieuses, morales et humanistes les plus hautes.(..)  

                                                                                                         

Yahia Gouasmi

 

http://www.partiantisioniste.com/communications/deces-du-rabbin-moshe-hirsch-0398.html

 

 

Il faut mettre fin

à la dictature financière mondiale :

 

Par Patrick Brousse de Laborde

 

La lettre n° 4 de Fraternité Citoyenne fraternitecitoyenne.org  - 8 mai 2010

à faire circuler sans restrictions par courriel ou sur blog

     

A ce jour Fraternité Citoyenne est le seul parti politique ( club de réflexion ) qui se bat pour que la France retrouve sa souveraineté financière, qu'elle puisse elle-même fabriquer sa monnaie au lieu d'endetter le pays auprès des banque privées comme elle le fait depuis 1973 en raison de la trahison de Giscard, alors ministre des finances sous Pompidou. Il est vital, après cette faillite financière généralisée orchestrée pour instaurer le nouvel ordre mondial financier, de réfléchir de manière pertinente, de ne plus craindre de remettre en question tout ce système monétaire, afin de ne plus être le jouet de la finance internationale.

 

suite ici :

http://www.soueich.info/article-il-faut-mettre-fin-a-la-dictature-financiere-mondiale-49817918.html

 

 

  pc

 

http://www.soueich.info/article-peuples-d-europe-soulevez-vous-49818738.html

 

 

  Origine de l'étoile jaune, la rouelle

 

          Juifs sur le bûcher - manuscrit médiéval

 

Origine de l'étoile jaune

http://gillesbonafi.skyrock.com/2853547354-Origine-de-l-etoile-jaune-la-rouelle.html

 

 

Groupe secret de banquiers pour un Nouvel Ordre Mondial

 

 President tells insiders that secretive group of international bankers – responsible to no nation state – will become primary engine of world government In a speech before the elitist Council On Foreign Relations organization in New York earlier this week, President of the European Central Bank Jean-Claude Trichet called for the imposition of global governance to be bossed by the G20 and the corrupt Bank of International Settlements in the name of safeguarding the global economy. In […] 

 

 

 

 

Nouveau décryptage de la vidéo du crash de l'avion polonais

Si ce n'est pas bidonné, c'est vraiment grave :

"Tous les tuer"... "Fais le tour, il fugue"... "Donnez-moi un fusils"... "Viens ici bâtard"... "Tuez-le"... "Ne nous tuez pas"... "Tout le monde revient vite... changement de programme... sortons d'ici"... 

 

http://www.youtube.com/watch?v=FEx7HL4H5yk&feature=player_embedded (3 mn 48) artemisia-college.org

 

 

Ecoutez les dernières révélations:

http://revelations4.blogs.fr/

 

Erratum du n°173 et complément à l'affaire de la plate-forme pétrolière

La compagnie pétrolière dont la plate-forme a explosé dans le Golfe du Mexique est "BP" et non pas "Shell" (mais ne dit-on pas qu'on ne prête qu'aux riches...).

Rappelons que BP n'a toujours pas d'explication officielle sur le pourquoi de cette explosion (voir "Libres infos n°173").

L'explosion de la plate-forme pétrolière du Golf du Mexique, ne serait pas un accident, mais une action militaire d'une torpille d'un sous-marin nord-coréen !

La plate-forme aurait été construite avec des fonds sud-coréens, et le fait que le drame touche les USA serait la cerise sur le gâteau.

Les USA ont ordonné un black-out médiatique complet sur ces faits. Officiellement, c'est "BP" qui est responsable et assume !

Les barrages flottants sont une farce, totalement inefficaces à la moindre vague (seul des bateaux comme montrés dans "Libres infos n°173" pourraient agir).

Quant à "BP", ils font fort, ils engagent les pêcheurs à la journée, avec leurs propres bateaux (pas pour longtemps), qui dès le premier jour doivent signer une promesse de ne pas se retourner légalement contre "BP", y compris s'il leur arrive quelque chose dans l'affaire (accident ou intoxication) !

Par contre ce sont les sud-coréens qui risquent de payer la facture en dernier recours.

Un risque de conflit dans la péninsule coréenne devenant de plus en plus grand, les USA viennent de mettre leur groupe de porte-avions de combat appartenant aux forces du Pacifique Nord (la Troisième flotte navale), en état d'alerte.

artemisia-college.org

 

 

Haarp, la machine à tremblement de terre

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=10658

 

Haarp, une menace pour le climat et l'environnement

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=10867

 

 

Système Islamique Solution à la Crise Financière Internationale ?

http://www.alterinfo.net/Systeme-Islamique-Solution-a-la-Crise-Financiere-Internationale_a44520.html

 

 

 

Qui veut détruire la Grèce ? Les USA ?

 

Le compositeur et ancien ministre grec Míkis Theodorákis ne croit pas que son pays soit responsable du malheur financier qui l’accable. Il décèle derrière cette crise la main de Washington et dénonce le rôle du FMI.

  

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Míkis Theodorákis

Avec le sens commun dont je dispose, je ne peux pas expliquer et encore moins justifier la vitesse à laquelle notre pays a dégringolé à partir de 2009, au point de faire appel au FMI, perdant ainsi une partie de sa souveraineté nationale et passant à un régime de tutelle. Et il est curieux que personne jusqu’à présent ne soit occupé du plus simple, c’est-à-dire de notre parcours économique avec chiffres et documents, de manière à ce que, nous ignorants, comprenions les causes réelles de cette évolution vertigineuse et sans précédent, qui a comme résultat la perte de notre identité nationale accompagnée de l’humiliation internationale.

J’entends parler d’une dette de 360 milliards, alors qu’en même temps je vois les mêmes dettes, voire de plus grandes, dans de nombreux autres pays. Par conséquent, celle-là ne peut pas être la cause essentielle du malheur. Ce qui me pose problème également, c’est l’exagération des coups internationaux dont notre pays est la cible, d’une telle coordination quasi-parfaite contre un pays d’une économie insignifiante, ce qui finit par être suspect. Ainsi suis-je conduit à la conclusion que quelques uns nous ont culpabilisé et nous ont fait peur, de manière à nous conduire au FMI, qui constitue un facteur essentiel dans la politique expansionniste des Etats-Unis et tout le reste concernant la solidarité européenne est de la poudre aux yeux, pour cacher qu’il s’agit d’une initiative purement états-unienne, pour nous jeter dans une crise économique artificielle, de manière à ce que notre peuple ait peur, qu’il s’apprivoise, qu’il perde des conquêtes précieuses et enfin qu’il se mette à genoux, une fois acceptée la domination étrangère. Mais pourquoi ? Pour servir quels plans et quels objectifs ?

Bien que j’aie été et reste partisan de l’amitié gréco-turque, néanmoins je dois dire que je crains ce renforcement soudain des relations gouvernementales, et les contacts précipités entre ministres et autres acteurs, les déplacements récents à Chypre et la prochaine visite d’Erdogan. Je soupçonne que derrière tout ça se cache la politique états-unienne avec ses projets suspects, qui concernent notre espace géographique, l’existence de gisements sous-marins, le régime de Chypre, la mer Egée, nos voisins du nord et l’attitude arrogante de la Turquie, le seul obstacle étant la méfiance et l’opposition du peuple grec.

Tous, autour de nous, peu ou prou, sont attachés au char des Etats-Unis. La seule différence c’est nous, qui depuis la dictature de la Junte et la perte de 40% de Chypre jusqu’aux embarrassantes polémiques avec Skopje (Ancienne République Yougoslave de Macédoine) et les ultra nationalistes Albanais, nous recevons des coups sans prendre conscience.

