23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 05:44

Le mythe du couple franco-allemand

- Traité de l'Elysée

Publié le 20 janvier 2013 dans Dossiers de fond

François ASSELINEAU

 

http://www.u-p-r.fr/dossiers-de-fond/le-mythe-du-couple-franco-allemand-traite-elysee

 

LES 50 ANS DE MYSTIFICATION

DU TRAITÉ FRANCO-ALLEMAND DE L’ÉLYSÉE

Partie 1 - La vidéo explicative

Signature du traité franco-allemand

Signature du traité franco-allemand dit “de l’Élysée” le 22 janvier 1963.   De gauche à droite, assis autour de la table :

  • Gerhrard Schroeder, ministre des affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne
  • Konrad Adenauer, chancelier de la République fédérale d’Allemagne, en train de signer le traité
  • Charles de Gaulle, président de la République française, en train de signer l’autre copie du traité
  • Georges Pompidou, Premier ministre de la République française
  • Maurice Couve de Murville,ministre des affaires étrangères de la République française

Une observation minutieuse de la photo donne l’impression que les deux ministres des affaires étrangères, allemand et français, prennent un air absent, ou songeur. Comme s’ils savaient déjà parfaitement, l’un et l’autre, que ce traité serait vidé de sens par la partie allemande lors de sa ratification quelques mois après.

Le 22 janvier 2013 marquera donc le 50ème anniversaire de la signature de ce traité et l’on peut prévoir que les plus hautes autorités françaises vont vouloir « fêter » cet événement.

Les médias vont certainement consacrer quelques émissions ou articles de presse pour relayer ces commémorations, chanter les louanges du prétendu « couple franco-allemand » « malgré-quelques-ratés », et surtout pour en tirer argument sur la prétendue nécessité de « poursuivre-la-construction-européenne-malgré-les-difficultés-actuelles ».

Comme antidote au nouveau déferlement de propagande à prévoir, nous mettons en ligne un dossier spécial sur les « 50 ans du traité de l’Élysée », afin d’expliquer à nos lecteurs :

  • 1) ce que recherchait le fondateur de la France Libre en négociant et signant ce traité : déjouer la stratégie de domination américaine dite de « construction européenne »   en tentant de la faire échapper à la vassalisation par Washington grâce à une alliance franco-allemande,
  • 2) comment les Américains – avec la totale duplicité des Allemands – ont aussitôt contrecarré la stratégie gaullienne, en vidant la substance de ce traité, pour replacer délibérément la « construction européenne » sous les ordres de Washington.

  Dans cette Partie 1, nous présentons une brève vidéo explicative de moins de 12 minutes (11’45”), (montée, illustrée et extraite de la longue conférence de François Asselineau « Qui gouverne la France et l’Europe »).

 

 

 

 

Par ailleurs, nous rappelons à nos lecteurs qu’ils peuvent replacer cette explication dans une perspective plus générale, en visionnant l’ensemble de la conférence.

Le passage concernant plus spécifiquement la question du traité de l’Élysée se trouve dans le 2ème épisode de cette conférence.


Partie 2 – 15 pièces à conviction pour démonter la propagande :

À l’occasion du 50e anniversaire de la signature du traité franco-allemand de l’Élysée le 22 janvier 1963 et du nouveau flot de propagande européiste qui a envahi les médias français à cette occasion, je crois utile de fournir à mes lecteurs un antidote.

Il s’agit d’une chronologie éclairante des événements qui ont entouré ce fameux traité et le non moins fameux “couple franco-allemand” qui est censé en être résulté.

Fondée sur 15 documents sourcés et irréfutables, cette chronologie leur permettra de démasquer minutieusement et précisément les mensonges éhontés dont les médias et les dirigeants politiques les abreuvent.


DOCUMENT N°1

  • 15 mai 1962 = CONFÉRENCE DE PRESSE DE CHARLES DE GAULLE À L’ÉLYSÉE 

Pendant ses quatre premières années passées à l’Élysée (du 13 mai 1958  jusqu’aux Accords d’Évian de 1962), la principale des préoccupations de de Gaulle fut de régler – avec les difficultés et les erreurs que l’on sait – la très grave question algérienne. Pendant cette période, il n’avait les  moyens politiques, ni de s’intéresser de près à la question européenne, ni de heurter frontalement les ministres centristes ( MRP, ultra-européistes) de son gouvernement.

