14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 00:46

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Sommaire:  

 

Le Monde va mal. Alors que Bilderberg se prépare, le maillage devient de plus en plus serré. Les pays sont occupés. Les libertés, étouffées.

 

 - Introduction à cette parution, par eva R-sistons

 - En juin, le cirque du G8/G20. Un texte à lire absolument !

 - L'ennemi intérieur: la guerre sale

 - Déclaration universelle des Droits de la Terre-Mère

  

Toile d'araignée,  

par Eva R-sistons:

   

Je veux aller toujours plus loin dans la compréhension du monde actuel, découvrir et présenter ce qui nous attend. Une mafia de financiers a pris le pouvoir, les citoyens seront tous considérés comme des ennemis potentiels - qu'il faudra d'ailleurs pressurer au maximum -, condamnés à se soumettre ou à se démettre.

 

Au lieu d'être au service des peuples, du Bien public, de la Démocratie, ces Pouvoirs au service du Bien privé de quelques grands Etablissements financiers, et le plus souvent invisibles, s'apprêtent à tout verrouiller. Grâce aux Médias, seulement de propagande, la main-mise, le contrôle des esprits et donc des individus, sera total, comme dans les pires dictatures. D'autant que chacun sera bientôt invité à rester dans son coin, à travailler chez soi, à éviter les rassemblements - ceux provoqués par les utilisateurs de Facebook sont menacés à terme. L'heure est à l'isolement, pour mieux manipuler les citoyens via la Télévision.

 

Dans le futur, je suis sûre que les enfants n'iront plus à l'école, grâce à au télé-enseignement. Une formidable économie pour les Picsou au sommet ! Pas d'enseignants, pas de grèves, pas de congés maternité, et isolement des élèves. Chacun sera prié de rester dans sa prison personnelle ! Bienheureux d'avoir un toit... Comme le travail se raréfie et que le logement devient un luxe, gageons que l'avenir sera aux caravanes, aux tentes, aux voitures-"hôtels", comme aux USA. L'horreur est anglo-saxonne, encore et toujours... et il faut les prendre en exemple ???? Pfff...

 

L'humanité entre dans une phase nouvelle, de turbulences effroyables, au profit d'une poignée de salopards sans foi ni loi. La GB est au coeur de l'actualité ? Avec au coeur de tout, la City qui se repaît des malheurs des Etats - d'ailleurs en voie de décomposition totale - et des peuples. Le diable a pris le contrôle du monde. Pour le malheur de l'humanité.  Il faut le savoir, pour s'y opposer, chacun à sa façon. Mon arme à moi la journaliste-pacifiste, est l'information. A vous d'en tirer le meilleur et les enseignements qui vous seront personnels... Votre Eva

 

 

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En juin, le cirque du G8/G20 

 

Par François Marginean


On est reconnu pour ce à quoi est bon. Les Japonais sont reconnus pour leurs sushis, leurs robots et leurs sumos parce qu’ils sont bons dans ces domaines. Les Français font de grands vins et sont reconnus pour cela, ainsi que pour leur cuisine. Wall Street et les banquiers privés nous volent notre argent et détruisent consciemment l’économie en spéculant sur sa démise et ils sont reconnus comme étant excellent dans ce domaine. Les compagnies de mercenaires privés et de l’armement se spécialisent dans la destruction, la mort et la reconstruction et c’est ce qu’ils font, parce qu’ils excellent dans cette branche. Les pétrolières comme BP sont en train de devenir très reconnues pour polluer la planète entière avec leur déversement record de pétrole dans l’océan, comme nous en sommes témoins présentement, dans le Golfe du Mexique, avec leur "Tchernobyl pétrolier" catastrophique.


Nous, au Canada et au Québec, nous sommes très bons dans la production de cirque économique élitiste protégé par un appareil d’État policier répressif. Nous sommes en passe d’être reconnus pour nos mesures d’État policier, anti-démocratiques et liberticides. Pour le prouver encore une fois, le Canada est sur le point de recevoir le G8 suivi immédiatement par le G20 et les mesures de sécurité seront sans précédent. Parce que nous, la sécurité et les procédés répressifs, c’est notre force et nous en sommes fiers. La preuve ? Regardez notre impressionnant curriculum vitae :


- Québec, avril 2001 : Sommet sur la Zone de libre échange des Amériques (ZLEA)


Alors que les pouvoirs financiers et corporatifs poussent les politiciens à s’entendre sur un accord de libre échange des Amériques, la population est tenue à l’écart des discussions et des prises de décisions ayant des répercussions sur leur vie quotidienne par un mur de plusieurs dizaines de kilomètres entourant la vieille ville de Québec. Responsables de défendre ce "mur de la honte" et les chefs d’état reclus et déconnecté de la ville entière, se trouvent des milliers de policiers et militaires mobilisés pour l’occasion. Environ 6 000 policiers étaient prévus, en plus d’unités de l’armée stationnées non loin de là. Le mur de la honte, érigé avec des blocs en béton et de grillage par le gouvernement fédéral, renforçait l’impression de militarisation. Les magasins ont aussi reçu l’ordre de placarder leur vitrine. Scène de guerre... opposant le peuple aux autorités qui décident de leur futur à huis clos.


- Ottawa, juin 2006 : Sommet des Bilderberg


On les nomme le groupe Bilderberg et ils n’aiment pas discuter en public. Ceux qui suivent le groupe Bilderberg diront qu’ils ont incité l’Europe à adopter une monnaie commune, qu’ils ont mis en place Bill Clinton après avoir accepté d’appuyer l’ALENA et qu’ils prennent des décisions influençant le déroulement des évènements mondiaux. Ces rencontres réunissent les plus puissants de cette planète et demandent une protection contre le peuple encore plus intime que les agents de police d’Ottawa. Même ces policiers en uniforme étaient tenus de présenter leurs cartes d’identité à la demi-douzaine d’hommes en noir travaillant pour une société de sécurité privée nommée Globe Risk. Nous n’avons pas eu droit à la cavalerie flamboyante, car il s’agissait de garder cette rencontre le plus inaperçue possible, bien que les médias traditionnels n’aient pas eu bien le choix d’en parler puisque l’existence du groupe des Bilderberg est de plus en plus connue du public. Mais il demeure que la sécurité à l’extérieur de l’Hôtel Brookstreet a été beaucoup plus serrée que sur la colline du Parlement.