Il faudrait ainsi que nous soyons éliminés en tant que peuple et c’est ce qui arrive exactement aujourd’hui. J’appelle les économistes, les politiciens, les analystes, à me démentir. Je crois qu’il n’existe pas d’autre explication logique en dépit du complot international, auquel ont participé les européens pro-US du type Merkel, la Banque Européenne, la presse réactionnaire internationale, tous ensemble ont participé au ” grand coup ” de la dévalorisation d’un peuple libre à un peuple soumis. Tout au moins, je ne peux donner aucune autre explication. Je reconnais que je n’ai pas de connaissances spécifiques mais ce que je dis, je le dis avec mon sens commun. Peut-être beaucoup d’autres pensent comme moi et nous le verrons peut-être les jours à venir.

En tout cas, je voudrais préparer l’opinion publique et souligner que si mon analyse est juste, alors la crise économique (laquelle, comme je le dis, nous a été imposée) n’est que le premier verre amer d’un repas de Lucullus qui suivra et que cette fois-ci viendront aussi des questions nationales cruciales, dont je ne veux pas imaginer où elles nous conduiront.

Je souhaite avoir tort.

 

http://sos-crise.over-blog.com/article-qui-veut-detruire-la-grece-par-mikis-theodorakis-washington-fmi-49837053.html

 

 

Lire aussi:

 

A propos du nouveau concept stratégique de l'OTAN

 

Haïti va-t-il devenir le premier pays entièrement privé ?

 

 

 

C O M M E N T A I R E S  :  I C I

Par eva R-sistons - Publié dans : Tsiganes
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 06:55


 

Bonjour

Depuis que j'ai vu sur un forum que l'on avait fait des propositions (Voir plus bas) à partir de mes articles, novateurs, sur la "Shoah" des Tsiganes, j'étais décidée à lancer l'idée d'une commémoration annuelle du génocide des Tsiganes - un meurtre de masse encore pire que celui des Juifs, car ils périrent en plus grand nombre. Les Juifs, à juste titre, ont réclamé un devoir de mémoire, et même réparation, au point de nous servir une overdose de commémorations, et d'instrumentaliser à des fins criminelles un crime monstrueux. Qu'en est-il des Tsiganes ?


   Eva, Gitane avec les Gitans, à 20 ans



Je les connais mieux que personne, à l'âge de vingt ans j'ai passé en leur compagnie le plus beau mois de ma vie à Grenade, même en dansant pour les touristes avec eux. Ce peuple admirable est hospitalier, avec lui tout finit en chansons, ils ont un sens de l'universel à nul autre pareil, le ciel est d'ailleurs leur toit, ils n'ont jamais participé à une guerre, ils ne réclament rien, et ils vivent en osmose avec la nature, la respectant comme les Indiens ces maîtres es-Sagesse que les Yankees ont assassiné en s'installant sur leur terre. 

Leur déportation en masse, leur extermination sont occultées par nos livres d'Histoire, pourtant écrits souvent par des Juifs, comme MM. Isaac et Jacob. Pour conserver l'exclusivité de cette abomination ? Ce serait odieux ! Alors, pourquoi ? Parce que les Tsiganes seraient considérés comme des sous-individus ? 

Moi qui suis éprise de Justice et qui aime les Tsiganes, je demande instamment que l'on répare ce fait inadmissible. Nous devons commémorer le génocide des Tsiganes, nous devons exiger que les Livres d'Histoire leur rendent justice. Il semblerait qu'une moitié des Tsiganes européens ait péri, tandis que le tiers des Juifs aurait été exterminé. Et pourtant, on parle seulement des uns, pas des autres ! Et les Tsiganes sont trop fiers pour revendiquer leurs droits ! Vivant dans la misère, mal-aimés, refoulés de partout, ils seraient certainement heureux d'obtenir réparation - et pas seulement qu'on reconnaisse le génocide dont ils ont été les premières victimes !



        








Le cinéaste Tony Gatlif vient de sortir un film, Liberté, qui ose enfin aborder cette douloureuse question. Cela faisait vingt ans qu'on attendait de lui qu'il le réalise. Il l'a fait ! Puisse cet acte faire enfin avancer la cause des Tsiganes, et définitivement leur rendre justice. 

Eva R-sistons à l'intolérable de l'injustice


Liberté", film de Tony Gatlif : ”Les Gitans ont toujours été les martyrs d’une politique qui ne les concernait pas“


dimanche 14 février 2010 par Administrateurs du site

Tony Gatlif : « Pourquoi n’ont-ils rien dit ? »


Cinéma. Tony Gatlif évoque son dernier film "Liberté". Un retour sur le sort des Tsiganes sous l’occupation.

"Liberté", le dernier film de Tony Gatlif sortira dans les salles le 24 février. L’avant-première a eu lieu à Montpellier au cinéma Diagonal, jeudi dernier en présence du réalisateur. Le film aborde le sort des Tsiganes en France pendant l’occupation. « Il fallait faire ce film, explique le réalisateur, il est utile, pas seulement pour les Gitans. Il résonne avec l’époque que nous traversons. Il y a des mots qui sont lâchés actuellement que l’on n’aurait pas osé prononcer dans les années 50. En même temps c’était un film dangereux pour un auteur comme moi qui adore partir en vrille. La dimension historique m’a contraint à tenir le cap. »





L’extermination des Tziganes est un fait souvent oublié. Le nom des victimes tsiganes ne fut même pas mentionné durant le Procès de Nuremberg. On trouve d’ailleurs très peu de films documentaires ou livres sur le sujet. « J’ai toujours eu envie de faire ce film mais cela me faisait peur, confie Tony Gatlif, les Roms que je rencontrais me disaient souvent : Fais-nous un film sur la déportation des Roms ».


suite : http://jmdinh.net/articles/montpell...

Critique de Télérama

L’association Confluences Nomades Vendredi 26 février "Liberté" de Tony Gatlif au Casino, à Auxerre, à 19h45 avec Jacques Sigot.

http://yonne.lautre.net/spip.php?article3903&lang=fr



Forum, réflexions propositions
suite à mes articles sur la "Shoah" des Tsiganes:  


Tout d’abord tous mes remerciements pour votre article sur la "shoah" des Tsiganes.

Les Tsiganes n’ont pas les moyens ni les infrastructures nécessaires pour qu’il y ait un travail de mémoire sur les persécutions faites à l’encontre de leur peuple ni sur leurs victimes tel qu’il a été possible d’être fait par, pour les Juifs.

Naïve, j’ai toujours espéré que de la persécution des uns naisse la reconnaissance de la persécution des autres... dans un élan de solidarité... en vain.

A mon humble niveau chaque année auprès de mes élèves j’essaie de les faire réfléchir sur les préjugés, l’image négative des tsiganes à travers un chant... Dans le cadre de thématique sur la guerre...leur faire découvrir des œuvres écrites à la mémoire des victimes ...
 

Quelle œuvre de musique savane écrite en mémoire pour les Victimes Tsiganes???

Vous dites “Aucune voix ne s’élève pour défendre la cause des Tsiganes discriminés, stérilisés, persécutés, spoliés, exterminés . Nulle mémoire, nulle indemnité, nulle commémoration. Rien. Le vide absolu. Ostracisme complet.”


Aucune musique ne s’élève. Silence... Musique de l’absence.

Rien (à ma connaissance) dans le répertoire de la musique savante...

Alors reste -encore- la parole ...(hors programme bien sur !!!)


Et si l’on commençait maintenant un acte commémoratif? à Salier par exemple, posons une plaque à l’emplacement du camp d’internement en attendant de se regrouper pour les démarches pour une plaque officielle...


