22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 22:30

http://chahids.over-blog.com

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Bonjour

Inutile, exceptionnellement, de rédiger un article. Il suffit que vous lisiez ce qui suit. Tout est dit. Je m'associe au refus de commémorer les 60 ans de la naissance d'un Etat tant qu'il est terroriste, tant qu'il fait vivre un enfer à tout un peuple qui n'est pas responsable de ses malheurs. Je refuse de m'associer aux festivités d'un Salon du livre - de la culture - qui va accueillir en vedette les auteurs d'un Etat militaire et oppresseur. C'est intolérable. Aucune personne éprise de Vérité, de Justice, de Paix, ne peut accepter cela.

Notre société a trop tendance à s'accommoder de l'intolérable. Les citoyens sont indignés par les décisions iniques des gouvernants qui ne les représentent pas. Drôle de démocratie, reposant pourtant sur les élections !

L'indifférence des gouvernants à la souffrance des peuples est terrifiante. Ce sont des criminels à traîner devant les tribunaux.

Nous ne pouvons, nous ne devons, rester indifférents et passifs face la tragédie palestinienne; La complaisance de l'Occident qui se donne en modèle, est une honte. Le deux poids deux mesures, tout pour un groupe, américano-sioniste, rien pour les autres, est intolérable, et nourrit le terrorisme que l'on prétend combattre.
 
Tant qu'un Etat pourra en toute impunité commettre des crimes, bafouer le Droit International, il y aura frustrations, rancoeurs, et terrorisme. 

Et des résistants pour dénoncer les causes du terrorisme des opprimés.

Eva, résistante à l'intolérable.

P.S. C'est la lecture d'un article, sur
http://veritesorg, signé Thierry Meyssan, du Réseau Voltaire, qui m'a conduit à reprendre ma plume.


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D'anciens généraux (fous !) de l'OTAN exigent de pouvoir recourir à la guerre atomique préventive, même contre des Etats ne possédant pas cette arme, et sans recours à l'ONU - pour protéger le mode de vie occidental ! 
L'OTAN veut-il la guerre totale ?

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8077
http://www.aipas.over-blog.org/article-16943284.html


Les Etats-Unis pris dans l'engrenage du militaire
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8125



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Israël « invité d’honneur » au salon du livre : Mémoire et Amnésie

 

 

Le salon du livre 2008 qui se tiendra à Paris du 14 au 19 mars  a fait d’Israël son invité d’« honneur » pour l’anniversaire de ses soixante ans.

Comment oublier que l’événement simultané de la naissance de cet Etat c’est la Nakba : la « catastrophe » palestinienne ? Rend-t-on sérieusement justice à la mémoire des uns en gommant celle des autres ?  Fait-on reculer la guerre, en renforçant, d’un nouveau tour de verrou, l’asymétrie des droits ?   

 

A moins que l’injonction  implicite ne soit précisément d’oublier, de faire oublier la destruction de la Palestine sur laquelle repose la création de  l’Etat d’Israël. Une destruction qui, loin d’être un souvenir, se poursuit, jour après jour, au mépris  des droits humains comme du droit international : expulsions, confiscations, massacres, assassinats, ghettoïsation, refus d’« honorer » les traités et  accords les plus solennellement signés. Et  pour les Palestiniens citoyens d’Israël : la discrimination, le racisme, la précarité des droits, un avenir toujours menacé en perspective.

 

En quoi cet anniversaire mérite-t-il d’être honoré, alors qu’une guerre d’occupation et de répression sans merci se poursuit sur le terrain ?  Nous nous opposons à ce détournement de l’histoire qui trouve appui, une fois de plus,  auprès d’une Europe sans cohérence et sans courage. 

 

C’est dans cet esprit que  l’Union Juive Française pour la Paix - avec la revue   qu’elle édite « De l’Autre Côté »-  et les éditions La Fabrique  seront présentes au Salon du livre de Paris. Non  pour participer, mais pour résister à cette opération de falsification : « honorer » un Etat qui, sous couvert de démocratie, discrimine ses citoyens non juifs,  ignore toute obligation en tant que puissance occupante, et pratique la punition collective à  l’échelle de tout un peuple.

