18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 18:25

http://gaetanpelletier.files.wordpress.com/2011/05/guerres.jpg

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Guerres de l'Occident : la honte ! (eva R-sistons)

 

 

 

L'Occident a déclaré la guerre à l'humanité

sous couleur de défense de la démocratie

et en utilisant des méthodes nouvelles

Par eva R-sistons

 

 

Les Etats-Unis sont en plein effondrement économique, seule l'industrie militaire est encore prospère, aujourd'hui : C'est un Etat dans l'Etat qui fait vivre des centaines de milliers d'Américains, sans parler des soldats, souvent des jeunes obligés de servir de chair à canons pour payer leurs études. 

 

La lutte pour l'accaparement des ressources et pour le contrôle des centres névralgiques du pouvoir est totale, et puisque les Etats-Unis et leurs alliés anglais, israélien, français... n'ont plus les moyens de leur politique impériale, il devient nécessaire d'être créatif contre les Nations souveraines, insoumises, non-alignées. Il faut aussi savoir que le Pentagone investit énormément dans la Recherche, l'industrie de mort se porte bien, et gare aux scientifiques qui préfèrent utiliser le fruit de leurs recherches de façon positive, au service de l'humanité ! Aucune profession, aujourd'hui, n'est aussi aussi exposée, et les chercheurs paient un très lourd tribut.... au "progrès" scientifique ! 

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Comment coloniser la planète le plus discrètement possible § ? Car l'occupation doit être invisible, les guerres aussi d'ailleurs, et surtout au moindre coût financier et humain pour l'Occident.

 

Les guerres, en effet, sont très onéreuses. Finis les conflits comme au Vietnam ou même en Irak, spectaculaires, désastreux pour l'image de marque des puissances occidentales bellicistes, et surtout synonymes de pertes humaines pour elles, enfin et surtout particulièrement coûteuses. Aujourd'hui, les caisses sont vides, certains Etats ne peuvent même plus payer leurs fonctionnaires, et la planche à billets est mise à contribution. Jusqu'à quand ?

 

Alors, les stratèges de Washington ou de Tel-Aviv rivalisent d'ingéniosité pour accomplir leurs forfaits aux quatre coins de la planète au moindre coût.  Tout est tenté pour paralyser un Etat indocile, l'affaiblir, le réduire à néant :  Guerre psychologique, guerre d'usure, guerre indirecte ou "douce", guerre du Renseignement, guerre intérieure via les ambassades au rôle toujours ambigu ou via les ONG exerçant des activités politiques financées de l'Etranger... En réalité, les Révolutions de couleurs comme en Ukraine ou en Georgie,  ou bien les "Printemps arabes", font peu à peu place à d'autres techniques de subversion, de déstabilisation, désormais au nom de la démocratie ou maquillées en "ingérence humanitaire" chère au Dr Kouchner aussi néoconservateur que George W Bush, mais plus intelligemment : Elles ne sont plus vendues au titre de la "guerre pour le Bien, contre le Mal, pour Dieu" ! Et les fallacieux arguments des "armes de destruction massive", ou des "couveuses" sanguinaires, comme en Irak,  ne font plus recette.

 

Au fait, on ose traiter de "conspirationnistes" ceux qui, les premiers, ont eu la finesse de s'interroger sur les motifs réels des guerres, ou sur les plans contre les nations (comme les crises provoquées ou comme les pandémies artificielles) ? On croit rêver ! Ce n'est pas à l'honneur des "accusateurs" !  Qu'ils songent un peu, par exemple, aux motifs invoqués par l'Occident pour dépecer la puissante Yougoslavie amie de la Russie, et ensuite installer, au Kosovo désormais indépendant et complètement mafieux,  la plus grande base militaire américaine aux portes du pays dirigé par Vladimir Poutine (authentique patriote travaillant pour le bien de l'Etat qu'il dirige et pour la préservation de son indépendance) : Les massacres ethniques - en réalité mis en scène, ou provenant d'autres nations, et exposés à des fins partisanes.


 

projetHAARP

 

Version officelle : Selon le site web dédié à ce programme, HAARP (High Frequency Active Auroral Research Program) a pour objectif d’étudier les propriétés de l’ionosphère. Plus particulièrement, elle permet d’étudier comment les perturbations de cette couche de la haute atmosphère par les orages magnétiques affectent les communications radio mondiales, les systèmes de navigation par satellite ainsi que les réseaux de transport d’électricité sur de longues distances.

Avec ces installations, les chercheurs « tentent aussi de produire de petits changements temporaires sur une région limitée, directement au-dessus du site d’investigation, qui, en aucun cas, ne peut être comparable aux phénomènes globaux provoqués par les perturbations solaires. Les instruments, d’une sensibilité extraordinaire, installés à l’observatoire HAARP permettent de faire des corrélations détaillées à partir des effets limités ainsi produits, permettant une meilleure compréhension de la façon dont l’ionosphère répond à une grande variété de phénomènes naturels.»

L'envers du décor : Derrière ce discours se cache un projet de 30 millions de dollars de coût annuel que l’armée américaine présente comme d’innocente recherches sur l’ionosphère. Les promoteurs du projet n’épargnent ni leur énergie, ni leurs dollars en campagnes de relations publiques et en publicité pour rassurer l’opinion américaine. Néanmoins, il est difficile de croire qu’il ne s’agit pas d’un projet à des fins militaires lorsque l’on sait que les vrais bailleurs de fond sont la Navy, l’Air Force et le Département de la Défense.

A quoi ressemble HAARP sur le terrain ? Il s’agit d’une vaste installation qui s’étend sur plusieurs hectares, à Gakona, une petite localité au nord-est d’Anchorage en Alaska. Le coin n’est pas si perdu que cela puisque l’installation jouxte les immenses réserves gazières et pétrolières appartenant à la société ARCO, par ailleurs propriétaire des brevets technologiques composant HAARP et “financier-écran” de ces équipements.(..)

http://contre-la-pensee-unique.org/blog/2011/06/03/climat-tesla-projet-haarp/

 

 

 

Donc, pour l'Occident prédateur, menteur, criminel, aujourd'hui on voit poindre deux impératifs : La discrétion, grâce aux médias laquais, et aux méthodes employées, pour dissimuler à l'Opinion internationale l'occupation progressive de pans entiers de territoires, les uns après les autres (comme dernièrement au Paraguay, après le Honduras, et les "vertueux" américains ne s'émeuvent évidemment pas des coups d'Etat qu'ils conçoivent eux-mêmes). Ensuite, l'utilisation de méthodes plus fines, plus légères, plus subtiles, si possible invisibles, en tous cas moins coûteuses.


