http://www.etudestsiganes.asso.fr/expositions/expositions.html
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Les tziganes peuvent mourir |
| Jean-Marie Dermagne |
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La photo « estivale » qui a secoué l’Italie (rappelez-vous : deux cadavres de gamines noyées, recouverts d’une serviette, abandonnés sous le regard bovin de deux bronzés pique-niqueurs de plage) a alimenté les conversations de comptoir et de sable comme les ‘blogs’. Les deux touristes indifférents à la présence des cadavres des jeunes filles ont bénéficié, le plus souvent, d’une assez large mansuétude, nourrie par des hypothèses favorables à leur indolence (d’ordre technique : la prise de vue a pu avoir un effet de compression qui les plaçait près des cadavres alors qu’ils en étaient très éloignés ; ou relevant de la critique historique : peut-être s’étaient-ils démenés auparavant pour tenter de les sauver). Peu de compassion, en revanche, pour les deux adolescentes noyées et leurs familles ! Facile à comprendre : comme ce sont des Roms, ça fait, dans l’inconscient collectif, « deux petites voleuses de moins ». |
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28 août 2008
Le 16 septembre prochain, les Tziganes tourneront leurs regards sombres, tristes et fiers vers Bruxelles où un Sommet européen se penchera sur les discriminations les plus graves qui les ostracisent. Beaucoup de pain sur la planche pour les dirigeants européens ! Le Courrier International du 1er août titrait : « Les Roms ou l’âme de l’Europe : fichés en Italie, méprisés ailleurs ». Et il rapportait qu’en Hongrie ou en Roumanie, 80 % des personnes interrogées refusent d’avoir des Roms dans leur voisinage et qu’en Espagne, où on pense pourtant que les Gitans ont bonne presse, une enquête de 2006 a révélé que 40 % des Espagnols ne veulent pas d’un Gitan à côté de chez eux ! Quant à l’hebdomadaire italien « Panorama », il a fait sa une du 10 juillet avec le titre « NATI PER RUBARE » (Nés pour voler) avec, comme légende, deux phrases aussi imbéciles que nauséabondes : " A peine sont-ils nés qu’on les dresse pour voler, détrousser, mendier. Et, s’ils n’obéissent pas , ce sont des coups et des violences". En 2005, a été lancée la « décennie d’inclusion des Roms ». Beau programme ! Les gouvernements des pays à forte population Tzigane (Bulgarie, Croatie, République tchèque, Hongrie, Macédoine, Monténégro, Roumanie, Serbie et Slovaquie) ont obtenu 34 milliards d’euros de fonds européens pour « combler le fossé en matière d’éducation, d’emploi, de santé et de logement ». Mais les résultats sont maigres… Lorsque les enfants roms sont envoyés à l’école, ils se retrouvent le plus souvent dans des écoles spéciales pour enfants « attardés » ce qui renforce l’opprobre et les préjugés. L’hebdo britannique « The Economist » résume la situation : « Pour les 4 à 12 millions d’européens désignés en général sous le nom de Roms ou de Tziganes, la vie se résume à ceci : ils sont parqués dans des zones qui les placent physiquement et psychologiquement en marge d’une existence normale tandis que le fossé qui les sépare de la modernité se creuse au lieu de se réduire »[1] . En Europe de l’Ouest, la mendicité à laquelle se livrent les Roms, souvent en compagnie d’enfants, provoque davantage le rejet, le mépris, voire la haine, que la charité ou la sollicitude. Et rien n’a plus la vie dure que la rumeur que cette mendicité est le fait de bandes organisées, de gangs ou de mafias. Rebecca, une petite Rom roumaine de 12 ans, a mendié elle aussi. C’était en Espagne, puis en Italie. Avant que ses dessins d’enfant ne soient repérés et publiés. Elle a raconté sa vie et celle de sa famille, notamment au quotidien espagnol « El Païs » : les baraquements de leur camp à Milan rasés par des pelleteuses sur ordre du préfet, sa maman qui « pleurait tout le temps » parce que « la vie dont nous rêvions était toute autre », sa tristesse parce que « les Roms sont haïs par beaucoup de gens ». Un poncif éculé véhicule la sottise d’un peuple Tzigane qui aurait choisi le nomadisme comme mode de vie et qui rejetterait toute intégration. Même si elle est encore baignée de légendes et de mythes, on connaît pourtant mieux l’histoire des Roms. Leurs ancêtres exerçaient, dans le nord de l’Inde, des métiers (tanneurs, fossoyeurs, éboueurs, etc.) nécessaires