25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 15:56

A peine l'élection produite, et son résultat connu, je vous informe. Pour la forme. Si le style de politique change, le fond, lui, n'est pas modifié. Blanc bonnet ou bonnet blanc, ou l'inverse ! La politique aujourd'hui ? Mieux vaut en rire ! Prenons nous-mêmes en mains nos affaires... On en reparlera bientôt... votre eva

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Ed Miliband en 2007, wikipedia

Un duel, un vainqueur:

Duel fratricide, ou relations fraternelles ?

 

Ed succède à Gordon Brown, à la tête du parti Travailliste, Le Labour,

il est critique par rapport aux années Blair !

Ed, à l'instant, a été préféré à son frère, il est plus à gauche que lui, David est un centriste affirmé, tendance Blair, et il a été partisan de la guerre contre l'Irak ! A défaut d'être une bonne nouvelle, ce choix est une moins mauvaise nouvelle que l'autre, au moins !  eva R-sistons

Royaume-Uni : les frères Miliband entrent en guerre pour conquérir le Labour

Ed Miliband (ga) et son frère David à Leeds, le 25 juillet.
AFP/ANDREW YATES
Ed Miliband (ga) et son frère David à Leeds, le 25 juillet.

"David et Ed Miliband enlèvent les gants" Jeudi 26 août, le titre à la "une" du Guardian est éloquent. La joute restait jusqu'alors cordiale entre les deux frères candidats à la direction du Parti travailliste. Mais une série d'attaques venant des deux camps pourrait bien marquer le début des hostilités.

Du 1er au 22 septembre, le collège électoral, composé de députés travaillistes, de syndicalistes et de membres du parti, vote pour désigner le futur leader du Labour, qui succédera à Gordon Brown. L'enjeu est de taille : en Grande-Bretagne, la tradition veut que le chef du parti qui arrive en tête des élections législatives devienne premier ministre.

Cinq candidats sont en lice : David et Edward Miliband, Ed Balls, ancien secrétaire d'Etat à la famille, Andy Burnham, ancien secrétaire d'Etat à la santé et Diane Abbott, députée. Le vainqueur devra remodeler le Labour, à bout de souffle après treize ans de pouvoir qui ont pris fin avec la victoire des conservateurs aux dernières élections de mai. Si les "Miliboys" font la course en tête, les deux frères n'ont ni les mêmes inclinations ni les mêmes atouts.

 

DAVID, PLUS EXPÉRIMENTÉ

 

"David est le grand favori, explique Sophie Loussouarn, spécialiste de l'histoire politique du Royaume-Uni et professeur à l'Université d'Amiens, parce qu'il a une stature de premier ministre et qu'il est le mieux à même de réformer le parti." David Miliband, 45 ans, a fait ses classes à Oxford quelques années avant son frère Edward, 41 ans. Il devient conseiller politique de Tony Blair en 1994 et participe à l'élaboration du programme du "New Labour", victorieux en 1997. Il fait son entrée au Parlement en 2001.


David Miliband, ancien ministre des affaires étrangères, est un brillant orateur, qui bénéficie de son expérience inetrnationale.

Le flamboyant ministre des affaires étrangères de Gordon Brown connaît bien les rouages de la politique britannique. "Il a une défiance totale vis-à-vis de David Cameron, qu'il déteste. Mais c'est aussi celui qui connaît le mieux le camp adverse", confirme Sophie Loussouarn. L'aîné des Miliband est plus pragmatique, moins idéaliste que son frère. "David est le plus conscient de la nécessité de réduire les déficits publics, de réformer le système financier", ajoute la chercheuse.

 

DEUX FRÈRES, DEUX TEMPÉRAMENTS

 

Sûr de lui, brillant autant que virulent dans ses discours, David Miliband s'est attiré les critiques de certains, qui le taxent d'arrogant. C'est lui qui a ouvert le feu contre son frère, après des semaines de campagne plutôt sereines. Mercredi 25 août, David Miliband lâche : "L'opposition pure et simple ne fait que nous garder dans notre zone de confort de parti protestataire, avec de belles intentions, mais en retard sur son temps." Une attaque à peine voilée pour Edouard... qui a publié la veille une tribune appelant les électeurs libéraux-démocrates à revenir dans le giron du Labour – traditionnellement alliés des travaillistes, les "libdems" ont rejoint les tories pour former la coalition au pouvoir depuis les dernières élections.