Les luttes deviennent nouvelles: Virus informatiques comme ceux envoyés par Israël contre l'Iran, assassinat de chercheurs ou de scientifiques (encore une spécialité de l'Etat voyou Israël violant toutes les règles du Droit international dans l'impunité la plus complète), guerres électromagnétiques ou climatiques comme vraisemblablement contre Haïti (pays situé dans une zone stratégique pour les USA, et désormais occupé militairement sous couleur d'aide humanitaire - avec des "bienfaiteurs" en treillis) ou contre le Japon § 2, et puis utilisation de drones, envoi de mercenaires, d'Islamistes conditionnés au préalable et fanatiquement opposés aux régimes laïcs, comme en Syrie... car là, l'Occident doit contourner l'opposition résolue des Russes comme des Chinois, mais pour l'instant les Médias ne parlent que de la Russie de Poutine, dont il s'agit de se débarrasser en premier. Admirons au passage l'hypocrisie de notre Ministre des Affaires étrangères, le sieur Fabius qui il y a peu encore jurait devant Yahvé ou devant ceux qui se laissaient abuser, que la France "n'enverrait pas d'armes" pour soutenir l'Armée syrienne "libre", mais seulement du matériel de télécommunication. Et aujourd'hui encore, admirez la rouerie du bonhomme : "On atteint maintenant en Syrie un degré de violence insupportable ; avec Bachar-el-Assad au pouvoir, on court le risque de voir le chaos se propager !"


Fabius omet juste de dire que la France dirigée par des inconditionnels d'Israël (premier Etat intéressé à la perte de la souveraineté en Syrie comme ailleurs;  sa discrétion est légendaire, pourtant l'entité sioniste est toujours la plus active en matière de déstabilisation, de programmation de chaos) y contribue largement ! Le Ministre, dans son genre, est aussi insupportable que les BHL, DSK, Sarkozy, Cohn-Bendit, Kouchner et autres suppôts de l'Etat le plus menaçant de la planète pour la paix, Israël. 

 

Aujourd'hui, l'Occident prétendument démocrate est passé à la vitesse supérieure, en transformant la guerre d'agression en guerre totale contre le laïc Bachar-el-Assad non-aligné...  Gageons qu'il finira bientôt comme Kadhafi, et qu'un journal au service des guerres atlantistes et israéliennes comme le NouvelObs (déguisé en organe de gauche), se muera après-coup, l'hypocrite, en défenseur des Droits de l'Homme lorsque le dirigeant syrien aura été à son tour torturé, massacré, et peut-être aussi sa charmante épouse ainsi que leurs descendants...

 

Au fait, la Libye a bien voté, elle est devenue "libérale" (sic) ? La jolie démocratie à la sauce occidentale a triomphé, on a pu voter ? Oui, mais personne n'a pu représenter le "socialisme vert" de Kadhafi. Et les partisans du Bâtisseur de la Libye moderne, laïc, partageant avec ses ressortissants, lui, les revenus du pétrole, continuent à être pourchassés de maison en maison, torturés et massacrés. Alors, elle est pas belle, la démocratie toute neuve, avec les Islamistes alliés aux prédateurs de l'Occident ? Et c'est cette démocratie-là qu'on veut reproduire en Syrie, après avoir chassé les chrétiens du territoire et après avoir liquidé les partisans du régime ? Il y aura fort à faire, car ce n'est qu'à la frange que les Syriens soutiennent les "barbus" fanatiques formés et monnayés par les Usraéliens et par les mercenaires inféodés à la France modelée par le CRIF et par les Anglo-Saxons.  D'un autre côté, l'Occident est décidé à mener une guerre totale contre la Syrie, et c'est ce qui se passe actuellement. Mais hypocritement, il la "sous-traite" aux Islamistes...

 

En tous cas, si les guerres sont moins visibles, il n'en reste pas moins qu'elles sont permanentes, totales, et meurtrières pour les Nations, les peuples, les citoyens. Nous avons le devoir de démasquer les impostures partout où elles éclatent, nous avons le devoir de dire partout que l'Occident a déclaré la guerre à l'humanité. Au nom de la vérité, et au nom du Bien public, évidemment ! Sinon, un jour nous serons cuits comme la grenouille... § 3

 

eva R-sistons


http://r-sistons.over-blog.com

 

NB 1 : Attentat contre le bus de touristes israéliens en Bulgarie : False flag ? Sous faux drapeau ? En effet, l'entité sioniste l'a aussitôt imputé... à l'Iran ! Prépare-t-on déjà l'opinion à la prochaine guerre "nécessaire", après celle menée par les Occidentaux contre la Syrie ?

19 7 12 : Confirmation de ce que j'ai écrit le 18 ici, par ex : Attentats en Syrie et en Bulgarie : Les préparatifs de la guerre programmée contre l’Iran s’accélèrent !

Et maintenant, on associe le 2e dernier non-aligné de la région, le Hezbollah ! Ce ne sont pas des plans, tout ça ????


NB 2 : C'est extraordinaire : On dénie à la Syrie, pays attaqué, comme en Yougoslavie ou en Libye, le droit de se défendre... Et devant le tribunal fantoche de la Haye, qui voit-on ? Ceux qui ont défendu leur pays (Côte-d'Ivoire, Serbie, Libye...), pas ceux qui les ont attaqués pour voler les ressources et contrôler les décisions ! 

 

NB 3 : J'ai bien aimé le nouveau Président tunisien lorsqu'il a osé dire aux Parlementaires français : " Il est temps de reprendre en mains notre destin, il ne faut pas l'abandonner aux Forces du Marché ! " La Droite n'a d'ailleurs pas apprécié... (Retransmis par la LCP, 18.7.12)

 

 

§ Le titre de cet article que j'avais d'abord publié sur le site mondialisation.ca, est explicite : La guerre n'existe plus officiellement.. Les médias l'ont tuée ! (eva R-sistons)

§ 2 : Fukushima: Méga attentat ? Tout le laisse penser (1) , Fukushima: Méga attentat ? Tout le laisse penser (2) et utile à savoir : Nucléaire : Mesures d'urgence - Moyens de décontamination - Prévention

§ 3

R-sistons Vidéo 2 : La grenouille Sarkozy qui voulait être aussi grosse que le boeuf 
11:35

R-sistons Vidéo 2 : La grenouille Sarkozy qui voulait être aussi grosse que le boeuf

(et la cuisson de la grenouille - nous !)

http://4.bp.blogspot.com/_J5QtteoC_70/TUGq6DcsBZI/AAAAAAAABmg/O80yhLS35ws/s1600/grenouille-casserole.jpg

 

 

  Posté aujourd'hui sur mon blog officiel

(en attendant le site qui regroupera tout) :


Syrie: La VRAIE nature de l’Opposition (Skelton, The Guardian). Rôle France

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Syrie : La vraie nature de l’opposition

Il existe encore des journalistes,
de vrais journalistes,
au service de l' Information,
comme Charlie Skelton de The Guardian (GB),
saluons-les ! (Chantal Dupille)


Charlie Skelton - The Guardian (UK)


Les médias ont été trop passifs
au sujet des sources de l’opposition syrienne,
sans s’intéresser à leur nature
et à leurs affiliations politiques.
Il est temps d’y regarder de plus près…

16 juillet 2012

C’est un cauchemar qui se déroule en Syrie, dans les maisons d’al-Heffa et dans les rues de Houla. Et nous savons tous comment l’histoire va finir : avec des milliers de soldats et de civils tués, des villes et des familles détruites, et le président Assad battu à mort dans un fossé.