Ayant trop besoin d’unité nationale, il garda donc un profil  bas sur ce sujet. Il pouvait d’autant mieux le faire que la question européenne était encore mineure, puisque le traité de Rome – qui avait été signé et ratifié en 1957 avant son retour au pouvoir – en était encore à ses balbutiements et qu’elle ne concernait encore que Six États.

Mais, dès que la guerre d’Algérie fut finie, Charles de Gaulle prit alors à bras-le-corps la question européenne, sans plus s’embarrasser des états d’âme du MRP. 

La  chronologie des événements en fournit la preuve : les Accords d’Evian  furent signés le 18 mars 1962 et ratifiés par référendum le 8 avril. A  peine cinq semaines après, le 15 mai, Charles de Gaulle mit les pieds  dans le plat de la « construction européenne » lors d’une conférence de  presse restée célèbre.

Avec une justesse d’analyse réellement  prophétique, il y dénonça publiquement l’Europe intégrée, et implicitement la puissance américaine qui en tirait les ficelles, en usant d’un euphémisme : « un fédérateur qui ne serait pas européen ». 

L’impact international de cette déclaration fut énorme et les députés MRP quittèrent le gouvernement sur-le-champ.

Voici ci-dessous à la fois le verbatim de cette déclaration cruciale et le lien vers la vidéo correspondante.


conference_de_gaulle

« Je voudrais parler plus spécialement de l’objection de l’intégration.

On nous l’oppose en nous disant : « Fondons ensemble les six États dans quelque chose de supranational, dans une entité supranationale. Et ainsi tout sera très simple et très pratique. »

Cette entité supranationale, on ne la propose pas parce qu’elle n’existe pas. Il n’y a pas de fédérateur, aujourd’hui – en Europe ! -, qui ait la force le, le crédit et l’attrait suffisants.

Alors on se rabat sur une espèce hybride et on dit : « eh bien tout au moins que les six États acceptent, s’engagent, à se soumettre à ce qui sera décidé par une certaine majorité. »

En même temps, on dit : Il y a déjà six parlements européens, – six parlements nationaux plus exactement -, une assemblée parlementaire européenne, il y a même une assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe qui, il est vrai, est antérieure à la conception des Six et qui, me dit-on, se meurt aux bords où elle fut laissée.

Eh bien, malgré tout cela, élisons un parlement de plus, que nous qualifierons d’« européen » et qui fera la loi aux six États !

Ce sont des idées qui peuvent peut-être charmer quelques esprits mais je ne vois pas du tout comment on pourrait les réaliser pratiquement, quand bien même on aurait six signatures au bas d’un papier.

Y a-t-il une France, y a-t-il une Allemagne, y a-t-il une Italie, y a-t-il une Hollande, y a-t-il une Belgique, y a-t-il un Luxembourg qui soient prêts à faire, sur une question importante pour eux au point de vue national et au point de vue international, ce qui leur paraîtrait mauvais parce que ça leur serait commandé par d’autres ?

Est-ce que le peuple français, le peuple allemand le peuple italien, le peuple hollandais, , le peuple belge, le peuple luxembourgeois, sont prêts à se soumettre à des lois que voteraient des députés étrangers, des lors que ces lois iraient à l’encontre de leur volonté profonde ?

Mais, ce n’est pas vrai. Il n’y a pas moyen, à l’heure qu’il est, de faire en sorte qu’une majorité puisse contraindre – une majorité étrangère ! -, puisse contraindre des nations récalcitrantes.

Il est vrai que dans cette « Europe intégrée » comme on dit, ben il n’y aurait peut-être pas de politique du tout. Ça simplifierait beaucoup les choses. Et puis, en effet, dès lors qu’il n’y aurait pas de France, pas d’Europe qui auraient une politique, faute qu’on puisse en imposer une à chacun des six États, on s’abstiendrait d’en faire.