Pour Michael White, chroniqueur au Guardian, David et Ed n'en sont pas encore parvenus à une guerre fratricide, mais alors que les trois autres candidats semblent distancés, "David sent le souffle d'Ed dans sa nuque". Selon l'éditorialiste, la pique envoyée à son frère montre qu'il se sent menacé. "L'agressivité de David pourrait jouer contre lui, glisse Sophie Loussouarn. Edouard est plus chaleureux. Il a une image de rassembleur, il séduit par sa jeunesse et son charisme."


Ed Miliband a fait ses classes aux côtés de Gordon Brown, dont il est devenu le ministre de l'énergie, un poste qu'il a occupé jusqu'en 2010.
AP/Stefan Rousseau
Ed Miliband a fait ses classes aux côtés de Gordon Brown, dont il est devenu le ministre de l'énergie, un poste qu'il a occupé jusqu'en 2010.

 

À CHACUN SA SENSIBILITÉ... ET SES SOUTIENS

 

Dans les grands dossiers de la politique britannique, chacun a son cheval de bataille. David maîtrise davantage les problématiques économiques. Edouard, arrivé en politique aux côtés de Gordon Brown, dont il devient secrétaire d'Etat à l'énergie en 2008, monte au créneau sur les sujets liés à l'environnement.

Enfants, Ed et David ont baigné dans les idées de leur père, Ralph Miliband. Cet éminent philosophe marxiste n'aurait sans doute approuvé aucun de ses fils sur le plan idéologique. Bien trop centristes. Mais des deux frères, Ed est celui qui est resté le plus ancré à gauche : c'est un travailliste orthodoxe, qui parle à l'aile gauche du parti. Pour certains, cet ancrage le perdra. "MiliD est le futur du Labour, MiliE est seulement son passé", assène ainsi le chroniqueur David Aaronovitch dans le journal conservateur The Times.


Le cadet des Miliband a l'appui des syndicats, mais David est pour l'instant plus populaire chez les militants. L'aîné compte aussi davantage de soutiens officiels parmi les élus. Son dernier trophée ? L'influent député travailliste Jon Cruddas, qui lui a donné sa préférence jeudi dans le New Statesman. Le nom du vainqueur sera proclamé le 25 septembre, lors de la conférence annuelle du Parti travailliste à Manchester.

Une chose est sûre, il est un soutien que ni l'un ni l'autre ne parviendront à obtenir : Marion Miliband, leur mère, a déjà annoncé qu'elle soutenait la candidate Diane Abbott.

 

Marion Solletty
http://mobile.lemonde.fr/europe/article/2010/08/26/royaume-uni-les-freres-miliband-entrent-en-guerre-pour-conquerir-le-labour_1402634_3214.html

Sélection de liens :

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Le chef des armées françaises annonce de nouvelles guerres

 

Article placé le 22 sept 2010, par Agata Kovacs (Genève)

 

Le 15 septembre dernier, à l’Ecole militaire, l’amiral Edouard Guillaud, chef d’état-major des armées françaises, a délivré un message pour le moins surprenant, qui n’a rencontré aucun écho dans les médias.

  

http://www.mecanopolis.org/wp-content/uploads/2010/09/guillaud1.png

    

  

Ce jour là, face à l’amiral Guillaud, une centaine d’officiers supérieurs, parmi lesquels les futurs généraux français et quelque 40% de militaires étrangers. C’est le Canard enchaîné qui rapporte, dans son édition du 22 septembre, les propos du chef d’état-major :


« Le spectre de la guerre ne peut être écarté. La seule question étant la forme qu’elle prendra », a indiqué l’amiral. Et d’argumenter ainsi : « Depuis la première fois depuis la Renaissance, les puissances occidentales, notamment européennes,  pourraient perdre leur suprématie militaire dans les trente prochaines années [face a des puissances émergentes] décomplexées, concurrentes, offensives et parfois provocatrices ». Façon de décrire « un monde où le retour à la guerre est un triste réalité ». Un monde où il ne faut plus trop compter sur les État-Unis car « la puissance américaine, encore inégalée, est fragilisée par la crise financière.»