C’est l’histoire de la guerre en Syrie, mais une autre histoire doit être dite. Une histoire moins sanglante, mais néanmoins importante. C’est une histoire des faiseurs de contes : les portes paroles, les « spécialistes de la Syrie », les « militants démocrates. » Les faiseurs de déclarations. Les gens qui « exhortent, » et « avertissent »et « appellent à l’action. »


C’est une histoire sur les membres les plus cités de l’opposition syrienne et leur connexion au business anglo-américain de fabrication d’oppositions. Les médias d’information grand public ont été, pour l’essentiel, remarquablement peu regardants au sujet des sources syriennes : en les présentant simplement comme « portes parole officiels » ou « militants pour la démocratie » sans, en général, examiner leurs déclarations, leurs trajectoires ou leurs affiliations politiques.


Il est important de le souligner : enquêter sur la trajectoire d’un porte-parole Syrien ne revient pas à mettre en doute la sincérité de son opposition à Assad. Mais une passion haineuse contre le régime Assad n’est en rien une garantie d’indépendance. En fait, in certain nombre de personnalités importantes du mouvement syrien d’opposition sont des exilés de longue date qui étaient subventionnés par le gouvernement US pour affaiblir le gouvernement Assad bien avant le déclenchement du Printemps arabe.


Même si la déposition du président Assad par la force n’a pas encore été ouvertement affichée par le gouvernement des Etats Unis, ces portes parole plaident ouvertement pour une intervention militaire en Syrie et sont de ce fait des alliés naturels pour les néoconservateurs US bien connus qui avaient soutenu l’invasion de l’Irak par Bush et font maintenant pression sur l’administration Obama pour qu’elle intervienne. Et comme nous le verrons, plusieurs de ces portes parole ont trouvé un soutien auprès de ceux qui, des deux côtés de l’Atlantique, sont en faveur d’ une intervention militaire, et dans certains cas, ils ont développé d’anciennes et lucratives relations avec eux.


« Le temps est compté » [Le sable s’écoule dans le sablier] a déclaré Hillary Clinton dimanche. Il est donc grand temps, au moment où les combats en Syrie s’intensifient, et où des bateaux de guerre russes font route vers Tartous, de regarder de plus près ceux qui parlent au nom du peuple syrien.

 

Le Conseil National Syrien


Les portes-parole d’opposition les plus cités sont les représentants officiels du Conseil National Syrien (CNS). Le CNS n’est pas la seule organisation d’opposition – mais il est généralement considéré comme « la principale coalition d’opposition » (BBC). Le Washington Times le décrit comme « une organisation qui coordonne des factions rivales basées hors de Syrie. » Le CNS est certainement l’organisation d’opposition qui a les relations les plus étroites avec les puissances occidentales et qui a appelé à une intervention étrangère dès les premières phases du soulèvement. En février de cette année, à l’ouverture du sommet des Amis de la Syrie en Tunisie, William Hague [ministre britannique des affaires étrangères, NdT] avait déclaré : « Je rencontrerai les dirigeants du Conseil national Syrien d’ici quelques minutes… Nous, ainsi que d’autres nations, les traiterons et les reconnaîtrons en tant que représentants légitimes du peuple syrien. »

Le plus haut porte-parole officiel du SNC est l’universitaire syrienne établie à Paris, Bassma Kodmani.

 

Bassma Kodmani §


Kodmani est membre du bureau exécutif et chargée des affaires étrangères au Conseil National Syrien. Kodmani est proche du centre de la structure de pouvoir du CNS, et elle est un des porte-paroles du CNS les plus actifs. « Aucun dialogue n’est possible avec le régime en place. Nous ne pouvons discuter que de la manière d’aller vers un système politique différent, » a-t-elle déclaré cette semaine. On la retrouve, citée par l’AFP : « L’étape suivante requiert une résolution sous le chapitre VII [de la charte de l’ONU] qui autorise l’usage de tous les moyens légitimes, de moyens coercitifs, d’un embargo sur les armes ainsi que l’usage de la force pour obliger le régime à se conformer » [à la résolution].


Cette déclaration a été titrée de la manière suivante : « Les Syriens appellent à une force armée de maintien de la paix » (Herald Sun, Australie). Quand il est fait appel à une action militaire internationale de grande ampleur, il semble tout simplement raisonnable de demander : qui exactement fait cet appel ? Nous pouvons dire simplement, « un porte-parole officiel du SNC, » ou nous pouvons regarder d’un peu plus près.


Cette année, c’était le deuxième Bilderberg pour Kodmani. A la conférence de 2008, Kodmani était inscrite en tant que française ; en 2012 sa francité avait disparu et elle était inscrite simplement comme « internationale » - sa patrie était devenue le monde des relations internationales.


Quelques années en arrière, Kodmani travaillait pour la Ford Foundation au Caire, où elle était directrice de son programme de gouvernance et de coopération internationale. La Ford Foundation est une vaste organisation dont le siège est à New York et Kodmani avait déjà un rang assez haut placé. Mais elle était sur le point de monter d’une division.


Vers cette époque, février 2005, les relations syro-étatsuniennes s’étaient gravement détériorées, et le président Bush avait rappelé son ambassadeur à Damas. De nombreux projets d’opposition datent de cette période. « L’argent US pour des personnalités de l’opposition syrienne a commencé à affluer sous le président George W. Bush après qu’il a effectivement gelé les relations politiques avec Damas en 2005, » explique le Washington Post.


En septembre 2005, Kodmani a été nommée directrice exécutive de l’Arab Reform Initiative (ARI)- un programme de recherche initié par une puissante organisation de lobbying, le Council on Foreign Relations (CFR).