Mais alors, peut-être, tout ce monde se mettrait-il à la suite de quelqu’un du dehors, et qui – lui – en aurait une.

Il y aurait peut-être un fédérateur, mais il ne serait pas européen. Et ça ne serait pas « l’Europe intégrée », ce serait tout autre chose, de beaucoup plus large et de beaucoup plus étendu, avec je le répète un fédérateur.

Charles de Gaulle
Conférence de presse du 15 mai 1962

La vidéo correspondante peut être visionnée ici : http://www.dailymotion.com/video/xoc5ev_de-gaulle-sur-le-federateur-etranger-de-l-europe_news#.UPu-Yme6WSo

La démission des ministres MRP du gouvernement, et la crise politique qui en résulta, conduisirent Charles de  Gaulle à changer de tactique, sans changer de stratégie. 

Plutôt que de dénoncer la construction européenne comme une machination ourdie par le « fédérateur qui ne serait pas européen », il se résolut à se proclamer lui-même pro-Européen, afin de subvertir le projet américain.

L’objectif qu’il se fixa, c’était de bâtir une « Europe indépendante » ou une « Europe européenne », c’est-à-dire en réalité une Europe sous influence française, qui se serait  opposée à la fois à l’Europe soviétique située derrière le Rideau de fer  et à l’Europe américaine refoulée dans les limites du seul Royaume-Uni.

Il développa donc une énergie considérable pour tenter de couper les liens de  subordination que les cinq autres États membres de la CEE entretenaient  avec les États-Unis d’Amérique.

Le pari du président français était que, s’il parvenait à opérer ce  découplage autant psychologique que politique et militaire, les cinq  États rechercheraient un autre mentor pour les protéger de l’URSS, et  celui-ci ne pourrait être que la France. Ils se tourneraient d’ailleurs  d’autant plus nécessairement vers Paris que nous disposerions de notre  propre force de frappe nucléaire.

C’est ce calcul de joueur d’échecs que  de Gaulle confia sans fioritures à Peyrefitte : « Dans cette Europe, en réalité, nous tiendrons les rênes parce que nous aurons la bombe [atomique] »  [C’était de Gaulle, Fayard, 1997, tome 2, Partie III, p. 262 ; Charles de Gaulle précise dans la même confidence que « Les Allemands, ça les embête de nous être inférieurs. Dans notre attelage, ils ne sont pas le cheval de tête, ça les embête ».]

C’est en application de ce calcul que Charles de Gaulle proposa aux Allemands, – et au Chancelier Konrad Adenauer – de mettre au point un “traité d’amitié et de coopération” franco-allemand. Ce traité, qui allait être signé à l’Élysée le 22 janvier 1963, visait ni plus ni moins qu’à séparer l’Allemagne de  l’Ouest de son protecteur américain.  

C’est la raison pour laquelle le texte élaboré par les deux parties – mais où la France posait ses conditions – prit un soin tout particulier à ne mentionner ni les États-Unis d’Amérique, ni la Grande-Bretagne, ni la prétendue nécessité de se placer sous la subordination de l’OTAN, ni la prétendue nécessité de démanteler les réglementations des échanges commerciaux dans le cadre du GATT.


DOCUMENT N°2

  • 19 janvier 1963 = TÉLÉGRAMME DIPLOMATIQUE DU COMPTE-RENDU DE L’AUDIENCE DE M. KNAPPSTEIN, AMBASSADEUR D’ALLEMAGNE AUX ÉTATS-UNIS, AVEC LE PRÉSIDENT KENNEDY

Des agents de renseignements, placés probablement dans des postes de responsabilité à  la fois au ministère français des affaires étrangères et dans les  rouages de l’État ouest-allemand, avaient tenu le gouvernement américain informé, à la fois du projet de traité franco-allemand et des exigences de la partie française.

Washington comprit naturellement quel était l’objectif que visait ainsi Charles-de-Gaulle : l’éviction des États-Unis d’Amérique de leur influence sur la “construction européenne”, en procédant à un découplage entre l’Allemagne de l’Ouest et les États-Unis.