- Montebello, août 2007 : Réunion du Partenariat sur Sécurité et la Prospérité (PSP)


L’aboutissement de la ZLEA est le PSP, qui est une initiative des grands industriels et multinationales du Canada, des États-Unis et du Mexique pour créer une zone de libre échange, d’harmonisation (à la baisse) des régulations et règlementation étatiques, commerciales, économiques et de la main d’oeuvre, création d’une zone commune frontalière, ainsi qu’une intégration militaire transcontinentale. Encore une fois, la population est gardée à l’écart des discussions que nos politiciens entreprennent avec le secteur privé et des agents étrangers (trahison ?) par un appareil policier assez impressionnant. On pousse l’ignominie encore plus loin en voulant démoniser et discréditer les manifestants pacifiques en envoyant des policiers en agents provocateurs parmi la foule dans le but de faire de la casse devant les caméras des médias. Seul pépin pour eux, trois "manifestants" ont été mis à découvert et l’incident a été entièrement filmé et posté sur YouTube avant d’être repris par les médias traditionnels. La vidéo montre trois hommes masqués, dont l’un était armé d’une grosse roche, confrontant les manifestants pacifiques. Après que les hommes soient passés la ligne de police, puis ensuite immobilisés à terre, menottés et emmenés par les policiers, des photographies révéleront que leurs bottes correspondaient à celles des agents de police. Bien qu’ils aient d’abord nié que les individus en question étaient des agents provocateurs, la Sûreté du Québec a publié un communiqué de presse le 23 août en admettant que les trois manifestants étaient en fait des agents de la police en déguisement.


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Ce qui se passe réellement dans les coulisses pourrait avoir été révélé par le professeur Carroll Quigley, le mentor de Bill Clinton à l’Université de Georgetown. Un initié entretenus par les banquiers internationaux, M. Quigley a écrit dans La tragédie et l’espoir (Tragedy and Hope), en 1966 :


"Les pouvoirs du capitalisme financier ont un autre but de grande envergure, qui n’est rien de moins que de créer un système mondial de contrôle financier entre des mains privées, capable de dominer le système politique de chaque pays et l’économie du monde dans son ensemble. Ce système devait être contrôlé de manière féodale par les banques centrales du monde agissant de concert, par des accords secrets conclus à de fréquentes réunions et conférences privées." (Source)

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L’État policier canadien reçoit les sommets du G8 & G20


Puisque que le Canada est maintenant un expert en mesures de sécurité et d’État policier pour protéger la clique financière élitiste du reste de la population qui est affectée par leurs décisions prises derrière des portes closes, nous allons faire honneur à notre réputation. Le 26 et 27 juin prochain, nous serons les hôtes du sommet du G20, qui sera précédé par le sommet du G8, qui lui se tiendra le 25 et 26 juin 2010. Le sommet du G8 se tiendra à Huntsville, Ontario, alors que celui du G20 aura lieu au Metro Toronto Convention Centre à Toronto.


Les dirigeants mondiaux, ministres des finances, les gouverneurs de banques centrales, avec des milliers d’autres délégués assisteront à ces réunions secrètes. Et la cavalerie sera présente, en grand nombre. Il s’agira, en fait, du plus grand événement de l’histoire canadienne au niveau de la sécurité, surpassant de loin la sécurité présentée aux Jeux Olympiques de Vancouver. Le centre-ville de Toronto sera transformé en forteresse de sécurité avec des barrières, barricades, des points de contrôle et des fermetures de rues qui affecteront grandement les résidents locaux. Alors que les sommets G8/G20 attirera leur part des manifestants pacifiques, d’autres plus radicaux et de la frange peuvent essayer de capitaliser sur l’événement. Des agents provocateurs peuvent également être utilisés et leur comportement pourrait justifier une répression policière. Cela pourrait aussi être un moyen de diaboliser tous les manifestants, tout comme la tentative exposée de Montebello. Le sommet du G20 permettra d’approfondir les mesures d’État policier, ainsi que l’intégration progressive et constante de la police locale, provinciale, fédérale et de l’armée.


La sécurité qui sera déployée lors du prochain sommet du G20 sera la responsabilité du Groupe intégré de la sécurité (GIS) : "La GRC a mis sur pied le Groupe intégré de la sécurité (GIS), qui est composé de membres de la GRC, de l’OPP (pour ce qui est du G8), des Forces canadiennes, du service de police de Toronto, du service de police régional de Peel, ainsi que d’autres experts en sécurité et en application de la loi qui auront pour mandat d’assurer la sécurité des personnes jouissant d’une protection internationale (PJPI), des personnes de marque (PDM) et des communautés".


Ed Bolduc, un membre de l’équipe de planification du G20 et policier de la ville de Toronto a affirmé que "les Olympiques que vous avez vues récemment à Vancouver étaient en fait le plus grand déploiement de sécurité à prendre place au Canada. Le G20/G8 surpasse cela complètement". Il poursuit en déclarant "qu’il y aura une massive - absolument massive - présence des policiers et de la sécurité sur le terrain comme vous ne l’avez jamais vu". Il y aura une double clôture d’au moins trois mètres de haut, protégée par la GRC et la police. Le Globe and Mail rapportait qu’environ 10 000 policiers et 1000 gardes de sécurité seront déployés, avec un nombre non spécifié de soldats canadiens. Les dignitaires étrangers bénéficieront aussi de leurs propres éléments de sécurité. Les coûts associés à cette énorme cavalerie de la sécurité sont estimés à $179 millions de dollars par le gouvernement fédéral.


Les Forces canadiennes appuieront le Groupe de sécurité intégré (GSI) commandé par la GRC pour les prochains Sommets du G8 et du G20 qui auront lieu à Huntsville et à Toronto, Ontario en juin 2010. Elles fourniront l’appui avec "des ressources et des capacités militaires uniques fournies par l’armée, la marine et la force aérienne afin d’assurer la sécurité des participants aux Sommets et des Canadiens", nous dit-on sur leur site officiel.


Les tâches militaires associées aux Sommets comprennent la planification opérationnelle à grande échelle, la surveillance terrestre et aérienne, la sécurité sous-marine pour les lieux et certaines fonctions logistiques et de cérémonie. Le soutien comprend aussi d’obtenir de l’aide par le biais du partenariat continuel des FC dans le Commandement de la Défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD).