Sans la moindre modération dans ses propos, note le Canard Enchainé, l’amiral Guillaud a énuméré les multiples raisons de se faire bientôt la guerre : prolifération nucléaire, développement des missiles balistiques, terrorisme, conflits pour le pétrole, pour l’accès à l’eau, pour des « enjeux alimentaires », etc. Enfin, il a décrété que « les inégalités des croissances démographiques peuvent générer des exodes migratoires massifs [pouvant déstabiliser] des pays développés ». Voilà un discours, assurément aligné sur ce que pensent les patrons des armées allemandes et israéliennes, qui laisse songeur.


Agata Kovacs, pour Mecanopolis 

 

http://www.mecanopolis.org/?p=19728&type=1

 

 

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Dessin de Willy Stöwer sur la catastrophe.  Titanic, wikipedia

 

Avis de décès:

La superpuissance américaine est morte !

 

L’avis de décès est paru le 4 septembre dernier, à la Une du New York Times, sous la plume de Thomas Friedman, trois fois prix Pulitzer, qui signe un article intitulé Superbroke, Superfrugal, Superpower? : la superpuissance américaine est morte.
  
On ne peut guère soupçonner Friedman d’être un pacifiste, anti-impérialiste et liberal (au sens américain du terme, c’est-à-dire très à gauche) : partisan de l’intervention américaine en Irak en 2003, il était alors persuadé que Saddam Hussein détenait des « armes de destruction massive » et critiquait très durement la position française sur ce dossier. Aujourd’hui, dans son article cité en référence, il décrit l’Europe comme wimpy : peureuse, froussarde, une poule mouillée. Bref, Friedman est un « patriote américain » et il a dû rédiger cet article avec un nœud dans l’estomac.
  
Les raisons de ce décès ? L’État fédéral, les États fédérés et les ménages américains sont ruinés, après des décennies de vie à crédit et de désindustrialisation. Le dessin humoristique que nous avions reproduit dans notre billet de mars 2009, Le jour où le dollar s’effondrera, est plus que jamais d’actualité : les États-Unis ne produisent plus que de la dette… et des pauvres (un Américain sur sept vit sous le seuil de pauvreté, se nourrissant grâce aux food stamps, l’équivalent moderne de la soupe populaire).
  
  
Les étapes de la dégringolade
  
Il est fort probable que les élections de novembre enverront au Sénat et à la Chambre des représentants une majorité d’élus républicains tendance populiste qui vont tirer à boulets rouges sur les « incapables de Washington » et le « socialiste Obama ». La paralysie de l’État fédéral, le trouble et le chaos politique sont donc assurés pour les deux prochaines années. Compte tenu de l’état dramatique des finances publiques, la « note » des États-Unis va être dégradée par les agences spécialisées type Moody’s et la glissade va démarrer, sans que rien puisse l’arrêter : nouvelle crise financière, effondrement du dollar, bref un scénario qui ressemblera peu ou prou à celui du billet que nous avons rappelé plus haut.

  
Les Anglais l’ont d’ailleurs bien compris : dans une situation presque analogue à celle des États-Unis et non protégés par le rempart de « quasi-zone Mark » que constitue l’Euro, ils se sont empressés de mettre en place un plan de réduction des déficits publics absolument ahurissant afin de jouer les « fayots » auprès des marchés financiers et de ne pas se trouver pris dans le maelström américain. Ce plan va appauvrir encore un peu plus – s’il était possible -  la lower middle class anglaise mais le Premier ministre Cameron et son ministre des Finances Osborne ne sont pas à cela près pour sauver les fortunes de la City.
  