(camps de Saliers -prêt dArles- en construction 1942



Reste à choisir une date... Nous ne serons pas que deux. J’en suis certaine nous nous décarcasserons pour que "s’ajoutent plusieurs"...
 

Pourquoi ne pas faire une souscription financière pour un monument à la mémoire des Tsiganes victimes de l’idéologie nazie à l’instar de la fédération de la libre pensée de la creuse pour l’érection d’un monument à la mémoire des soldats russes de La Courtine qui se battaient aux côtés des soldats français voulurent en septembre 1917 retourner en Russie “à côté de leurs camarades pour participer aux événements grandioses qui s’y déroulaient” et résistèrent aux intimidations, à l’oppression de l’état major au détriment de leur vie puisque certains furent fusillés... événements qui risquent là aussi de tomber dans l’oubli... (La raison n° 529)


Pourquoi ne pas faire une souscription financière pour commander une œuvre musicale à un jeune compositeur sensibilisé à cette cause?


Pourquoi ne pas apporter d’autres idées pour que le martyre de ce peuple ne tombe pas dans l’indifférence, dans l’oubli... Tout est à créer, faire...

Si vous, d’autres, sont intéressés par ces -ou d’autres-propositions commémoratives à la mémoire du peuple Tsigane, je mets mon mail à disposition... yenamarre cDw no-log.org Ensuite à nous de nous organiser.

Cordialement à vous, à tous.

De : yenamarre


Il y a quelques livres à ce sujet : Emmanuel Filhol, La mémoire et l’oubli, L’internement des Tsiganes en France, 1940-1946, L’Harmattan, 2001
Donald Kenrick et Grattan Puxon, Les Tsiganes sous l’oppression nazie, Centre de Recherches Tsiganes, CRDP Midi-Pyrénées, Toulouse, 1996

L’Allemagne ne reconnut l’extermination des Tziganes qu’en 1980 !

On peut voir auusi le site :
http://www.ushmm.org/wlc/article.php?lang=fr&ModuleId=75

De : 90


Merci, merci ! Tant de personnes, de sites, d’écrivains, de journalistes, de réalisateurs oublient notre génocide ! Tout d’abord faites-moi plaisir, employez de préférence le mot "génocide" (français) ou "samudaripen" (romani) car "shoah" c’est de l’hébreu. J’ai naturellement un infini respect pour la tragédie que fut la Shoah mais nous, les Tsiganes, revendiquons ou bien un mot par langue du pays où on habite, (comme "génocide" en France) ou bien un mot dans notre langue. Je suis exaspérée par le silence qui enveloppe le drame que vécurent les Tsiganes : chaque semaine en ouvant Télérama (ben oui je trouve que c’est de loin le moins mauvais journal de programmes télé) je vois qu’on va diffuser deux ou trois documentaires ou oeuvres de fiction sur la Shoah. Mais pourquoi pas sur les autres victimes? J’ai vu en quinze ans deux docus sur l’extermination des malades mentaux, sur celle des homos j’ai entendu Daniel Mermet interviewer Pierre Cels (qu’il m’excuse si je fais une faute d’orthographe) et très peu d’allusions brèves aux victimes slaves, communistes, rien du tout sur les Témoins de Jéhovah, les Sénégalais. Parfois sur les résistants. mais sur les victimes tsiganes, il y a eu seulement deux films : "Quand les violons se sont tus" de Ramati et "Tcharhco Rrom" d’un Hongrois -un peu hermétique- Pour les bouquins ajoutez l’eexcellent "Ces barbelés oubliés par l’Histoire" de Jacques Sigot, ed. Wallada 1994 sur les camps français établis par la France AVANT l’occupation.... Je suis membre d’une assoc qui s’appelle "Samudaripen" et je suis en train de recueillir tout ce que je peux sur des camps atroces mais peu connus comme Jasenovac en Croatie, Salaspils en Lettonie etc. Et puis songez que quand les SS voyaient des roulottes, ils faisaient des cartons et personne n’énumérait les victimes. de plus beaucoup de Tsiganes étaient envoyés en déportation comme "asociaux" donc 500.000 Tsiganes exterminés c’est un MINIMUM. Allez, bella ciao ! Et que les élections italiennes ne ramènent pas le fascisme !

De : Gavali


Effectivement un devoir de mémoire serait une juste reconnaissance du/des drames de ce peuple trop souvent ignoré, parfois rejeté. Pour côtoyer souvent quelques membres de cette communauté je sais qu’ils ne seraient pas opposés à ce que l’Histoire se souviennent d’eux. Néanmoins pour collecter des informations et les transmettre il faut faire un travail de reporter car beaucoup ne n’ont que des rudiments de la langue écrite, surtout chez les adultes. Donc il est de notre devoir de les interroger et ainsi les transcrire. Aussi tenter de leur donner quelques notions de français écrits pour ceux qui vivent dans notre pays, ce qui en plus de leur donner à conter leur histoire favoriserait souvent des démarches administratives dans lesquelles ils pataugent...

M.M. 


De Mengneau Michel 



Ce n’est pas un devoir de mémoire, ce mot est galvaudé, c’est de l’Histoire , c’est un travail d’historien, pas de reporter, un travail dans les archives européennes, un travail auprès de ceux et celles qui sont encore vivants ou de leur descendance. El effectivement l’absence de tradition écrite a nui à la connaissance du génocide des tziganes. Mettre en concurrence les génocides des juifs ou des tziganes, alors que les nazis eux, les envoyaient dans les crématoires ou pratiquaient sur eux des "expériences médicales" n’a aucun sens. Pendant longtemps on pouvait lire " Morts pour la France" dans les nécrologies des juifs exterminés avant que les faits historiques n’ imposent une autre version et révèlent les différences entre un camp d’extermination et un camp de déportation.

Le nombre des morts tziganes est estimé entre 100 000 et 300 000 personnes.
Cette imprécision montre qu’un gros travail est nécessaire pour que tous
sachent ce que les gouvernements européens de l’époque ont laissé faire ou ont accompli .

Par exemple quelle fut l’attitude du Vatican à l’égard des Tziganes, catholiques ? 

De 90



Une grande partie de la classe bourgeoise et des états Européen était pour l’extermination des TZIGANE et des ROMS et même aujourdhui je me pose encore des questions sur leurs devenir dans cette Europe ou le règne du seigneur est : un critère de premier choix.

Ils pratiquent tous l’oubli (un mensonge par omission volontaire).

Alain 04

Posté par 222


Bonjour

Excusez-moi, je découvre à l’instant cette page.

Grande amie des Tsiganes, depuis mon adolescence, j’ai toujours travaillé à la reconnaissance de ce peuple admirable, universel, qui ne demande rien, ne se plaint pas, ne participe pas aux guerres, vivant fraternellement avec tous.

Je suis prête à devenir le porte-parole officiel de leurs causes. Ancienne journaliste radio-TV, et presse, je suis à même de les défendre au mieux.

Je m’engage dès la prochaine commémoration annuelle de la Shoah des Juifs, à inonder les Médias d’articles sur le génocide des Tsiganes, pour qu’il soit enfin reconnu, et même indemnisé. Il faut populariser cette cause, l’injustice faite aux Tsiganes doit être réparée.

L’abominable Shoah aurait tué un tiers des Juifs d’Europe, le génocide des Tsiganes aurait éliminé plus de la moitié des Tsiganes.