Le CFR est un think tank d’élite en matière de politique étrangère, l’Arab Reform Initiative est présenté sur son site web comme un « projet du CFR. » Plus précisément, l’ARI a été lancée par une organisation interne au CFR appelée le US/Middle East Project" – un groupe de diplomates de haut niveau, de financiers et d’officiels du renseignement, dont l’objectif affiché est d’entreprendre une « analyse politique » régionale de sorte « à prévenir les conflits et à promouvoir la stabilité. » L’ US/Middle East Project poursuit ces objectifs sous la supervision d’un conseil international présidé par le général en retraite Brent Snowcroft.

Brent Snowcroft (président émérite) est un ancien conseiller pour la sécurité nationale du président des Etats Unis – il avait succédé dans ce rôle à Henry Kissinger. A côté de Snowcroft dans le bureau international, nous trouvons son collègue en géostratégie Zbigniew Brzezinski qui lui avait succédé comme conseiller pour la sécurité nationale, et Peter Sutherland, le PDG de Goldman Sachs International. (..) 2005, le CFR avait assigné le « contrôle financier » du projet au Centre for European Reform (CER). C’est là que les Britanniques entrent en scène.


Le CER est supervisé par Lord Kerr ; le vice président de Royal Dutch Shell. Kerr est un ancien chef du service diplomatique et est conseiller principal à Chatham House (un think tank qui réunit les meilleurs cerveaux de l’establishment diplomatique britannique).


(..) Dans la liste de ses membres, vous trouverez le nom : « Bassma Kodmani (France/Syrie) – Directrice Exécutive, Arab Reform Initiative. »


Autre nom sur la liste : George Soros – le financier dont l’organisation à but non lucratif ‘Open Society Foundations » est une des principales sources de financement de l’ECFR. A ce niveau, les mondes de la banque, de la diplomatie, de l’industrie, du renseignement et les divers fondations et instituts de stratégie politique se retrouvent tous ensemble et, là, au milieu de tout ça, se trouve Kodmani.


Ce qu’il faut relever, c’est que Kodmani n’est pas une quelconque « militante pro-démocratie » qui s’est retrouvée par hasard devant un microphone. Elle dispose de références diplomatiques impeccables : elle a le statut de directrice de recherche à l’Académie Diplomatique Internationale – « une institution indépendante et neutre qui a pour vocation de promouvoir une diplomatie moderne ». L’Académie est présidée par Claude Cousseran, un ancien chef de la DGSE – le service de renseignements extérieurs français.


L’image qui se forme est celle de Kodmani comme fidèle lieutenant de l’industrie anglo-américaine de promotion de la démocratie. Sa « province d’origine » (d’après le site internet du CNS) est Damas, mais elle a des relations professionnelles étroites et anciennes avec précisément ces mêmes puissances qu’elle appelle à intervenir en Syrie.


Et nombre de ses collègues porte-paroles ont également de bonnes relations.


Radwan Ziadeh


Un autre représentant du SNC souvent cité est Radwan Ziadeh – directeur des relations extérieures du Conseil National Syrien. Ziadeh a un CV impressionnant : senior fellow d’un think tank de Washington financé par le gouvernement fédéral, l’US Institute of Peace (le conseil d’administration de l’USIP est plein d’anciens du Département de la Défense et du National Security Council ; son président est Richard Solomon, ancien conseiller de Kissinger au National Security Council).


En février de cette année, Ziadeh s’est associé à un groupe de faucons de l’élite de Washington pour signer une lettre appelant Obama à intervenir en Syrie (..)


Ausama Monajed


Avec Kodmani et Ziadeh, Ausama (ou parfois Osama) Monajed est un des plus importants porte-paroles du CNS. Il y en a d’autres, bien sûr – le CNS est une structure énorme qui comprend les Frères Musulmans. Le spectre de l’opposition à Assad est très large, mais ce sont là quelques voix essentielles (..)

 


Mais il est hors de doute que la principale organisation d’opposition est le CNS et on constate que ce sont souvent Kodmani, Ziadeh et Monajed qui le représentent. Monajed apparaît souvent comme commentateur sur les chaînes télévisées d’informations. On le voit ici s’exprimant depuis son bureau à Washington. Monajed n’édulcore pas son message : « Nous voyons tous les jours à la télévision des civils assassinés et des enfants assassinés et tués, et des femmes violées »


Dans le même temps, sur Aljazeera, Monajed parle de « ce qui se passe vraiment, en réalité, sur le terrain, » des « miliciens d’Assad » qui « viennent et violent les femmes, tuent les enfants et les personnes âgées. » Monajed est devenu, depuis seulement quelques jours, blogueur sur le Huffington Post UK, où il explique en long et en large ; « Pourquoi le monde doit intervenir en Syrie » - appelant à une « assistance militaire directe » et à une « aide militaire étrangère. » Une fois de plus, la bonne question pourrait être : qui est ce porte-parole qui appelle à une intervention militaire ?


Monajed est membre du CNS où il est conseiller du président et il est, selon sa biographie au CNS, « le fondateur et directeur de Barada Television, » une chaîne satellitaire basée à Vauxhall, Londres sud. En 2008, quelques mois après avoir assisté à la conférence Syria In-Transition, Monajed était reparti pour Washington, invité à dîner avec George W. Bush avec d’autres dissidents bien en cour (on peut voit Monajed sur la photo souvenir, le troisième à partir de la droite, cravate rouge, non loin de Condoleeza Rice –à l’opposé de Garry Kasparov).


A cette époque, en 2008, le Département d’Etat US connaissait Monajed en tant que « directeur des relations publiques pour le Mouvement pour la Justice et le Développement (MJD) qui dirige la lutte pour un changement démocratique et pacifique en Syrie. »


Examinons de plus près le MJD. L’an dernier, le Washington Post a sélectionné une information de Wikileaks qui a publié des quantités de communications diplomatiques piratées. Ces communications montrent qu’un important flux financier va du Département d’Etat US au Mouvement pour la Justice et le Développement dont le siège se trouve en Grande Bretagne. Selon l’article du Washington Post : « Barada TV est étroitement affiliée au Mouvement pour la Justice et le Développement, un réseau d’exilés Syriens établi à Londres. Les câbles diplomatiques américains classifiés montrent que le Département d’Etat a donné pas moins de 6 millions de dollars à cette organisation depuis 2006 pour qu’elle fasse fonctionner la chaîne satellitaire et pour financer d’autres activités à l’intérieur de la Syrie. »


Un porte-parole du Département d’Etat avait réagi à cet article en déclarant : « Essayer de promouvoir une transformation vers un processus plus démocratique dans cette société ne porte pas nécessairement atteinte au gouvernement en place ». » Et ils ont raison, « pas nécessairement. »