  
Un autre monde
  
Il va donc nous falloir « apprendre à comprendre » un autre monde où les règles du jeu seront fondamentalement différentes :

  • Le dicton selon lequel « ce qui est bon pour General Motors est bon pour l’Amérique » appartient désormais au passé : les États-Unis en tant que pays et les ménages américains vont se retrouver le nez dans la poussière, mais pas les très grandes entreprises américaines (voir notre billet Le monde selon Picsou) qui ne seront bientôt pas plus américaines que britanniques ou chinoises.
    Nous retrouvons là une des caractéristiques majeures de ce début du XXIe siècle : le capital est devenu totalement apatride, son lien avec un pays d’origine est de plus en plus ténu. Le capital va où il y a de l’argent, il n’est pas - ou plus - patriote.
  • Dans ces conditions, parler encore d’« impérialisme américain » est de plus en plus risible. Comme les enfants, c’est jouer à se faire peur avec un grand méchant loup qui perd aujourd’hui ses derniers crocs en Irak et en Afghanistan.
    L’« impérialisme » de demain sera apatride et l’apanage de très grandes entreprises qui ont désormais les moyens de se payer des armées privées pour mettre la main sur des puits de pétrole, des gisements de gaz, voire une zone géographique à l’intérieur d’un pays… mais la « main de Washington » ne sera bientôt plus que l’ombre de ce qu’elle fût : dès le sud du Rio Grande, elle rencontrera l’opposition mexicaine ou brésilienne.
  • Pour la première fois depuis un siècle et demi, nous allons vivre dans un monde où il n’y a plus de leader mondial, la Chine n’ayant pas, à ce stade, la capacité de remplacer dans ce rôle les empires britannique puis américain. Dans ce nouveau Moyen-Âge que nous avons déjà évoqué, il n’y aura plus d’acteur central autour duquel tout gravitera mais, suivant les régions et les périodes, des figures dominantes constamment challengées.
    Le « jeu » politique, économique, financier, militaire et diplomatique va donc devenir beaucoup plus complexe et confus avec, dans les principaux rôles, d’une part des TGE qui vont renforcer leur puissance, d’autre part des États occidentaux affaiblis ou en voie d’affaiblissement, enfin les États du groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) encore sur une pente ascendante, au moins pour quelque temps. Ces différents acteurs vont, au gré des circonstances et de leurs intérêts, s’allier ou se combattre, sans oublier tout le registre intermédiaire entre ces deux extrêmes.
En 1992, après la chute du mur de Berlin et la disparition de l’URSS, l’écrivain américain Francis Fukuyama défendait l’idée selon laquelle nous avions atteint la « fin de l’histoire », la démocratie libérale étant l’objet d’un consensus mondial… C’est évidemment tout le contraire qui est en train de se produire : l’histoire du XXIe siècle sera celle de la complexité.
  
http://lalettredulundi.fr/2010/09/25/sic-transit/

 

 

 

Suite précédent article:

 

ABANDONNÉS DANS LA POUSSIÈRE
L’héritage radioactif légué par AREVA au Niger

GREENPEACE
Mai 2010

 

LE REPORTAGE :

http://www.dailymotion.com/video/xd7diw_abandonnes-dans-la-poussiere_news?start=108#from=embed



La version intégrale du rapport (en français)

http://www.greenpeace.org/raw/content/france/presse/dossiers-documents/abandonnes-dans-la-poussiere.pdf



Le résumé du rapport « Abandonnés dans la poussière » (en français)
( ci-dessous)

Niger: la dépendance énergétique française, la prise de risque

Greenpeace, le 17 septembre 2010

http://energie-climat.greenpeace.fr/niger-la-dependance-energetique-francaise

Suite à l’enlèvement de sept personnes, dont cinq Français travaillant pour Areva et Satom (groupe Vinci),

survenu aujourd’hui au Niger, Greenpeace met en lumière la dépendance énergétique de la France liée

aux importations d’uranium.

 

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© Greenpeace / Philip Reynaers

 

 

 Le nucléaire met en danger la sécurité et l’indépendance énergétique française

Le gouvernement français et l’industrie nucléaire vantent l’indépendance et la sécurité énergétique

que l’atome est supposé apporter à la France, qui afficherait un taux d’indépendance énergétique de 50%.
Ce chiffre ne correspond à aucune réalité puisqu’il ne prend pas en compte les importations d’uranium.