A suivre, "eva"

evaresis@yahoo.fr 


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Sommaire :

- Spécial Tsiganes, persécutions
- "Mes potes les Gitans", par Eva





Bonjour

(..) Et puis vous savez que j'adore les Gitans

mes potes, mes chers potes,
j'ai même écrit à leur attention, sur ce blog,
un article retentissant, repris par exemple
sur le site michelcollon.info ou sur Agora Vox, 
retentissant parce qu'osant, cas unique,
briser un tabou, celui de la Shoah des seuls Juifs.
Oui, j'ai osé rappeler que la Shoah ne concerne 
pas seulement les Juifs, mais aussi beaucoup d'autres,
et notamment les Tsiganes, dont la moitié de la population
a été exterminée pendant cette abominable période. 
A titre comparatif, il semblerait qu'un tiers des Juifs ait péri.
Et pourtant, on ne parle que de ces derniers.
Petite confidence : Je discutais ce jour au téléphone
avec un super blogueur, super cordial,
(allez vite voir son blog, vous ne le regretterez pas):

Sun Tzu 
http://suntzu.vox.com/

Et alors, on a parlé de tout, et même du sionisme moderne,
à partir de la Shoah évoquée à C dans l'Air ce jour,
et on était tous les deux d'accord pour dire que le néo-sionisme
et son "terrorisme intellectuel" (assimiler abusivement tous ceux
qui critiquent la politique israélienne à des anti-sémites) étaient
insupportables, et que nous parlions ainsi au nom de la Justice,
et que le racisme, quel qu'il soit, nous faisait horreur.


(JPEG) 

Et donc, j'ai écrit cet article sur la "Shoah" des Tsiganes,
la première, pour attirer l'attention sur cette abominable oubli,
et demander qu'on les associe dans les commémorations,
avec les autres victimes, d'ailleurs. Au nom de la Justice, évidemment !
Ils m'ont écrit leur reconnaissance, merci à eux...
Allez voir leurs sites, comme Fils du vent !


(JPEG) 
Photographie de la construction du camp, octobre 1942 (142 W 76)


Car j'ai toujours défendu avec passion ce peuple admirable,
étranger et voyageur sur la terre, comme dirait la Bible, 
ayant le ciel pour toit, peuple universel, coloré, chaleureux,
ne demandant rien qu'un peu de considération,
jamais attaché à l'argent, aux biens matériels,
seulement à la musique qu'ils ont dans le sang,
et, détail important, ennemi résolu des guerres.
Citoyens du monde, eux aussi ! Fraternels, chatoyants, hospitaliers.
J'ai partagé leur vie pendant un mois à Grenade,
lorsque j'avais vingt ans. Le plus beau souvenir de ma vie !


Eva

Eh bien lisez les articles joints,
mes potes les Gitans sont maltraités,
parqués, chassés, et même stérilisés de force, 
et comble suprême, indésirables à Drancy !


     
Gadjo DiloAlors oui une fois encore, je bouscule mon programme
pour les évoquer, regardez-les comme moi
avec un oeil différent, rendez-leur visite
sur leur campement, à l'improviste comme je l'ai fait,
et que croyez-vous qu'il arrivât ?
Ils sortiront leurs tambourins,
leurs guitares, leurs trompettes,
et ils feront la fête, comme hier et comme demain,
parce que la fête ils l'ont dans le sang, 
parce que la joie triomphe toujours de toutes les misères...

et si on en prenait de la graine, en temps de crise ?

Votre Eva 

TAGS : Tsiganes, Shoah, Juifs, Drancy, Grenade, Bible, Front de Gauche, C dans l'Air    


Mes articles :

Gitane tableau de Regnault
http://r-sistons.over-blog.com/article-19186513-6.html#anchorComment
"Shoah" des tsiganes, campagne pour sa reconnaissance


http://r-sistons.over-blog.com/article-16710775-6.html#anchorComment
Dialogue fictif mère-enfatns Cm2
(Regarder les commentaires des 2 articles)




Liens Tsiganes :

Roms - Wikipédia

Tsiganes - LePost.fr

La revue des Etudes tsiganes

Les Tsiganes en France

Un mémorial aux Tsiganes tués par les nazis, Europe - NouvelObs.com :


La construction à Berlin d'un mémorial dédié aux Sinti et aux Roms tués par les nazis en Europe pendant la seconde guerre mondiale vient d'être lancée

L'entrée du camp d'extermination d'Auschwitz en 1994. (Sipa)

L'entrée du camp d'extermination d'Auschwitz en 1994. (Sipa)

L'Allemagne va ériger un monument en mémoire des centaines de milliers de Tsiganes (Sinti et Roms) déportés et tués par les nazis en Europe. La construction est lancée vendredi 19 décembre à Berlin, 66 ans après la signature par Himmler, chef des S.S, d'une circulaire désignant ce peuple comme "un ennemi biologique, de race étrangère et de sang étranger", et ordonnant leur déportation. Les S.S était une organisation paramilitaire nazie responsable d'effroyables massacres dans les pays occupés pendant la Seconde guerre mondiale. Sur les 700.000 Tsiganes que comptait l'Europe à l'époque, entre 250.000 et 500.000 d'entre eux ont été exterminés.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20081219.OBS6238/un
_memorial_aux_tsiganes_tues_par_les_nazis.html



Le génocide des Tsiganes européens, 1939-1945

Gitans, manouches et tsiganes : la route du Rom :: Routard.com


"Nous sommes tous des roms"

Un Dossier de Relatio-Europe
« Nous sommes tous des Roms ». Comme nous avons été, du ou pu être des juifs allemands. Comme nous sommes tous ou devrions...

Face au recensement et fichage des populations nomades en Italie, les réactions arrivent



Sur mon blog sos-crise :
http://sos-crise.over-blog.com/article-30842127.html

 


A Drancy, la Préfecture considère
que les Roms sont indésirables
dans les cérémonies  de commémoration
du génocide nazi


Le 22 avril 2009 à 7h du matin, la police nationale a procédé à Bobigny à l’expulsion de plus de 200 personnes qui occupaient l’ancienne gare de déportation de Drancy. Neuf caravanes qui tardaient à libérer le terrain ont été emmenées à la fourrière et leurs propriétaires physiquement empêchés de récupérer les affaires qu’elles contenaient (médicaments d’une personne sous dialyse, pièces d’identité, dossier médical d’une femme enceinte, argent…).

Une ordonnance d’expulsion avait bien été rendue le 1er avril à la demande du propriétaire mais les personnes n’ont reçu ni signification de ce jugement par voie d’huissier, ni commandement de quitter les lieux. Les forces de l’ordre, le jour de l’expulsion, n’étaient d’ailleurs pas en mesure de présenter un document justifiant le cadre légal de leur intervention.

Mais si l’on brûle les étapes de la procédure d’expulsion c’est pour une bonne cause, que la sous-préfecture de Bobigny met en avant sans complexe : une cérémonie de commémoration est organisée sur les lieux dans le cadre de la journée nationale de la déportation le samedi 25 avril. La mémoire de la déportation concerne aussi les Roms qui ont connu pendant la période nazie la déportation et le génocide, en France l’internement

Associations signataires : Médecins du Monde, MRAP 93, CIMADE, Hors la rue, Echanges, Association de Solidarité avec les Familles Roumaines


Roms d'Allemagne (1928)


Roms : Des camps de semi-internement
dans la France de 2009


Depuis 2006, dans le département de Seine-Saint-Denis existe un concept qui a été nommé depuis peu « village d’insertion pour les Roms ». Derrière ce vocabulaire béat, se cachent en effet des camps de semi-internement. Au nom du principe de la liberté et de la dignité humaine, l’association « La voix des Rroms » dénonce ce genre d’initiative et appelle toutes les autres associations, et notamment celles qui interviennent auprès des Rroms, à en faire de même. Pour informer le public sur ce sujet, l’association a créé un blog http://villagedinsertion.blogspot.com où figure entre autres un bref rapport envoyé aux institutions européennes des Droits de l’Homme sur ces dérives


En automne 2006, une Maitrise d’œuvre urbaine et Sociale (MOUS) est mise en place dans la ville d’Aubervilliers au bénéfice de quelques familles rroms originaires de Roumanie. Il s’agit de l’installation de bungalows dans lesquels sont placées ces familles, suivies socialement par des associations agréées par la préfecture de Seine-Saint-Denis. Le même type de projet est mis en place un an plus tard à Saint-Denis, et en 2008 un autre à Saint-Ouen. A chaque fois, le même mode opératoire : une enquête sociale menée par Pact Arim, une sélection selon des critères annoncées par la sous-préfecture de Saint-Denis et pas vraiment respectés, et surtout environ 90% des personnes interviewées qui reçoivent des obligations de quitter le territoire français. Les 10% sélectionnés sont placés sous surveillance dans des lieux fermés, gardiennés 24h/24 et interdits d’accès à toute personne extérieure, que ce soit de leurs familles, à des amis et même à des médias.