C’est la raison pour laquelle, trois jours avant la signature officielle du traité – le 19 janvier 1963 – le président Kennedy convoqua au bureau ovale de la Maison-Blanche l’ambassadeur allemand Karl-Heinrich Knappstein pour lui faire part expressément de ses doléances.

Le télégramme diplomatique envoyé par le diplomate ouest-allemand à ses autorités de tutelle pour rendre compte de cet entretien capital est disponible en ligne sur Internet. En voici l’extrait le plus significatif :

Le président [Kennedy] était visiblement de mauvaise humeur; à plusieurs reprises, il a exprimé clairement ses critiques quant à l’état interne de l’Alliance [Atlantique] et affiché ses préoccupations vis-à-vis de la conclusion du traité [de l'Élysée] .

Au cours de l’entretien, je me suis efforcé plusieurs fois – certes avec un succès mitigé – de persuader le président du bien-fondé de la conclusion du traité; j’ai mis en avant la signification positive du traité pour la politique européenne et l’avenir de l’Alliance, et j’ai évoqué le fait qu’une étroite collaboration franco-allemande était susceptible d’être fructueuse pour l’ensemble de l’Alliance, précisément en ce qui concerne les aspects de la politique du général de Gaulle qui irritaient le président.

Source : http://www.cvce.eu/viewer/-/content/48045302-9605-4905-a37e-96b85fdb9a67/fr

kennedy_traite_elysee

Pour qui sait lire entre les lignes, on voit que l’ambassadeur allemand avait eu pour consigne de rassurer le président des États-Unis d’Amérique, en laissant pointer le double jeu que l’Allemagne de l’Ouest s’apprêtait à mettre en œuvre.

Comme l’écrit l’ambassadeur Knappstein, la collaboration franco-allemande pourrait finir par être fructueuse pour l’ensemble de l’Alliance atlantique parce que les Allemands se faisaient fort d’attirer Paris contre son gré dans une collaboration avec les États-Unis.


DOCUMENT N°3

  • 22 janvier 1963 = TRAITÉ FRANCO-ALLEMAND DE L’ÉLYSÉE
adenauer_de_gaulle

Le 22 janvier 1963, le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer signent le traité de coopération dans le Salon Murat de l’Élysée. La presse présente ce document comme destiné à “sceller la réconciliation entre la France et la République Fédérale d’Allemagne”

Trois jours après l’entretien entre l’ambassadeur allemand et le président des États-Unis à Washington, le traité franco-allemand fut néanmoins signé, le 22 janvier 1963, dans les formes requises par la partie française.

Je joins ici l’intégralité de ce traité mais le lecteur pressé pourra maintenant parcourir que la partie en gras.

Il faut en retenir que, conformément à ce qui avait été prévu, ce traité ne mentionne à aucun moment :

  • ni les États-Unis d’Amérique,
  • ni la Grande-Bretagne,
  • ni la prétendue  nécessité de coopérer avec l’OTAN – ou de se placer sous sa subordination,
  • ni la prétendue  nécessité de démanteler les réglementations des échanges commerciaux  dans le cadre du GATT,

Il n’est question de l’Alliance atlantique qu’à un seul moment, dans le cadre de simple « consultation sur des questions d’intérêt commun ». Tout comme il est prévu que les deux parties ne se consultent sur les activités  du Conseil de l’Europe, de l’OCDE, de l’UEO (Union de l’Europe occidentale – qui a disparu en juin 2011), de l’ONU et de ses institutions spécialisées (FMI, Banque Mondiale etc.)


=======  TEXTE COMPLET DU TRAITÉ =========

.

À la suite de la déclaration commune du Président de la République  française et du Chancelier de la République Fédérale d’Allemagne en date  du 22 janvier 1963, sur l’organisation et les principes de la  coopération entre les deux États, les dispositions suivantes ont été  agréées :


I. – ORGANISATION


1. Les Chefs d’État et de Gouvernement donneront en tant que de  besoin les directives nécessaires et suivront régulièrement la mise en œuvre du programme fixé ci-après. Ils se réuniront à cet effet chaque  fois que cela sera nécessaire et, en principe, au moins deux fois par  an.