Le Commandement Canada est responsable des opérations de routine et de contingence des Forces canadiennes au Canada et en Amérique du Nord. Le Commandement coordonne aussi, au besoin, le soutien des FC aux autorités civiles canadiennes de maintien de l’ordre. Le soutien des FC aux Sommets du G-8 et du G-20 2010 sera conduit sous le commandement de la Force opérationnelle interarmées (Central) (FOI(C)), une des six forces opérationnelles régionales relevant du Commandement Canada. (http://www.canadacom.forces.gc.ca/daily/archive-summit-fra.asp)


On ne rit plus : "...le soutien des FC aux autorités civiles canadiennes de maintien de l’ordre". Ainsi, les militaires pourront assister les forces policières dans leur rôle du maintien de l’ordre. Ce n’est pas l’idée qu’on se fait généralement du Canada.


La sécurité commencera à être implémentée deux semaines avant le début du G8/G20. Pour accéder à la zone de sécurité, les résidents devront s’enregistrer ou être accrédités. Des zones de "liberté d’expression" (free speech zones) seront mises en place pour les manifestants et la police de Toronto a annoncé qu’ils utiliseraient un ancien studio de production de films comme prison temporaire pour enfermer les protestants indisciplinés durant l’évènement.


Nous avons déjà pu avoir un avant-goût de ce qui s’en vient lors du sommet du G20 alors que deux exercices d’entrainement ont eu lieu à Toronto ces derniers jours. Le premier était une simulation de prise d’otage dans le coeur du centre-ville de Toronto, comprenant la Toronto Police Emergency Task Force et du personnel privé de sécurité, ayant pour but de tester leur habilité de travailler de concert.


C’est que durant le G8/G20, les forces de sécurité privées vont jouer un rôle important dans le contrôle des foules et mesures d’urgences. Ceci fait intégralement partie de l’intégration des forces de la sécurité publique et privée. Le deuxième exercice d’entrainement a impliqué deux hélicoptères militaires CH-146 Griffon volant autour du Metro Toronto Convention Centre et qui ont atterrit en face de la célèbre Tour du CN. Ces exercices ont pour but de tester les capacités des forces de sécurité, de coordonner les actions des différents intervenants publics et privés, mais visent aussi à acclimater la population à une augmentation de la présence policière et militaire.


Mais plus que tout, c’est les protestations et la menace du terrorisme qui sont le plus utilisées pour justifier ces immenses opérations de sécurité extrêmement couteuses pour protéger une bande clowns qui débarquent en ville pour faire leur cirque à huis clos, sans consulter la population. Les rôles des militaires et des policiers semblent être de plus en plus interchangeables, tout comme leurs tactiques et leur entrainement qui militarisent sans cesse. Tout cela commence à ressembler toujours plus à une approche agressive envers le contrôle du public et de la dissidence. Ces évènements deviennent des pratiques pour de nouvelles mesures d’État policier répressives et d’occupation de style militaire.

http://www.newsoftomorrow.org


Photo: blogs.lexpress.fr/


Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-en-juin-le-cirque-du-g8-g20-sera-en-ville-avec-toute-la-cavalerie-50206795.html 

 

 

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Retour(s) à la « guerre sale » ?

 

Mathieu RIGOUSTE

L’expression « guerre sale » est trompeuse parce qu’elle laisse entendre qu’il existerait des guerres propres. Or, ce qu’on désigne généralement par ce terme, ce sont des techniques de guerre dans la population, de guerre contre le peuple, de guerre intérieure. L’armée française est mondialement connue pour son excellence dans ce domaine depuis qu’elle a expérimenté la doctrine de la guerre contre-révolutionnaire en Indochine, au Maroc et en Algérie dans les années 1950.

Il s’agit d’un système de techniques cherchant (en vain, l’histoire l’a montré à plusieurs reprises) à contrôler totalement la population en la soumettant par la peur, en lui désignant massivement des ennemis intérieurs à isoler et purger, en employant la manipulation, la provocation, le fichage et la surveillance, le quadrillage et l’internement, la criminalisation et la coercition. Il s’exprime généralement par une militarisation du contrôle et la prolifération industrielle contre la population colonisée d’agressions, de tortures, d’assassinats et de disparitions.

 

Naissance du système sécuritaire

Ce système est aussi appelé contre-insurrection, la police française se l’est approprié dès les années 1950, en tentant de l’appliquer au contrôle des communistes et des colonisés. A partir de 1968, l’État français comme nombre des États ayant adopté ces techniques dans leurs armées a commencé à transformer ce répertoire pour tenter de l’employer pour le contrôle social de la population en général et des classes populaires en particulier. C’est l’un des actes de naissance du système sécuritaire.

Depuis, ces pratiques se développent et se transforment là où l’État perçoit qu’il ne dispose plus du monopole de la violence légitime. Dans les quartiers populaires, contre les mouvements révolutionnaires et les résistances sociales, contre les peuples en lutte pour leur autodétermination, ces méthodes s’appliquent de manières différentes mais un schéma persiste : immuniser la population contre la subversion, faire participer la population à son propre contrôle, écraser toute forme d’insoumission.

On retrouve nombre de ces éléments dans les dernières opérations politico-policières contre des militants basques depuis un an : la disparition de Jon Anza, les rafles du 27 et 29 juin 2009 puis celles de la fin mars 2010 contre des militants de SEGI et de la gauche abertzale, des tortures et des menaces de torture à l’encontre de personnes interpellées au cours de ces rafles, des interrogatoires violents (avec menaces, mensonges et pressions), des incarcérations sous mandat anti-terroriste pour empêcher toute défense, des mises sous contrôle judiciaire pour briser la vie sociale, un matraquage médiatique de figures du « terroriste nationaliste ».

 

La fabrication de l’ennemi intérieur

Dans le cas des « Irlandais de Vincennes » en 1983, des « islamistes de Folembray » en 1994, des « anarcho-autonomes de Tarnac » en 2008 ou des « terroristes basques » cette année, on assiste à un même type de montage médiatico-policier : la construction médiatique et politique d’une « menace terroriste cachée dans la population » puis un « coup », en l’occurrence une rafle médiatisée où le pouvoir se présente comme un sauveur.

Dans de nombreux quartiers populaires encore, la police pratique une forme de « guerre larvée »(1) qui se manifeste par une surveillance et une répression permanente, des pressions, intimidations et provocations quotidiennes et des assassinats (dix en moyenne chaque année). Cette année, de Villiers-le-Bel à Tremblay en France, des stratégies d’occupation du territoire et de quadrillage militaro-policier ont fait face à des révoltes populaires. Là aussi, les médias dominants jouent un rôle fondamental pour présenter les principales victimes de la domination capitaliste comme les responsables du racisme, de la violence policière et de la misère.