à la communauté mais considérés comme impurs. Ils n’avaient pas le droit d’être sédentaires et étaient hors castes, en quelque sorte « intouchables ». C’est déjà le mépris dont ils faisaient l’objet au sein de la société brahmane qui paraît les avoir chassés de l’Inde vers l’Europe à partir de l’an 1000. L’émigration n’a rien changé à leur sort misérable, tout au contraire. Sauf peut-être une principauté à Corfou vers 1360, ils n’ont jamais eu leur propre Etat. Dans les Balkans, ils étaient vendus comme esclaves jusqu’au milieu du 19 ème siècle. Ils sont passés ensuite de la condition d’esclave à celle de paysans sans terre. De nos jours, les emplois saisonniers les plus pénibles dans l’agriculture représentent quasiment leur seule source de revenus. Avec la mendicité bien sûr. Et ils ne sont que quelques-uns que le cirque ou la musique ont sorti de la misère et, plus rarement, de l’anonymat. Sans doute en raison de l’analphabétisme et parce qu’à la différence des Juifs, aucune religion ne les soude, les Roms n’ont même pas eu droit à une reconnaissance post mortem et doloris causa après leur extermination par le régime nazi (de 1933 à 1945 : plus de 200.000 morts !). La guerre finie, ils firent encore l’objet de mesures discriminatoires en Allemagne et il fallut attendre 1982 pour que Helmut Kohl reconnaisse la réalité de leur génocide (la « Porrajmos », littéralement « dévoration »), à une époque où la plupart des victimes susceptibles de toucher des réparations conformément à la loi allemande étaient déjà mortes … [1] Notamment parce que « à mesure que la prospérité gagne l’Europe de l’est, les Tziganes sont de plus en plus laissés au bord de la route. Leurs savoir-faire traditionnels (artisanat, maquignonnage) sont dépassés. Même ceux qui sont disposés à travailler ne trouvent guère d’employeurs. L’adhésion à l’Union européenne (U.E.) a alourdi la bureaucratie jusque dans les activités où ils excellent, comme la récupération des métaux ». |
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Allez, on termine par une note perso, une note tsigane....
Libre parole tsigane !
| Voilà qui nous sommes (le 01/09/2006 à 17h12) |
Notre toit ? Les étoiles........ Notre sol ? La terre........ Nos murs ? les vieux et les enfants............ Ainsi nous vivons dans le respect de toutes formes de vie car la nature nous nourrit, nous soigne et nous protège. Nous sommes ses enfants ! |
"L'or des gitans ne brille ni ne tinte.
Il luit dans le soleil et hennit dans l'obscurité."
Dicton des gitans claddagh de Galwa
| Celui qui ne peut..............; (le 27/07/2006 à 17h43) |
Celui qui ne peut s'empêcher de rouler sera toujours un vrai manouche (proverbe manouche |
N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures............
(Proverbe Manouche
Même si tu le nourris, le loup regarde toujours dehors.
(proverbe Manouche)
Ne saute pas hors de ton ombre
(Proverbe Manouche)
http://gensduvoyage.oldiblog.com/?page=articles&rub=182433
De notre correspndant à Athènes
«Nous ne réclamons que le respect des engagements pris à notre égard». Tiré à quatre épingles dans son bureau au fond de l’immense bazar dont il est propriétaire, sur Iera Odos, la grande avenue qui conduit vers Aghia Varvara, l’un des quartiers à forte population tsigane de la proche banlieue d’Athènes, Vassilis Dimitriou insiste bien sur la principale revendication du «premier parti politique Tsigane dans le monde entier» qu’il vient de fonder. Le BOUCLIER – acronyme du Rassemblement Indépendant des Citoyens d’Autodétermination Particulière- dont le sigle formé de trois flèches bleue-verte-rouge représente le spectre politique grec, s’est donné pour objectif d’être «présent» lors des prochaines consultations électorales, «non pas pour gouverner mais pour peser sur les décisions». Un discours bien policé pour ce Gitan atypique qui a bien réussi en affaires après avoir quitté l’école dès le primaire pour se lancer dans le commerce, a épousé une «gadjo» en secondes noces, s’est présenté aux municipales il y a une quinzaine d’années et a relancé l’équipe de football d’un quartier qu’il a parfois pensé quitter sans jamais s’y résoudre. C’est d’ailleurs en notable fortuné, respecté et intégré qu’il entend rassembler une communauté largement sédentarisée à 70% mais vivant pour une grande majorité dans des conditions précaires.