Il a fallu quelques mois aux gestionnaires de ces lieux pour trouver un nom à leur affaire. Ce fut « village d’insertion ». Or peut-on appeler « village » un lieu fermé, où le grand-père ne peut pas accueillir son petit-fils d’un an ? Peut-on parler d’« insertion » lorsque la préfecture, partie prenante dans ces projets d’une durée prévue de trois ans, ne délivre pas de titre de séjour ni d’autorisation de travail aux personnes qu’elle prétend « insérer » ? Peut-on parler d’« insertion » lorsque ces personnes n’ont aucun contact avec l’extérieur ?

« La voix des Rroms » et d’autres associations rroms de France ont alerté le Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, l’Agence des Droits Fondamentaux de l’Union européenne et la Commission européenne, à qui ces associations ont adressé une note sur le traitement des Rroms en France à travers les « aires d’accueil pour les gens du voyage » et les « villages d’insertion pour les Rroms ». Cette note, ainsi que d’autres documents écrits et audiovisuels, sont disponibles sur le site http://www.villagedinsertion.blogspot.com

« La voix des Rroms » lance un appel à la société civile, et notamment aux associations qui s’intéressent aux Rroms migrants à se positionner face à ce qui semble bien être une bombe à retardement. En ces temps de crise, la publicité trompeuse sur des prétendus « projets d’intégration des Rroms » risque en effet de donner naissance à une vague raciste comme celle que nous observons depuis deux ans en Italie. L’adage « qui ne dit mot consent » prend dès lors tout son sens.

Ci-dessous, un débat TV entre le président de La voix des Rroms et le sous-préfet de Saint-Denis à ce sujet

VIDEO

Le Canada, terre d’asile pour les Rroms

La multiplication des attaques à l’égard des Rroms en Tchécoslovaque les poussent à demander l’asile politique pour “persécution” au Canada, plus précisément à Toronto où réside une communauté importante de Rroms de la République tchèque.

La suppression de visa pour le Canada a entraîné une arrivée massive des ressortissants de la Tchécoslovaquie, pays membre de l'Union européenne, ils obtiennent facilement le statut de réfugié au Canada. Au Canada, où la communauté rrom compterait 100 000 personnes, les demandeurs de statut de réfugié peuvent bénéficier très rapidement d'une protection sociale, d'un permis de travail et de l'accès aux écoles pour les enfants. Il y a plus de demandes d’asiles déposées par des citoyens tchèques que par des Irakiens ou des Afghans.

"Depuis dix-sept mois, 1 500 Roms tchèques ont réclamé l'asile politique au Canada, et 95 % des demandes traitées sont acceptées", constate Paul Saint-Pierre, directeur du Centre communautaire rrom de Toronto, passage quasi-obligé des Tsiganes tchèques, hongrois ou roumains qui émigrent au Canada. . L’augmentation n’est pas anodine : selon les statistiques officielles, 993 % de hausse en un an, avec 853 demandes d’asile en 2008. Avant le sommet entre l’UE et le Canada début mai dans la capitale tchèque, le sujet vient compliquer les relations entre Prague et Ottawa.

"En République tchèque, dénonce Paul Saint-Pierre, la situation est terrible pour les Rroms. La première raison de ces départs est due à la discrimination. Des skinheads et des néonazis sèment la terreur, alors que le gouvernement ne fait rien pour les protéger." Une situation que Prague dément. Selon Radio Canada, pour évaluer la situation de ces "inadaptables", comme les appellent de plus en plus souvent les politiciens tchèques, une commission canadienne est en train d’enquêter sur les conditions de vie des Roms en République tchèque, afin d’étudier si les requêtes sont justifiées. En attendant, dans un contexte ou les défilés xénophobes se multiplient, ils sont toujours plus à s’envoler pour Toronto, où ils sont accueillis dans le centre communautaire rrom.



                                                      

Mère Gitane et son enfant, Hongrie, 1917



                                                         INTERDIT AUX TZIGANES



Ils ont fui la République tchèque fin mars, parce que quelques jours plus tôt, à un arrêt d'autobus de Pilsen, cinq skinheads avaient menacé leur bébé, injurié puis battu les parents avant de s'enfuir. La police n'a jamais enregistré leur plainte.: bac à sable qu'on ne peut approcher parce que "pas blancs", restaurants "interdits aux Tziganes", un voisin policier qui les harcèle, les traite de "porcs noirs" et jette ses ordures devant leur porte... Auquel s'ajoute une situation socioéconomique particulièrement défavorable pour cette communauté souvent marginalisée.

Au Canada, où la communauté rrom compterait 100 000 personnes, les demandeurs de statut de réfugié peuvent bénéficier très rapidement d'une protection sociale, d'un permis de travail et de l'accès aux écoles pour les enfants.

Sources Le Monde - Radio Prague


http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-30839555.html


La Slovaquie stérilise de force
des femmes Roms



sterilizace1[1].jpg
Accusées de faire trop d'enfants, les Roms sont persécutées à l'hôpital.

«Le docteur m'a dit que, si je devais avoir une troisième césarienne, je ne survivrais pas. J'ai répondu que j'étais jeune et que je voulais avoir encore des enfants. Mais les infirmières répétaient la même chose. Avant d'être emmenée dans la salle d'opération pour accoucher par césarienne de mon second enfant, ils m'ont apporté trois papiers à signer. Sinon ils disaient qu'à la prochaine naissance l'enfant mourrait d'étouffement.» Stela, jeune femme rom originaire du village de Letanovce (est de la Slovaquie), a alors signé une autorisation de stérilisation : «J'avais 19 ans, j'avais envie de vivre.» Témoignage publié en 2003 déjà.
En 2009, la pratique continue, les allégations de stérilisation forcée n'ont pas cessé. A cela s'ajoute le travail forcé.

Des assocations demandent l'arrêt de ces pratiques et prient instamment le gouvernement slovaque de mettre en place une commission indépendante composée d'expert-es internationaux et de la société civile, qui permettrait une enquête en toute transparence sur cette pratique et une indemnisation des victimes.

Wikipedia.org, ainsi que les autres illustrations


Au moins deux autres plaintes sont en cours d’examen devant la Cour européenne pour des stérilisations forcées, invoquant cette fois la violation de l’interdiction de traitements inhumains et dégradants.

Dans l’affaire jugée mardi, les magistrats européens ont condamné à l’unanimité la Slovaquie pour violation du droit au respect à la vie privée garanti par la Convention des droits de l’Homme.

Les huit requérantes avaient subi dans deux hôpitaux de l’est du pays un traitement à la suite duquel aucune d’elles n’a pu procréer de nouveau. Elles soupçonnaient ces établissements de leur avoir fait subir, pendant leur accouchement par césarienne, une procédure de stérilisation.