Ce système de contention est couplé à une industrie de l’incarcération. L’arsenal juridique de la sécurité intérieure brise les vies de familles entières et remplit les prisons de pauvres issus de la colonisation. Les quartiers populaires comme les territoires colonisés servent en quelque sorte de réserves de chasse, de vitrines et de laboratoires. Dans la ZUP de Bayonne comme à l’encontre des jeunes de SEGI, le pouvoir se dévoile sur le mode de la guerre dans le peuple.

Le renouveau de la répression au Pays Basque rappelle la campagne d’extermination menée au début des années 1980 par les GAL (groupes para-policiers espagnols) et la complicité de l’État français parce qu’il en dérive. Ce sont les techniques de contre-insurrection employées contre ETA qui alimentent désormais le modèle d’encadrement politique du peuple basque.

Là comme ailleurs, lorsque le système sécuritaire fait face à des oppositions, des pratiques d’entraide et d’autonomie, il redéploie le répertoire de la contre-insurrection. Les différentes formes de la férocité policière dérivent bien d’un même système de domination. Celui-ci tient en divisant les forces qui lui résistent.

La violence policière dans les quartiers assure l’encadrement et la séparation des surexploités et des sur-opprimés issus de la colonisation, celle que la police applique contre « l’ultra-gauche » et les « terroristes nationalistes » permet de tenir en joug les classes populaires et petites-bourgeoises « blanches ». Mais comprenons bien qu’un même système d’exploitation et d’oppression produit et entretient ce régime de violence, car aujourd’hui comme hier, la solidarité entre les oppriméEs détermine leurs libérations respectives.

 

Mathieu Rigouste

Docteur en socio-histoire, chercheur à l’université Paris 8 Saint-Denis, il est également l’auteur de L’ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine, La Découverte, 2009.

 

(1) Entretien réalisé par l’auteur avec l’amiral Bernard Norlain, directeur de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale en 2007.

SOURCE : www.paysbasqueinfo.com

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Retour-s-a-la-guerre-sale.html    

 

 

Déclaration Universelle des Droits de la Terre Mère
 
Résolution de la Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre Mère
   
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Aujourd’hui notre Terre Mère est blessée et le futur de l’Humanité est en danger. Avec l’augmentation de la température globale de plus de 2°C, à laquelle le dénommé « Accord de Copenhague » risquerait de nous conduire, il y a 50% de chances que les dommages provoqués à notre Mère Terre soient totalement irréversibles. 20 à 30% des espèces seraient en danger de disparition. De grandes étendues de forêts seraient affectées, les sécheresses et inondations toucheraient diverses régions du monde, les déserts s’étendraient et la fonte des pôles et des glaciers des Andes et de l’Himalaya s’aggraverait. De nombreux États insulaires disparaîtraient et l’Afrique subirait une hausse de température de plus de 3°C. De ce fait la production d’aliments dans le monde réduirait, entraînant des effets catastrophiques pour la survie des habitants de vastes régions de la planète, et le nombre de personnes souffrant de la famine croîtrait de manière dramatique dans le monde, alors qu’il dépasse déjà le nombre de 1.020 millions de personnes.

 

Les multinationales et les gouvernements des pays dits « les plus développés », avec la complicité d’une frange de la communauté scientifique, nous imposent de discuter du changement climatique comme d’un problème réduit à l’augmentation de la température, sans se poser la question de la cause, qui est le système capitaliste.

 

Nous sommes confrontés à la crise finale du système de la civilisation patriarcale basée sur la soumission et la destruction des êtres humains et de la nature, qui s’est accélérée avec la révolution industrielle.

 

Le système capitaliste nous a imposé une logique de compétences, de progrès et de croissance illimitée. Ce régime de production et de consommation recherche le gain sans limites, séparant ainsi l’être humain de la nature, établissant une logique de domination sur celle-ci, transformant tout en marchandise : l’eau, la terre, le génome humain, les cultures ancestrales, la biodiversité, la justice, l’éthique, les droits des peuples, la mort et la vie elle-même.

 

Sous le capitalisme, le Terre Mère se transforme en une simple source de matières premières, et les êtres humains en moyens de production et en consommateurs, en personnes qui comptent pour ce qu’ils ont et non pour ce qu’ils sont.

 

Le capitalisme demande une puissante industrie militaire pour son processus d’accumulation et le contrôle des territoires et des ressources naturelles, réprimant la résistance des peuples. Il s’agit d’un système impérialiste de colonisation de la planète.

 

L’Humanité est face à une grande alternative : continuer sur la voie du capitalisme, du pillage et de la mort, ou s’engager sur le chemin de l’harmonie avec la nature et le respect de la vie.

 

Nous avons besoin de forger un nouveau système qui rétablisse l’harmonie avec la nature et entre les êtres humains. Il ne peut y avoir d’équilibre avec la nature que s’il y a équité entre les êtres humains.

 

Nous proposons aux peuples du monde de récupérer, revaloriser et renforcer les connaissances, les savoirs et les pratiques ancestrales des Peuples Indigènes, affirmés dans le vécu et la proposition de « Bien Vivre », reconnaissant à la Terre Mère comme un être vivant, avec lequel nous avons une relation indissoluble, une relation d’interdépendance, de complémentarité complémentaire et une relation spirituelle.

 

Pour affronter le changement climatique nous devons reconnaître la Terre Mère comme source de la vie et forger un nouveau système basé sur les principes :

- de l’harmonie et l’équilibre entre tous et avec tout - de la complémentarité, la solidarité et l’équité - du bien-être collectif et la satisfaction des besoins fondamentaux de tous en harmonie avec la Terre Mère - du respect des Droits de la Terre Mère et des Droits de l’Homme - de la reconnaissance de l’être humain pour ce qu’il est et non pour ce qu’il a - de l’élimination de toute forme de colonialisme, d’impérialisme et d’interventionnisme - de la paix entre les peuples et avec la Terre Mère.

 

Le modèle que nous demandons n’est pas un modèle de développement destructeur ni illimité. Les pays ont besoin de produire des biens et des services pour satisfaire les besoins fondamentaux de leurs populations, mais ils ne peuvent en aucun cas continuer sur cette voie du développement dans laquelle les pays les plus riches ont une empreinte écologique cinq fois plus grande que ce que la planète est capable de supporter. A ce jour on a déjà dépassé de plus de 30% la capacité qu’a la planète de se régénérer. A ce rythme de surexploitation de notre Terre Mère on aura besoin de deux planètes en 2030.