2. Les Ministres des Affaires étrangères veilleront à l’exécution du  programme dans son ensemble. Ils se réuniront au moins tous les trois  mois. Sans préjudice des contacts normalement établis par la voie des  ambassades, les hauts fonctionnaires des deux Ministères des Affaires  étrangères, chargés respectivement des affaires politiques, économiques  et culturelles, se rencontreront chaque mois alternativement à Paris et à  Bonn pour faire le point des problèmes en cours et préparer la réunion  des Ministres. D’autre part, les missions diplomatiques et les consulats  des deux pays ainsi que leurs représentations permanentes auprès des  organisations internationales prendront tous les contacts nécessaires  sur les problèmes d’intérêt commun.

3. Des rencontres régulières auront lieu entre autorités  responsables des deux pays dans les domaines de la défense, de  l’éducation et de la jeunesse. Elles n’affecteront en rien le  fonctionnement des organismes déjà existants – commission culturelle  franco-allemande, groupe permanent d’État-major – dont les activités  seront au contraire développées. Les Ministres des Affaires étrangères  seront représentés à ces rencontres pour assurer la coordination  d’ensemble de la coopération ;

a) les Ministres des Armées ou de la  Défense se réuniront au moins une fois tous les trois mois. De même, le  Ministre français de l’Éducation nationale rencontrera, suivant le même  rythme, la personnalité qui sera désignée du côté allemand pour suivre  le programme de coopération sur le plan culturel ;

b) les Chefs  d’État-major des deux pays se réuniront au moins une fois tous les deux  mois ; en cas d’empêchement, ils seront remplacés par leurs  représentants responsables ;

c) le haut-commissaire français à la  Jeunesse et aux Sports rencontrera, au moins une fois tous les deux  mois, le Ministre fédéral de la Famille et de la Jeunesse ou son  représentant.

4. Dans chacun des deux pays, une commission interministérielle sera  chargée de suivre les problèmes de la coopération. Elle sera présidée  par un haut fonctionnaire des Affaires étrangères et comprendra des  représentants de toutes les administrations intéressées. Son rôle sera  de coordonner l’action des ministères intéressés et de faire  périodiquement rapport à son Gouvernement sur l’état de la coopération  franco-allemande. Elle aura également pour tâche de présenter toutes  suggestions utiles en vue de l’exécution du programme de coopération et  de son extension éventuelle à de nouveaux domaines.


II. PROGRAMME


A. – Affaires étrangères

1. Les deux Gouvernements se consulteront, avant toute décision, sur  toutes les questions importantes de politique étrangère, et en premier  lieu sur les questions d’intérêt commun, en vue de parvenir, autant que  possible, à une position analogue. Cette consultation portera entre  autres sur les sujets suivants : Problèmes relatifs aux communautés  européennes et à la coopération politique européenne ; Relations  Est-Ouest, à la fois sur le plan politique et sur le plan économique ;  Affaires traitées au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique  Nord et des diverses organisations internationales auxquelles les deux  gouvernements sont intéressés, notamment le Conseil de l’Europe, l’Union  de l’Europe Occidentale, l’Organisation de coopération et de  développement économique, les Nations Unies et leurs institutions  spécialisées.

2. La collaboration, déjà établie dans le domaine de l’information,  sera poursuivie et développée entre les services intéressés à Paris et à  Bonn et entre les missions dans les pays tiers.

3. En ce qui concerne l’aide aux pays en voie de développement, les  deux Gouvernements confronteront systématiquement leurs programmes en  vue de maintenir une étroite coordination. Ils étudieront la possibilité  d’entreprendre des réalisations en commun. Plusieurs départements  ministériels étant compétents pour ces questions, du côté français comme  du côté allemand, il appartiendra aux deux ministères des Affaires  étrangères de déterminer ensemble les bases pratiques de cette  collaboration.