Notre présence au salon du livre consistera à rappeler la réalité et le sens de la Nakba au travers des voix qui, en Israël, n’ont pas renoncé à dire que la paix ne peut se faire à coup de négation et de mensonge. Des voix qui en appellent à la reconnaissance du passé, la reconnaissance de l’autre.



Programme et auteurs invités :

 

 voir  http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-16762463.html


 inscription15mars@gmail.com   


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PÉTITION

Non au terrorisme de l’État d’Israël contre les peuples Palestinien et Libanais

Signez et faites signer 
http://www.aloufok.net/article.php3 ?id_article=32


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La négation de la Nakba palestinienne : 60 ans, ça suffit !
18.2. 08.
 

Cette année marquera pour les Palestiniens les 60 ans du début de la Nakba, ces évènements de 1948 qui ont débouché sur l’occupation de la terre palestinienne et l’expulsion de son peuple. Mais la Nakba n’est pas seulement un évènement historique du passé. C’est un programme réfléchi, un processus d’occupation, de transfert et de génocide de l’identité nationale des Palestiniens, afin de vider une terre et de la peupler d’immigrants juifs.

En 1948, il a été possible d’attaquer, la nuit, des villageois palestiniens désarmés pour terroriser, tuer et violer. Aujourd’hui, au cours d’un siècle qui fait mine d’être plus civilisé et dans un monde plus globalisé, la tactique choisie est de rendre la vie des Palestiniens pire que la mort, en leur interdisant l’eau, l’électricité, la nourriture et les médicaments, de sorte qu’ils soient obligés de quitter, « d’eux-mêmes », leur patrie.

La complicité des pays du Proche-Orient et du monde dans le siège de Gaza est manifeste. En fait, même ceux qui brisent le silence et parlent de « catastrophe humanitaire » à Gaza se rendent complices, bien qu’involontairement : car la population de Gaza ne souffrent pas des séquelles d’un « tsunami », d’un tremblement de terre ou d’une quelconque catastrophe naturelle. Leur « catastrophe humanitaire » résulte de la volonté politique d’Israël et de l’approbation de la communauté internationale.

On nous promet la paix pour la fin 2008, mais tout ce que nous voyons et vivons n’est qu’oppression et guerre. Le prétendu « processus de paix » n’est là que pour créer une opportunité politique en faveur de ceux qui sont coupables de notre dispersion nationale. Conférence après conférence, sommet après sommet, la Nakba palestinienne tombe dans l’oubli ; il n’y est fait aucune allusion dans les négociations de paix, et aucune leçon n’en est tirée. Chaque diplomate et chaque dirigeant politique qui vient dans la région se rend au musée de l’Holocauste de Yad Vashim, mais nul ne prend la peine de regarder vers Deir Yassin tout proche [5 km de Jérusalem - ndt], lieu de l’un des massacres les plus sauvages de la Nakba.

Comme l’entendent bien ceux qui affirment avec force « Plus jamais ça ! », le déni est un processus symbolique de réfutation de la dignité des survivants d’une atrocité, comme de la responsabilité de ceux qui l’ont perpétrée. Un telle négation n’affecte seulement le passé et le présent, mais elle aura des implications dans l’avenir car elle ne met pas seulement en péril la possibilité d’une réconciliation sincère, elle accroît aussi, probablement, les risques pour qu’un tel fait se reproduise.

L‘Etat juif et les Israéliens à titre individuel prennent leur part de responsabilité, non seulement dans la Nakba elle-même, mais dans cette détermination à la nier. L’allégation de certains Israéliens selon laquelle seuls, les politiciens seraient à blâmer pour la Nakba n’est pas fondée, car nombre de personnalités et d’institutions culturelles, religieuses et professionnelles ont comploté avec une occupation israélienne maléfique. Dans de nombreux cas, des universitaires et des professionnels ont apporté leurs compétences, leurs talents et leur prestige aux idéologies et pratiques oppressives, caractéristiques dominantes de l’occupation. Qui, par exemple, conseille les tortionnaires sur la bonne mesure, la juste durée et les moyens adéquats pour torturer les détenus palestiniens ? des psychiatres et des psychologues, comme mes professeurs, comme mes confrères et comme moi-même. Ces professionnels ont renié leur code déontologique et leur serment pour se faire les outils de l’occupation. Des universitaires et historiens ont fait carrière sur la négation de la Nakba, tentant de refaire l’histoire pour en absoudre les auteurs et en diaboliser les victimes.

