Vendredi 25 avril, Claude-Marie Vadrot, journaliste à Politis , était l’invité de « Preuves à l’appui » (émission à visionner en cliquant sur le lien) sur la chaîne d’information en continu LCI. Il revient sur l’émission :

« Au cours de l’émission, j’ai pu expliquer quels étaient les dangers des fichages. Rien à dire sur les deux journalistes présentant cette émission, ils ont posé les bonnes questions. Rien à dire non plus sur l’avocat de service qui s’envole dans de belles phrases creuses mais relativement efficaces. Le personnage extraordinaire fut le représentant du ministère de l’Intérieur qui a évidemment nié les évidences, les fuites, les dérapages et raconté n’importe quoi. Mais il a fait mieux et a expliqué que le fichage des homosexuels, des syndicalistes, des handicapés, des SDF, etc. prévu par le nouveau fichier-logiciels « Ardoise » était tout simplement destiné à... les protéger. C’est la première fois que l’on me fait ce coup-là.

La ministre de l’Intérieur (qui pourrait prochainement devenir ministre de la Justice à la place de Rachida Dati qui serait nommée à l’Intérieur) est revenu en arrière sur le fichier Ardoise en expliquant que, bon, on allait voir et que certaines informations ne figureraient pas dans ce fichier (alors qu’elles existent dans l’actuel fichier Stic et dans son équivalent gendarmesque Judex). Fallait faire plaisir à la Cnil qui râlait. Mais en fait, comme à chaque fois, comme dans d’autres fichiers (la base élèves des écoles primaires ou le fichier des sans-papiers et de ceux qui les aident), il s’agit d’une tactique : le pouvoir essaie, « tâte » la température et en cas de réactions trop vives, fait semblant de revenir en arrière pour caser sa marchandise liberticide un peu plus tard.

Un rappel : il y a actuellement plusieurs centaines de milliers de « fiches ADN » dans les fichiers de la police. Pour combien de délinquants sexuels, pour lequel ce fichier a officiellement été créé en 1998 ? A peine un millier.... »


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