4. Les deux Gouvernements étudieront en commun les moyens de  renforcer leur coopération dans d’autres secteurs importants de la  politique économique, tels que la politique agricole et forestière, la  politique énergétique, les problèmes de communications et de transports  et le développement industriel, dans le cadre du Marché commun, ainsi  que la politique des crédits à l’exportation.

B. – Défense

I. – Les objectifs poursuivis dans ce domaine seront les suivants :

1. Sur le plan de la stratégie et de la tactique, les autorités  compétentes des deux pays s’attacheront à rapprocher leurs doctrines en  vue d’aboutir à des conceptions communes. Des instituts franco-allemands  de recherche opérationnelle seront créés.

2. Les échanges de personnel entre les armées seront multipliés ;  ils concerneront en particulier les professeurs et les élèves des écoles  d’État-major ; ils pourront comporter des détachements temporaires  d’unités entières. Afin de faciliter ces échanges, un effort sera fait  de part et d’autre pour l’enseignement pratique des langues chez les  stagiaires.

3. En matière d’armements, les deux Gouvernements s’efforceront  d’organiser un travail en commun dès le stade de l’élaboration des  projets d’armement appropriés et de la préparation des plans de  financement. A cette fin, des commissions mixtes étudieront les  recherches en cours sur ces projets dans les deux pays et procéderont à  leur examen comparé. Elles soumettront des propositions aux ministres  qui les examineront lors de leurs rencontres trimestrielles et donneront  les directives d’application nécessaires.

II. – Les gouvernements mettront à l’étude les conditions dans  lesquelles une collaboration franco-allemande pourra être établie dans  le domaine de la défense civile.

C. – Éducation et Jeunesse

En matière d’éducation et de jeunesse, les propositions contenues  dans les mémorandums français et allemand des 19 septembre et 8 novembre  1962 seront mises à l’étude selon les procédures indiquées plus haut :

1. Dans le domaine de l’éducation, l’effort portera principalement sur les points suivants :

a) Enseignement des langues :

Les deux Gouvernements reconnaissent l’importance essentielle que  revêt pour la coopération franco-allemande la connaissance dans chacun  des deux pays de la langue de l’autre. Ils s’efforceront, à cette fin,  de prendre des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre des élèves  allemands apprenant la langue française et celui des élèves français  apprenant la langue allemande. Le Gouvernement fédéral examinera, avec  les gouvernements des Länder, compétents en la matière, comment il est  possible d’introduire une réglementation qui permette d’atteindre cet  objectif. Dans tous les établissements d’enseignement supérieur, il  conviendra d’organiser un enseignement pratique de la langue française  en Allemagne et de la langue allemande en France, qui sera ouvert à tous  les étudiants.

b) Problème des équivalences : 

Les autorités compétentes des deux pays seront invitées à accélérer  l’adoption des dispositions concernant l’équivalence des périodes de  scolarité, des examens, des titres et diplômes universitaires.

c) Coopération en matière de recherche scientifique : 

Les organismes de recherches et les instituts scientifiques  développeront leurs contacts en commençant par une information  réciproque plus poussée, des programmes de recherches concertées seront  établis dans les disciplines où cela se révélera possible.

2. Toutes les possibilités seront offertes aux jeunes des deux pays  pour resserrer les liens qui les unissent et pour renforcer leur  compréhension mutuelle. Les échanges collectifs seront en particulier  multipliés. Un organisme destiné à développer ces possibilités et à  promouvoir les échanges sera créé par les deux pays avec, à sa tête, un  conseil d’administration autonome. Cet organisme disposera d’un fonds  commun franco-allemand qui servira aux échanges entre les deux pays  d’écoliers, d’étudiants, de jeunes artisans et de jeunes travailleurs.


III. – DISPOSITIONS FINALES


1. Les directives nécessaires seront données dans chaque pays pour  la mise en œuvre immédiate de ce qui précède. Les Ministres des  Affaires étrangères feront le point des réalisations acquises à chacune  de leurs rencontres.

2. Les deux Gouvernements tiendront les Gouvernements des autres États membres des Communautés européennes informés du développement de  la coopération franco-allemande.