Des conditions de vie indignes
Un Programme d’Action Globale pour l’Intégration des Tsiganes Grecs a bien été lancé en 2002 pour un montant de 308 millions d’euros sur 7 ans, financé pour deux tiers par des fonds de l’Union européenne. Il porte sur le logement, l’éducation, la santé et l’emploi mais aussi bien ses initiateurs socialistes que leurs successeurs conservateurs reconnaissent aujourd’hui que son application a pris du retard tant en raison du racisme ordinaire que des pesanteurs administratives. Il faudra encore 2 à 3 ans par exemple pour le relogement des 500 familles du bidonville de Komotini (nord) admet Thanos Vesiryannis, le secrétaire général du Ministère de l’Intérieur en téléphonant au préfet de région pour lui demander d’accélérer les choses. Mais il souligne que depuis 2002 sur 16 000 demandes de prêts de logement 5 750 ont été approuvées.
C’est bien peu aux yeux de ceux qui attendent dans les campements de fortune aux environs des grandes villes avec des conditions de vie bien éloignées de la dignité humaine et avec pour maigres moyens de subsistance les métiers traditionnels de ferrailleur ou de vendeur ambulant. Une situation qui a valu à la Grèce de nombreuses critiques d’organismes de l’ONU et du Conseil de l’Europe ainsi que deux condamnations en 2005 de la part de la Commission pour les Droits Sociaux et de la Cour des Droits de l’Homme. Des condamnations portant sur le manque de logements et de terrains d’accueil, les expulsions et les violences policières insuffisamment sanctionnées. Au Ministère de l’Ordre Public on assure que l’on a bien pris en compte les recommandations internationales, que des séminaires de sensibilisation aux Droits de l’Homme ont été mis en place pour les policiers et que des instructions ont été données pour que des sanctions plus sévères soient désormais appliquées aux contrevenants. Le ministre a même visité en octobre dernier la commune de Zephyri, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest d’Athènes, où vivent quelque 10 000 Roma sur une population totale de 16 000 habitants.
Des propos encore peu convaincants pour Antonis Tsakiris le vice-président de l’association Rom de Zephyri qui se plaint amèrement des lourdes amendes infligées aux vendeurs ambulants pour défaut de permis nécessaire à leur présence sur les marchés alors que le Président Efthimios Dimitrou aimerait plus de clémence envers les jeunes emprisonnés notamment pour des affaires de drogue. Il reconnaît cependant que malgré la présence de quelques cabanes qu’il nous fait complaisamment visiter et une école primaire totalement «ghettoïsée», la situation s’est améliorée au cours des dernières années. Lui-même et un de ses sept enfants ont bénéficié des prêts de 60 000 euros garantis par l’état pour l’achat ou la construction d’un logement et la plupart des bâtiments sont en dur, quelques belles villas jouxtant même les masures et les préfabriqués. Une situation bien meilleure en tout cas que celle d’Aspropyrgos de l’autre côté de la montagne où des enfants jouent dans la boue et les immondices près de cabanes en contre plaqué et en plastique qui s’étendent à perte de vue sur des terrains vagues entre aciéries, raffineries et pylônes à haute tension. Les tensions avec les nouveaux immigrés d’origine grecque venus de la région de la Mer Noire et qui bénéficient d’un traitement plus favorable, accentuent un sentiment d’injustice qu’exprime le président de l’association locale Gavril Soutas à l’égard du gouvernement en général et du maire en particulier. «Le premier ministre Kostas Karamanlis n’a pas tenu les promesses faites lorsqu’il était venu avant les élections et le maire ne s’occupe pas de nous parce qu’il a été élu grâce aux voix des Russes».
Faire entendre sa voix
C’est pour faire entendre la voix des Roma au sein des conseils municipaux qui seront élus à l’automne et peut-être au Parlement qui sera renouvelé dans deux ans, que le BOUCLIER tiendra son premier congrès le 24 mai à la Saint Georges. Si l’entreprise réussit à surmonter l’obstacle des divisions inhérentes à une communauté encore largement clanique, on pourra peut-être voir augmenté un jour le nombre encore infime de Tsiganes qui échappent à la misère en devenant avocats, médecins, prêtres, militaires ou policiers grâce à une maison et une éducation décentes. Car à la question de savoir si l’intégration et la sédentarisation ne vont pas faire perdre aux Gitans leur légendaire goût de liberté, de voyage et de fête, la réponse de AntonisTsakiris fuse : «quel aveugle ne voudrait pas voir la lumière?».
par Dimitris Sidiropoulos
Article publié le 04/02/2006 Dernière mise à jour le 04/02/2006 à 13:54 TU
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