Ceux qui nient la Nakba font semblant de sommeiller et ils sont très durs à réveiller. Une de leurs stratégies est de refuser en termes exaspérés les faits, la véracité des récits atroces d’un terrorisme d’Etat délibéré. Une autre est de reconnaître les faits objectifs mais sans s’en repentir. L’historien israélien Benny Morris, par exemple, a publié sur les actes cruels commis par l’entreprise sioniste : le déracinement de 700 000 Palestiniens, les massacres, les viols de femmes palestiniennes afin de « nettoyer l’arrière-pays et nettoyer les secteurs frontaliers et nettoyer les routes principales ». Pour autant, il ne condamne ni ne dénonce ces atrocités. Il préfère écrire : « Je ne pense pas que les expulsions de 1948 constituent des crimes de guerre. Vous ne pouvez pas faire d’omelettes sans casser des œufs. Vous devez vous salir les mains. »

« Ben Gurion avait raison » conclut Morris. « S’il n’avait pas fait ce qu’il a fait, aucun Etat n’aurait vu le jour ».

Etant donné que tant de notre guerre relève du psychologique, il n’est pas étonnant que l’élément psychologique soit également essentiel pour la paix. Une reconnaissance universelle de la Nakba, comme celle de l’Holocauste, de l’apartheid, de l’esclavage et de d’autres horreurs commises par la main de l’homme, est un élément capital pour apporter la paix dans la région. Une telle reconnaissance doit inclure l’aveu sincère de la réalité de la Nakba, la volonté de réparer, dans la plus grande mesure possible, les torts qui ont été causés, et un effort réel pour avancer et reconstruire l’avenir après avoir retravaillé l’histoire et appris à vivre avec son passé. Si cette reconnaissance ne pourra jamais défaire ce qui a été fait, elle prévoit néanmoins d’accorder un respect profond et la grâce aux victimes, d’impulser un élan vers la cicatrisation de l’histoire et de la mémoire blessées et, en fin de compte, de créer une nouvelle réalité. En d’autres termes, elle défend une justice réparatrice, plutôt que vengeresse.

Une reconnaissance publique des actes maléfiques et illicites perpétrés contre le peuple palestinien est un préalable à la rééducation psychologique des Palestiniens et de la même façon, des Israéliens. Les survivants de la Nakba doivent être entendus, leurs témoignages reconnus et leurs droits restaurés. Car la justice est une obligation plutôt qu’une possibilité pour la réconciliation ; les Israéliens, auteur de ces actes, doivent reconnaître leurs erreurs et demander leur amnistie. Pourquoi pas un Tribunal de Nuremberg ou une Commission Vérité et Conciliation pour nous tous ? Cette dernière a assurément été essentielle pour la transformation victorieuse de l’Afrique du Sud, d’apartheid à Etat démocratique, lequel aujourd’hui est un membre accepté et respecté de la communauté internationale.

Les menaces actuelles contre la population et l’existence de Gaza ne provoquent pas la moindre vague dans le monde. Alors que nous vivons une ère saturée d’informations, les populations et les nations font montre d’une stupéfiante capacité à refuser la réalité. Ils assument le rôle de spectateurs passifs, attendant que quelqu’un d’autre agisse et assume la responsabilité. Avec comme conséquence, des communautés entières qui peuvent se retrouver impuissantes et paralysées.

L’information à elle seule ne peut suffire pour se confronter au déni de la Nakba. En fait, il apparaît qu’une information multipliée, une abondance d’images et de chiffres, de preuves historiques, ne font que renforcer les gens dans leur négation et leur refus d’admettre les implications de faits qui les ont précédés. Nous savons que lorsqu’un esprit conscient décide qu’une chose est trop oppressante à contempler, l’individu en refoule le souvenir ; mais comment pourrions-nous refouler les souvenirs de meurtres qui se multiplient sous nos yeux, aujourd’hui ?