 

Dans un système d’interdépendances dont les êtres humains constituent une composante, il n’est pas possible de reconnaître des droits à la seule partie humaine sans provoquer un déséquilibre de tout le système. Pour garantir les droits humains et rétablir l’harmonie avec la nature, il est nécessaire de reconnaître et d’appliquer effectivement les droits de la Terre Mère.

 

Pour ce faire nous proposons le projet ci-joint

de Déclaration Universelle des Droits de la Terre Mère,

dans laquelle seraient consignés :

 

Le droit à la vie et à l’existence ;

Le droit d’être respecté ;

Le droit à la continuation de ses cycles et processus vitaux sans altération humaine ;

Le droit à maintenir son identité et intégrité comme être différencié, auto-régulé et interagissant ;

Le droit à l’eau comme source de vie ;

Le droit à un air propre ;

Le droit à la santé intégrale ;

Le droit d’être à l’abri de la contamination et de la pollution, des déchets toxiques et radioactifs ;

Le droit de ne pas être altérée génétiquement et modifiée dans sa structure, menaçant ainsi son intégrité ou fonctionnement vital et sain ;

Le droit à une restauration pleine et rapide des violations aux droits reconnus dans cette Déclaration causés par les activités humaines.

 

L’orientation que nous partageons est de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre pour rendre effectif l’Article 2 de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique qui détermine « la stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche les interférences anthropogéniques dangereuses pour le système climatique ».

 

Notre vision est d’exiger, sur la base du principe des responsabilités historiques communes mais différenciées, que les pays développés s’engagent sur des objectifs quantifiés de réduction des émissions qui permettent de faire revenir les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à 300 ppm, et ainsi limiter l’augmentation de la température moyenne globale à un niveau maximum de 1°C.

 

Mettant en exergue la nécessité d’une action urgente pour réaliser ces orientations et, avec le soutien des peuples, des mouvements et des pays, les pays développés devront s’engager sur des buts ambitieux de réduction des émissions, qui permettent d’atteindre les objectifs à court terme et maintenant notre orientation en faveur de l’équilibre du système climatique de la Terre, en accord avec l’objectif ultime de la Convention.

 

La « Vision partagée » pour « l’Action Coopérative sur le Long Terme » ne doit pas se réduire, dans la négociation sur le changement climatique, à définir la limite de l’augmentation de température et la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, elle doit aussi comprendre de façon intégrale et équilibrée un ensemble de mesures financières, technologiques, d’adaptation, de développement des capacités, de modèles de production, de consommation et d’autres éléments essentiels comme la reconnaissance des droits de la Terre Mère pour rétablir l’harmonie avec la nature. Les pays développés, principaux responsables du changement climatique, assumant leurs responsabilités passées et présentes, doivent reconnaître et honorer leur dette climatique dans toutes ses dimensions, comme étant la base pour une solution juste, effective et scientifique au changement climatique.

 

Dans ce cadre nous exigeons des pays développés qu’ils :

 

- Rendent aux pays en développement l’espace atmosphérique qui est occupé par leurs émissions de gaz à effet de serre. Cela passe par la décolonisation de l’atmosphère via la réduction et l’absorption de leurs émissions.

- Assument les coûts et les besoins de transfert de technologie des pays en développement dus à la perte de chance de se développer causée par le fait de vivre dans un espace atmosphérique restreint.

- Prennent la responsabilité des centaines de millions de personnes qui devront migrer du fait du changement climatique qu’ils ont provoqué et qu’ils éliminent leurs politiques restrictives de migration et offrent aux migrants une vie digne avec tous les droits, dans leurs pays.

- Assument la dette d’adaptation liée aux impacts du changement climatique dans les pays en développement en leur fournissant les moyens de prévenir, minimiser et de prendre en charge les dommages qui découlent de leurs émissions excessives.

- Honorent ces dettes comme une partie de la dette supérieure envers la Terre Mère, en adoptant et en appliquant la Déclaration Universelle des Droits de la Terre Mère aux Nations Unies.

 

L’objectif doit être non seulement une compensation économique, mais aussi principalement une justice restauratrice - c’est à dire qui restitue l’intégralité aux personnes et aux membres qui forment une communauté de vie sue Terre. Nous déplorons la tentative faite par un groupe de pays d’annuler le Protocole de Kyoto, unique instrument légalement liant en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés.

 

Nous avertissons le monde que malgré l’obligation légale, les émissions des pays développés, au lieu de diminuer, ont augmenté de 11,2% entre 1990 et 2007. Les États Unis, du fait d’une consommation illimitée, ont augmenté leurs émissions de gaz à effet de serre de 16,8% entre 1990 et 2007, émettant en moyenne entre 20 et 23 tonnes annuelles de CO2 par habitant, ce qui représente plus de 9 fois les émissions d’un habitant moyen du Tiers Monde, et plus de 20 fois les émissions d’un habitant d’Afrique Subsaharienne.

 

Nous rejetons de manière absolue l’illégitime « Accord de Copenhague », qui permet à ces pays développés de marchander des réductions insuffisantes de gaz à effet de serre, sur la base d’accords volontaires et individuels, qui violent l’intégrité environnementale de la Terre Mère, en nous conduisant à une augmentation d’environ 4°C.

 

La prochaine conférence sur le Changement Climatique qui aura lieu à la fin de l’année à Mexico doit approuver l’amendement au Protocole de Kyoto, pour la deuxième période d’engagements débutant en 2013 et allant jusque 2017, dans laquelle les pays développés doivent s’engager sur des réductions domestiques significatives d’au moins 50% par rapport à l’année de référence 1990, sans inclure de marché carbone ni d’autre système de déviation qui viennent masquer le non accomplissement des réductions réelles des émissions de gaz à effet de serre.

 

Nous demandons à établir d’abord un objectif pour l’ensemble des pays développés pour ensuite réaliser l’assignation individuelle pour chaque pays développé, dans le cadre d’une comparaison des efforts réalisés par chacun d’eux, maintenant ainsi le système du Protocole de Kyoto pour les réductions des émissions.

 

Les États Unis d’Amérique, en leur qualité d’unique pays de la Terre selon l’Annexe 1 à ne pas avoir ratifié le Protocole de Kyoto, ont une responsabilité significative devant tous les peuples du monde, c’est pourquoi ils doivent ratifier le Protocole de Kyoto et s’engager à respecter et accomplir les objectifs de réduction des émissions à l’échelle de toute leur économie.