Questionné au sujet de l’argent du Département d’Etat, Monajed dit lui-même « ne pas pouvoir confirmer » un financement du Département d’Etat US pour Barada TV, mais déclare : « Je n’ai personnellement pas reçu un centime. » Malik al -Abdeh, tout récemment encore chef de la rédaction à Barada TV insiste : « Nous n’avons pas eu de liens directs avec le Département d’ Etat US. » La signification de cette phrase tourne autour du mot « directs ». Il convient de noter que Malik al -Abdeh, se trouve aussi être un des fondateurs du Mouvement pour la Justice et le Développement (destinataire de 6 millions de dollars du Département d’Etat selon le câble rendu public). Et il est le frère du président de la chaîne, Anas Al-Abdah. Il est aussi copropriétaire de la marque déposée du MJD : ce que Malik al Abdeh reconnaît, c’est que Barada TV reçoit une bonne part de ses financements d’une fondation américaine : le Democracy Council. Un des co-sponsors (avec le MJD) de la mini-conférence Syria In-Transition. Donc, ce que nous avons en 2008, lors de cette même réunion, ce sont précisément les dirigeants de des organisations identifiées dans les câbles Wikileaks comme étant le canal (le Democracy Council) et le bénéficiaire (le MJD) de grosses sommes d’argent du Département d’Etat.


Le Democracy Council (un pourvoyeur de subventions basé aux Etats Unis) cite le Département d’Etat comme étant une de ses sources de financement. Il travaille ainsi : le Democracy Council sert d’intermédiaire pour gérer des subventions en tant qu’intermédiaire entre la "Middle East Partnership Initiative" du Département d’Etat et des « partenaires locaux » (comme Barada TV). Comme l’explique le Washington Post :

« Plusieurs câbles diplomatiques émanant de l’ambassade à Damas révèlent que les exilés Syriens reçoivent de l’argent d’un programme du Département d’Etat appelé la Middle East Partnership Initiative. Selon ces câbles, le Département d’Etat a fait transiter l’argent à l’organisation en exil via le Democracy Council, une fondation dont le siège se trouve à Los Angeles. »


Le même article attire l’attention sur un câble de 2009 émis par l’ambassade US en Syrie qui indique que le Democracy Council a reçu 6,3 millions de dollars du Département d’Etat pour réaliser un programme concernant la Syrie, la "Civil Society Strengthening Initiative". Le câble la décrit comme « un discret effort de collaboration entre le Democracy Council et des partenaires locaux » dans le but de produire, entre autres choses, « divers concepts de diffusion [des idées]. » Selon le Washington Post : « D’autres câbles indiquent clairement qu’un de ces concepts était Barada TV. »


Il y a encore quelques mois, la Middle East Partnership Initiative (MEPI) du Département d’Etat était supervisée par Tamara Cofman Wittes (elle est maintenant à la Brookings Institution – un thinktank influent de Washington). Selon elle, la MEPI a « créé une ‘image’ positive des efforts des USA pour promouvoir la démocratie. » Quand elle travaillait sur ce dossier, elle avait déclaré : « Il y a de nombreuses organisations en Syrie et dans d’autres pays qui veulent des changements dans leurs gouvernements… C’est un agenda auquel nous croyons et nous allons le soutenir. » Et par soutien, elle veut dire financier.


L’argent


Ce n’est pas nouveau. Revenez un moment au début 2006, et vous avez une annonce par le département d’Etat d’une nouvelle « opportunité de subventionnement » appelée le « Syria Democracy Program. » Avec une offre de subventions d’un montant de « 5 millions de dollars sur l’année fiscale fédérale 2006. » Le but de ces subventions ? « Accélérer le travail des réformateurs en Syrie. »


En ce moment, l’argent afflue encore plus vite que jamais (Cf le 18.7.12, attentat du "garde du corps" de Bcahar-el-Assad, grassement payé, note de CD). Au début juin 2012, le Syrian Business Forum a été lancé à Doha par des dirigeants de l’opposition, dont Wael Merza (secrétaire général du CNS). « Ce fonds a été établi pour soutenir toutes les composantes de la révolution en Syrie, » avait déclaré Merza. Le niveau de ce fonds ? Quelque 300 millions de dollars. La provenance de l’argent n’est pas claire du tout, quoique Merza « a fait allusion à un puissant soutien financier des Etats arabes du Golfe pour le nouveau fonds » (al Jazeera). A son lancement, Merza avait dit que quelque 150 millions de dollars avaient déjà été dépensés, en partie pour l’Armée Syrienne Libre (ASL).


L’organisation d’hommes d’affaires Syriens de Merza était présente à une conférence du Forum Economique Mondial intitulée « Plateforme pour la coopération internationale » qui s’est tenue à Istanbul en novembre 2011. Tout cela s’inscrit dans le processus par lequel le SNC a grandi en réputation, pour devenir selon les propres termes de William Hague, « un représentant légitime du peuple syrien » et être capable de gérer ouvertement ces sommes énormes.


Construire la légitimité – de l’opposition, de sa représentation, de l’intervention – est l’essentiel de bataille propagandiste.

 

Dans une lettre ouverte publiée en février de cette année par USA Today, l’ambassadeur Dennis Ross déclarait : « Il est temps de rehausser le statut du Conseil national Syrien. » Ce qu’il voulait, urgemment, était « la création d’une aura d’inévitabilité du CNS comme alternative à Assad. » L’aura d’inévitabilité. Gagner la bataille à l’avance.


Un combattant essentiel dans cette bataille pour les esprits et les cœurs est le journaliste Américain et blogueur pour le Daily Telegraph, Michael Weiss.


Michael Weiss


Un des experts de la Syrie les plus cités dans les médias occidentaux – et un enthousiaste d’une intervention occidentale – Michael Weiss fait écho à l’ambassadeur Ross quand il dit : Une intervention militaire en Syrie n’est pas tant une question de préférence que d’inévitabilité. »


Certains écrits interventionnistes de Weiss peuvent être trouvés sur le site web beyrouthin pro-Washington appelé ‘NOW Lebanon’ – dont la section ‘NOW Syria’ est une source importante d’actualités syriennes. NOW Lebanon a été créé en 2007 par Eli Khoury, un cadre de Saatchi & Saatchi. Khoury est présenté dans l’industrie publicitaire comme « un spécialiste de la communication stratégique, spécialisé dans le développement de l’image de marque des entreprises et des gouvernements. »


En mai dernier, Weiss avait déclaré à NOW Lebanon que grâce à la fourniture d’armes aux rebelles Syriens, « nous avons déjà commencé à voir quelques résultats. » Il avait montré une approbation semblable pour les développements militaires quelques mois auparavant dans un article pour le New Republic : « Au cours des dernières semaines, l’Armée Syrienne Libre et d’autres unités rebelles indépendantesont fait de gros progrès – à la suite de quoi, comme tout blogueur peut le faire, il avait présenté son « Plan d’action pour une intervention militaire en Syrie. »


Mais Weiss n’est pas seulement un blogueur. Il est aussi le directeur de la communication et des relations publiques de la Henry Jackson Society, un thinktank de politique étrangère ultra-ultra-belliciste.