3. A l’exception des clauses concernant la défense, le présent  Traité s’appliquera également au Land de Berlin, sauf déclaration  contraire faite par le Gouvernement de la République fédérale  d’Allemagne au Gouvernement de la République française dans les trois  mois qui suivront l’entrée en vigueur du présent Traité.

4. Les deux Gouvernements pourront apporter les aménagements qui se  révéleraient désirables pour la mise en application du présent Traité.

5. Le présent Traité entrera en vigueur dès que chacun des deux  Gouvernements aura fait savoir à l’autre que, sur le plan interne, les  conditions nécessaires à sa mise en œuvre ont été remplies.

Fait à Paris, le 22 janvier 1963, en double exemplaire, en langue  française et en langue allemande, les deux textes faisant également foi.

Le Président de la République française
Charles de GAULLE

Le Premier Ministre français
Georges POMPIDOU

Le Ministre français des Affaires étrangères
Maurice COUVE de MURVILLE

Le Chancelier de la République fédérale d’Allemagne
Konrad ADENAUER

Le Ministre fédéral des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne
Gerhard SCHROEDER

traite_de_elysee_1963

 *** ***

DOCUMENT N°4

  • 24 avril 1963 = PREMIÈRE RÉACTION DE CHARLES DE GAULLE À L’ANNONCE PAR LES ALLEMANDS QU’ILS VONT AJOUTER UN PRÉAMBULE INTERPRÉTATIF AU TRAITE 

(..)

 

Suite et vidéos ici :

 

http://www.u-p-r.fr/dossiers-de-fond/le-mythe-du-couple-franco-allemand-traite-elysee

 

CONCLUSION : LE “COUPLE FRANCO-ALLEMAND” EST UN MENSONGE FRANÇAIS

Que signifie au juste ce timbre français qui célèbre, comme dans un monde de "bisounours", le 50e anniversaire du traité de l'Élysée de 1963 ? En fait, il ne s'agit que d'une propagande morte, déconnectée de la réalité.

 

Que signifie au juste ce timbre français qui célèbre, comme dans un monde de “bisounours”, le 50e anniversaire du traité de l’Élysée de 1963 ? En fait, il ne s’agit que d’une propagande morte, déconnectée de la réalité.

Le plus pathétique toute cette affaire, c’est que seuls les Français parlent du « couple franco-allemand ». On l’a vu d’innombrables fois – et on le voit encore ces jours-ci en constatant que la presse et les médias français multiplient les commémorations sur le Traité de l’Élysée de 1963, alors que les médias allemands lui consacrent une part beaucoup plus limitée.

Car le problème des Français, c’est que, pour former un couple, il faut que les deux conjoints soient d’accord.

Or les Allemands ont toujours préféré, – et continuent de préférer -, une alliance avec les États-Unis d’Amérique. Pour de très nombreuses raisons, ils se se sentent beaucoup plus proches des Américains que des Français, notamment par les liens migratoires historiques, et aussi par une plus grande proximité de conception du monde.

Les Allemands sont d’ailleurs à  la manœuvre pour mettre sur pied, – à l’insu des peuples et notamment du peuple français -, le « Grand Marché transatlantique » qui devrait consacrer, d’ici quelques années, l’abolition définitive de toute souveraineté politique de l’Europe et de la France vis-à-vis de Washington et de Berlin.

Dès lors, les commémorations officielles des « noces d’or » de ce prétendu « couple franco-allemand » revêtent quelque chose de terriblement artificieux et mensonger. Elles tournent à vide, pendant que la désintégration de notre tissu industriel, la montée en flèche du chômage et l’extension de la pauvreté témoignent de l’absurdité de vouloir « coûte que coûte » que la France ait la même monnaie que l’Allemagne.


Le couple franco-allemand est fondé sur un déni de la réalité et la construction européenne aussi. Or toute l’Histoire mondiale enseigne qu’un système politique qui repose sur un déni de la réalité finit toujours par disparaître.


François ASSELINEAU

 

Nous vous suggérons également

 

________________________________________________________________________________________

 

.