Le gouvernement utilise ce chiffre comme si l’uranium était produit sur le sol français !

Et pourtant la dernière mine française a fermé en 2001. En 2007, plus d’un tiers de l’uranium acheté

par Areva provenait du Niger, pays très instable et dangereux, comme le montre le terrible enlèvement

de sept personnes survenu aujourd’hui.
 
Areva fait grandir ses projets d’extraction au Niger

Depuis plus de quarante ans, au Niger, Areva exploite l’uranium sur deux gisements

situés dans la région d’Arlit et d’Akokan (Nord). Ces deux mines produisent chaque année 3 000 tonnes

d’uranium. D’ici à 2012, Areva devrait ouvrir une troisième mine au Niger, qui produira 5 000 tonnes

de minerai par an.
 
A cette date, Areva compte donc tirer l’essentiel de sa production d’uranium de ses mines nigériennes.

Aujourd’hui, l’uranium nigérien permet de fabriquer le combustible nécessaire pour faire carburer

une vingtaine des 58 réacteurs nucléaires français. Un chiffre qui devra donc être revu à la hausse,

augmentant considérablement la dépendance de la France vis-à-vis de ce pays très instable qu’est le Niger.
 
Au Niger, au Kazakhstan : l’approvisionnement en uranium est plus qu’incertain, la prise de risque énorme…

La situation d’Areva au Niger est tendue depuis plusieurs années : en 2007, un conflit avait opposé

l’industriel et le gouvernement nigérien sur l’exploitation des mines d’uranium, conflit qui avait

finalement abouti sur un accord qui avait multiplié par deux le prix de la livre d’oxyde d’uranium.

Le second gros fournisseur d’Areva et de la France en uranium est le Kazakhstan (objectif de

production de 4 000 tonnes par an), un pays au régime présidentiel autoritaire qu’on peut difficilement

considérer comme un modèle de démocratie.
 
Une exploitation au mépris des populations et de l’environnement

Malgré la richesse de son sous-sol minier, le Niger se classe au dernier rang de l’indice de

développement humain. Plus de 40 % des enfants nigériens présentent une insuffisance pondérale,

le pays souffre de pénuries d’eau et près des trois-quarts de la population sont analphabètes.

L’exploitation des mines d’uranium ne rapporte rien à la population.
 
En novembre 2009, Greenpeace s’est rendue au Niger pour effectuer des prélèvements des sols,

de l’air, de l’eau dans les villes minières d’Arlit et d’Akokan, qui abritent 80 000 Nigériens.

Dans son rapport Abandonnés dans la poussière paru en mai dernier, Greenpeace a révélé des

concentrations anormales d’uranium dans le sol et de radon, un gaz naturel radioactif, dans l’air,

ou encore la présence sur un marché d’objets radioactifs recyclés, provenant des mines. Par exemple,

quatre échantillons d’eau recueillis dans la région d’Arlit sur cinq présentaient une concentration

d’uranium supérieure à la limite recommandée par l’Organisation mondiale de la santé pour l’eau potable…

Au Kazakhstan, la situation écologique, environnementale et sanitaire est elle aussi critique,

comme on peut le lire, sur le site du ministère des Affaires étrangères français : « Un récent rapport

scientifique indique que les régions orientales et occidentales du Kazakhstan sont considérées

comme en état de désastre écologique, notamment du fait de la pollution radioactive et chimique.

En outre, la radioactivité présente à Almaty et sa région est largement supérieure à la normale

et expliquerait principalement les nombreux cas de cancer recensés. »



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ABANDONNÉS DANS

LA POUSSIÈRE

L’héritage radioactif

légué par AREVA au Niger

Résumé Mai 2010

GREENPEACE

http://www.greenpeace.org/raw/content/france/presse/dossiers-documents/

rapport-niger-areva-resume-fr.pdf

Le Niger est l’un des pays les plus pauvres du monde. Il se classe au dernier rang

de l’Indice de développement humain, établi par le Programme des Nations Unies

pour le développement (PNUD). Plus de 40 % des enfants nigériens présentent

une insuffisance pondérale, le pays souffre de pénuries d’eau et près des

trois-quarts de la population sont analphabètes1. Pourtant, les ressources

naturelles du Niger permettent au géant français du nucléaire, AREVA,

d’engranger des milliards de dollars de profits. La société classée au Fortune  

5002 extrait de l’uranium – minerai dont la grande valeur n’a d’égal que la

dangerosité – tout en laissant derrière elle une pollution environnementale

qui perdurera pendant des siècles, non sans risques pour la santé des Nigériens.