Les Palestiniens ne se font pas de soucis pour les Israéliens quand il leur faut répondre à leurs petits-enfants qui veulent savoir où ils étaient lors de la Nakba. Ceux qui ont honte de leurs actes ou de leur inaction - mais qui sont dans la volonté de refus - répondront simplement : « Je ne sais pas », « Je n’y ai pas participé », ou, « Je ne pouvais rien faire pour l’arrêter ».

Pour les Palestiniens, 60 ans c’est trop, et la négation de la Nakba doit prendre fin.

Faisons de cette année l’occasion unique de briser le cycle de cette négation et  de ne plus être des spectateurs passifs. Ceci requiert une détermination collective des mouvements de solidarité dans le monde, afin de lancer un vrai mouvement et de mobiliser pour une campagne pour la fin de la Nakba. Alors que nous entreprenons le processus pour parvenir à apurer un passé cruel et oppressant, nous pouvons, dans le même temps, travailler à un avenir de reconstruction et de réconciliation.

Samah Jabr
16.2.08 
 











Terrorisme d'Etat - Etat criminel :
http://www.aloufok.net/rubrique.php3?



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16.2.08

La France, Sarkozy et Israël      THIERRY  MEYSSAN


N. Sarkozy a présenté aux responsables et aux invités du CRIF la nouvelle politique israélienne de la France. L’année 2008, qui est celle du 60e anniversaire de la création unilatérale de l’État d’Israël, sera aussi celle d’un rapprochement spectaculaire entre Paris et Tel-Aviv
en complète opposition avec la politique traditionnelle de la Ve République, observe T. Meyssan. L’importance du propos a échappé aux éditorialistes français, mais pas aux chancelleries étrangères qui s’interrogent sur les fondements idéologiques et les conséquences d’un tel bouleversement.



N. Sarkozy était le 13 février 2008 l’invité d’honneur du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). À cette occasion, il a prononcé un discours particulièrement important précisant sa conception du rôle des religions et fixant les grandes lignes de la nouvelle politique israélienne de la France.

Le contenu central de cette intervention a été éclipsé par une polémique sur sa lubie du jour. En effet, en conclusion de son allocution, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il avait solitairement décidé d’associer chaque enfant de CM2 à la mémoire d’un enfant français victime des nazis. Laissons de côté cette conception autocratique de l’exercice du pouvoir et cette volonté d’embrigadement des enfants de dix ans, même si elles sont révélatrices du tournant brutalement anti-démocratique du fonctionnement des institutions françaises, et revenons-en au dîner du CRIF et au fond du propos du président de la République.
 
Contrairement à son intitulé, le CRIFn’est pas, n’est plus,  représentatif de tous les juifs de France. Si, à l’époque où il était présidé par l’avocat Théo Klein, il apportait un soutien critique à l’État d’Israël. Le CRIF s’est aujourd’hui transformé en simple courroie de transmission du mouvement sioniste. Désormais, il lutte contre la République française, accusant d’« assimilationnisme » les juifs républicains héritiers de la Révolution et de l’abbé Grégoire. Il agit comme un lobby à l’américaine et entretient d’ailleurs des liens étroits avec l’AIPAC et l’AJC aux États-Unis. De 2001 à 2006, il était présidé par le banquier Roger Cukierman, secrétaire général de la financière Rothschild, qui en a considérablement durci ses positions. Il est aujourd’hui présidé par le cardiologue Richard Prasquier, également lié à la dynastie Rothschild.
 
Le dîner annuel du CRIF s’est progressivement imposé comme un événement mondain parisien. S’y montrer, c’est manifester son soutien à Israël et laisser entendre que l’on bénéficie soi-même de l’appui de ce lobby. Compte tenu de l’influence supposée de cette organisation, tout ce qui compte d’opportunistes en politique fait donc des pieds et des mains pour y être invité, quitte à payer chèrement sa place, car cette soirée de gala n’est pas gratuite.
 
Si des parlementaires et des membres du gouvernement s’y bousculent, le président de la République ne s’y rend jamais car sa fonction lui interdit d’apporter un soutien ostensible à quelque groupe de pression que ce soit. F. Mitterrand a cependant dérogé une fois à cette règle (en 1991) pour des motifs électoralistes . N. Sarkozy, quant à lui, revendique au contraire d’user et d’abuser de sa fonction de président de la République pour favoriser ses amis. Ayant déjà honoré de sa présence les réunions de divers lobbys, il pouvait bien participer à celle du CRIF.
 