 

Les peuples ont tous les mêmes droits de protection face aux impacts du changement climatique et nous rejetons la notion d’adaptation au changement climatique, entendue comme la résignation aux impacts provoqués par les émissions historiques des pays développés, qui doivent adapter leur style de vie et de consommation face à cette urgence planétaire. Nous nous voyons forcés à affronter les impacts du changement climatique, en considérant les adaptations comme un processus et non comme une obligation, ainsi que comme un outil qui serve à le compenser, en démontrant qu’il est possible de vivre en harmonie avec un mode de vie différent.

 

Il est nécessaire de créer un Fonds d’Adaptation, qui soit un fonds exclusif destiné à affronter le changement climatique, et qui fasse partie d’un mécanisme financier manié et conduit de manière souveraine, transparente et équitable par nos États. Avec ce Fonds il est nécessaire d’être attentif : aux effets du réchauffement et leurs coûts dans les pays en développement et les besoins que ces effets induisent, et d’enregistrer et de piloter l’appui de la part de pays développés. Ce fonds doit de plus mettre en place un mécanisme d’indemnisation des dommages passés et futurs dus à l’impact du réchauffement, des pertes d’opportunités et des reconstructions causés par des évènements climatiques extrêmes ou graduels, et des coûts additionnels -comme ces effets qui sont en train d’entraver le droit de Bien Vivre- qui pourraient apparaître si notre planète dépasse les seuils écologiques.

 

L’« accord de Copenhague » imposé aux pays en développement par quelques États, non content de n’offrir que des ressources insuffisantes, prétend par lui même affronter les peuples et prétend extorquer les pays en développement en conditionnant l’accès aux ressources d’adaptation au changement à la prise de mesures de mitigation. De plus il établit comme étant inacceptable le fait que dans les processus de négociations internationales on essaie de catégoriser les pays en développement par leur vulnérabilité au changement climatique, ce qui crée des disputes, des inégalités et des ségrégations entre eux.

 

L’immense défi que nous affrontons en tant qu’espèce pour endiguer le réchauffement climatique global et refroidir la planète sera relevé seulement en engageant une profonde transformation de l’agriculture, dans le sens d’une modèle soutenable de production agricole paysanne et indigène/natifs, et d’autres modèles et pratiques ancestrales écologiques qui contribuent à résoudre le problème du changement climatique et assurent la Souveraineté Alimentaire -entendue comme le droit des peuples de contrôler leurs propres graines, terres, eau, ainsi que la production alimentaire, en garantissant, via une production en harmonie avec la Terre Mère, enracinée dans les terroirs et culturellement appropriée, l’accès des peuples à suffisamment d’aliments, variés et nutritifs, complétant ce que donne la Terre Mère, en approfondissant la production autonome (participative, communautaire et partagée) de chaque nation et peuple.

 

Le Changement Climatique est déjà en train de produire de profonds effets sur l’agriculture et sur les modes de vie des peuples indigènes/natifs et paysans du monde, et ces effets iront en s’aggravant à l’avenir.

 

Le commerce agricole, à travers son modèle social, économique et culturel de production capitaliste globalisée et sa logique de production d’aliments pour le marché et non pour respecter le droit à l’alimentation, est une des causes principales du changement climatique. Ses outils technologiques, commerciaux et politiques ne font qu’approfondir la crise climatique et augmenter la faim sur la planète. Pour cette raison nous rejetons les Traités de Libre Commerce et les Accords d’Association, ainsi que toutes les formes d’application des Droits de la Propriété Intellectuelle sur la vie, les technologies actuelles (agrochimiques, transgéniques) et celles qui se présentent comme de fausses solutions (agrocombustibles, géo-ingénierie, nanotechnologies, technologies Terminator et similaires) qui ne feront qu’intensifier la crise actuelle.

 

Dans le même temps nous dénonçons le fait que ce modèle capitaliste impose des mégaprojets d’infrastructures, envahit des territoires avec des projets d’extraction, privatise et marchandise l’eau, et militarise les territoires en expulsant les peuples indigènes et paysans de leurs territoires, en empêchant la Souveraineté Alimentaire et en approfondissant la crise socio-environnementale.

Nous exigeons que soit reconnu le droit de tous les peuples, les êtres vivants et la Terre Mère, d’accéder et de jouir de l’eau et nous appuyons la proposition du Gouvernement bolivien de reconnaître l’eau comme un Droit Humain Fondamental. La définition de la forêt utilisée dans les négociations de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique, qui inclue les plantations, est inacceptable. Les monocultures ne sont pas des forêts. Ainsi nous exigeons une définition destinée au commerce qui reconnaisse les forêts naturelles, la jungle et la diversité des écosystèmes de la terre.

 

La Déclaration de l’ONU sur les Droits des Peuples Indigènes doit être pleinement reconnue, mise en œuvre et intégrée aux négociations sur le changement climatique. La meilleure stratégie et action pour éviter la déforestation et la dégradation, et protéger les forêts naturelles et la jungle revient à reconnaître et garantir les droits collectifs des terres et territoires, en considérant spécifiquement que la plupart des forêts et jungles se trouvent sur les territoires des peuples et nations indigènes, communautés paysannes et traditionnelles.

Nous condamnons les mécanismes de marché, comme le mécanisme de REDD (réduction des émissions par la déforestation et la dégradation des forêts) et ses versions + et ++, qui violent la souveraineté des Peuples et leur droit au consentement libre, préalable et éclairé, tout comme la souveraineté des États nationaux, et violent les droits, us et coutumes des Peuples ainsi que les Droits de la Nature.

 

Les pays pollueurs sont obligés de transférer de manière directe les ressources économiques et technologiques nécessaires à payer la restauration et le maintien des forêts et jungles, en faveur des peuples et structures organiques ancestrales indigènes, originaires et paysannes. Cela devra constituer une compensation directe et additionnelle aux fonds et financements auxquels se sont engagés les pays développés, en dehors du marché carbone, et ne servant jamais comme les compensations de carbone (offsets). Nous demandons aux pays d’arrêter les initiatives locales en matière de forêts et jungles, basés sur des mécanismes de marché et proposant des résultats inexistants et conditionnés. Nous exigeons des gouvernements un programme mondial de restauration des forêts naturelles et des jungles, dirigé et administré par les peuples, engageant des mesures pour les graines forestières, fruitières et de flore autochtone. Les gouvernements doivent éliminer les concessions forestières et appuyer la conservation du pétrole sous terre, et faire cesser d’urgence les exploitations d’hydrocarbures dans les jungles.