Résumé

Le géant de l’énergie nucléaire AREVA tente de lancer une nouvelle révolution

nucléaire. Déjà implanté dans plus de 100 pays à travers le monde, le groupe

français a adopté une stratégie agressive pour partir à la conquête de

nouveaux marchés. Ses experts en communication redoublent d’efforts

pour convaincre les gouvernements, les investisseurs et le grand public –

désireux de disposer d’une énergie propre – que l’énergie nucléaire est

désormais une technologie sûre, propre et « écologique ». Les effets

dévastateurs engendrés par cette conception erronée et inquiétante

se font d’ores et déjà sentir.

Pour produire de l’énergie, les centrales nucléaires doivent être alimentées

en uranium. Or l’extraction de ce minerai fait appel à des procédés

particulièrement polluants et destructeurs, dont les effets catastrophiques

sur les communautés vivant à proximité des mines et sur l’environnement

peuvent perdurer pendant des milliers d’années. Le Niger est l’un des pays

où ces effets néfastes sont les plus prégnants.

Pays d’Afrique de l’Ouest enclavé par le Sahara, le Niger affiche l’Indice

de développement humain le plus bas de toute la planète. Un désert aride,

des terres cultivables rares et une grande pauvreté sont des facteurs

extrêmement problématiques. Mais si le pays pâtit d’un taux de chômage

élevé, d’un faible niveau d’éducation, de l’analphabétisme, d’infrastructures

médiocres et d’une instabilité politique, il possède en revanche un sous-sol

riche en ressources minérales, notamment en uranium.

Les activités d’extraction minière, lancées par AREVA dans le Nord du Niger

il y a 40 ans, auraient dû augurer le sauvetage économique d’une nation qui

figure parmi les plus démunies. Cependant, les activités menées par AREVA

se sont avérées en grande partie destructrices. Les détonations et le forage

dans les mines ont entraîné la formation de grands nuages de poussière, des

déchets industriels et de la boue se sont entassés à ciel ouvert et le

déplacement de millions de tonnes de terre et de roches pourrait contaminer

les réserves d’eau souterraines, qui sont en train de s’épuiser rapidement

en raison d’une exploitation industrielle abusive.

Au vu de la négligence dont fait preuve AREVA dans sa gestion du processus

d’extraction, des substances radioactives peuvent être rejetées dans l’air,

puis s’infiltrer dans la nappe phréatique et contaminer les sols avoisinant

les villes minières d’Arlit et d’Akokan. Cette pollution endommage l’écosystème

de façon permanente, tout en engendrant de multiples problèmes sanitaires

pour la population locale.

En effet, l’exposition à la radioactivité peut causer, entre autres, des problèmes

respiratoires, des malformations à la naissance, des leucémies et des cancers.

Les maladies et les problèmes de santé sont nombreux dans cette région, et le

taux de mortalité lié aux pathologies respiratoires y est deux fois plus élevé

que dans le reste du pays3.

Cependant, pour aucun de ces impacts AREVA n’assume ses responsabilités.

En réalité, les hôpitaux sous le contrôle de cette entreprise ont été accusés

d’avoir commis des erreurs de diagnostic, attribuant au sida des pathologies

cancéreuses4.

AREVA prétend qu’il n’y a jamais eu de cas de cancers imputables aux activités

minières en quarante ans d’activité5, passant sous silence le fait que les hôpitaux

locaux n’emploient pas de médecins du travail, empêchant ainsi d’établir tout

diagnostic d’une maladie liée au travail.

L’agence gouvernementale chargée de surveiller ou de contrôler les actions d’AREVA

manque d’effectifs et de ressources6.