C’est donc devant un millier d’invités acquis au sionisme, ou feignant de l’être, dont la quasi-totalité de son gouvernement, que Nicolas Sarkozy a défini la nouvelle politique israélienne de la France. L’événement était retransmis en direct sur la chaîne parlementaire et sur la chaine d’opinion Guysen TV. En effet, en vertu du principe du deux poids deux mesures, alors qu’Al-Manar a été interdite en France par crainte de voir importer dans le pays les conflits du Proche-Orient, Guysen TV —qui a les mêmes caractéristiques, mais au service de l’occupation israélienne— a par contre été autorisée.


Pour comprendre l’enjeu de ce qui va suivre, un bref retour en arrière est nécessaire.

Historiquement, la France s’est appuyée sur la population juive d’Afrique du Nord pour contrôler la population musulmane d’Algérie (décret Crémieux de 1870), puis sur la colonie juive israélienne pour lutter contre la souveraineté de l’Égypte indépendante sur le canal de Suez et contre les réseaux internationaux du FLN algérien. Mais lorsqu’en 1961, privilégiant ses principes sur ses intérêts, la France rompit avec la colonisation, elle prit ses distances avec Israël.

Ce que De Gaulle résumait dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967 en déclarant : « une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié, de coopération, qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être, aujourd’hui, une des bases fondamentales de notre action extérieure (…) À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet un État d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir. Ensuite, l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments, donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté, pour l’agrandir, à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi, d’ailleurs, la Ve République s’était dégagée vis-à-vis d’Israël des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet État et s’était appliqué, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient ». Plus encore, lors de la même conférence, il exprimait l’inquiètude que « les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles ».

De 1961 à 2007, la France de De Gaulle, de Pompidou, de Giscard d’Estaing, de Mitterrand et de Chirac se pensa tant bien que mal en champion de l’indépendance et de la souveraineté des États ; une idée qui culmina avec son opposition à la colonisation de l’Irak. Cette œuvre grandiose permit à la France d’acquérir un prestige et d’exercer une influence bien supérieurs à sa puissance économique et militaire.

Nicolas Sarkozy, quant à lui, opère une rupture avec ses cinq prédécesseurs. Il imagine restaurer le parti colonial, non plus dans une rivalité entre Français et Anglo-Saxons, mais au sein d’un empire transatlantique en formation, où la classe dirigeante commune aux États-Unis et à l’Union européenne ambitionne d’exercer collectivement une domination globale.
 
Dans cette perspective, l’année 2008, qui correspond au 60e anniversaire de la proclamation unilatérale d’indépendance de l’État d’Israël, devrait être celle d’un rapprochement spectaculaire entre Paris et Tel-Aviv. Qu’on en juge par le programme :
- 13 février : participation du président de la République française au dîner du CRIF ;
- 10 au 14 mars : première visite d’État d’un chef d’État étranger en France depuis l’élection de Nicolas Sarkozy consacrée à la réception du président d’Israël, Shimon Peres ;
- 23 au 27 mars : Salon du livre de Paris avec l’État d’Israël comme invité d’honneur et la réception de 89 écrivains israéliens exclusivement de langue hébraïque (aucun russophone, ni arabophone) ;
- Mai : voyage de Nicolas Sarkoy en Israël avec dépôt de gerbe au Mémorial Yad Vashem et discours devant la Knesset ;
- 1er juillet : à l’occasion de la prise par la France de la présidence semestrielle tournante de l’Union européenne, relance des divers programmes de coopération euro-israéliens.

- 13 juillet : sommet préparatoire de l’Union méditéranéenne, sorte de Cheval de Troie permettant de contourner le Processus de Barcelone pour faire entrer Israël dans l’Union européenne.
- 
14 juillet : invitation des Forces armées israéliennes et de la Garde présidentielle palestinienne à défiler lors de la fête nationale française (Pour la première fois depuis 1945, une armée d’occupation et une milice collaborationniste défileront sur les Champs-Élysées).