En 2002, l’accès à leur dossier médical fut refusé à leurs avocats qui assignèrent les hôpitaux en justice. En 2003, ces hôpitaux furent sommés par la justice slovaque d’autoriser les requérantes à consulter leurs dossiers, mais ces femmes n’eurent que le droit de prendre des notes manuscrites sans photocopier les documents.

Dans son arrêt, la Cour a estimé que les requérantes souhaitaient obtenir des photocopies de documents renfermant des informations à caractère personnel les concernant, et que, de ce fait, elle n’avaient pas à en expliquer précisément la raison.

Selon les juges européens de Strasbourg, les autorités slovaques n’ont pas justifié par des motifs suffisants l’impossibilité pour les plaignantes de faire des photocopies des documents. La Slovaquie se voit aussi reprocher le caractère tardif de l’entrée en vigueur d’une loi sur la santé adoptée en 2004 répondant à l’exigence des requérantes. La Cour a alloué à chacune d’elles 3.500 euros pour dommage moral.


AFP | 28.04.2009 | 18:13
                     Huit femmes rroms stérilisées de force

 

 


 http://www.millebabords.org/spip.php?article11134


http://r-sistons.over-blog.com/article-30846410.html



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Gitane tableau de Regnault



Gitane de Regnault

Devoir de Mémoire :



           La "Shoah"  des  Tsiganes
par Eva



La barbarie nazie n'épargna pas les tsiganes. Ils vécurent les mêmes épreuves que les Juifs, en pire. D'abord, leurs souffrances sont tombées dans un oubli total. Ensuite, dès 1936 ceux d'Allemagne, considérés comme des "non-personnes", furent envoyés dans des camps de concentration en Autriche ou dans leur pays. Les femmes étaient stérilisées de force, car on considérait qu'elles ne méritaient pas de se reproduire. Puis commença ce qu'on appela alors " la destruction des vies inutiles ". Dans toute l'Europe occupée, on entreprit la traque du "gibier" tsigane, d'abord en 1939, ensuite en 1941 et 1943. L'extermination des 5 à 600 000 nomades eut  essentiellement lieu dans les camps polonais. 

En réalité, la persécution des Fils du Vent commença avant l'arrivée des nazis au pouvoir, avec les lois de contrôle de la "plaie tsigane" dès 1926. Deux ans plus tard, la surveillance devint spécifique, et permanente. Puis vint, dès 1933, la "stérilisation eugénique", l'interdiction des mariages mixtes en 1934-35, et enfin les premiers enfermements au camp de Dachau, en 1936. 

C'est à l'automne 1939 que les déportations deviennent massives;  et c'est sur deux cent cinquante enfants tsiganes que les nazis testèrent le zyklon B, au camp de Buchenwald, en février 1940. Par ailleurs, à Ravensbrück, ont été pratiquées des opérations pseudo-scientifiques sur des cobayes humains, entre autres tsiganes.


Cette politique-là, les nazis l'étendirent à l'ensemble de l'Europe occupée.  

Gadjo Dilo








Ensuite commença l'extermination à grande échelle. Si l'on en croit les nazis, la moitié de la population tsigane d'Europe fut supprimée . Tragédie supplémentaire, le nom des victimes Tsiganes ne fut même pas mentionné durant le Procès de Nuremberg ! L'oubli total.... alors qu'on ne cesse de commémorer le martyr juif. Deux poids, deux mesures - ni plus, ni moins. C'est pourquoi moi, l'amie des Tsiganes, j'ai décidé de prendre ma plume pour rappeler au monde cette énorme injustice. Il est temps de rendre hommage aux victimes tsiganes, qui d'ailleurs furent parmi les résistants les plus acharnés.

En effet, très tôt ce peuple libre et fier comprit le sort qui lui était réservé. Il accepta immédiatement de rejoindre la lutte clandestine, pour mener ce que l'historien hollandais Jan Yoors appellera la "guerre secrète des Tsiganes". Aguerri, malin, il usera de mille stratagèmes pour déjouer la vigilance des nazis, porter des messages ou transporter armes et explosifs. De nombreux fugitifs furent sauvés grâce aux Tsiganes. On leur doit aussi de nombreuses actions terroristes de résistance à l'ennemi hitlérien.

Marian

ces trois images sur les Tsiganes
http://r-sistons.over-blog.com/ext/http://www.maison-russie.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=2837&Itemid=36





En 1945, les nazis aux abois se livrèrent encore à de multiples massacres sur les derniers Tsiganes internés dans les camps allemands. Et plusieurs pays européens gardèrent internés pendant plusieurs mois leurs populations ! Quant aux résistants qui avaient survécu, ils ne bénéficièrent même pas, à la fin de la guerre, des promesses d'intégration sociale qui leur avaient été faites. Et ils ne trouvèrent personne pour les défendre, ni même évoquer la mémoire des disparus. Bien sûr, aucun d'entre eux ne réclama réparation pour tous les préjudices subis. Le peuple tsigane ne revendique jamais; il subit en silence - et en musique, car chez eux l'instinct de survie et le goût pour les arts ont toujours raison des événements les plus dramatiques. Je l'ai expérimenté personnellement, en partageant leur existence misérable dans un bidonville situé sur une décharge publique madrilène. L'horreur absolue, et une joie inscrite dans les gènes pour transcender les moments les plus difficiles. Admirable peuple ! Ce séjour marqua de manière indélibile mon esprit, et scella ma carrière de journaliste. 

Quelle a été la politique à l'égard des Tsiganes en France ?

Traditionnellement, les sédentaires se méfient des nomades. Dès 1912, les populations errantes se voient attribuer un carnet anthropométrique, visé dans chaque commune, à l'arrivée comme au départ. A cette époque, déjà, les Tsiganes, tout comme les juifs, sont victimes de persécutions et de discriminations. 

Le gouvernement de Vichy durcit cette politique. Et, dès l'automne 1940, des Tsiganes sont internés dans des camps de concentration, à Argelès-sur-Mer et au Barcarès, dans les Pyrénées Orientales, camps créés à l'origine afin d'accueillir les réfugiés espagnols et les Juifs. Même logique d'exclusion, pour des populations pourtant différentes. Et ce sont près de trois mille Tsiganes qui auraient été internés dans l'ensemble de la France entre 1940 et 1946.
 
C'est en 1942 qu'est créé le seul camp d'internement réservé aux Nomades, celui de Saliers.

(JPEG) 

Photographie de la construction du camp, octobre 1942 (142 W 76)

Le camp est situé en zone libre, sur la commune d'Arles, dans les Bouches-du-Rhône. ll s'est d'abord inscrit dans une logique de sédentarisation, puis d'enfermement. Pour commencer, trois cents nomades doivent s'entasser dans des petites cabanes inachevées, sans électricité. Les conditions d'hébergement et de ravitaillement sont lamentables. Le sort des enfants est particulièrement difficile; ils ne sont évidemment pas scolarisés. Sans vêtements de rechange, les hébergés finissent par porter des loques.  Ils sont squelettiques, mais ils résistent. Aguerris et indomptables. Finalement,  le sous-Préfet d'Arles demande la fermeture du camp dès juillet 44. 

Ceux qui ont survécu à l'enfer, ont gardé vivante la mémoire du camp. Mais le site n'a conservé aucune trace du lieu.