Depuis des années, des ONG et des organismes internationaux tentent de tester et

d’évaluer les niveaux de radiation anormalement élevés auxquels est exposé le Niger.

Mais les impacts de l’extraction d’uranium n’ont encore jamais fait l’objet d’une

évaluation exhaustive et indépendante.

Toutefois, au mois de novembre 2009, Greenpeace, en collaboration avec le

laboratoire français indépendant de la CRIIRAD7 et le réseau nigérien d’ONG

ROTAB8, a pu effectuer une étude scientifique succincte de la zone, mesurant

la radioactivité de l’eau, de l’air et des sols à proximité des villes minières où

opère AREVA.

Si les résultats de cette étude ne sont pas exhaustifs, ils n’en demeurent pas

moins alarmants :

• Après quarante ans d’activités, un total de 270 milliards de litres d’eau ont été

utilisés, contaminant ainsi les réserves d’eau et asséchant l’aquifère, qui prendra

des millions d’années à se reconstituer.

• Sur quatre des cinq échantillons d’eau prélevés par Greenpeace dans la région

d’Arlit, la concentration en uranium était supérieure à la limite recommandée par

l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’eau potable. Les données historiques

indiquent une augmentation progressive de la concentration en uranium au cours

des 20 dernières années, ce qui peut être révélateur de l’impact des opérations

minières. Certains échantillons d’eau contenaient même du gaz radioactif

dissous, le radon.


 
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http://www.greenpeace.org/international/ReSizes/OriginalWatermarked/Global/international/photos/nuclear/2010/leftinthedust.jpg

• Une mesure effectuée au poste de police d’Akokan a révélé une concentration

en radon dans l’air de trois à sept fois supérieure aux niveaux habituellement

relevés dans cette zone.

• Des particules de poussière fines ont révélé une augmentation de la concentration

de la radioactivité deux à trois fois supérieure aux particules à gros grains. Les

niveaux supérieurs d’uranium et de produits de décomposition décelés dans les

petites particules qui se diffusent facilement sous forme de poussière sembleraient

indiquer des risques supérieurs d’inhalation ou d’ingestion.

• La concentration en uranium et autres matériaux radioactifs relevés dans un

échantillon du sol, prélevé à proximité de la mine souterraine, était environ 100

fois supérieure aux niveaux normalement mesurés dans la région, dépassant

les limites d’exemption fixées au niveau international.

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• Dans les rues d’Akokan, le niveau des taux de radiation était environ 500 fois supérieur

aux niveaux normaux de fond. Une personne passant moins d’une heure par jour dans

cet endroit serait donc exposée à une radiation supérieure au taux maximal annuel

autorisé.


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• Même si AREVA prétend que, désormais, aucun matériau contaminé ne sort des

mines, Greenpeace a trouvé plusieurs morceaux de ferraille radioactive sur le marché

local d’Arlit, présentant des taux de radiation supérieurs à 50 fois les niveaux de fond

habituels. Les populations locales se servent notamment de ces matériaux pour

construire leurs habitations.

À la fin du mois de novembre 2009, suite à la publication par Greenpeace d’une partie

des premiers résultats de l’étude, AREVA a dû agir. Certains endroits radioactifs

indiqués par Greenpeace dans un des villages miniers ont été nettoyés. Cependant,

ce « nettoyage limité » n’atténue en rien le besoin d’effectuer une étude exhaustive

afin que toutes les zones soient sécurisées pour la population locale.


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Greenpeace demande à ce qu’une étude indépendante soit réalisée autour des mines

et des villes d’Arlit et d’Akokan, suivie d’un nettoyage et d’une décontamination

complète. Il est indispensable de mettre en place des contrôles permettant de

garantir que les activités d’AREVA respectent les normes internationales en

matière de sécurité et l’environnement, et tiennent compte du bien-être des

employés et des populations vivant à proximité des sites miniers. AREVA doit

joindre le geste à la parole et agir comme l’entreprise responsable qu’elle

prétend être. Elle doit informer ses employés ainsi que la population locale

des risques liés à l’exploitation d’uranium, car bon nombre de personnes

au Niger n’ont encore jamais entendu parler de radioactivité et ne comprennent

pas que les mines d’uranium représentent un danger.