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Ceci étant posé, le président de la République a longuement expliqué aux responsables et invités du CRIF la position de la France face au conflit israélo-arabe. Elle repose avant tout sur un principe : « La France ne transigera jamais sur la sécurité d’Israël », lequel n’empêche évidemment pas de dialoguer et de faire des affaires avec les États arabes. Il fixe toutefois une limite : « Moi, je ne rencontrerai pas et je ne serrerai pas la main à des gens qui refusent de reconnaître l’existence d’Israël » (une limite qui vise des partis politiques comme le Hamas et le Hezbollah et des États comme la Syrie et l’Iran, mais qu’il a oublié lors de la libération des infirmières bulgares et de la visite en France du président Khadafi).
 
Là n’est pas le plus important. Le président de la République a surtout affirmé que, dans la foulée de la Conférence d’Annapolis, la France soutient désormais « la solution à deux États », c’est-à-dire qu’elle renonce à l’application du plan de partage de la Palestine de 1948 et à la création d’un État binational ; une option qui est discutée depuis l’Accord d’Oslo mais qui laissait jusqu’à présent ouverte la définition de ce que serait un État palestinien.

Cette position n’a pas été adoptée à la demande des deux parties concernées, mais « dans l’intérêt même d’Israël, pour sa sécurité et sa pérennité ». Elle a été approuvée par le president de l’Autorité palestinienne, mais rejetée par le Hamas. Aussi, peut-on parler à propos de cette évolution d’un « tournant historique que nous devons au courage du président Mahmoud Abbas et du Premier ministre Ehud Olmert » (le lecteur du site Internet de la présidence française, remarquera que, dans la transcription de ce discours, les noms patronymiques sont tous écris en capitales, sauf celui du président Abbas qui est en minuscules. On a les symboles que l’on peut).
 
Dans cette perspective, la France attend d’Israël « la levée de barrages, la réouverture de points de passage à Gaza pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, la libération en plus grand nombre de prisonniers, la réouverture des institutions palestiniennes à Jérusalem-Est. [De plus] les Palestiniens doivent pouvoir disposer de leur territoire et le mettre en valeur ».

Autant de mesures qui sont présentées par le président Sarkozy comme des exigences que la France impartiale énonce avec fermeté. « Je le dis parce que je le pense et je n’ai que faire de ces discours d’amitié qui ne disent jamais ce qu’ils pensent (…) Il y a déjà eu assez de souffrance et c’est maintenant qu’il faut trouver un accord et j’irai d’ailleurs le dire auprès de l’autorité Palestinienne au mois de mai et je le dirai à la Knesset. Un ami, c’est quelqu’un qui vous dit ce qu’il pense ».

En réalité ces « exigences » sont des cadeaux faits à Israël, car elles sont très en-deça des résolutions pertinentes de l’ONU. Il n’est aucunement question de restitution des territoires conquis, ni de retour des réfugiés. Ces pseudo-exigences se bornent à quelques aménagements de l’occupation, tel que l’État d’Israël lui-même en prend régulièrement l’initiative.

De manière toute diplomatique, le parti pris est d’ailleurs énoncé par défaut : « La France, n’interfèrera pas dans les négociations en cours, mais la France apportera tout l’appui nécessaire pour encourager l’ensemble des parties à avancer car il s’agit d’une occasion exceptionnelle. Et la France sera au côté du peuple israélien et sera au côté des Palestiniens pour les aider à construire ensemble un avenir de réconciliation ».

Notez : pour résoudre le conflit de territoire, le président français parle d’un « peuple israélien » qu’il oppose aux « Palestiniens » —qui, eux, ne forment pas un peuple—, reprenant implicitement à son compte le slogan de Zeev Jabotinsky de la « terre sans peuple pour un peuple sans terre ».
 
Il existe toutefois une condition à laquelle les Palestiniens pourraient former un peuple. Elle a été énoncée à la veille de la Conférence d’Annapolis par le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak : il faudrait que l’Autorité palestinienne reconnaîsse qu’« Israël est la patrie du peuple juif et l’État palestinien la patrie du peuple palestinien ». Une formule qui bouleverse la donne puisqu’elle autorise le nettoyage ethnique de la region : les citoyens israéliens non-juifs se verraient déchus de leur nationalité et naturalisés palestiniens.


Cette surenchère israélienne avait été écartée à Annapolis, mais avait finalement été approuvée par George W. Bush, le 10 janvier 2008, lorsqu’il déclara : « L’accord doit établir la Palestine comme patrie du peuple palestinien, de même qu’Israël est la terre du peuple juif ».