Dans les camps de concentration allemands, les Tsiganes ont été littéralement massacrés. On cite par exemple le chiffre de 20.000 pour la seule nuit du 31 juillet 1944, à Auschwitz. Le 1er août, un officier SS d'Auschwitz put écrire, après l'envoi des Tsiganes à la chambre à gaz : " Mission terminée, traitement spécial exécuté ". Traitement spécial ! Pire encore que celui que subirent les Juifs, les handicapés, les malades mentaux, les homosexuels, les communistes, les résistants ! Et au total, pour la seule Allemagne, cinq à six cent mille Gitans, Roms, Kalderas, Manouches, auraient péri. A Dachau, les Tsiganes étaient tués le jour même de leur arrivée, ou le lendemain.  Simplement parce qu'ils étaient nés Tsiganes.

Comme les Juifs, les Tsiganes ont été victimes de l'idéologie nazie, politique de la race afin de régénérer le sang allemand, et politique de l'espace pour la création d'une Grande Allemagne débarrassée des éléments impurs, étrangers, inférieurs. L'élimination des Tsiganes aura d'autant mieux été acceptée, que la mise à l'index était ancienne.

Aucune voix ne s'élève pour défendre la cause des Tsiganes discriminés, stérilisés, persécutés, spoliés, exterminés . Nulle mémoire, nulle indemnité, nulle commémoration. Rien. Le vide absolu. Ostracisme complet.

Définitif ? 

Jusqu'à mon dernier souffle, je me battrai pour la reconnaissance de ce peuple admirable. 

Eva


(JPEG)
 
 
Ce petit tsigane, lui, on peut l'oublier ? 
On pense seulement aux juifs ?


Les 2 photos, http://r-sistons.over-blog.com/ext/http://memoire-net.org/


Bibliographie : 
- La persécution des Tsiganes par les nazis , de G. Leury, Belles Lettres 2003
- Destins Gitans, de D. Kenrick Gallimard 1995



 Superbe vidéo à voir, à écouter ici :

http://r-sistons.over-blog.com/article-16710775.html 

Gitans-tziganes-roms
Vidéo envoyée par orcim

Hommage en passant à un peuple libre : musique de Goran Bregovic ... (Ederlezi)   Orcim

Des images de voyageurs ou non, certaines très belles et rares. Un fourre-tout sur une musique admirable. Denis

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Reconnaissance du génocide tsigane

14 mars 2007 par Jean-Pierre Pinet

Une proposition de loi (n° 3714) " tendant à la reconnaissance du génocide tzigane pendant la Seconde Guerre mondiale " a été enregistrée à l’Assemblée Nationale Française le 15 février 2007.

Après une première lecture, elle a été renvoyée à la commission des affaires étrangères.

 travaux, voir ce lien

proposition de loi, voir ce lien

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Superbe vidéo ici:


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Par Eva R-sistons - Publié dans : Tsiganes
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Lundi 13 août 2007 1 13 /08 /Août /2007 02:52
Bonjour,

Au moment où je vais me coucher, je m'aperçois que je suis à nouveau connectée ! Tant mieux, je peux continuer à vous parler des grands de ce monde, "Rambo-Bush" ou Super-Sarko, comme des plus humbles, ceux qui pourtant font le charme de notre terre, Tsiganes ou Indiens, vagabonds ou saltimbanques, poètes crottés ou étrangers sans (bonne) étoile...

Mais revenons aux Argentiers de ce monde, eux qui font la pluie et le beau temps, et bien plus la pluie que le beau temps, d'ailleurs... Je disais donc, tout à l'heure (et vous savez, si je continue malgré l'heure tardive, c'est qu'il n'est jamais bon d'interrompre un propos), que Saint-Sarko et le défenseur mondial du Bien (vous avez tous reconnu BUSH, naturellement), avaient en commun de vouloir, au nom de la Liberté sans doute, imposer au reste de la planète leur conception de la politique, elle-même inspirée des idées de l'économiste FRIEDMAN, ardent partisan du LIBERALISME le plus sauvage. C'est très simple, le monde est divisé en deux camps antagonistes, ceux qui réussissent, les meilleurs, les plus doués, les plus forts, les gagnants, les mieux nés, les plus malins -- et les autres, ceux qui sont nés du mauvais côté, là où il ne fallait pas, sur une terre ingrate par exemple, ou chez un pas de chance, ou bien les sans travail,  les sans conjoint, les sans instruction, les sans esprit d'initiative, les perdants... Pour ceux-là, pas de pitié, pas de cadeaux, pas de justice, même pas de respect, rien, on s'en protège, on les parque comme les Tsiganes ou dans les ghettos ou dans les cités ou dans les prisons, on s'en débarrasse, on les chasse comme les pestiférés autrefois, et bien sûr on les exploite, on les opprime, on les pressure, tant pis pour eux, ils n'avaient qu'à réussir ! On a encore vu ça récemment avec les rafles d'étrangers sans papiers ("celui qui accueillera bien l'étranger, lit-on dans la Bible, celui-là Je l'accueillerai dans mon Royaume Eternel..."), vous savez le petit RUSSE qui nous a tous émus parce qu'il va peut-être mourir pour avoir cru au mirage français, au pays des DROITS DE L'HOMME ! Oui, aujourd'hui, sous Saint-Sarko, on chasse l'étranger comme autrefois les sorcières, en pleine nuit, en plein jour, partout, sauf s'il intéresse les entrepreneurs (c'est ce qu'on appelle l'immigration "choisie", pour le travail à coût réduit, très réduit) soucieux de recruter à bon compte...  Au fait, l' ESCLAVAGE, il est mort ? Les RAFLES, on n'en fait plus ? L'exploitation, elle est éradiquée ? Et la misère aussi ? Eh bien non, les écarts ne cessent de se creuser, et il faut encourager cela, pour les tenants de Friedman, qu'ils s'appellent Bush, Sarkozy, Blair, Reagan ou Thatcher...  l'EUGENISME, l'apartheid généralisé ! D'un côté, le noyau de privilégiés de tous poils, de l'autre la racaille, dont le nombre ne cesse d'augmenter... Et la racaille, on s'en protège, quand on ne l'élimine pas purement et simplement ! Le petit Russe est tombé, c'est la faute à Sarkozy ! La faute à Sarkozy ! Après tout, il n'avait qu'à ne pas venir chez nous, bien fait pour lui.... 

France sauvage aux couleurs de l'Amérique, telle que la veut le Chef suprême, le Grand Guide Sarkozy, n'es-tu pas en train de perdre ton âme ? Dis, qui sont les délinquants, les vrais DELINQUANTS ? Les gamins pas de chance, ou les politiques qui nous gouvernent ? 

Ce sont les Bush et les Sarkozy qu'on devrait enfermer, après les avoir traduits devant le Tribunal des Peuples !

Alors, les émules de Friedman et Consort, vous avez définitivement gagné ? Vous avez définitivement établi votre emprise sur le monde ? C'est le capitalisme carnassier, cannibale, vorace, prédateur, sans foi ni loi, qui dicte sa loi, et qui triomphe dans tous les domaines, hein ? En brisant toutes les restrictions les plus séculaires, les plus éprouvées, les plus éthiques, imposées par les Etats pour protéger leurs ressortissants ? Et les Médias se taisent ? Et nous, nous laissons faire ? Avons-nous tous perdu la tête ?

Je pose la question : Vous voulez quoi, au juste ? Une politique au seul service et bénéfice des grandes puissances financières et industrielles ? Comme avec Sarkozy ou Bush ?  Ou bien vous voulez une politique au service et pour le Bien de tous, et notamment des plus faibles, des plus fragiles ? Mais faut-il le répéter, comme tous les membres sont solidaires les uns des autres dans un corps, tous les membres, dans une cité harmonieuse et en paix ( n'est-ce pas la meilleure politique d'ordre, la meilleure prévention ? ), ne doivent pas être mis en concurrence acharnée, mais au contraire concourir au bien commun, solidairement ! En protégeant et en favorisant les plus forts, les plus nantis, les Bush, Sarkozy et autres supporters de Friedman, créent une situation explosive qui risque un jour de se retourner contre eux, de les emporter, comme en 1789 l'oligarchie par le peuple... Leur intérêt bien compris commande d'être raisonnable !