 

Nous exigeons que les États reconnaissent, respectent et garantissent l’application effective des standards internationaux des droits humains et droits des peuples indigènes, en particulier la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples indigènes, l’accord 169 de l’OIT, parmi d’autres instruments pertinents, dans le cadre des négociations, des politiques et des mesures pour relever les défis lancés par le changement climatique. Nous demandons surtout aux États de reconnaître la préexistence de notre droit sur nos territoires, nos terres et ressources naturelles pour rendre possible et consolider nos formes traditionnelles de vie et contribuer activement à trouver une réponse au changement climatique.

 

Nous demandons la pleine et effective application du droit à la consultation, à la participation et au consentement préalable, libre et informé des peuples Indigènes dans tous les processus de négociation tels que la conception et la mise en œuvre des mesures relatives au changement climatique. Actuellement, la dégradation environnementale et le changement climatique atteignent un niveau des plus critiques, dont l’une des principales conséquences est la migration intérieure et internationale. Selon certaines études, en 1995, il existait environ 25 millions de migrants climatiques, aujourd’hui, on estime qu’il y en a 50 millions et qu’il y en aura en 2050 entre 200 millions à 1 milliard de personnes déplacées à cause de situations liées au changement climatique. Les pays développés doivent assumer leur responsabilité auprès des migrants climatiques, en les accueillant sur leur territoire et en reconnaissant leurs droits fondamentaux, à travers la signature d’accords internationaux se basant sur la même définition du migrant climatique afin que tous les Etats se mettent d’accord sur leurs objectifs. Constituer un Tribunal International de Conscience pour dénoncer, rendre visible, documenter, juger et sanctionner les violations des droits des migrants, des réfugiés et déplacés dans leurs pays d’origine, de transit et d’accueil, en identifiant clairement les responsabilités des États, des compagnies et des autres acteurs.

 

Le financement actuel destiné aux pays en développement et la proposition de la conférence de Copenhague sont infimes. Les pays développés doivent s’engager à un nouveau financement annuel, en plus de l’Aide Officielle au Développement et aux ressources publiques, d’au moins 6% de leur PIB pour faire face au changement climatique dans les pays en voie de développement. Ceci est possible puisqu’ils gaspillent une somme équivalente pour la défense nationale et qu’ils ont dépensé 5 fois plus pour sauver les banques et les spéculateurs en déroute. Cela remettrait sérieusement en question leurs priorités mondiales et leur volonté politique. Ce financement doit être direct, sans condition et ne pas affaiblir la souveraineté nationale des communautés et des groupes les plus affectés.

 

Étant donné l’inefficacité du mécanisme actuel, lors de la Conférence de México, on doit établir un nouveau mécanisme de financement qui fonctionne sous l’égide de la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique, en lui rendant des comptes, dotée d’une représentation significative des Pays en Voie de Développement pour garantir la tenue des engagements financiers des pays prévus par l’annexe 1. Il a été constaté que les pays développés ont augmenté leurs émissions durant la période 1990-2007, tout en déclarant que la réduction se verrait ajustée par les mécanismes de marché.

 

Le marché du carbone s’est transformé en une affaire lucrative, en faisant de notre Terre-Mère une marchandise. Cela ne représente en aucune façon une alternative pour affronter le changement climatique mais davantage un pillage, une dévastation de la terre, de l’eau et de la vie-même. La récente crise financière a démontré que le Marché est incapable de réguler le système financier, qu’il est fragile et instable face à la spéculation et l’apparition d’agents intermédiaires, par conséquent, ce serait une irresponsabilité totale de le laisser s’occuper et protéger l’existence humaine et de notre Terre-Mère.

 

Il est inadmissible que les négociations en cours prétendent la création de nouveaux mécanismes qui augmentent et promeuvent le marché du carbone alors que les mécanismes existants n’ont jamais résolu le problème du changement climatique et qu’ils ne se sont jamais transformé en actions concrètes pour la réduction des gaz à effet de serre.

 

Il est indispensable d’exiger la tenue des engagements pris par les pays développés dans la Convention-cadre Nations Unies sur le changement climatique en ce qui concerne le développement et le transfert de technologie, de même que le fait de rejeter la « vitrine technologique » proposée par des pays développés qui ne font que commercialiser la technologie. Il est fondamental d’établir des alignements pour créer un mécanisme multilatéral et multidisciplinaire pour le contrôle participatif, la gestion et l’évaluation continue des échanges de technologies. Ces technologies doivent être utiles, propres et socialement appropriés. De la même façon, il est nécessaire d’établir un fond de financement et un inventaire de technologies adéquates et libre de droit quant à la propriété intellectuelle en particulier, de brevets qui doivent passer de

monopoles privés au domaine publique, librement accessible et à bas coût.

 

La connaissance est universelle, et rien ne justifie qu’elle ou ses applications technologiques soient une propriété privée à usage privé. Il incombe aux pays développés de partager leur technologie avec les pays en voie de développement, de créer des pôles de recherches pour la création de technologies et d’innovations propres, ainsi que de défendre et d’encourager leur développement et leur application pour un mieux vivre. Le monde doit récupérer, apprendre, réapprendre les principes et les priorités de l’héritage ancestral de ses peuples natifs pour stopper la destruction de la planète, ainsi que les connaissances et les pratiques ancestrales, la spiritualité dans la réintroduction du mieux vivre en harmonie avec la Terre-Mère.

 

Considérant le manque de volonté politique des pays développés pour tenir leurs engagements et leurs obligations pris lors de la Convention-cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique et le Protocole de Kyoto, et face à l’inexistence d’une instance légale internationale qui avertisse et sanctionne tous ces délits et crimes climatiques et environnementaux perpétrés contre les droits de la Terre-Mère et de l’humanité, nous demandons la création d’un Tribunal International de Justice Climatique et Environnemental capable juridiquement d’avertir, de juger et de sanctionner les États, les entreprises et les personnes qui , par action ou par omission, polluent et provoquent le changement climatique.

Appuyer les États qui présentent des demandes à la Cour Internationale de justice contre les pays développés qui ne tiennent pas leurs engagements sous la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique et le Protocole de Kyoto incluant leurs engagements sur la réduction des gaz à effet de serre.