La France s’y rallie à son tour : « J’ai proposé un nouveau concept qui est celui de deux États-Nations et pas simplement de deux États, ce qui résoudrait le problème des réfugiés, parce que je sais parfaitement qu’il y a deux façons de détruire Israël, l’une de l’extérieur et l’une de l’intérieur ». Traduction : la France substitue au projet d’État unique binational dans lequel chaque citoyen serait libre et égal, un projet de deux États ethniquement homogènes car la poussée démographique des citoyens israéliens non-juifs ferait perdre à terme à Israël son caractère d’État juif.
 
Une autre conséquence de cette position avait déjà été annoncée par le président Sarkozy lors de la Conférence internationale des donateurs pour l’État palestinien, le 17 décembre 2007. Il avait évoqué, dans son discours d’ouverture « un État palestinien indépendant et démocratique, dans lequel les Palestiniens, où qu’ils se trouvent, se reconnaîtront ». Ainsi, les millions de Palestiniens actuellement déplacés dans la région passeraient du statut d’apatrides à celui d’émigrés car ils seraient juridiquement rattachés à un État palestinien souverain. Ce faisant, ils perdraient tout droit sur les terres et les biens qu’ils ont été contraints d’abandonner en Israël.


 
best2.jpgIl serait tentant d’expliquer la rupture prônée par Sarkozy en fonction de sa personnalité. En conflit avec son père, auquel il a intenté un procès, il voudrait « tuer le père » en détruisant l’œuvre de ses prédécesseurs. Ou encore, il se comporterait comme un zélote depuis la découverte tardive, à l’adolescence, de son origine juive. Mais la politique d’un État de cette dimension ne peut être réduite à la psychologie d’une seul homme. La restauration du parti colonial s’accompagne d’ailleurs de nominations et de réformes structurelles qui laissent entrevoir la profondeur du changement.
 
Sarkozy a choisi comme ministre des Affaires étrangères B Kouchner, l’homme qui publicisa le principe d’« ingérence humanitaire ». Or, loin d’être une idée neuve, l’ingérence humanitaire est un argument inventé par la Couronne britannique au XIXe siècle pour coloniser les territoires de l’Empire ottoman. En 1999, cet argument fut utilisé par les Anglo-Saxons pour bombarder le Kosovo… dont B. Kouchner devint gouverneur, et qui vient d’être placé sous administration de l’Union européenne à l’occasion de sa pseudo-indépendance.
 
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a créé un secrétariat d’État aux Droits de l’homme rattaché au ministère des Affaires étrangères. Ce faisant, la France a officiellement rompu avec la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 pour adopter l’idéologie des Droits de l’homme (tout court) dans sa version anglo-saxonne de « bonne gouvernance ». Il ne s’agit plus de promouvoir la souveraineté populaire, mais uniquement de lutter contre les excès de pouvoir. L’opposition entre les deux définitions des Droits de l’homme est connue depuis longtemps et a été théorisée au XVIIIe siècle par Thomas Paine, l’essayiste britannique qui déclencha la guerre d’indépendance des États-Unis avant de devenir député à la Convention française.
 
Au demeurant, ce secrétariat aux Droits de l’homme a deux activités principales. La première consiste à populariser la guerre des civilisations, par exemple en mettant en scène la biographie imaginaire de l’ex-députée néerlandaise Ayaan Hirsi Ali, une employée des néoconservateurs états-uniens (elle est salariée de l’AEI de R Perle et P. Wolfowitz).


La seconde activité, de loin la plus importante, est de préparer le sabotage de la conférence de suivi des Nations Unies contre le racisme et la xénophobie (Durban II). La secrétaire d’État, Rama Yade, veille à ce que cette conférence n’examine pas la question du sionisme et ne requalifie pas cette idéologie coloniale de « racisme ». Au besoin, elle coordonne un possible boycott de la conférence par les États membres de l’Union européenne et les États-Unis.
 
En politique étrangère, la rupture sarkozyenne est donc beaucoup plus vaste qu’on ne le perçoit. Elle remet en cause les idéaux de la Révolution française. Il n’est pas sûr que les Français l’acceptent car il est des ruptures qui sont des trahisons.