Moi, je regarde du côté de pays comme le VENEZUELA, et je vois sur les décombres des dictatures latino-américaines, largement subventionnées d'ailleurs par l'Amérique puritaine au nom de la Liberté et de la Démocratie, se lever l'espérance d'une société plus juste, plus humaine, plus fraternelle !

Le modèle yankee, les peuples n'en veulent pas ! Ils ne veulent pas de cette pseudo liberté et démocratie, pas plus  que des guerres permanentes, offensives ou prétenduement libératrices ! D'ailleurs, 70 % des Français refusent de voir les liens avec l'Amérique se resserrer ! C'est pourtant ce que le tandem Sarkozy-Krouchner nous impose, contre notre gré ! C'est ça, la démocratie ? On agit contre l'intérêt des peuples, et sans tenir  compte de leur avis ? Et nous voulons imposer nos idées au reste du monde ? Au mépris des peuples, de leus désirs, de leurs intérêts, de leurs modes de vie séculaires ? 

"Nous sommes des amis", affirment en choeur Sarkozy et Bush.  Et pour quoi faire ? La guerre contre l'Iran ou au Liban ? Des guerres pour protéger Israël ? Il n'y a pas assez de sang versé, de larmes répandues, de destructions, de haines, et même de POLLUTION (toutes les bombes qu'on dissémine partout, ça ne fait rien sur la santé des autochtones, peut-être ? Demandons aux Vietnamiens, ce qu'ils en pensent ! Et quelles séquelles sur les enfants, les mères, les générations futures?) ! On veut encore amplifier le chaos généralisé ? C'est ça, l'Occident judéo-chrétien, sauveur du monde, libérateur des peuples ? Sommes-nous tous devenus fous ? Ou aveugles ? Et la culture américaine que Sarkozy et les médias ses alliés tentent de nous imposer jour après jour, par petites touches, nous allons la laisser nous défigurer ? Avec sa nourriture immonde, ses séries télévisées stupides, son affairisme répugnant, son culte des fausses idoles, de la vanité, des paillettes, de l'argent, du tape-à-l'oeil, du clinquant, du lourd, de l'indigeste, des armes, de la violence, de la brutalité, des cow-boys, de l'individualisme exacerbé, du matérialisme cupide et égoïste.... Nous ne réagissons pas ? Nous acceptons de nous renier, de renier nos idéaux les plus authentiques ? Nous sommes donc tous en vacances ? Aux abonnés absents? Comme le président de REPORTERS SANS FRONTIERES, quand il s'agit de défendre la liberté de la presse si menacée en France, oui, en France ?  Nous avons donc tous perdu notre sens critique et notre honneur ?

Qu'on ne s'y trompe pas : Bush comme Sarkozy ont tous deux une mentalité de cow-boy ! De parvenus ! De nouveaux riches ! D'arrivistes ! De vulgaires affairistes cyniques, cupides et sans scrupules ! C'est ça que nous voulons pour la France, terre de culture et des droits de l'homme, berceau des Lumières et de l'HUMANISME ? Honte à nous d'accepter l'intolérable ! Réagissons, avant qu'il ne soit trop tard ! RESISTONS ! Au nom d'une certaine idée de la France, de la Vie, de l'Humain. Pour ne pas laisser se pervertir les idéaux de justice, de paix, de solidarité, de fraternité... Ne baissons pas la garde ! Nous le devons à nos enfants ! Nous avons une responsabilité envers eux, envers la France et même envers le monde !

Apartheid ? je ne peux m'empêcher de penser à nos amis Tsiganes, ce peuple magnifique qui, mieux que nul autre, sait cultiver, "étranger et voyageur sur la terre" (Bible), la Liberté, la Fraternité, l' Hospitalité, la Solidarité, le Désintéressement.... ne revendiquant jamais rien, ne demandant rien, se contentant du peu qu'on lui donne, un bout de terre, un peu d'eau, un peu de lumière, un peu de musique, un peu de tendresse.... quand on ne les en prive pas par la violence ! Parqués comme des bêtes, chassés de partout, traqués, persécutés, exterminés, mal-aimés, incompris.... Il y a quelques jours, on m'a invitée à assister au tournage d'un reportage sur eux pour une chaîne de télévision française. Il y a 20 ans, déjà, j'ai réalisé un document pour la télé sur eux, un joli conte de noël pour grands enfants, peuplé de Gitans, de légendes, de rêves.... Sûre d'être toujours bien reçue par eux, dans n'importe quelle roulotte, même au bout du monde... Essayez, vous verrez ! Ils ont toujours un peu de pain à partager !

GERMAIN SOLES, un chimiste à la retraite d'origine Gitane, vient d'avoir une chouette idée pour la ville de Perpignan : Mettre en place un projet de tourisme Gitan. Il s'agit tout simplement d'installer des roulottes au coeur du quartier Gitan, et de proposer aux touristes de partager les repas, en musique naturellement, des habitants du lieu. Pour réenchanter le monde, les touristes abreuvés de sons et de couleurs, les Gitans valorisés dans leur spécificité. Pourquoi toutes les villes du Sud ne reprendraient-elles pas cette idée lumineuse ?

Allez, c'est sur cette note de Lumière colorée que je vous quitte, en vous recommandant de confier votre adresse mail à over-blog.com (voir rubrique "newsletters") pour recevoir directement mes articles chez vous... et surtout, faites connaître mon blog partout autour de vous ! Je me donne du mal pour vous tous amis lecteurs, n'est-ce pas une manière de l'apprécier ?

Votre Eva, acharnée à défendre une certaine idée de l'individu, de la vie, tout simplement . Avec des majuscules !

PS : Un sénateur PS de l'Aude, ROLAND COURTEAU, réclame la "mise en oeuvre d'une taxe exceptionnelle sur les profits extraordinaires des compagnies pétrolières françaises",  pour aider au financement des transports en  commun, de la recherche publique sur les énergies ALTERNATIVES, des énergies renouvelables et des économies d'énergie. Bonne idée, ça aussi, non ?

Par ailleurs, je vous ai promis la suite sur les raisons de l'échec de la GAUCHE, patience, cela viendra ! 

PS (encore !) : J'ai vu aux infos de Télé-Sarkozy (FR2) qu'un Américain avait acheté un château dans un village de l'Aveyron. Et que croyez-vous qu'il fit aussitôt ? Eh bien, il implanta le bon goût yankee au coeur des fortifications moyen-âgeuses !  C'est-à-dire que les murs de pierres anciennes sont tapissés de tableaux multicolores de Mickey ! Ca, c'est le raffinement, la culture américaine ! Et les Français veulent voir la horde barbare implanter leurs valeurs chez nous, via le cow-boy de Neuilly ? Tiens donc ! Vous avez vu Saint-Sarkozy aux côtés de l'archange  Bush se tortiller en parlant de la grande famille franco-américaine ? C'est ce parvenu, cet arriviste qui représente à l'étranger le bon goût Français, sa culture, ses traditions, son Histoire ? Nous sommes donc passés de de Gaulle, Mitterrand et Chirac, à ce vulgaire petit roquet ? Pauvre France ! Renvoyons donc le petit Hongrois chez lui, ou au Texas, et retrouvons notre âme ! Vite !

Un tout dernier mot, à propos d'apartheid : N'oublions pas les malheureux  PALESTINIENS,  on en reparlera !
Par résistons - Publié dans : Tsiganes
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