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Les habitants d’Arlit et d’Akokan continuent à vivre entourés d’air empoisonné, de t

erres contaminées et d’eau polluée. Jour après jour, les Nigériens sont exposés

aux radiations, à la maladie et à la pauvreté, pendant que leurs ressources naturelles

permettent à AREVA de réaliser des profits gigantesques. La population nigérienne

mérite de vivre dans un environnement sûr, propre et sain et de partager les

bénéfices provenant de l’exploitation de ses terres.

Les efforts accomplis par AREVA pour impulser une « renaissance du nucléaire »

empoisonnent et risquent de faire disparaître les éléments essentiels à la vie-même

des populations locales : leur air, leur eau et leur terre.

Ce rapport montre que l’énergie nucléaire joue avec nos vies, notre santé et

notre environnement, et ce dès le début du cycle nucléaire, à savoir l’extraction

minière d’uranium.

Le nucléaire est une source d’énergie dangereuse et sale qui n’a pas sa place dans

un avenir énergétique durable. Greenpeace appelle à la mise en marche d’une

révolution énergétique, fondée sur l’efficacité énergétique et des énergies

renouvelables, abordables et sûres.

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1 Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Human Development Report 2009 -

Niger,

http://hdrstats.undp.org/en/countries/country_fact_sheets/cty_fs_NER.html  

(consulté en mars 2009)

2 http://money.cnn.com/magazines/fortune/global500/2009/snapshots/11244.html  

(consulté

en mars 2009)

3 Chareyron B., Note CRIIRAD N°08-02, AREVA : Du discours à la réalité. L’exemple des mines

d’uranium au Niger,

30/01/08

4 Sherpa, LA COGEMA AU NIGER - Rapport d’enquête sur la situation des travailleurs de la SOMAÏR

et COMINAK, filiales

nigériennes du groupe AREVA-COGEMA, 25 avril 2005, p. 18.

5 AREVA , Areva au Niger, janvier 2009, p. 17.

6 Entretien avec Hamadou Kando, inspecteur et responsable des services techniques du Centre

national de radioprotection

(CNRP), Niamey, Niger, novembre 2009.

7 CRIIRAD : Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité.  

www.criirad.org

8 ROTAB : Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire.

 www.rotabniger.org

 

 

 

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Published by eva R-sistons - dans International
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eva R-sistons 27/09/2010 20:29



Vero, pour moi chaque goutte de sang est précieuse, chaque vie. Toute vie est unique, sacrée... je t'embrasse, eva



vero 26/09/2010 16:38



Coucou Eva,


Oui beau tissu de conneries, visiblement de cher fred n'a rien compris à ce qui ce trame dans le monde et dans notre cher pays. Pauvre Fred, tu prends la parole sur des sujets auquel tu n'as
aucune connaissances, je pense qu'il est préférable que tu te taises ou bien discuter qu'avec des personnes de ton niveau !! qui apparemment est bien bas. 


Bonne continuation chère Eva et prends soin de toi. 



eva R-sistons 26/09/2010 00:37



Au fait, Amen ?


Dieu cautionne les guerres ? ("Tu ne tueras point", Bible)



eva R-sistons 26/09/2010 00:36



Quel tissu de conneries !


On a déjà parlé ensemble ????


IL FAUT que le sang coule. Pourquoi ? La guerre ne solutionne rien, MAIS multiplie les problèmes (ET les souffrances)


Oui à la politique de Sarkozy ? bigre !


eva



Fred 26/09/2010 00:00



Bonjour Eve


Ca fait longtemps qu'on a pas parlé ensemble


Je vais te dire un truc Eve. Il faut la guerre . Non pas que je soir contre l'iran ou israel car ces deux pays ont le droit d'exister comme la palestine


La guerre est le passage necessaire


On a pas le choix


Tu comprendras apres


Je dis oui a la politique de sarkozy


et je dis oui il faut aller manifester contre les retraites


Voila Eve


Tu verras il y a pas d'autres solutions possibles


La guerre est necessaire. le bloquage du pays est necessaire


Tout est lié. Il faut que le sang coule


AMEN



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