Hans Josef Maria Globke, l'homme qui inspira le "Traité de l'Elysée" par Jean LEVY

Mais qui tirait les ficelles de la politique menée par le chancelier Konrad Adenauer de 1953 à 1963, la période durant laquelle a été élaboré le fameux traité franco-allemand, dit de « l’Elysée », célébré aujourd’hui, cinquante ans après, comme le pillier de « l’amitié entre la France et l’Allemagne » ?

 

Hans Josef Maria Globke 

 

.

Actualité, sélection :

 

.

 

NOM-jeu-images.jpg

 

NOM, alerte ! Bientôt tous les travailleurs seront de vulgaires pions

 

.

 

 

 

honneur-patrie-reseau.png

 

 

http://honneur-patrie.com/

.

 

La grande colère de militaires

Le ras-le-bol contre la France vendue

à l'UE, aux USA, à la GB, à Israël

 

.

 

Russie eternelle - Marina Vlady

.

 

L'espérance russe - Choisir de vivre en Russie. Pourquoi ? - Voyage en images

 

.

stalingrad-index.jpg
strategietotale.com

 

RASSEMBLEMENT

À PARIS POUR LE 70E ANNIVERSAIRE

DE LA VICTOIRE DE STALINGRAD

 

La farouche résistance russe qui terrifia Hitler,

c'est la Russie qui, avec ses + de 20.000.000 de morts,

a sauvé l'Europe du nazisme hitlérien,

et non l'Amérique avec ses 350.000 morts.

Note de chantal dupille

  

SAMEDI 2 FÉVRIER 2013 à 15 HEURES,

place de la bataille de STALINGRAD

 (métro Jaurès)

 

.

 

lL'Atlantisme est un totalitarisme

L’Atlantisme est un totalitarisme

Un devoir d’introspection L’Atlantisme est l’idéologie dominante des sociétés européennes actuelles, celle qui aura sans doute le plus d’influence sur le devenir de nos destinées communes et pourtant elle est de ces idéologies (...)

 

 

 

 

 

News

* Dessinateur Zapiro

http://grigrinews.com/caricature-dessin-de-presse-nicolas-sarkozy-jonathan-shapiro/471/

 

..

Du Traité franco-allemand à l'arrimage docile et pestilentiel aux USA

 

 

.

.

 

Partager cet article

commentaires

ahura 25/01/2013 12:16


Eva... je constate avec plaisir ue tu invites à participer au rassemblement à Paris pour le 70 ème anniversaire de la victoire de Stalingrad ! Je serais étonné si nos médias en faisaient autant !
20 000 000 de morts russes pour mettre à bas le nazisme . C'est à eux que revient la chute d'Hitler et à eux pratiquement seuls ! Dans un précédent commentaire j'avais remis les pendules à
l'heure ! Ce n'est pas les américains qui sont entrés en guerre contre l'Allemagne mais.... l'Allemagne qui est entrée en guerre contre les américains. Hitler qui avait compris qu'il avait perdu
quand les russes ont lancé leur contre offensive et qui a lu dans son journal que les japonais avaient attaqué les ricains à Pearl Harbour a déclaré la guerre à ses alliés de la première heure en
pensant que les japonais reconnaissants déclareraient la guerre aux russes . Le vent de l'histoire avait tourné et son plan machiavélique avait échoué . Les américains ont certes eu de lourdes
pertes et les soldats qui sont tombés au débarquement méritent tout notre respect mais ceux qui les ont envoyés à la boucherie ne méritent pas de tirer les marrons du feu et ne méritent pas une
seule parcelle de gloire !

R-Sistons

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à l'intolérable
  • Le blog d' Eva, R-sistons à l'intolérable
  • : Eva à 60 ans.Blog d'une journaliste-écrivain.Analyse des faits marquants de l'Actualité,non-alignée,originale,prophétique,irrévérencieuse. Buts: Alerter sur les menaces,interpeller,dénoncer l'intolérable,inciter à résister. Alternance articles Eva et liens infos non officielles. Ici,pensée et parole libres. Blog dénaturé par over-blog le 1.2.15,il sera transféré sur Eklablog
  • Contact

Recherche

Archives

Pages