Thierry Meyssan
Journaliste -écrivain, président du Réseau Voltaire.


Source : http://www.voltairenet.org/article155260.html


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Mon autre blog : Résistons à la désinformation

http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/








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Reçu : Une première !

"The Guardian 

Poursuites engagées en Grande-Bretagne par des militants palestiniens des droits de l'homme contre plusieurs généraux et politiques israéliens pour "crimes de guerre".

C'est une première mondiale contre des dirigeants militaires et
politiques
de l'Etat d'Israël !  Et alors que tu rappelles la Nakba
(la catastrophe en arabe) de 1948, le sujet ne serait pas intéressant
pour toi et tes lecteurs....

Voir les massacreurs depuis 1948 être traînés devant la Justice et ce à
 la face du monde, Sabra et Chatila, Beyrouth, le Liban,
les meurtres ciblés dans des territoires étrangers -Gaza, Cisjordanie, Syrie, Egypte- voilà qui
devrait attirer ton esprit.

Voir les militaires israéliens regardés et jugés comme des Pinochet,
Videla ou Saddam Hussein
, ne serait-ce pas là partie de ton combat? "


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La fascisation d’Israël.
http://www.france-palestine.org/article8147.html

Le devoir de mémoire entre morbidité et abjection. UJFP
 http://www.france-palestine.org/article8164.html

L’Iran et la Syrie prévoient une confrontation majeure avec Israël.
 http://www.france-palestine.org/article8172.html

Le Liban manifeste ses divisions. 
http://www.france-palestine.org/article8151.html

Ce que pense l’Amérique de la Palestine. 
http://www.france-palestine.org/article8162.html

A Bertrand Delanoë.
http://www.france-palestine.org/article8157.html

Le Proche-Orient est passé près de la guerre en 2007. 
http://www.france-palestine.org/article8153.html

Sur l’utilisation du terme « génocide » 
http://www.france-palestine.org/article8161.html

Le chantage israélien.
http://www.france-palestine.org/article8143.html

suite, R.V sur http://www.france-palestine.org/

Hommage aux enfants tués par les forces d’occupation au Liban et en Palestine - L’envol d’une colombe
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=17


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Un blog émouvant !
http://ardechom.unblog.fr/ 

Le Codex Alimentarius (attention, article passionnant : pouvoirs occultes, etc)cliquez ici


Cuba demain
http://www.marcfievet.com/article-16943356.html


Message de Castro
cliquez ici
gandhi.jpg










Gandhy, le lobby sioniste américain et Martin Buber
http://chahids.over-blog.com/article-16953670.html

Moscou prêt à réagir
cliquez ici

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commentaires

E
merci Chahid  Eva
C
John Berger http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Berger est un grand écrivain qui a tout son poids, son boycott est très important.   http://chahids.over-blog.com/article-2808315.html
E
Chahid, une bonne nouvelle, non, l'ONU sur place ? Mais quand ? J'ai lu l'article, merci de l'avoir signalé; et j'ai été voir le sitequi est l'écrivain en question, celui qui donne une bonne fessée ? Connu  ? Son geste aura de l'impact ? Fraternellement Eva
E
MAT 2,18 - Jo !impressionnant - et tout le reste aussi ! Merci pour tout ce que tu nous apportes... bises eva
C
En parlant de l’OTAN et de la Palestine…on apprend sur le blog d’Alain Gresh et sur ce site http://www.guysen.com/articles.php?sid=6771&titre=L’OTAN-en-Judée-Samarie que  les Etats-Unis envisagent de déployer des troupes de l’OTAN en Cisjordanie !!!En ce qui concerne le salon du livre…, le boycott de John Berger en est une très belle fessée!

R-Sistons

  • : Le blog d' Eva, R-sistons à l'intolérable
  • : Eva à 60 ans.Blog d'une journaliste-écrivain.Analyse des faits marquants de l'Actualité,non-alignée,originale,prophétique,irrévérencieuse. Buts: Alerter sur les menaces,interpeller,dénoncer l'intolérable,inciter à résister. Alternance articles Eva et liens infos non officielles. Ici,pensée et parole libres. Blog dénaturé par over-blog le 1.2.15,il sera transféré sur Eklablog
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