 

Nous invitons les peuples à proposer et à promouvoir une réforme profonde de l’Organisation de Nations Unies (ONU), afin que tous ses États-membres appliquent leurs décisions du Tribunal International de Justice Climatique et Environnementale. L’avenir de l’humanité est en danger et nous ne pouvons accepter qu’un groupe de gouvernants de pays développés veuille décider pour tous les pays comme ils ont tenté de le faire à la Conférence des Parts de Copenhague. Cette décision incombe à tous les peuples. C’est pourquoi, il est nécessaire de réaliser un référendum mondial, un plébiscite ou un consultation populaire sur le changement climatique dans lequel nous soyons tous consultés sur : le niveau de réduction des émissions que doivent effectuer les pays développés et les entreprises transnationales ; le financement par les pays développés ; la création d’un Tribunal International de Justice Climatique ; la nécessité d’un déclaration Universelle des Droits de la Terre-Mère ; La nécessité de changer l’actuel système capitaliste.

 

Le processus de référendum mondial, le plébiscite ou la consultation populaire sera le fruit d’un processus de préparation qui assurera son propre succès. Afin de coordonner notre action internationale et la mise en place des résultats du présent « Accord des Peuples », nous appelons à construire un Mouvement Mondial des Peuples pour la Terre-Mère qui se basera sur les principes de complémentarité et de respect de la diversité d’origine et de visions de ses membres, se constituant en un grand espace démocratique de coordination et d’articulation des actions au niveau mondial. A cette fin, nous adoptons le plan d’action mondial ci-joint pour que, à México, les pays développés de l’Annexe 1 respectent le cadre légal en vigueur et réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 50% et respectent les différentes propositions contenues dans cet Accord. Enfin, Nous projetons de réaliser la 2° Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre-Mère en 2011 , dans ce processus de construction du Mouvement Mondial des Peuples pour la Terre-Mère et en réaction face aux résultats de la Conférence du Changement Climatique qui se déroulera à la fin de l’année à Cancún, au Mexique.

 

Source http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4551

 

version originale : http://cmpcc.org/

22 avril, Cochabamba, Bolivie

Traduction : SM, GB et DMG

 
URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Resolution-de-la-Conference-Mondiale-desPeuples-sur-le-Changement-Climatique-et-le-Droits-de-la-Terre-Mere.html
 Amazonie-wikipedia-vue-aerienne-foret.png

 

 Amazonie, Wikipedia      

 

Mordechai Vanunu, qui a déjà passé 18 ans en prison pour avoir dévoilé des secrets sur le nucléaire..
 
Le ministère des affaires étrangères a émis une réponse étonnement forte mercredi après...
 
 
Les partisans du boycott ont une nouvelle tribune: Le Haaretz
 
Les partisans et artisans de la campagne BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions) viennent d'avoir un grand soutient. Le Haaretz, le journal de la gauche israélienne a publié ce lundi 10 mai 2010 un éditorial intitulé « Achetez des produits palestiniens ! ». L'article, signé d'Akiva Eldar, appelle carrément aux boycotts des produits fabriqués par (suite ici) :
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L’ambassadeur des Etats-Unis Charles L. Glazer et le ministre salvadorien de la Justice présente
 
ILEA : Les Etats-Unis préparent des polices amies à la guerre sale
Les vieilles méthodes de contre-insurrection sont de retour. Après avoir réactivé son réseau d’enlèvement et de séquestration dans 66 pays, Washington a réactivé la formation à la répression des régimes amis. Dans la plus grande discrétion, des « Académies de police » ont été ouvertes aux Etats-Unis, en Hongrie, en Thailande et au Bostwana. Une autre est en construction au Salvador. Le contenu de certains programmes est si peu avouable qu’il a été classifié
 
 
Devenez supplétifs du FBI, obtenez le droit de « tirer pour tuer »

Le FBI a enrôlé les employés de grandes sociétés, non seulement comme informateurs sur leurs clients, mais comme supplétifs pour le maintien de l’ordre en situation de loi martiale. Ce statut implique le droit de « tirer pour tuer ». Ce dispositif, créé durant l’ère Clinton, a été développé par George W. Bush lorsqu’il a institué le département de Sécurité de la Patrie durant sa « guerre à la terreur », et prorogé par Barack Obama.

http://www.voltairenet.org/article165278.html

 

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Grandeur et décadence de la suprématie US

http://www.voltairenet.org/article165354.html

 

L’indépendance suisse, de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui

http://www.voltairenet.org/article165262.html

 

 

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Rabbins pédophiles: http://veilleur.blog.lemonde.fr/2010/04/14/pedophilie-un-rabbin-new-yorkais-condamne-a-32-ans-de-prison/

 

 

   

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L’ODIEUSE TYRANNIE IMPOSÉE AU MONDE 

Fidel CASTRO

"Considérer les sans-papiers comme des terroristes permet à la police de tirer sur des gens rien que pour la couleur de leur peau, pour leur accoutrement, pour ce qu’ils ont à la main, voire pour leur manière de marcher". Notre époque se caractérise par un fait sans précédent : que l’impérialisme menace la survie de l’espèce humaine. Cette douloureuse réalité ne devrait surprendre personne. On la voyait s’imposer ces dernières décennies à un rythme accéléré et difficile à imaginer

http://www.legrandsoir.info/L-ODIEUSE-TYRANNIE-IMPOSEE-AU-MONDE.html

 

 

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De la société française clivée et trahie par ses élites...

Christian DELARUE

 

Le néolibéralisme est une arme de guerre. l’Union européenne des 27 est 3 fois plus inégalitaire que les Etats-Unis d’Amérique et 69% plus que la Russie."

 

On approche d’une période sensible ou les monstres de la destruction des sociétés peuvent proliférer et agir au détriment des forces de construction du social tant au plan national qu’au plan continental.  

 

1° La trahison multiforme des élites.(..)

* L’aide aux banques et l’austérité pour le peuple.(..)

* Les amortisseurs de crise ne sont pas renforcés.(..)

* Les quartiers de relégation sociale laissés à l’abandon.(..)

* Police partout , racaille partout et civilisation nulle part !(..)

2° La fracture contre la cohésion sociale et nationale (..)

3° Stopper les réformes destructrices du néolibéralisme, construire la civilisation. (..)

* Qu’est-ce que la civilisation ? (..)

* L’horreur européenne ! (titre du livre de Frédéric Viale ) (..)

* Perspective.(..)

http://www.legrandsoir.info/De-la-societe-francaise-clivee-et-trahie-par-ses-elites.html

 

 

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Big Pharma: Ceux qui font de nos vies une maladie

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19092

 

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