Parmi les parrains de la Henry Jackson Society à l’international, figurent : James "ex-CIA boss" Woolsey (..)


La Henry Jackson Society est intransigeante sur sa « stratégie avancée » pour la démocratie. Et Weiss est chargé du message. La Henry Jackson Society est fière de la grande influence de son chef des relations publiques : « Il est l’auteur de l’influent rapport « Intervention en Syrie ? Une évaluation de la légalité, de la logistique et des risques, » qui a été repris et approuvé par le Conseil national Syrien. »


Le rapport original de Weiss a été rebaptisé "Safe Area for Syria" – et a fini sur le site web officiel syriancouncil.org, comme pièce de la littérature stratégique de leur bureau militaire. La reprise du rapport de la Hery Jackson Society a été orchestrée par le fondateur et directeur exécutif du Strategic Research and Communication Centre (SRCC) – un certain Ausama Monajed.


Donc, le fondateur de Barada TV, Ausama Monajed, a édité le rapport de Weiss, l’a publié via sa propre organisation (le SRCC) et l’a transmis au Conseil national Syrien avac le soutien de la Henry Jackson Society.


La relation ne pouvait pas être plus étroite. Monajed en vient même à traiter des demandes pour des « interviews de la presse avec Michael Weiss. » Weiss n’est pas le seul stratégiste à avoir esquissé une feuille de route pour cette guerre (de nombreux thinktanks y ont réfléchi, de nombreux faucons en ont parlé), mais certains des aspects les plus saillants sont le produit de sa réflexion.


L’Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme


La justification pour « l’inévitable » intervention militaire est la sauvagerie du régime du président Assad : les atrocités, les bombardements, les violations des droits de l’homme. L’information est cruciale ici, et une source domine toutes les autres quant à la fourniture d’informations sur la Syrie. Elle est citée à chaque fois : « Le directeur de l’Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme (OSDH) a déclaré à la Voice Of America que les combats et les bombardements avaient tué au moins 12 personnes dans la province de Homs. »


L’OSDH est communément utilisé comme unique source pour d’informations et de bilans statistiques. Cette semaine, par exemple, l’AFP a publié cette dépêche : « Les forces syriennes ont bombardé les provinces d’Alep et de Deir Ezzor et au moins 35 personnes ont été tuées dimanche dans tout le pays, dont 17 civils, a annoncé un organisme d’observation. » Différentes atrocités ainsi que des chiffres de pertes sont énumérés, tous en provenance d’une seule source : « Rami Abdel Rahman, le directeur de l’Observatoire a déclaré par téléphone à l’AFP. »


Des statistiques plus horribles les unes que les autres émanent en nombre de « l’Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme » (AP). Il est difficile de trouver une information de la presse sur la Syrie qui ne le cite pas. Mais qui sont-ils à l’OSDH ? « Ils », c’est Rami Abdulrahman (ou Rami Abdel Rahman), qui réside à Coventry.


Rami Abdullrahman chez lui à Coventry


Selon une dépêche Reuters de décembre de l’an dernier : « Quand il ne répond pas aux appels téléphoniques de la presse internationale, Abdulrahman n’est qu’à quelques minutes, plus bas dans la rue, dans son magasin de vêtements qu’il gère avec sa femme. »

Quand le blog Middle East live du Guardian avait cité « Rami Abdul-Rahman de l’ Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme, » il avait aussi proposé un lien vers un article sceptique du Modern Tokyo Times, un article qui invitait les organes d’information à être un peu « plus objectifs quant à leurs sources » quand ils citent « cette soi-disant entité, » qu’est l’OSDH.


Ce nom, « Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme », sonne si respectable, si inattaquable, si objectif. Et pourtant, quand Abdulrahman et son « ONG basée en Grande Bretagne » (AFP/NOW Lebanon) sont la seule source pour de nombreuses informations sur un sujet aussi important, il pourrait sembler raisonnable de soumettre cet organisme à un examen un peu plus approfondi que ce qui a été fait jusqu’à présent.


Cet Observatoire n’est en aucun cas la source syrienne d’informations à qui on peut faire confiance aveuglément ou presque…


Hamza Fakher


La relation entre Ausama Monajed, le CNS, les faucons de la Henry Jackson Society et un média accepté sans condition peut s’observer dans le cas de Hamza Fakher. Le 1er janvier, Nick Cohen écrivait dans l’Observer : « Pour avoir un aperçu du niveau de la barbarie, écoutez Hamza Fakher, un militant pour la démocratie qui est une des sources les plus fiables sur les crimes que cache le blackout du régime sur l’information. »


Il poursuit en reprenant les horribles récits de Fakher de tortures et de massacres. Fakher parle à Cohen d’une nouvelle technique de torture dont il a entendu parler, la plaque brûlante : « imaginez toute la chair fondant jusqu’à l’os avant que le prisonnier tombe sur la plaque. » Le lendemain, Shamik Das, écrivant sur la « base de preuves » dans le blog progressiste Left Foot Forward, cite la même source : « Hamza Fakher, un militant pour la démocratie, décrit l’affligeante réalité… » - répète le compte rendu de Cohen sur les atrocités.

 

Alors, qui est exactement le « militant pour la démocratie » Hamza Fakher ?


Il se trouve que Fakher est le co-auteur de Revolution in Danger, un « briefing de le Henry Jackson Society » publié en février 2012. Il a co-rédigé ce document avec Michael Weis, le directeur de la communication de la Henry Jackson Society. Et quand il ne co-écrit pas des briefings de la Henry Jackson Society, Fakher est le directeur de la communication du Strategic Research and Communication Centre (SRCC) basé à Londres. Selon leur site web, « Il a rejoint le centre en 2011 et a été chargé de la stratégie et des produits de communication du centre. »


Comme vous vous en souvenz sans doute, le SRCC est dirigé par Ausama Monajed : « M. Monajed a fondé le centre en 2010. Il est largement cité et interviewé dans la presse et les médias internationaux. Il travaillait auparavant comme consultant en communication en Europe et aux Etats Unis et a été directeur de Barada Television… »


Monajed est le patron de Fakher.


Si ce n’était pas suffisant, pour la touche finale de Washington, on trouvera au conseil d’administration du Strategic Research and Communication Centre, Murhaf Jouejati, profeseur à la National Defence University, à Washington – « la première institution de formation militaire interarmes (JPME oint Professional Military Education) qui est « sous l’autorité de son président, le chef d’état-major inter armes. »


Si vous aviez envie d’aller faire un tour au "Strategic Research and Communication Centre" de Monajed, vous le trouverez à cette adresse : Strategic Research & Communication Centre, Office 36, 88-90 Hatton Garden, Holborn, London EC1N 8PN.

 

Office 36 à 88-90 Hatton Garden est aussi l’endroit où vous trouverez le siège londonien de The Fake Tan Company (..)  Et encore une autre centaine d’entreprises. C’est un bureau virtuel. Il y a d’ailleurs quelque chose d’étrangement approprié dans tout ça. Un « centre de communication » - qui n’a même pas de local – au nom pompeux mais sans substance concrète.


C’est la réalité de Hamza Fakher. Le 27 mai, Shamik Das de Left Foot Forward a cité à nouveau un récit d’atrocités relaté par Fakher qu’il présente cette fois comme « le récit d’un témoin oculaire » (ce que Cohen n’a jamais affirmé) et qui maintenant s’est cristallisé comme étant « le dossier du régime Assad. » (..)

 


Je ne veux pas dire que les récits d’atrocités sont forcément faux, mais combien parmi ceux qui les prennent pour argent comptant s’intéressent à leurs origines ?


Et n’oublions pas, la déstabilisation qui a été entreprise dans le domaine de l’information et de l’opinion publique l’est encore plus sur le terrain. Nous savons déjà que (au minimum) « la CIA et le Département d’Etat… aident l’Armée Syrienne Libre de l’opposition à développer des routes logistiques pour acheminer des fournitures à l’intérieur de la Syrie et donnent une formation dans le domaine des [télé]communications. » (Comme la France de Fabius, note de C D)


Les soutes à bombes sont ouvertes. Les plans ont été préparés.


Ces choses étaient en préparation depuis longtemps. L’énorme énergie et la planification méticuleuse qui ont été investies dans ce changement de régime – c’est à vous couper le souffle. La force de persuasion et les entrées politiques des grandes fondations et des think tanks politiques sont considérables, mais l’examen des sources ne se contente pas de titres pompeux, de bourses de recherche et de « briefings de stratégie. » On doit demander : directeur exécutif de quoi exactement. Le fait d’avoir les mots « démocratie » ou « droits de l’homme » dans l’intitulé de votre job ne vaut pas dispense de ce contrôle.


Et si vous êtes un « responsable de la communication, » cela implique que vos paroles doivent être accueillies avec une prudence extrême. Weiss et Fakher, tous deux responsables de communication sont des professionnels des relations publiques. Lors de l’évènement de Chatham House en juin 2001, Monajed était inscrit en tant que « directeur de la communication de la National Initiative for Change » et il était directeur des relations publiques pour le Mouvement pour la Justice et le Développement (MJD). Le craéteuutr du site web d’informations NOW Lebanon, Eli Khoury, est un cadre publicitaire de Saatchi. Ces responsables de la communication travaillent dur pour créer ce que Tamara Witts appelait une [image de] « marque positive. »


Ils vendent l’idée d’une intervention militaire et d’un changement de régime, que la presse grand public est pressée d’acheter.

 

Beaucoup de « militants » et de porte-paroles de l’opposition syrienne sont étroitement liés (souvent financièrement) aux Etats Unis et à

Londres : à ceux-là mêmes qui feraient l’intervention. Ce qui veut dire que les informations et les chiffres donnés par ces sources ne sont pas nécessairement de la pure information ; ce sont des arguments de vente dans une campagne de relations publiques.


Mais il n’est jamais trop tard pour poser des questions, pour examiner des sources. Poser des questions ne fait pas de vous un admirateur d’Assad ; c’est un argument spécieux. Cela vous rend seulement moins susceptible d’être induit en erreur par la propagande.

 

La bonne nouvelle, c’est qu’il nait un sceptique par minute.


Charlie Skelton - The Guardian (UK)
12 juillet 2012



 

 

Charlie Skelton est un de ces journalistes atypiques dont la Grande Bretagne semble avoir le secret, qui associe l’excentricité à la culture générale et à la rigueur professionnelle.


Pour Bassma Kodmani: « Le Conseil national syrien souhaite aussi impliquer les voisins arabes de la Syrie, qui ont un rôle important à jouer.» Crédits photo : NOUVELOBS/SIPA/SIPA

 

http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/03/01003-20111003ARTFIG00775-bassma-kodmaniil-faut-asphyxier-le-regime-syrien.php/

La controverse à propos de Basma Kodmani

Une caution moderniste à une alliance rétrograde

(..) Mais la propulsion au poste de porte-parole de l’opposition syrienne de cette chercheuse à l’IFRI (Institut Français de Relations Internationales), le fortin atlantiste de la pensée stratégique de la diplomatie française, de surcroît ancienne directrice de la branche régionale de la Ford Foundation au Caire, et auditrice assidue au Forum de Bilderberg, la plateforme décisionnelle des cosmocrates de la trilatérale (Etats-Unis, Europe, Japon) a été perçue par des franges de l’opinion arabe comme une volonté de conférer un halo de modernité à une opposition largement dominée par les «Frères Musulmans».


Un effet d’image destiné à gommer dans l’opinion le congrès de juillet 2011, tenu à Paris par les Frères Musulmans, sous l’égide de Bernard Henry Levy, le plus en vue des intellectuels français pro-israéliens, désastreux pour la crédibilité de l’opposition syrienne. Une opération de ravalement cosmétique à une alliance rétrograde, boudée d’ailleurs à ce titre par d’authentiques résistants de l’intérieur.

 

Pour un duo qui se veut représentatif de la future Syrie libre, moderne, démocratique et indépendante, son placement sous tutelle de l’ancien pouvoir colonial, un des grands soutiens aux dictateurs arabes déchus (Egypte, Tunisie), artisan du démembrement de leur pays d’origine, la Syrie, au bénéfice de la Turquie, par détachement du district d’Alexandrette, et, maitre d’œuvre du blocus de Gaza sous la mandature Sarkozy, pouvait difficilement se percevoir comme une marque de génie politique, nonobstant les effets corrosifs de cette servilité sur la crédibilité du leadership de l’opposition.

 

Sans charisme, sans relief, sans véritable marge de manœuvre, le noyau français au sein de l’opposition syrienne est apparu, neuf mois après son lancement, comme tributaire de ses commanditaires, à la merci de leur agenda diplomatique, oubliant ou feignant d’oublier que la stratégie occidentale de la dernière décennie a visé à sanctuariser Israël et à ostraciser l’Iran en vue de consacrer une mise sous tutelle durable du monde arabe à l’hégémonie israélo-américaine.

 

Nicolas Sarkozy, le pivot européen de l’axe israélo-américain, Alain Juppé, le ministre gaulliste néo atlantiste concédant arbitrairement et unilatéralement à Israël, en pleine bataille de Syrie, le droit de se dégager de ses obligations internationales concernant les territoires palestiniens de 1967, assurant de surcroit se ranger du côté d’Israël en cas de guerre régionale, la Turquie, l’autre manche de la tenaille qui étrangle, avec Israël, leur pays d’origine, l’Emir du Qatar, l‘artisan de la désarticulation de la Libye et Youssef al Qardawi, l’ancienne bête noire de l’Occident reconverti dans l’honorabilité par le fait des royalties princiers …on aurait rêvé meilleure caution morale à une entreprise d’une telle ampleur, la transformation démocratique de la Syrie, et, au-delà du Monde arabe.

 

Circonstance aggravante, le précédent géorgien de Salomé Zoubachvili, binationale franco-géorgienne, nommée ministre des Affaires étrangères de Géorgie après avoir été ambassadeur de France, a pointé la nature hybride du duo et joué en sa défaveur en ce qu’elle a posé le problème du bien-fondé d’une décision visant à confier la direction de l’opposition syrienne à des membres de la fonction publique française, c’est-à-dire à des salariés de l’ancien pouvoir colonial.

 

Pour rappel à l’ordre, à l’intention du lecteur arabophone, le code de conduite édicté par Nasser à l’égard des menées impérialistes:

http://www.youtube.com/watch?v=DdgivvmnZGA&feature=youtu.be


Et pour le lecteur francophone le résumé suivant:


Répliquant à une menace américaine de lui couper l’assistance financière, Nasser a proclame «Les Américains menacent de nous affamer. Eh bien on mangera quatre jours sur sept, un jour sur deux, un repas sur deux. (..)

 

En la imagen, Bassma Kodmani, representante del Consejo Nacional Sirio (CNS). EFE/Archivo

  http://www.que.es/ultimas-noticias/internacionales/fotos/imagen-bassma-kodmani-representante-consejo-f523645.html

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Voir aussi :

France Syrie : les mercenaires inféodés à la France soutenus par ...

saidabiida.blog.fr/.
20 févr. 2012 – Bassma Kodmani qui est aussi agent de la DGSE et opère au ... ce qui devrait selon le contexte justifier la présence d'Israël parmi eux ( !) ...
20 févr. 2012 – Bassma Kodmani participant à un débat télévisé dans lequel elle exprime son admiration pour « Israël » et les Israéliens et estime que « les ...
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Sélection articles :
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Blair et Obama pour diriger le monde - La Doctrine contre Poutine

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 :

Clinton aurait proposé de tuer 5 000 musulmans à Srebrenica

Le procès du général serbe Ratko Mladic, accusé du génocide des musulmans à Srebrenica sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine en juillet 1995 vient de reprendre au Tribunal de La Haye.

  http://french.ruvr.ru/2012_07_11/81154519/

 

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Je reçois à l'instant ce post,

 

Guerre sur tous les fronts

Par Dr. Paul Craig Roberts


Résistance politique: L’empire mythomane sombre toujours plus !…

 

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commentaires

Eva R-sistons 22/07/2012 14:35


Marie Noëlle Lienemann : Eh oui bravo à elle ! Et bravo au PC qui se bat pour un qu'on ait un référendum ! Eva

Eva R-sistons 22/07/2012 14:33


Et voilà encore des paroles d' OR ! MERCi Ahura ! Puissent-ils te lire ! eva

Eva R-sistons 22/07/2012 14:32


Du miel !


"Nous perdons tout ...même l'honneur ! La douce France cher pays de mon enfance devient un pays qui n'a plus d'âme , qui se fait dicter sa conduite et qui est dirigée par des hommes et des femmes
qui ne voient que leur intérêt mais pas celui de leur pays"


merci cher Ahura ! eva

ahura 21/07/2012 19:59


Eva ! encore une journée sans bonne nouvelle si ce n'est le projet de Marie Noëlle Lienemann qui me parait être bon et qui va obliger ceux qui ont cru que c'était arrivé et qui ne font pas grand
chose depuis qu'ils sont au pouvoir . Voici ce qu'elle propose : "


La question européenne en priorité. Nous considérons qu’on ne peut pas accepter le traité budgétaire en l’état, notamment parce qu’il inscrit dans le marbre et pour l’éternité la règle d’or et la
mise en œuvre de sanctions automatiques pour les Etats qui ne la respecteraient pas. Nous pensons donc qu’on ne peut pas construire l’Europe dans cette perspective d’austérité durable et de
contrôle policier sans qu’il y ait la moindre solidarité. Et nous croyons également que cette austérité va plomber tout initiative complémentaire de croissance ce qui n’est pas acceptable.


Par notre contribution, nous souhaitons aussi que soit abordée la question de la puissance publique et du rôle de l’Etat que le texte de Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault n’évoque pas beaucoup…
Nous plaidons, par exemple, pour une réflexion portant sur la renationalisation de Gaz de France.
En fait, «Le Temps de la gauche», c’est un support de discussion qui permet de réfléchir à ce que sera la dominante du cycle qui va succéder au cycle libéral en train de s’achever."


A noter que c'est encore une femme qui est à l'origine de ce projet qui risque de faire bouger les lignes . Par contre elle ne va pas se faire que des amis mais au moins elle a un certain courage
politique que je salue . Elle n'est pas comme les moutons de Panurge ! qui constituent le troupeau qui se réfugie derrière le berger Hollande ! et  qui n'émettent aucune idée de peur de
"sauter" !

ahura 20/07/2012 19:45


Eva ! elle a bon dos la démocratie ! en son nom combien de crimes sont commis actuellement. En plus grâce à cet "outil" bien pratique cher à Kouchner (je n'ai pas dit Monsieur ! ni docteur !)
qu'est "l'ingérence humanitaire" les puissances occidentales se permetnnet d'intervenir dans des pays dont le sous sol est le plus souvent riche en pétrole ou en métaux rares ou précieux pour les
'voler" ! Pourquoi la Syrie n'a pas vu le vent venir et ne s'est-elle pas alliée à la Lybie pour faire front ensemble ! L'union fait la force et les "prochaines victimes" devraient y penser et se
rappeler aussi que la meilleure défense est l'attaque !

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